Orpea

ORPEA

Création 1989
Fondateurs Jean Claude Marian
Forme juridique Société par actions simplifiée
Action Euronext : ORP
Slogan La vie continue avec nous
Siège social Paris
Drapeau de France France
Direction Yves Le Masne - Directeur Général[1]
Activité Maisons de retraite et cliniques de soins
Sociétés sœurs Clinéa
Filiales VivréA - bureau d'études techniques
Effectif 43.000
Site web orpea.com

Chiffre d’affaires en augmentation 2.393 Milliards € (2015)
+ 22,8 %

ORPEA est un groupe actif dans le domaine de la santé des personnes âgées. Il gère une chaîne de maisons de retraite et de cliniques de soins. Ce groupe a été fondé en 1989 par Jean-Claude Marian. La presse rapporte à plusieurs reprises que les conditions d'accueil des personnes âgées dans certains de ses établissements sont mauvaises, en raison notamment d'un manque de personnel soignant.

Historique

En 1989, le docteur Jean-Claude Marian crée Orpea, entreprise spécialisée dans les maisons de retraite.

En 1999, Orpea se diversifie en créant sa filiale Clinea, spécialisée dans les cliniques SSR et psychiatriques.

Les débuts furent désastreux[réf. souhaitée] mais en se spécialisant sur le secteur des maisons de retraite de luxe et en s'exportant à l'international le groupe affiche les taux de croissance (12 % à taux constants) du marché sénescent.

Orpea était le 1er exploitant privé français de maisons de retraite[réf. nécessaire] jusqu’en 2014, année de la fusion-absorption du groupe Médica par le groupe Korian, devenu leader français et européen. Le chiffre d'affaires par activité se répartit comme suit en France :

Orpea possède également un certain nombre d'établissements à l'étranger[2] :

  • Allemagne : 166 établissements,
  • Belgique : 61 établissements,
  • Autriche : 58 établissements,
  • Suisse : 27 établissements,
  • Espagne : 25 établissements,
  • Italie : 16 établissements,
  • Pologne : 7 établissements,
  • République Tchèque : 3 établissements,

M. Marian est son président et possède 32 % de l'entité soit une fortune dépassant les 400 millions d'euros et fait partie des meilleurs progressions de fortunes du magazine Challenges chaque année[3]. Le directeur général d'Orpea est Monsieur Yves Le Masne.

Orpea bénéficie des subsides alloués en Belgique aux maisons de repos et de soins[réf. souhaitée]. Le 20 avril 2017, le groupe ORPEA acquiert le groupe Anavita , groupe tchèque spécialisé dans les maisons de retraite médicalisées[4].

Filiales

  • Clinea[5] Drapeau : France
  • Celenus Kliniken Drapeau : Allemagne
  • Groupe MEDI-System Drapeau : Pologne
  • Residenz Gruppe Bremen Drapeau : Allemagne
  • SenCura Drapeau : Autriche
  • Senevita[6] Drapeau : Suisse
  • SilverCare[7] Drapeau : Allemagne
  • Vitalis Drapeau : Allemagne

Chiffres

  • 2007 : résultat net 41,0 millions € +31,2 %, chiffre d'affaires 544,6 million € +31,3 %
  • 2008 : résultat net 48,4 millions € +17,5 %, chiffre d'affaires 702,3 million € +29,0 %, environ 25 000 lits gérés.
  • 2009 prévisionnel : chiffre d'affaires 820 millions €
  • 2011 prévisionnel : chiffre d'affaires > 1,1 milliard €
  • 2012 : chiffre d'affaires 1.429 milliard € (+ 15,8 %)[8]
  • 2013 : Le groupe vise un chiffre d'affaires de 1,6 milliard d'Euros pour 2013[9]
  • 2016 : le chiffre d'affaires a progressé de 18,8 % à 2,8412 milliards, porté par une croissance organique supérieure à l'objectif et l'effet des acquisitions internationales, notamment en Allemagne, Pologne et Espagne[10] ; le bénéfice net d'Orpéa est de 257 millions d'euros[11].

Critiques

Espionnage de salariés

Fin 2014, la Confédération générale du travail (CGT) porte plainte contre Orpea, dénonçant « un système visant à infiltrer le syndicat » : trois comédiens avaient été embauchés en 2010 dans le cadre d'un contrat passé avec la société de renseignements privée GSG, afin d'espionner les salariés de trois établissements, notamment ceux syndiqués[12]. Le groupe propose un accord secret à la CGT en février 2015, comprenant des améliorations des conditions de travail des salariés et dont le coût est estimé à 4 millions d'euros pour Orpea, rapporte Mediapart ; il est finalement refusé[13].

Manque de moyens humains et financiers, accusations de maltraitance

En 2015, vingt-huit familles de pensionnaires de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (ehpad) « Le Village », à Boissise-le-Roi, écrivent à la ministre de la Santé et au procureur de la République pour émettre un « signalement pour maltraitance par négligence active et passive », estimant que la qualité de la prise en charge des résidents « s'est détériorée » depuis le rachat de l'établissement par Orpea en 2013 ; ils pointent essentiellement un manque de personnel[14].

Au Mans, en novembre 2016, des salariés de l'établissement « Les Sablons » pointent des conditions de travail « exécrables » débouchant sur une dégradation de la qualité de service, depuis l'arrivée d'une nouvelle direction en mai 2015 ; ils citent des attitudes méprisantes, des cas de harcèlement, des arrêts maladie, des démissions et plusieurs licenciements pour faute grave[15].

En décembre 2016, France 3 Alsace fait état de soupçons de maltraitance dans la maison de retraite de l'Aar, située à Schiltigheim. Des membres du personnel et plusieurs familles témoignent d'un manque récurrent de personnel, conduisant notamment à ce que les couches des personnes âgées ne soient parfois changées qu'une seule fois par jour, à ce que des pansements ne soient changés qu'une fois par semaine, à ce que des résidents tombés au sol tardent à être relevés ou à ce que des résidents ne puissent pas manger, faute d'aide. La direction de l'établissement nie tout dysfonctionnement. Cinq réclamations et sept signalements conduisent l'Agence régionale de santé à diligenter une inspection de l'ehpad en décembre 2015 ; l'organisme relève que douze directeurs se sont succédé dans l'établissement en six ans[16].

À Niort, en 2016 et 2017, l'ehpad de Sevret est l'objet de critiques de salariés et de familles, qui dénoncent un turn-over important (licenciement, démissions, etc.), un manque de personnel chronique et la maltraitance de résidents[17],[18],[19].

À Échillais (Charente-Maritime), une partie du personnel de l'ehpad se met en grève en juillet 2017 et pointe, de concert avec des résidents et familles de résidents, des cas de maltraitance et une dégradation des conditions de prise en charge des personnes âgées, conséquence d'un manque de personnel ; des salariés évoquent aussi des faits de harcèlement moral à leur égard[20].

En janvier 2018, Mediapart pointe de nombreux dysfonctionnement dans l'ehpad « Les Bords de Seine » à Neuilly-sur-Seine : résidents, proches de résidents et salariés dénoncent le manque récurrent de personnel et une politique d'économie « de bouts de chandelle » sur le matériel (couches, gants, etc.) et les denrées alimentaires qui aboutissent à de mauvais traitements (douches rares, résidents couverts de leur urine, etc.) et à des cas de dénutrition et de déshydratation chez les résidents, ainsi qu'à un fort turn-over ; ces faits ont fait l'objet de plusieurs signalements par des familles à l'Agence régionale de santé. Mediapart souligne néanmoins que ces problèmes ne sont pas propres à l'établissement, touchant de nombreux ehpad en France[11].

En septembre 2018, le magazine télévisé Envoyé spécial présenté par Élise Lucet diffuse un reportage dédié aux conditions d'hébergement et de prise en charge des personnes âgées dépendantes dans les ehpad privés à but lucratif, en particulier des groupes Korian et Orpea. Pour ce dernier sont dénoncés, témoignages de familles de résidents et d'employés à l'appui, un manque régulier de personnel (d'aide-soignants notamment), une prise en charge médicale insuffisante et une chasse aux coûts notamment dans le budget par résident alloué aux repas, tandis que le groupe Orpea dégage 89 millions d'euros de bénéfice en 2017, relèvent les journalistes[21],[22]. Interrogé en juin 2018, Yves Le Masne, directeur général d'Orpea, répond notamment : « il y a aujourd'hui 87 % des familles qui nous recommandent » et « notre premier souci, ce sont nos résidents et nos salariés »[21]. Selon le magazine hebdomadaire Télérama, le groupe Orpea a tenté d'empêcher la diffusion du reportage d'Envoyé spécial en introduisant un référé, qui est rejeté par le tribunal de grande instance de Nanterre le jour même de sa diffusion[23].

Notes et références

  1. Bio de Yves Le Masne, Dirigeants-entreprise.com
  2. a et b orpea.com
  3. « Jean-Claude Marian et sa famille », sur www.challenges.fr (consulté le 26 janvier 2015)
  4. Les maisons de retraite ORPEA se renforcent avec ANAVITA et DR. DR. WAGNER
  5. Cliniques Psychiatriques
  6. ORPEA rachète Senevita
  7. Orpea: met la main sur Silver Care en Allemagne
  8. easybourse.com
  9. lesechos.fr
  10. Résultats 2016
  11. a et b Mathilde Goanec, « Chez Orpea, la fin de vie se paye au prix fort », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  12. « Des salariés espionnés par des comédiens : la CGT porte plainte », Europe 1,
  13. Mathilde Goanec et Mathilde Mathieu, « Espionnage de salariés: un «deal» à 4 millions d'euros a été proposé à la CGT », Mediapart,‎ (lire en ligne)
  14. « Des maltraitances dénoncées dans une maison de retraite », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  15. Boris Hallier, « Le Mans : les salariés d'une maison de retraite dénoncent des conditions de travail exécrables », France Bleu Maine,
  16. « Schiltigheim : soupçons de maltraitance à la Maison de retraite de l'Aar », France 3 Alsace,
  17. Christine Hinckel, « Niort : les salariés de l'Ehpad de Sevret dénoncent leurs conditions de travail », sur france3-regions.francetvinfo.fr,
  18. Mathilde Leclerc, « Gros malaise au sein de l'Ehpad de Sevret », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ (lire en ligne)
  19. Coralie Roland, « Niort : journée de grève à l'Ehpad Orpea Sevret », sur france3-regions.francetvinfo.fr,
  20. Marine Rondonnier, « Echillais (17) : Les résidents de l'EHPAD et leurs familles dénoncent des cas de maltraitances », sur france3-regions.francetvinfo.fr,
  21. a et b Julie Pichot et Vincent Liger, « Maisons de retraite : derrière la façade », Envoyé spécial, France 2, 20 septembre 2018.
  22. Emmanuelle Skyvington, « Mauvais traitements en Ehpad : “Envoyé spécial” diffuse des témoignages accablants », Télérama,‎ (lire en ligne)
  23. Emmanuelle Skyvington, « “Envoyé spécial” sur les Ehpad : le groupe Orpéa a tenté en vain d’interdire la diffusion de l’enquête », Télérama,‎ (lire en ligne)

Voir aussi

Liens externes

  • Site officiel