Palais

Le mont Palatin d'où dérive le nom.
Résidence palatiale portugaise de la Regaleira, à Sintra (d'architecte : Luigi Mannini, 1904–1910).

Palais ou édifice monumental peut désigner :

  • Le lieu de résidence urbaine d'un personnage important, vivant un train de vie princier ou fastueux
  • Le siège d'une institution publique, dans lequel se déroule l'exercice du pouvoir[1]
  • Au figuré, une exagération flatteuse pour un manoir ou une grande propriété

Il faut noter la différence entre le palais et le château. À l'origine, le château était le domicile du protecteur de la région, il avait donc une utilité protectrice, le palais représentait le pouvoir d'un homme politique, économique ou autres. Par la suite, l'appellation de palais fut réservée à une résidence urbaine, alors que le château était généralement rural : ainsi on parle du palais du Louvre ou du Palais-Royal, mais des châteaux de Versailles ou de Fontainebleau.

Ces palais servaient tant au prestige du prince, roi ou empereur, que pour la vie de courtisans qui gravitaient autour de lui. Fréquemment ils ont des jardins d'apparat dont la taille peut être impressionnante, et procède également du prestige du maître de céans.

Étymologie

Le terme de palais, que l'on retrouve dans la plupart des langues européenne (Palast en allemand, palace en anglais, palacio en espagnol, palazzo en italien) dérive du nom en latin de la colline palatine à Rome (Palatium), où à l'époque impériale se développèrent les structures de la résidence officielle des empereurs (Domus Augustana). Le nom de la colline devint par antonomase celui de toutes les résidences royales et princières.

Histoire

Le palais de Minos, à Cnossos, île de Crète, est une des architectures palatines les plus anciennes disponibles en Europe.

Les premiers palais, résidences royales et en même temps centre des activités économiques, politiques et religieuses, remontent aux sociétés palatiales  de l'âge du bronze, de l'ancienne Mésopotamie, de Égypte antique et de la civilisation minoenne puis mycénienne. Outre la résidence des souverains, le palais accueillait aussi les entrepôts, les archives et les lieux de culte.

Article détaillé : Palais antique.

Dans les temps anciens, les résidences des souverains hellènes avaient des caractéristiques similaires, tandis que les grandes villas suburbaines de l'aristocratie sénatoriale romaine et de la famille impériale, au centre de vastes propriétés agricoles, furent essentiellement des centres résidentiels et économiques tandis que les autres fonctions administratives se déroulaient dans des bâtiments publics appropriés.

Moyen Âge

La civilisation islamique, dans son expression andalouse, a légué au continent européen une structure de palais antique. Les palais nasrides furent édifiés pendant la Renaissance jusqu'à la décennie de l'année cruciale, où les Castillans découvrirent l'Alhambra. aux façades incrustées de stuc peint.

Le plan type en termes de palais durant le Moyen Âge peut être considéré comme le palais de Charlemagne d'Aix. Celui-ci est constitué de la trilogie architecturale carolingienne typique : la grande salle seigneuriale (aula en latin, hall (en)), appelée aussi salle de réception ou salle de banquet (lieu de réception, de justice, d'apparat et de vie), la chapelle (capella (la), construite par Eudes de Metz, il s'agit d'un lieu de prière mais aussi de clergie, c'est-à-dire de savoir latin grâce à sa bibliothèque liturgique) et la partie domestique (camerae (la), appartements privés destinés à la mesnie), notamment la chambre aux dames (correspondant au gynécée antique).

Compte tenu de l'époque peu sûre et ravagée par les guerres et les calamités, la construction la plus en vogue est le château fort, dont la fonction principale est la protection et non l'agrément. Les princes dirigent leurs campagnes de guerre, et ne vivent à la cour que l'hiver. Les châteaux fortifiés devinrent les résidences des seigneurs féodaux, centre de défense d'un territoire, pendant que les plus importantes familles citadines habitaient dans les maisons-tours des centres urbains, symbole de puissance et de richesse, et les institutions communales érigeaient les palais communaux. La nécessité défensive apaisée, les châteaux et les palais urbains s'enrichirent d'œuvres d'art, qui avec la splendeur des façades, donnant souvent sur les places, offrirent une image de la puissance de la famille.

Cependant, au début du XIVe siècle, dans une société plus pacifiée, le palais refait son apparition, donnant naissance à quelques chefs-d'œuvre du gothique, dont le plus bel exemple était le palais de la Cité à Paris, construit par Philippe le Bel et dont les restes donnent un aperçu de sa splendeur à son apogée. Avec la guerre de Cent-Ans, néanmoins, les fortifications redeviennent nécessaires, et on assiste à la construction de véritables "palais-forteresses" pour les grands princes. Ainsi, Bertrand de Goth, devenu le pape Clément V, construisit pour lui et sa famille une suite de "palais-forteresses" : le Villandraut, le Roquetaillade, le Fargues ; autres exemples sont le château de Nantes, le palais du pape à Avignon.

Ancien Régime

Jardins du campo del Moro, offrant perspective au palais royal, en plein cœur de Madrid.
les manoirs de province y furent édifiés par les grands propriétaires terriens, représentatifs d'une certaine classe aristocratique des barons britanniques. Ils portent le nom de palais, qui en anglais ne possède pas le même sens qu'en français et ne se situent pas nécessairement à la ville.
Palais d'Hiver, Saint-Pétersbourg
Palais Menchikov, Saint-Pétersbourg
Peterhof, Saint-Pétersbourg.
Le Palais d Hiver

Palais du Nouveau Monde

Autres palais

Représentation des effets de nuit au Palais Lumineux, attraction de l'exposition de Paris en 1900.

Références

  1. Cette association du mot avec le pouvoir se retrouve dans le titre de maire du palais sous les Mérovingiens.

Annexes