Pandémie de Covid-19 au Chili

Pandémie de maladie à coronavirus de 2020 au Chili
COVID-19 Outbreak Cases in Chile.svg
Localisation
Coordonnées
33° S, 71° O
Date d'arrivée
Bilan
Cas confirmés
2 449 ()[1]
Morts

Le Chili enregistre son premier décès lié à l'épidémie de coronavirus le 21 mars 2020. À cette date, plus de 1300 cas ont été comptabilisés, majoritairement dans la capitale Santiago[2].

Propagation du virus

L'épidémie était à l'origine principalement concentrée sur Santiago, la capitale du pays. Jusqu’au 21 mars, 71 % des contaminés habitaient dans la capitale, qui représente 38 % de la population chilienne. L'épidémie s'est ensuite plus largement étendue aux provinces : entre les 20 et 25 mars, la proportion de malades issus du reste du pays est passée de 28 % à 42 %[3].

Mesures de protection

Le président Sebastian Piñera instaure « l'état d'exception constitutionnel pour catastrophe » permettant le déploiement de l'armée pour le maintien de l'ordre. Les frontières du pays sont par ailleurs fermées depuis le 18 mars. En revanche, aucune mesure de quarantaine n'a été annoncée[2]. Le président décide finalement, le 26 mars, d'imposer au moins une semaine de confinement pour la région de Santiago[4].

Le gouvernement chilien a longtemps été réticent à prendre des mesures, refusant systématiquement les mesures de confinement que réclament les organisations de professionnels de la santé et l'opposition politique. Le ministre de la Santé, Jaime Mañalich, affirme le 14 mars que « la fermeture des classes était irresponsable ». Le 22 mars, il posait la question : et « si le virus mutait et devenait sympathique, pourquoi imposer un confinement à tout le pays ?  »[3].

D'après le correspondant au Chili du journal L'Humanité : « Le Chili a eu la chance de n’avoir eu son premier cas de coronavirus que le 3 mars. Le pays bénéficiait de l’expérience concrète de différents pays touchés préalablement et qui ont réagi de façons très différentes. À l’aune des décisions prises ailleurs, de l’analyse des moyens disponibles, on aurait pu penser que le gouvernement aurait choisi la voie la meilleure pour lutter contre le virus. Il n’en a rien été. Tout se passe comme si c’était au Chili que le coronavirus était apparu en premier. » Selon lui, alors que la plupart des salariés continuent d'aller travailler, le gouvernement « privilégie les stratégies économiques favorables à ses amis. Le confinement total obligerait à poser la question des ressources de millions de Chiliens privés d’emploi pendant cette période. Et donc celle de la redistribution des richesses. Les riches ne sont absolument pas d’accord et ce sont eux qui dirigent le pays[3]. »

Conséquences politiques et économiques

L’épidémie a provoqué la fin du mouvement de protestation contre le gouvernement[2].

Le référendum sur l’adoption d’une nouvelle constitution est repoussé. Seul le parti ultraconservateur Union démocrate indépendante (UDI), nostalgique de la dictature du général Pinochet, s’est opposé à cette mesure, tablant sur une forte abstention pour conserver la Constitution héritée de la dictature[5].

Les chutes des Bourses mondiales ont causé de lourdes pertes aux Administrateurs de fonds de pension (AFP) privés auxquels cotisent les Chiliens, et significativement réduit leur capital retraite[4].

Références

  1. a et b « https://twitter.com/elmostrador/status/1244618808322449408 »
  2. a b et c « Coronavirus : premier décès au Chili », sur Le Figaro,
  3. a b et c « Pourquoi l’exécutif chilien fait-il le choix de mettre sa population en danger face à la pandémie ? », sur L'Humanité,
  4. a et b « Au Chili, le coronavirus met en lumière les inégalités dénoncées par le mouvement social », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  5. « En Amérique latine, la pandémie attise les crises », sur L'Humanité,