Pandémie de Covid-19 au Japon

Pandémie de maladie à coronavirus de 2020 au Japon
COVID-19 Cases by prefectures of Japan.svg
Préfectures touchées.
Maladie
Agent infectieux
Localisation
Coordonnées
35° N, 136° E
Date d'arrivée
Depuis le (2 mois et 14 jours)
Site web
Bilan
Cas confirmés
845 ()
Cas soignés
272 ()[1]
Morts

La pandémie de maladie à coronavirus de 2020 se propage au Japon à partir de la mi-janvier, après le retour dans la préfecture de Kanagawa d'un ressortissant chinois ayant séjourné dans la ville de Wuhan, épicentre de la propagation de la maladie. Mi-mars, le gouvernement japonais annonce 1 500 cas de personnes infectées et trente-deux morts. Il ne décrète pas pour autant l'état d'urgence mais renonce à la tenue des Jeux olympiques d'été.

Chronologie

Au cours de son hospitalisation du 10 au , un ressortissant chinois trentenaire, de retour dans la préfecture de Kanagawa, au Japon, après un séjour dans la ville sous-provinciale de Wuhan, en Chine centrale, est testé positif pour le SARS-CoV-2. Après la Thaïlande, le Pays du Soleil Levant devient le deuxième pays atteint par la pandémie de maladie à coronavirus initialement circonscrite en Chine[3],[4]. Le , un premier décès est enregistré[5]. Dix jours plus tôt, les 3 700 passagers et membres d'équipage du Diamond Princess, un navire de croisière tout juste arrivé au port de Yokohama, en baie de Tokyo, sont placés en quarantaine. Le 15, le bilan de 135 malades, établi le 10, à bord du bateau, est porté à 285 cas positifs. Le paquebot, hébergeant des touristes de plusieurs nationalités, devient le foyer de contamination le plus important, après la Chine[6],[7].

Le 17, la maison impériale annule la célébration annuelle de la fête nationale, dans les jardins du palais impérial de Tokyo, le , jour anniversaire de l'empereur Naruhito[8]. Fin février, face à la propagation de l'épidémie, le Premier ministre Shinzō Abe impose, comme mesure sanitaire pour contenir le virus, la fermeture de tous les établissements scolaires du primaire et du secondaire, jusqu'au 1er avril, fin de l'année fiscale officielle[9],[10]. Le pays compte alors cinq morts, deux cents malades et cinq cents personnes rétablies depuis mi-janvier[11].

À la mi-, le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales rend publique un carte signalant quinze foyers d'infection de plus de cinq personnes, répartis dans tout l'archipel japonais. Il annonce 1 500 malades et 32 morts. La préfecture d'Osaka est la plus affectée par la pandémie. Le Japon est le neuvième pays le plus touché dans le monde, après la Chine, l'Italie, l'Iran, la Corée du Sud, l'Espagne, la France, l'Allemagne et les États-Unis[10]. Le gouvernement japonais ne déclare cependant pas l'état d'urgence et, répondant à la suggestion de report des Jeux olympiques et paralympiques d'une année émise par le président américain Donald Trump, maintient la tenue de l'événement sportif planétaire[10],[12],[11]. Le 24 mars, sous la pression d'athlètes de divers pays, de la Fédération internationale d’athlétisme et la menace de boycott par des comités olympiques nationaux (Canada, Brésil, Australie, Norvège, Royaume-Uni), Shinzō Abe annonce finalement le report des JO, en accord avec le Comité international olympique[13].

Gestion de crise

selon un sondage, effectué par l'agence de presse japonaise Kyodo News, la gestion de la crise par les autorités gouvernementales japonaises a été jugée incohérente par 60 % des personnes interrogées. Celles-ci se déclarent insatisfaites des mesures prises pour endiguer la contagion[14]. Mi-mars, le quotidien Mainichi Shinbun publie cependant un taux d'approbation de 49 %[15]. Le gouvernement japonais est soupçonné de dissimuler l'ampleur de l'épidémie par limitation des tests médicaux. Au quotidien, le Japon réalise dix fois moins de tests que son voisin coréen, plus de deux fois moins peuplé[16]. En outre, la décision de fermer les établissements scolaires du pays, arrêtée subitement par le Premier ministre, a été mal reçue par la population[17].

Stratégie de contrôle sanitaire

Fin mars, alors que dans de nombreux pays, des restrictions de circulation et de rassemblement et des mesures de confinement, voire de quarantaine, sont imposées aux populations, au Japon, la vie quotidienne reste relativement peu perturbée par le développement de la pandémie de maladie à coronavirus. Pourtant le Japon, comme beaucoup d'autres pays industrialisés affectés par le virus, est constitué de villes densément peuplées, quadrillées par des réseaux de transport en commun dans lesquels, chaque jour, des dizaines de millions de voyageurs se croisent[18]. Selon L'Organisation mondiale de la santé, l'Italie, pays placé en quarantaine et où, au 20 mars, 3 600 morts et plus de 40 000 malades sont comptabilisés, est, en Europe, plus vulnérable que d'autres nations car plus touché par le phénomène du vieillissement démographique. Or, au classement mondial des populations les plus âgées, s'il occupe la deuxième place, il est devancé par le Japon. De plus, l'archipel japonais est immédiatement voisin de la Chine continentale, foyer originel de l'épidémie[18]. Dans celui-ci, le tabagisme, une addiction qui concerne aussi le Pays du Soleil Levant — parmi les membres du Groupe des sept, le Japon présente le taux le plus élevé de fumeurs —, a été identifié comme une cause importante de sensibilité aux effets mortels du coronavirus[18]. Jusqu'au 21 mars, l'organisation sociale nippone qui minimise les contacts humains — le salut par inclination est préféré à la poignée de main, par exemple ; les personnes âgées sont souvent isolées, la population japonaise est disciplinée, la propreté des lieux publics est exemplaire et l'usage de masques de protection, en cas de maladie, est courant — et les mesures prises par la société civile et les autorités japonaises, qui ont limité les tests médicaux aux individus présentant des symptômes étendus, ont suffit, bien que peu restrictives, à contenir la propagation de la maladie[18],[16]. En outre, les premiers foyers d'infection ont été rapidement mis en évidence et les personnes affectées mises en quarantaine[16].

Notes et références

  1. (ja) Ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, « 新型コロナウイルス感染症の現在の状況について(令和2年3月22日版) » [« Coronavirus COVID-19 : le point sur la situation »], sur www.mhlw.go.jp,‎ (consulté le 24 mars 2020).
  2. Organisation mondiale de la santé, Coronavirus disease 2019 (COVID-19), (Rapport de situation de l'OMS), Organisation mondiale de la santé, , [lire en ligne]
  3. AFP, « Epidémie de pneumonie en Chine : un premier cas détecté au Japon », France Info, (consulté le 19 mars 2020).
  4. Walter Sim, « Japan confirms first case of infection from Wuhan coronavirus; Vietnam quarantines two tourists », The Straits Times,
  5. AFP, « Covid-19 : le Japon enregistre son premier décès de personne infectée », L'Express, (consulté le 19 mars 2020).
  6. Philippe Mesmer, « Le gouvernement japonais critiqué pour sa gestion de la quarantaine du « Diamond-Princess » », Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 19 mars 2020).
  7. Arnaud Bizot, Gaëlle Legenne et Olivier O'Mahony, « Coronavirus : 30 jours sur le paquebot de l'angoisse », Paris Match, (consulté le 19 mars 2020).
  8. AFP, « Coronavirus : le Japon annule la venue du public à l’anniversaire du nouvel empereur Naruhito », La Croix, (consulté le 19 mars 2020).
  9. Karyn Nishimura, « Coronavirus au Japon : le gouvernement ferme les écoles et sème la zizanie », Libération, (consulté le 19 mars 2020).
  10. a b et c (en) Kyodo News, « COVID-19 cases top 1,500 in Japan as ministry releases cluster map », The Japan Times, (consulté le 19 mars 2020).
  11. a et b Sabrina El Mosselli, « Coronavirus : Tokyo refuse d'annuler les Jeux Olympiques 2020 », La Dépêche du Midi, (consulté le 19 mars 2020).
  12. (en) « Coronavirus Cases in Japan by Prefecture », sur Nippon.com, (consulté le 19 mars 2020).
  13. Clément Guillou, « JO de Tokyo : comment le report s’est imposé », Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 24 mars 2020).
  14. Philippe Pons, « Au Japon, le coronavirus provoque une crise de confiance politique », Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 26 mars 2020).
  15. (en) Yuri Hirabayashi, « 49% approve Japanese gov't response to coronavirus » [« 49 % d'approbation concernant la réponse apportée à l'épidémie par le gouvernement »], Mainichi Shinbun, (consulté le 26 mars 2020).
  16. a b et c « Pourquoi le Japon semble-t-il mieux résister au coronavirus ? », CNews, (consulté le 21 mars 2020).
  17. (en) Simon Denyer et Akiko Kashiwagi, « Japan’s Abe faces mounting anger over school closures, lack of virus testing », The Washington Post, (consulté le 26 mars 2020).
  18. a b c et d (en) Oscar Boyd, « Why is Japan still a coronavirus outlier? » [« Pourquoi le Japon est-il un cas isolé en pleine pandémie de coronavirus ? »], The Japan Times, (consulté le 21 mars 2020).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes