Margraviat d'Autriche

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Margraviat d'Autriche
Ostarrichi (vieux haut-allemand)

976-1156

Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
Le duché de Bavière et la marche d'Autriche (en rouge) vers l'an 1000
Informations générales
Statut Marche de l'Empire othonien
Religion Catholicisme
Histoire et événements
976 Marche sous l'égide des ducs de Bavière
1156 Privilegium Minus
Margraves
(1er) 976-994 Léopold Ier de Babenberg
(Der) 1141-1156 Henri II

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Au Xe siècle, le Margraviat d'Autriche (en vieux haut-allemand Ostarrichi ou Ostarrīchi), est une région historique du Saint-Empire romain germanique sous l'administration des margraves de la maison de Babenberg, situé à l'est du duché de Bavière au sud-est de la Francie orientale. Créé par l'empereur Otton II du Saint-Empire en 976, il allait conduire au duché d'Autriche en 1156.

Étymologie

Le terme d'Ostarrīchi est également utilisé pour désigner la marche de l'Est (en latin marcha Orientalis, terme qui sera repris pendant la période nazie sous l'appellation Ostmark), il ne faut cependant pas traduire rīchi par Reich mais plutôt par territoire défini. Donc Ostarrīchi était probablement une région définie à l'est, une marche à la frontière de l'est pour faire face aux dangers menaçant la Francie orientale. Le linguiste Otto Kronsteiger avance une autre théorie, celle d'une origine slave du nom d'Ostarrichi (Ostarik)[1].

Historique

Les territoires bavaroises à l'est du confluent du Danube et de l'Enns ont été réorganisés après la victoire de Otton Ier du Saint-Empire sur les Magyars à la bataille du Lechfeld en 955. Un margrave Bouchard est mentionné vers 960/62; il participe au soulèvement de Henri II de Bavière contre l´empereur Otton II, fils d'Otton I, à la suite de quoi ils ayant perdu tous les deux leur titres. En 976, Otton II a séparé le nouveau duché de Carinthie de la Bavière et plaça le margraviat d'Autriche sous l'administration du comte Léopold de Babenberg.

L'acte d'Ostarrichi d'Otton III (996) (le terme d'Ostarrichi est entouré en rouge).

La plus ancienne mention écrite d'Ostarrichi se trouve dans un acte établi à Bruchsal du 1er novembre 996. Cet acte traîte d'une donation d'un territoire de 950 hectares de terres par l'empereur Otton III à Gottschalk von Hagenau, archevêque de Freising. Ce territoire se situe dans la « région communément appelée Ostarrichi »[2] par laquelle il désigne la région autour de Neuhofen an der Ybbs[3] en Basse-Autriche. De nos jours, cet acte se trouve dans les archives de la Bavière à Munich.

Les Babenberg établissent tout d’abord leur résidence à Pöchlarn, puis à Melk. Le pays est colonisé, des abbayes sont fondées (comme à Melk en 1089 et à Klosterneuburg donnée par le margrave Léopold III en 1114). Il englobe bientôt également des territoires au nord et au sud du Danube jusqu'au Wienerwald. Du terme ancien Ostarrichi découle le nom de l'Autriche en allemand moderne : Österreich. Pendant le Haut Moyen Âge, la désignation d'Osterland est également courante (pays à l'est).

En 1139 le margrave Léopold IV de Babenberg obtient le duché de Bavière, en tant que vassal du roi Conrad III. Après le décès de Léopold en 1141, ces deux pays furent gouvernés par son frère Henri II de Babenberg dit Jasomirgott (« que Dieu me vienne en aide »). Le margraviat est détaché, enfin, du duché de Bavière en l'an 1156 par le Privilegium Minus, un acte impérial promulgué par Frédéric Barberousse: pour parvenir à un nouvel équilibre entre les maisons de Hohenstaufen et Welf (guelfes et gibelins), l'empereur accorda le fief de la Bavière à Henri le Lion et, en faveur du margrave Henri Jasomirgott, formé le duché d'Autriche équivalent. Henri prit donc le titre de duc d'Autriche et ses descendants gouvernèrent le pays jusqu'à l'extinction de la famille en 1246.

La république d'Autriche célèbre en 1996 la première mention d'Ostarrichi dans un acte officiel avec le slogan « Tausend Jahre Österreich » (Millénaire d'Autriche). En 1976 on avait déjà célébré l'avènement de Léopold Ier en tant que margrave d'Autriche.

L'acte d'Ostarrīchi

In nomine sanctae et individuae Trinitatis. Otto divina preordinante clementia Imperator Augustus. Noverint omnium industriae fidelium nostrorum tam praesentium quam et futororum, qualiter nos dignis petitionibus dilectissimi nepotis nostri Baioariorum Ducis Heinrici annuentes quasdam nostri iuris res regione vulgari vocabulo Ostarrīchi in marcha et in comitatu Heinrici comitis filii Liutpaldi marchionis in loco Niuuanhova dicto, id est cum eadem curte et in proximo confinio adiacentes triginta regales hobas cum terris cultis et incultis pratis pascuis silvis aedificiis aquis aquarumve decursibus venationibus zidalweidun piscationibus molendinis mobilibus viis en inviis exitibus et reditibus quesitis et inquirendis omnibusque iure legaliterque ad easdem hobas pertinentibus super gremium Frigisingensis aecclesiae ad servicium sanctae Mariae Sanctique Christi Confessoris atque pontificis Corbiniani cui nunc fidelis noster Kotascalus venerabilis presidet episcopus, in proprium atque perpetuum usum concessimus firmiterque tradidimus nostra imperiali potentia, eo modo eoque tenore ut eadem praefata Frigisingensis aecclesia idemque praelibatus antistes Kotascalhus atque omnes sui successores libero deinceps perfruantur arbitrio haec omnia tenendi commutandi et quidquid voluerint inde faciendi. Et ut nostrae largitionis auctoritas firmior stabiliorque cunctis sanctae dei aecclesiae filiis perpetim credatur, hanc cartam inscribi iussimus anuloque nostro signatam manu propria subtus eam firmavimus. Signum Domni Ottonis Invictissimi Imperatoris Augusti. Hildibaldus Episcopus et cancellarius vice Uuilligisi archiepiscopi recognovi. Data kal. nov. anno dominicae incarnationis DCCCCXCVI, indictione X, anno autem tertii Ottonis regnantis XIII, imperii vero I; actum Bruochselle, feliciter.[4]

Sources

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Ostarrîchi » (voir la liste des auteurs).
  • (de) Anna Maria Drabek, Die Ostarrichi-Urkunde, Neuhofen an der Ybbs, 2001.
  • (de) Gottfried Glechner, Von Ostarrichi zu Österreich, Steyr, 1996.
  • (de) Heinz-Dieter Pohl, Ostarrîchi – Österreich – Ostmark. Über die enge Verknüpfung von historischer Namenkunde und Geschichte, Vienne, 1999.
  • (de) Peter et Barbara Schubert, Ostarrichi - Österreich vor 1000 Jahren, Mayer, Vienne, 1996.
  • (de) Georg Scheibelreiter, Ostarrichi - Das Werden einer historischen Landschaft, Sacrum Imperium, Vienne, 1996.
  • (de) Alfred Stirnemann (dir.), 1000 Jahre Ostarrîchi - seine christliche Vorgeschichte, Tyrolia, Innsbruck et Vienne, 1997.

Notes et références

  1. (de) Ostarrichi - Origine slave du nom ?.
  2. regione vulgari vocabulo Ostarrichi
  3. in loco Niuuanhova dicto
  4. « Acte d'Otton III de 996 »(Archive • Wikiwix • Archive.isGoogle • Que faire ?).

Voir aussi

Articles connexes

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