Pandémie de Covid-19 aux États-Unis

Pandémie de Covid-19 aux États-Unis
COVID-19 outbreak USA per capita cases map.svg
Cas confirmés par million d'habitants par État fédéré au
COVID-19 Outbreak Cases in the United States (Density).svg
Carte des États des États-Unis touchées par le virus.
Cas confirmés au  :
  • < 5 000 cas
  • 5 000 à 10 000 cas
  • 10 001 à 125 000 cas
  • 125 001 à 325 000 cas
  • > 325 000 cas
Maladie
Agent infectieux
Origine
Localisation
Premier cas
Everett (premier signalement)[3]
Chicago (première arrivée)[4]
Date d'arrivée
Depuis le (4 mois et 17 jours)[1]
Site web
Bilan
Cas confirmés
1 768 461 ()[5]
Cas soignés
498 725 ()[5]
Morts
103 330 ()[5]

La pandémie de Covid-19 aux États-Unis commence lorsque le premier cas confirmé de Covid-19 est annoncé en .

En mai 2020, les États-Unis constituent l’épicentre de la pandémie[6]. Les États-Unis sont le pays où la pandémie de Covid-19 progresse le plus rapidement.

Bien que le nombre absolu des décès aux États-Unis soit le plus élevé au monde, et soit supérieur à ceux de la Belgique, l'Espagne, l'Italie, la France réunies, les décès par rapport au nombre d'habitants sont nettement inférieurs à ceux de la Belgique, de l'Espagne, de l'Italie, du Royaume Uni et de la France, du fait d'un plus grand nombre d'habitants aux États-Unis.

En réalité les moyennes nationales lissent les disparités dues aux foyers d'infection, et en donnent une lisibilité limitée.

Chronologie et statistiques

L'épidémie de la maladie à coronavirus a touché certains pans de la société américaine plus que d'autres:

Mortalité par parties de population
partie mortalité / 100 000 habitants
Afro-Américains 50,3
Blancs américains 20,7
Latinos-Américains et hispaniques 22,9
Asio-Américains 22,7
Source: The Guardian[7]

Plus de 20 000 Afro-Américains sont tués par le virus, soit un décès pour 2 000 habitants noir des États-Unis, selon The Guardian[7]

Alentours de la ville de New York

Mortalité de la Covid-19 dans les quartiers de New York

Aux États-Unis, l’État de New York est l'un des plus touchés par la mortalité de la Covid-19, notamment dans et autour de la ville de New York.

Covid 19 dans quelques comtés de l'État de New York
Comté Surface terrestre
(en km²)
Population
(2000)
Densité
(hab/km²)
Siège Décès par comté de résidence
au 22 mai 2020[8]
Décès par million
Albany 1 354 294 565 217,55 Albany
Allegany 2 668 49 927 18,71 Belmont
Bronx 108,9 1 332 650 12 237,37 Ville de New York 3169 2377.9687089633
Broome 1 829 200 536 109,64 Binghamton
Cattaraugus 3 362 83 955 24,97 Little Valley
Cayuga 1 798 81 963 45,59 Auburn
Chautauqua 2 751 136 409 49,59 Mayville
Chemung 1 057 91 070 86,16 Elmira
Chenango 2 317 51 401 22,18 Norwich
Clinton 2 691 79 894 29,69 Plattsburgh
Columbia 1 647 63 094 38,31 Hudson
Cortland 1 295 48 599 37,53 Cortland
Delaware 3 745 48 055 12,83 Delhi
Dutchess 2 076 295 146 142,17 Poughkeepsie 135 457
Érié 2 704 950 265 351,43 Buffalo 460 484.07549473042
Essex 4 651 38 851 8,35 Elizabethtown
Franklin 4 226 51 134 12,10 Malone
Fulton 1 285 55 073 42,86 Johnstown
Genesee 1 279 60 370 47,20 Batavia
Greene 1 678 48 195 28,72 Catskill
Hamilton 4 455 5 379 1,21 Lake Pleasant
Herkimer 3 654 64 427 17,63 Herkimer
Jefferson 3 294 111 738 33,92 Watertown
Kings 182,9 2 465 326 13 479,10 Ville de New York 4805 1949.0322983654
Lewis 3 302 26 944 8,16 Lowville
Livingston 1 637 64 328 39,30 Geneseo
Madison 1 699 69 441 40,87 Wampsville
Monroe 1 707 735 343 430,78 Rochester 172 234
Montgomery 1 046 49 708 47,52 Fonda
Nassau 743 1 334 544 1 796,16 Mineola 2087 1564
New York 59,5 1 537 195 25 835,21 Ville de New York 1979 1483
Niagara 1 354 219 846 162,37 Lockport
Oneida 3 028 235 469 77,76 Utica
Onondaga 2 020 458 336 226,90 Syracuse 97 212
Ontario 1 668 100 224 60,09 Canandaigua
Orange 2 114 341 367 161,48 Goshen 360 1055
Orleans 1 013 44 171 43,60 Albion
Oswego 2 468 122 377 49,59 Oswego
Otsego 2 598 61 676 23,74 Cooperstown
Putnam 598 95 745 160,11 Carmel
Queens 282,9 2 229 379 7 880,45 Ville de New York 4853 2176.839379935
Rensselaer 654 152 538 233,24 Troy
Richmond 151,5 443 728 2 928,90 Ville de New York 714 1609
Rockland 451 286 753 635,82 New City 489 1705
Saratoga 2 103 200 635 95,40 Ballston Spa
Schenectady 534 146 555 274,45 Schenectady
Schoharie 1 611 31 582 19,60 Schoharie
Schuyler 850 19 224 22,62 Watkins Glen
Seneca 671 33 342 49,69 Ovid et Waterloo
St. Lawrence 6 957 111 931 16,09 Canton
Steuben 3 608 98 726 27,36 Bath
Suffolk 2 363 1 419 369 600,66 Riverhead 1822 1284
Sullivan 2 512 73 966 29,45 Monticello
Tioga 1 343 51 784 38,56 Owego
Tompkins 1 191 96 501 81,03 Ithaca
Ulster 2 916 177 749 60,96 Kingston
Warren 2 253 63 303 28,10 Queensbury
Washington 2 165 61 042 28,19 Fort Edward
Wayne 1 564 93 765 59,95 Lyons
Westchester 1 121 923 459 823,78 White Plains 1327 1437
Wyoming 1 534 43 424 28,31 Warsaw
Yates 875 24 621 28,14 Penn Yan
Covid 19 dans quelques comtés de l'État de New Jersey
Comté Surface terrestre
(en km²)
Population
(2000)
Densité
(hab/km²)
Siège Décès par comté de résidence
au 22 mai 2020[9]
Décès par million
Hudson 121 608975 5032,85 1138 1868.7
Essex 327 793633 2427,01 1588 2000.9
Union 268 522541 1949,78 1022 1955.8
Bergen 606 884118 1458,94 1521 1720.4
Passaic 480 489049 1018,85 888 1815.8
Middlesex 802 750162 935,36 942 1255.7
Morris 1215 470212 387,01 590 1254.8
Somerset 789 297490 377,05 397 1334.5

Chronologie

Nombre de cas (bleu) et nombre de morts (rouge) en échelle logarithmique.
Nombre de cas déclarés (échelle de l'axe du nombre des cas : logarithmique [en rouge] et linéaire [en bleu]). L'échelle logarithmique permet de visualiser l'évolution du taux de croissance relative de l'épidémie : ce taux évolue comme la pente de la courbe rouge.
Le métro de New York est désinfecté.
États, territoires et comtés ayant ordonné un confinement. Légende :
  • avec effet avant le 22 mars
  • avec effet avant le 29 mars
  • avec effet avant le 5 avril
  • avec effet avant le 12 avril
  • Carte complète incluant les municipalités

    Le premier signalement d'un cas de Covid-19 aux États-Unis a lieu le , chez un homme qui est revenu le 15 janvier d'une visite familiale à Wuhan, en Chine, à son domicile du comté de Snohomish. Il a consulté un médecin le 19 janvier[10]. Le deuxième signalement d'un cas de Covid-19 sur le sol américain a lieu le 24 janvier, chez une femme qui est revenue aux États-Unis le 13 janvier de sa visite à Wuhan[1],[4]. La femme a transmis le virus à son mari, et il a été confirmé qu'il avait le virus le 30 janvier, ce qui constitue le premier cas de transmission locale signalé aux États-Unis[11].

    Le , le gouvernement américain a exigé que les Américains rentrant de la Chine après avoir voyagé dans la province du Hubei soient mis en quarantaine pendant 14 jours. Les États-Unis refusent l'entrée aux non-Américains ayant voyagé en Chine pendant les deux dernières semaines. Le gouvernement américain a évacué ses employés ainsi que ses citoyens non-employés du Hubei et du navire de croisière Diamond Princess, en quarantaine dans le port de Yokohama.

    Les autorités sanitaires américaines, y compris les CDC, exhortent les gouvernements locaux, les entreprises et les écoles à élaborer des plans tels que l'annulation des rassemblements de masse ou le passage au télétravail afin d'être prêt en cas de besoin[12],[13].

    Pour empêcher la propagation du coronavirus, les CDC recommandent de se laver les mains souvent avec du savon et de l'eau pendant au moins 20 secondes (ou d'utiliser un désinfectant pour les mains à base d'alcool avec au moins 60 % d'alcool à défaut de savon ou d'eau), d'éviter de toucher les yeux, le nez et la bouche, de couvrir la toux et les éternuements, de rester à la maison quand on est malade, d'éviter le contact avec les personnes malades, et de nettoyer et désinfecter les objets et les surfaces fréquemment touchés en utilisant un aérosol ou une lingette de nettoyage[14].

    Les 6 et 17 février 2020, deux personnes décèdent du coronavirus, sans que la cause ne soit identifiée à cette époque[15]

    Le 1er mars 2020, dans un « établissement de soins infirmiers qualifié » de l'État de Washington un agent de santé présentent les symptômes de la Covid-19 est testé positif[16]. Les 76 résidents subissent ensuite des tests rRT-PCR (échantillons nasopharyngés faits les 13 mars et 19 et 20 mars) et ils sont interrogés sur les symptômes qu'ils auraient éventuellement manifesté les 14 jours précédents (symptômes classés en quatre catégories numérotées de 1 à 4 : 1) typiques [fièvre, toux et essoufflement], 2) atypiques, 3) présymptomatiques et 4) asymptomatiques). Sur 76 résidents, 63 % sont déjà positifs au test mais 56 % sont asymptomatiques ou encore présymptomatiques. Les auteurs constatent que les charges en SRAS-CoV-2 sont élevées et identiques dans tous les groupes de symptômes. Et, pour les sujets asymptomatiques au moment du test, mais devenus ensuite symptomatiques : avant les premiers symptômes (1 à 6 jours avant), 71 % de ces sujets présymptomatiques excrétaient le virus (confirmé viable sur culture de cellules). Dans ce centre médicalisé, parmi les 57 résidents testés positifs, 15 (soit 26 %) vont mourir de la Covid-19. Dans ce centre de soins, plus de 50% des résidents étaient asymptomatiques lors du test. Ce foyer épidémique a fait l'objet d'une étude qui a confirmé que les asymptomatiques jouent un rôle majeur dans la transmission du SRAS-CoV-2. Dans ce cas le dépistage basé sur les symptômes ne pouvait pas détecter la proportion en réalité élevée des sujets infectieux, et n'a pas permis de contrôler la transmission. La mortalité élevée (> 25 %) montre aussi selon les auteurs le besoin d’adapter la stratégie de soins infirmiers qualifiés aux États-Unis pour protéger les populations vulnérables tant qu’un vaccin ou un médicament ne sont pas disponibles.

    Le , il y a au moins 236 cas confirmés et présumés de Covid-19 aux États-Unis, dont 14 décès[17][source insuffisante] (148 cas confirmés dont 10 décès selon les données de l'OMS[18]). L'étude du génome viral montre que le virus est venu principalement de l'Europe[19].

    Le , 164 cas positifs dont 11 morts (ce décompte ne concerne pas les cas importés lors des rapatriements de citoyens américains) sont remontés aux Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC)[20].

    Au , le nombre de personnes infectées passe à 1 010 cas dont 30 décès[21]. Environ une semaine plus tard, il passe à 13 816 cas testés positifs et 207 morts[22].

    Le , Donald Trump annonce interdire l'entrée des Européens provenant de l'espace Schengen sur le sol des États-Unis (le Royaume-Uni et l'Irlande n'étaient initialement pas concernés et le sont le )[23] pour protéger la santé et le bien-être de tous les Américains[24]. Le lendemain, vendredi , il déclare l'état d'urgence sanitaire nationale, après que plusieurs États eurent aussi déclaré l'état d'urgence au niveau local. 50 milliards de dollars seront débloqués[25]. Le nombre officiel de cas, sachant que peu de dépistages sont effectués, est au de 1 755 cas et 41 morts[25].

    Le , l'État de New York ferme tous ses établissements scolaires et universitaires[26], ses bars et ses restaurants, puis ses cinémas et ses salles de spectacle, le tout au moins jusqu'au . De nombreux autres districts scolaires, y compris ceux de Los Angeles, Seattle ou Washington, ont déjà pris cette mesure.

    Le , la Virginie-Occidentale enregistre son premier cas, et devient le dernier des 50 États de l'Union à être touché par la pandémie[27].

    Le , l'État de New York dénombre plus de 2 000 cas. Pour fournir une aide complémentaire aux hôpitaux civils, Donald Trump envoie un navire-hôpital de l'armée dans le port de New York, le USNS Comfort, avec mille chambres et salles d'opération[28].

    Le (jour qui coïncide avec le premier décès lié à la Covid-19 au Mexique), après des achats de panique ayant épuisé les stocks des supermarchés de Californie, des Américains traversent la frontière pour effectuer d'autres achats de panique au Mexique, ce qui provoque des pénuries dans plusieurs supermarchés de Tijuana[29]. Le même jour, Donald Trump annonce avoir approuvé le recours à l'hydroxychloroquine pour lutter contre la Covid-19. Le groupe israélien spécialisé dans les médicaments génériques Teva Pharmaceutical déclare qu'il allait offrir aux hôpitaux américains dix millions de doses de ce médicament[30].

    Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, décide le confinement de l'État à partir du [31]. Le 20, les États-Unis et le Mexique se mettent d'accord pour fermer leur frontière à tous les voyages non essentiels[32].

    La Russie envoie le 1er avril un avion chargé d'aide humanitaire aux États-Unis. Cette aide a été évoquée lors d'un entretien téléphonique quelques jours auparavant entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue américain Donald Trump. Selon le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov : « Aujourd’hui, quand cette situation touche tout le monde sans exception et devient globale, il n’y a pas d’alternative aux actions dans l’esprit du partenariat et de l’assistance mutuelle »[33].

    Les quartiers pauvres sont plus exposés à l’épidémie que les riches. Au 4 avril, les chiffres officiels faisaient état de plus de 1 100 cas de contamination repérés dans le seul quartier d’University Heights (situé dans le Bronx). En revanche, moins de 200 cas étaient recensés dans les centres de villégiature aisés comme Park Slope à Brooklyn, ou SoHo à Manhattan. Beaucoup d’habitants des quartiers pauvres exercent des professions ouvrières et, ne pouvant « télétravailler », sont contraints de continuer à se rendre sur leur lieu de travail. L’absence de couverture santé des plus démunis favorise également la propagation du virus[34].

    Le 8 avril, le Secrétaire aux Relations Extérieures du Mexique Marcelo Ebrard annonce que 108 des morts aux États-Unis sont des citoyens mexicains, et que ce sont les consulats mexicains qui s'occupaient des ressortissants mexicains qui n'étaient pas pris en charge par les services de santé américains[35]. Le 28 avril, il annoncera que ce chiffre est monté à 566[36]. Le 18 mai, à 959[37].

    Donald Trump met en cause la gestion de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), jugeant cette dernière proche de la Chine, et menace de suspendre tout financement américain[38]. Les États-Unis avaient, en février 2020, déjà annoncé réduire de 53 % leur contribution au budget de l'OMS[39].

    Le , les États-Unis deviennent le pays au monde le plus endeuillé par la pandémie avec plus de 20 000 morts enregistrés pour plus de 500 000 cas répertoriés. La veille, le pays était le premier au monde a dépasser les 2 000 décès en 24 heures[40].

    Le , le Wyoming est le dernier État américain à enregistrer son premier décès dû à la Covid-19[41].

    Au , plus de 639 000 cas et plus de 30 000 décès sont recensés dans le pays[42].

    Le , Trump twitte sur son compte aux près de 80 millions d’abonnés : Libérez le Minnesota ! puis Libérez le Michigan ! et Libérez la Virginie et sauvez votre formidable deuxième amendement. Il est assiégé ! en référence au droit des citoyens américains de porter des armes[43]. Le même jour, le président mexicain Andrés Manuel López Obrador téléphone à Trump, ils se mettent d'accord pour que le Mexique puisse acheter 1 000 respirateurs artificiels aux États-Unis afin qu'ils puissent s'occuper de leurs propres malades en réanimation, et sur la possibilité d'en racheter d'autres si le besoin s'en fait sentir[44]. Le lendemain, ils se mettent d'accord pour prolonger les restrictions sur les passages à la frontière entre les deux pays[45].

    Au 28 avril, le bilan atteignait 58 351 décès à cause de la pandémie aux États-Unis, ce qui fait que plus d'Américains sont morts de la covid-19 que durant toute la Guerre du Viêt Nam[46], alors que le nombre de personnes contaminées dépassait le million de cas[47]. Ce jour-là, le vice-président Mike Pence va visiter un hôpital, et déclenche une polémique en refusant de porter un masque médical[46]. Le même jour, le président Trump publie un décret qui classe les producteurs de viande de bœuf, de porc ou de volaille comme secteur crucial selon le Defense Production Act, ce qui dans les faits leur ordonne de maintenir leur activité, alors que dans les jours précédents les fermetures d'abattoirs s'étaient multipliées aux États-Unis à cause de la contamination de leurs salariés[46], obligeant les éleveurs à euthanasier leurs cheptels[48] et faisant craindre une pénurie de viande dans les commerces d'alimentation[49].

    Le 30 avril, des manifestants anti-confinements armés et équipés de gilets pare-balles entrent dans le Capitole de l'État du Michigan pour exiger un assouplissement des mesures de déconfinement pendant que les parlementaires y étaient réunis [50].

    Une étude publiée mi-mai par les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies souligne que le nombre de décès causés par la Covid-19 dans l’État de New York est vraisemblablement sous-estimé de plusieurs milliers[51].

    Le , les États-Unis franchissent la barre symbolique des 100 000 morts[52].

    Graphiques

    Courbes de prévalence

    Courbes de prévalence des États les plus impactés par l'épidémie. États au taux le plus élevé (nombre de cas rapportés à la population) et non le nombre de cas le plus élevé de la Covid-19. Aux courbes pour ces États, sont jointes :

    • Courbe pour la ville de New York, au plus fort taux d'infection ;
    • Courbe pour les États-Unis.

    Note : le nombre de personnes guéries n'étant pas établi pour tous les États, il est actuellement fixé à zéro pour toutes les courbes.


    Légende :
      Entité géographique[tab- 1] Population[tab- 2] Nombre de
    cas actifs
    (au )
    Taux de
    prévalence
    (au )
    1        New York City (NYC) 8 700 000 hab. 149 409 cas 1717 pour 100 000 hab.
    2        New York (état) 19 600 000 hab. 280 785 cas 1433 pour 100 000 hab.
    3        New Jersey 9 000 000 hab. 111 424 cas 1238 pour 100 000 hab.
    4        Massachusetts 6 600 000 hab. 58 643 cas 889 pour 100 000 hab.
    5        Louisiane 5 000 000 hab. 26 096 cas 522 pour 100 000 hab.
    6        Michigan 10 000 000 hab. 37 590 cas 376 pour 100 000 hab.
    7        Washington (état) 7 600 000 hab. 13 513 cas 178 pour 100 000 hab.
    8        Californie 40 000 000 hab. 48 099 cas 120 pour 100 000 hab.
    9        États-Unis 330 000 000 hab. 1 006 428 cas 305 pour 100 000 hab.

    Notes du tableau :

    1. Ville et États, avec la plus forte proportion de cas par rapport à la population.
    2. Selon les chiffres de « États des États-Unis par population », arrondis en excès.

    Source de données : données consolidées[53] de l'université Johns-Hopkins (complétées, pour NYC du au , par les données[54] du site officiel de la ville de New York).

    Nombre de cas recensés

    Cas de COVID-19 recensés aux USA
    (augmentation journalière en %)
      morts   autres cas   

      Janv Janv Fév Fév Mars Mars Avr Avr Mai Mai

    Date Nombre de cas
    2 (+100%)
    3 (+50%)
    5 (+67%)
    6 (+9.8%)
    7 (+17%)
    8 (+14%)
    11 (+38%)
    12 (+9%)
    14 (+17%)
    15 (+7%)
    15 (=)
    19 (+27%)
    1
    24 (+26%)
    2
    42 (+75%)
    6
    57 (+36%)
    9
    85 (+49%)
    12
    111 (+31%)
    13
    175 (+58%)
    17
    252 (+44%)
    19
    352 (+40%)
    22
    495 (+41%)
    26
    643 (+29%)
    31
    932 (+44%)
    32
    1 203 (+29%)
    42
    1 598 (+33%)
    49
    2 163 (+35%)
    56
    2 825 (+31%)
    62
    3 497 (+24%)
    75
    4 372 (+25%)
    96
    5 656 (+29%)
    122
    8 074 (+43%)
    172
    12 018 (+49%)
    229
    17 438 (+45%)
    268
    23 623 (+35%)
    414
    32 876 (+39%)
    548
    43 518 (+32%)
    702
    53 571 (+23%)
    1 050
    69 194 (+29%)
    1 300
    85 996 (+24%)
    1 706
    104 661 (+22%)
    2 192
    124 686 (+19%)
    2 514
    143 025 (+15%)
    2 953
    160 020 (+12%)
    3 861
    187 899 (+17%)
    4 745
    212 747 (+14%)
    5 888
    242 942 (+14%)
    7 159
    278 458 (+15%)
    8 501
    312 237 (+12%)
    9 647
    337 638 (+8%)
    10 989
    368 376 (+9%)
    12 911
    399 929 (+9%)
    14 817
    432 132 (+8%)
    16 690
    466 033 (+8%)
    18 777
    501 560 (+8%)
    20 608
    529 951 (+6%)
    22 109
    557 590 (+5%)
    23 649
    582 594 (+4%)
    26 056
    609 422 (+5%)
    30 985
    639 664 (+5%)
    33 286
    671 425 (+5%)
    37 079
    706 779 (+5%)
    39 090
    735 287 (+4%)
    40 683
    759 696 (+3%)
    42 364
    787 960 (+4%)
    45 075
    825 306 (+5%)
    46 785
    842 624 (+2%)
    49 963
    869 172 (+3%)
    51 017
    890 524 (+2%)
    53 934
    939 235 (+5%)
    54 876
    965 910 (+3%)
    56 253
    988 469 (+2%)
    58 355
    1 012 583 (+2%)
    60 966
    1 039 909 (+3%)
    63 019
    1 070 032 (+3%)
    65 068
    1 103 781 (+3%)
    66 385
    1 133 069 (+3%)
    67 682
    1 158 041 (+2%)
    68 922
    1 180 288 (+2%)
    71 078
    1 204 475 (+2%)
    73 431
    1 228 603 (+2%)
    75 670
    1 256 972 (+2%)
    77 180
    1 283 929 (+2%)
    78 794
    1 309 541 (+2%)
    79 528
    1 329 799 (+2%)
    80 684
    1 347 936 (+1%)
    82 387
    1 369 964 (+2%)
    84 136
    1 390 764 (+1%)
    85 906
    1 417 889 (+2%)
    87 568
    1 443 397 (+2%)
    88 754
    1 467 884 (+2%)
    89 564
    1 486 742 (+1%)
    90 369
    1 508 957 (+1%)
    91 921
    1 528 566 (+1%)
    93 439
    1 551 853 (+2%)
    94 702
    1 577 287 (+2%)
    96 007
    1 601 434 (+2%)
    97 087
    1 622 670 (+1%)
    97 720
    1 643 499 (+1%)
    98 223
    1 662 768 (+1%)
    98 929
    1 681 418 (+1%)
    100 442
    1 699 933 (+1%)
    101 617
    1 721 750 (+1%)
    102 836
    1 747 087 (+1%)

    A noter que ces données commencent à diverger, à partir du 14 avril, des données de la CDC

    https://www.cdc.gov/coronavirus/2019-ncov/cases-updates/cases-in-us.html#demographic-characteristics

    Historique des données consultable sur ECDC Europa et sur le site statistique privé Assurance & Santé Eficiens


    * Nombre total de cas : morts, guéris et malades ; augmentation journalière en pourcentage.
    Nombre de morts.

    Les premiers chiffres suggèrent qu'à la mi-avril 2020, 3 % de la population de Californie a été exposée au coronavirus SARS-CoV-2[55].

    Limites du système de santé

    D'après Anthony Fauci, le directeur de la National Institute of Allergy and Infectious Diseases : le système […] n'est pas vraiment adapté à ce dont nous avons besoin maintenant… C'est un échec, admettons-le[n 1]. Ainsi au début de la crise, quelques critiques considèrent que le « public health system » n'est public qu’en tant que somme des intérêts privés, mais sans apporter de dimensions relatives au bien commun[56].

    Face à l'épidémie, même « les partisans les plus convaincus d’un système de santé individualisé et privé » constatent les risques que cause le modèle américain à l'ensemble des citoyens, écrit la journaliste Stéphanie Le Bars. En effet, « les personnes non (ou mal) assurées potentiellement touchées par le virus ont deux options : retarder leur prise en charge en espérant que la maladie recule ou, si leur état se dégrade, se rendre aux urgences d’un hôpital, sans connaître le montant de la facture qui leur sera ensuite adressée. Même assurés, nombre d’Américains sont traditionnellement enclins à reporter les soins faute d’assurance ad hoc[57]. »

    Selon le rapport de la base de données sur les coûts des soins de santé FAIR Health, les Américains non assurés atteints par la Covid-19 paieraient en moyenne 73 300 dollars pour un séjour à l'hôpital de six jours. En outre, certaines personnes finalement testées négatives et n’ayant pas été hospitalisées ont tout de même dû payer près de 3 000 dollars. Cette situation est aggravée par le creusement des inégalités sociales. Le système de santé américain était moins préparé à faire face à une crise que la plupart des systèmes de santé des pays développés[58].

    Pour l’universitaire Johanna Fernandez, concernant l’origine du New York mess (« merdier new-yorkais ») : « On s’attarde sur l’irresponsabilité de la gestion de Trump. Mais c’est bien plus profond. C’est toute une organisation de la société qui est en cause. » Elle ajoute, à l’absence de couverture maladie et au chômage, la submersion d’un système de santé dominé par le privé et son principe de « maximisation des profits ». Lequel a conduit les hôpitaux à fonctionner en flux tendus, donc à manquer aujourd’hui de personnel soignant comme de matériels « aussi essentiels que les respirateurs »[34].

    La journaliste d'investigation du New York Times, Sarah Kliff, a révélé que seuls 16 000 des 70 000 respirateurs commandés en 2006 « pour faire face à une pandémie de dimension modérée » ont été livrés. L'entreprise auxquels ils avaient été commandés avait été rachetée par le groupe Covidien, le géant du secteur de l’équipement médical, qui a considéré l’affaire comme pas suffisamment rentable financièrement « et a préféré rompre le contrat. » Quant aux lits d’hôpitaux, la recherche de rentabilité a conduit les États-Unis à se doter d’un nombre de lits «  bien moins important que les autres pays développés. » Le taux d’occupation des hôpitaux new-yorkais était, avant la crise, fixé à 95 %, seuil indispensable pour qu’ils génèrent suffisamment de profits[59].

    À Los Angeles, le directeur de la santé publique a recommandé aux familles de rapidement retirer leurs proches des maisons de soins infirmiers[60] (ce qui est irréalisable pour de nombreuses familles ; en 2017, environ 1,4 million d'Américains étaient soignés dans ces lieux, dont 64% comptant sur Medicaid pour payer leurs soins)[61].

    Polémiques

    En Californie, où des mesures de confinement ont été adoptées par les autorités, des PDG d’entreprises des nouvelles technologies ont provoqué une polémique en affirmant que le confinement était inutile, voire que la panique autour du Covid-19 était injustifiée, et en forçant leurs salariés à venir au bureau plutôt que de télétravailler. Elon Musk a ainsi écrit à ses salariés pour leur affirmer qu’ils avaient « plus de chances de mourir dans un accident de la route que du coronavirus », après avoir publié un message sur les réseaux sociaux affirmant : « cette panique autour du coronavirus est débile ». Le bureau du shérif du comté d'Alameda est finalement intervenu pour demander aux usines Tesla de respecter les mesures de confinement, alors qu'elles demandaient à leurs salariés de continuer à venir sur place[62]. Michael Saylor, le PDG de Microstrategy a envoyé un message à tous ses employés afin de leur dire qu’il était nécessaire de « continuer à travailler depuis nos bureaux pour maintenir notre productivité[62]. »

    De très nombreux internautes se sont indignés de l’attitude jugée désinvolte des autorités et de certains millionnaires. Le journal Le Monde relève qu'« une vidéo de l’acteur et ancien gouverneur républicain de Californie, Arnold Schwarzenegger, appelant, cigare à la main et depuis son jacuzzi, les étudiants à rester chez eux, a accumulé des centaines de réponses sarcastiques ou injurieuses[62]. »

    L'usage, par le président américain Donald Trump, de l'expression « virus chinois » pour nommer le SARS-CoV-2 ne fait pas qu'ajouter de la tension aux relations diplomatiques entre les États-Unis et la Chine ; il renvoie aux stéréotypes du « péril jaune », ancrés dans la mémoire historique de l'Amérique. Il suscite l'inquiétude au sein de la communauté des Américains asiatiques dont des membres sont pris à partie et molestés[63],[64],[62]. L'expression « virus chinois » apparaît dans les interventions présidentielles publiques lorsque, après avoir minimisé la dangerosité du coronavirus, acclamé le professionnalisme de son homologue chinois Xi Jinping dans la gestion de la crise sanitaire et affirmé qu'aux États-Unis tout était sous contrôle, Trump est contraint à une volte-face par la réalité de la gravité de la pandémie qui se répand sur le territoire national. Selon une stratégie de communication bien éprouvée, il recourt alors à un vocabulaire martial et à la mise en avant d'un bouc émissaire[65],[66]. Fin mars, l'hôte de la Maison-Blanche renonce publiquement à employer l'expression décriée, tandis que, sur la scène internationale, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, persiste à utiliser le terme « virus de Wuhan »[64],[65].

    Plusieurs sénateurs américains, dont des soutiens de Donald Trump, ont vendu des actions, parfois pour plusieurs millions de dollars, des semaines avant que le gouvernement n'admette la gravité de la crise du coronavirus et que la bourse ne s'effondre[67].

    Le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis souligne que des réseaux de militants néo-nazis et de suprémacistes blancs américains incitent à propager le virus, notamment contre les minorités et les forces de l'ordre[68].

    Plusieurs personnalités conservatrices ont émis l'idée de « sacrifier » les personnes âgées afin de « sauver l’économie ». L'avocat Scott McMillan a ainsi publié un message vivement commenté sur les réseaux sociaux : « La vraie question est la suivante : allons-nous couler toute l’économie pour sauver 2,5 % de la population qui, en règle générale, 1/ coûtent cher à la société et 2/ ne sont pas productifs ? ». Le 23 mars, le lieutenant gouverneur du Texas, Dan Patrick, a suggéré sur la chaîne Fox News que « les grands-parents, dont lui-même, seraient heureux de sacrifier leur vie pour préserver le bien-être financier de leurs enfants et petits-enfants ». Le lendemain, c’est l’animateur radio Glenn Beck qui évoquait « la possibilité de sacrifier des vies pendant l’épidémie de coronavirus pour sauver les États-Unis et leur économie »[69].

    Une partie de la droite religieuse a refusé de respecter les mesures de confinement ou de distanciation sociale dans certains États, y voyant une atteinte à la liberté religieuse et un complot contre Donald Trump[70]. Les organisations de lutte contre l'avortement ont également maintenu certains de leurs rassemblements. L'Alliance Defending Freedom (ADF), un groupe religieux conservateur, a porté plainte, estimant que les manifestations anti-IVG devaient être considérées comme « essentielles » et donc autorisées malgré les ordres de confinement[71]. À travers les États-Unis mais surtout dans la Bible Belt, plusieurs pasteurs et organisations religieuses encouragent leurs adeptes à ne pas respecter les consignes de sécurité et/ou à se rendre à la messe[72],[73]. Une étude du Religion News Service révèle qu'au 17 avril, 20 % des évangélistes avaient reçu des incitations à participer physiquement à la messe dans une église, et que 17 % avaient continué de le faire[72],[73]. À nuancer cependant dans la mesure où, à la même date, 90 % des congrégations évangélistes avaient fermé leurs églises et encouragé les fidèles à prier chez eux[72],[73]. Au 24 avril, une trentaine de pasteurs et représentants pentecôtistes qui minimisaient les dangers du Covid-19 et qui encourageaient à désobéir aux consignes de distanciation sociale pour se rendre à l'église en étaient morts[72],[73]. Ce qui inclut l'évêque de la New Deliverance Evangelistic Church, Gerald Glenn, mort du Covid-19, alors que dans son sermon du 22 mars 2020 il déclarait : « Je crois fermement que Dieu est plus grand que ce virus redouté. »[72],[73] En Floride, le célèbre pasteur pentecôtiste Rodney Howard-Brown a été arrêté car il encourageait ses fidèles à ne pas respecter la distanciation sociale pour se rendre à l'église[72],[73]. Le pasteur du Life Tabernacle, Tony Spell, a été aussi arrêté car il voulait organiser une messe de Pâques de 2 000 personnes, alors que l’État de Louisiane avait interdit les grands rassemblements[72],[73].

    D'après la presse, les témoignages de personnes dont les proches sont morts se multiplient : ils sont officiellement classés comme morts de pneumonie, avant que les tests ne soient disponibles ou à un moment où ils étaient difficiles à obtenir. Certains États républicains ne remonteraient pas les informations réelles et les statistiques publiées par le Wyoming, le Dakota du Nord ou la Virginie Occidentale semblent trop faibles pour être réelles[réf. nécessaire].

    Une dizaine d’États, pour la plupart situés dans la « ceinture de la Bible », font interdire l'avortement à partir du mois d'avril[74].

    Le gouverneur démocrate de l’État de New York, Andrew Cuomo, a été l’initiateur d’un vaste plan d’austérité pour l’État,  associé à des coupes élevées dans le budget de la santé. L’exécutif new-yorkais a ainsi supprimé, en 2020, 400 millions de dollars dans le budget de Medicaid, qui vient en aide aux plus démunis, en plus d'acter la fermeture de milliers de lits d’hôpitaux. Alors que le gouverneur se montre très présent dans les médias et que certains lui prédisent même un destin national, l’aile gauche new-yorkaise du Parti démocrate rappelle sa responsabilité dans la détérioration du système de santé ; le sénateur Gustavo Rivera, président de la commission de la Santé de la Chambre haute de l’État, évoque ainsi publiquement un double jeu « tout simplement obscène »[75].

    Information

    Le New-York Times a publié en première page une liste d'environ 1 000 personnes décédées du coronavirus aux États-Unis[76] qui représente une fraction de la mortalité du pays[76].

    Désinformation

    La pandémie fait surgir de nombreuses théories concernant des produits miracles, qui sont vendus parfois en ligne ou promus par des célébrités.

    Le président américain Donald Trump et son principal conseiller économique Lawrence Kudlow ont été accusés de désinformer à propos du coronavirus, notamment concernant la création prochaine d'un vaccin[77], la réalité du taux de mortalité[78], le fait d'avoir côtoyé des personnes infectées[79], l'efficacité de la chloroquine (affirmation faite sans test clinique)[80] ou la fabrication de respirateurs par Ford et General Motors[81].

    La réaction de la Maison Blanche a été d'une part d'accuser les médias de tenter de déstabiliser le gouvernement, d'autre part de prendre le risque de provoquer une panique, dangereuse en soi[82]. Pour le chroniqueur politique conservateur Rush Limbaugh, le coronavirus est une tentative de la Chine de déstabiliser le gouvernement des États-Unis[83].

    Début mars 2020 est publié un sondage montrant que 38 % des buveurs de bière américains ont refusé de boire de la bière de marque Corona[84]. La marque a cependant bénéficié d'un effet de mode et ses ventes ont augmenté[84].

    Plusieurs journalistes et invités de la chaîne conservatrice Fox News ont propagé des théories du complot selon lesquelles la gravité de l'épidémie serait exagérée pour nuire à Donald Trump. Le journal Slate estime que l'émission Fox & Friends, étant regardée par plus de 1,4 million de téléspectateurs chaque matin, « représente un réel danger de santé publique », une journaliste y affirmant notamment que c'était « le moment le plus sûr pour prendre l'avion »[85]. L’animatrice de la chaîne Fox Business Trish Regan a défendu avec virulence l'idée d'un complot démocrate dirigé contre Donald Trump, au point de contraindre sa direction à la retirer de l’antenne, puis à la licencier[70].

    Conséquences économiques

    Au cours de la semaine du 15 au 21 mars 2020, le nombre de personnes ayant fait une première demande d'allocations-chômage atteint 3,3 millions, soit le niveau le plus élevé jamais vu aux États-Unis, le précédent record datant d'octobre 1982 avec 695 000 nouvelles demandes[86]. Lors de la semaine du 22 au 28 mars, le nombre de personnes ayant fait une première demande d'allocations-chômage atteint 6,6 millions[87],[88]. Pour la semaine du 29 mars au 4 avril, c'est une nouvelle fois 6,6 millions de personnes qui font une première demande d'allocations-chômage. Début avril, le nombre de salariés ayant perdu leur emploi dépasse donc les 16 millions en trois semaines[89]. Le Code du travail américain, considéré comme pro-business, permet au patronat de se séparer facilement de ses personnels pour éponger immédiatement une partie de ses pertes[34].

    Pour le mois d'avril 2020, le taux de chômage atteint 14,7 %, le niveau le plus élevé aux États-Unis depuis 1948[90].

    Selon le cabinet Amherst, 26 % des familles vivant en location auront besoin d’une aide temporaire pour payer leur loyer. Andrew Cuomo, le gouverneur de New York, ordonne la suspension des remboursements de crédits immobiliers pour les propriétaires. La députée Alexandria Ocasio-Cortez, élue du Bronx et du Queens, a pour sa part dénoncé : « En offrant un traitement préférentiel aux propriétaires et à des gars qui sont déjà bien riches, sans rien donner aux locataires, nous sommes en train de créer une question de classe ! »[91]. Selon les chiffres du National Multifamily Housing Council, près d’un locataire sur trois n’a pas été en mesure de payer son loyer d’avril[92].

    Deux millions d'armes ont été vendues au mois de mars, soit le double du mois précédent. Cette frénésie est alimentée par la crainte que la pandémie aboutisse à des pénuries et des débordements. Le gouvernement américain a décrété que les marchands d’armes sont des commerces « essentiels » pouvant bénéficier d’une dérogation au confinement[93].

    Au cours du premier trimestre 2020, le produit intérieur brut chute de 4,8 %, soit le plus fort recul enregistré depuis la récession de 2008[94].

    Entre le 18 mars et le 10 avril 2020, la richesse des milliardaires américains a augmenté de 282 milliards de dollars, soit un gain de près de 10 %. Les 400 Américains les plus riches possèdent autant de richesses que les 64 % des Américains les plus pauvres, soit près des deux tiers des ménages américains réunis[95]. « Alors que des millions de personnes risquent leur vie et leur gagne-pain en tant que travailleurs mis en première ligne, ces milliardaires bénéficient d'une économie et d'un système fiscal qui est câblé pour canaliser la richesse vers le sommet », note Chuck Collins, directeur du programme sur l'inégalité à Institute for Policy Studies[96].

    Notes et références

    Notes

    1. The system does not, is not really geared to what we need right now … It is a failing, let’s admit it[56]..

    Références

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