Organisation du traité de l'Atlantique nord

Organisation du traité de l'Atlantique nord
North Atlantic Treaty Organization
Logo de l'organisation
Carte de l'organisation
Carte des pays membres de l'OTAN.

Création
Type Alliance militaire
Siège Drapeau de la Belgique Bruxelles, Belgique
Coordonnées 50° 52′ 34″ N, 4° 25′ 19″ E
Langue Anglais
Français
Budget Budget militaire : 1,4 milliard d' (2014)
Budget civil : 214 millions d'€[1]
Membres
Effectifs 2010 : 12 500
2009 : 17 000[2]
Secrétaire général Drapeau de la Norvège Jens Stoltenberg
Président du Comité militaire Drapeau de la République tchèqueGénéral Petr Pavel
Personnes clés SACEUR :
Drapeau des États-Unis Général Curtis Scaparotti
SACT :
Drapeau de la France Général Denis Mercier
Site web www.nato.int

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Organisation du traité de l'Atlantique nordNorth Atlantic Treaty Organization

L'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN ou Otan ; en anglais : North Atlantic Treaty Organization, NATO ; aussi nommé « l'Alliance », pour « Alliance atlantique ») est une organisation politico-militaire qui rassemble de nombreux pays occidentaux, dont le but premier est d'assurer leur défense commune contre les menaces extérieures ainsi que la stabilité des continents ou sous-continents européen et nord-américain. Son siège, initialement situé à Londres puis à Paris, se trouve depuis 1966 à Haren (Bruxelles), et son commandement militaire (SHAPE), initialement à Rocquencourt (France), se trouve aujourd'hui à Casteau (Mons), également en Belgique.

L'OTAN est née le à la suite de négociations lancées par les cinq pays européens signataires du traité de Bruxelles (Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas et Royaume-Uni) avec le Canada et les États-Unis, et cinq autres pays d'Europe invités à participer (Danemark, Italie, Islande, Norvège et Portugal). D'autres pays occidentaux l'ont rejoint par la suite, mais cinq nations européennes (l'Autriche, la Finlande, l'Irlande, la Suède et la Suisse) n'en font pas partie afin de conserver leur neutralité sur le plan militaire ; toutefois, leurs armées sont aux normes établies par les membres de l'OTAN.

L'Alliance avait pour vocation initiale d'assurer la sécurité du continent européen après la Seconde Guerre mondiale, en prévenant d'éventuels soubresauts d'impérialisme allemand et en s'opposant à toute tentative expansionniste de l'Union soviétique. Entre 1955 et 1991, l'adversaire désigné de l'OTAN prend la forme du pacte de Varsovie, une organisation de sécurité collective sous obédience soviétique créée à la suite de l'intégration militaire de la RFA au bloc de l'Ouest et se présentant comme politiquement et militairement symétrique à l'Alliance atlantique. Selon les ambitions affichées par son secrétaire général britannique Hastings Lionel Ismay, le rôle de l'OTAN consistait au cours des années de guerre froide à « garder les Russes à l'extérieur, les Américains à l'intérieur et les Allemands sous tutelle »[3].

Depuis la dissolution de l'URSS en 1991, l'organisation a dû faire face à de nouvelles menaces, comme les revendications nationalistes dans l'ancien bloc communiste et l'essor du terrorisme international. Poursuivant leur vocation de stabilisation, les pays de l'Alliance ont établi depuis 1994 un « partenariat pour la paix » avec la Russie et les pays de sa zone d'influence, et avec les pays occidentaux qui ne veulent pas faire partie de l'OTAN. Prenant acte des élargissements européens successifs vers l'est, les accords « Berlin plus » de 1999 prévoient en outre le transfert des moyens de l'OTAN à l'Union européenne pour certaines opérations dans le cadre des missions de Petersberg[N 1].

Organisation du traité de l'Atlantique nord

Sommaire

Histoire

Genèse (1948-1949)

Chronologie des adhésions des pays.

L'OTAN semble être née d'abord d'une incapacité de l'ONU à assurer la paix mondiale, bloquée par les multiples vétos soviétiques. Pour réaliser l'alliance qui permettrait la paix, les Occidentaux qui craignent un autre veto, trouvent une parade en ayant recours à l‘article 51 de la charte des Nations unies. En effet, comme le précise l'article 51, dans le cadre de la légitime défense collective une association de nations n'a pas besoin de l'autorisation du Conseil de sécurité.

Les Européens veulent assurer leur sécurité, ils veulent prévenir une autre guerre en Europe alors qu'à l'Est la menace communiste se fait de plus en plus forte, surtout après le départ de la majorité des troupes américano-canadiennes qui stationnaient en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les alliés européens souhaitent l'aide des États-Unis pour assurer efficacement leur défense.

Mais les États-Unis veulent d'abord que les Européens réalisent eux-mêmes leur défense, quitte à les aider par la suite, craignant qu'une alliance brise le mouvement d'unification de l'Europe. On voit d'ailleurs que dans le traité, cette volonté que l'Europe prenne en charge sa défense elle-même est encore présente, et l'article 3 permet aux Américains d'aider au développement militaire de l'Europe pour que celle-ci développe son propre système défensif (sorte de plan Marshall militaire). Mais la situation internationale évolue après le coup de Prague du . Ainsi, le est conclue l'alliance militaire du traité de Bruxelles entre la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg qui préfigure la future Alliance atlantique[4].

Après le blocus de Berlin, les appels des Européens se font de plus en plus insistants. Une entente secrète est réalisée entre les Anglo-saxons pour fixer les bases de l'Alliance atlantique.

Une dernière étape reste néanmoins à franchir : toute alliance militaire des États-Unis en temps de paix est interdite par leur Constitution. Le sénateur Arthur H. Vandenberg  fait voter la résolution 239 pour établir l'alliance le . L'alliance devient constitutionnelle, à la condition d'être conforme à la Charte des Nations unies. Sur demande du sénat américain, on inscrit dans le traité (art. 5), que les mesures à prendre en cas d'agression sur un des membres soient laissées souverainement au choix de chacun des pays signataires. Le sénat voulait préserver le choix du Congrès américain de faire ou non la guerre.

Des pourparlers à Washington, du au définissent les bases du traité. Ce pacte militaire est donc né d'un accord signé le à Washington ; il s'agit du traité de l'Atlantique nord[5] dont l'article 5 sur la solidarité entre ses membres en cas d'agression est le point primordial.

Ce traité a alors été ratifié par les États-Unis, le Canada, la Belgique, le Danemark, la France, les Pays-Bas, l'Islande, l'Italie, le Luxembourg, la Norvège, le Royaume-Uni, pays étant tous des démocraties, et le Portugal, dictature ayant soutenu les Alliés de la Seconde Guerre mondiale. Ils constituaient à cette époque une partie du Monde libre.

L'article 5 de la charte de l'Otan précise : « Les parties conviennent qu'une attaque armée contre l'une ou plusieurs d'entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d'elles [...] assistera la partie ou les parties ainsi attaquées [...] y compris [par] l'emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l'Atlantique nord ».

Par ailleurs, en , après le coup de Prague, la CIA avait entrepris de systématiser des préparatifs qui s'inscrivaient dans le contexte du début de la guerre froide. Le , le Conseil de sécurité américain adoptait la résolution NSC 10/2, chargeant l'Office of Special Projects d'établir un programme d'action clandestin. La CIA mit en place des réseaux de résistance bien armés et bien organisés surnommés Stay-behind qui devaient se soulever en cas de succès d'une invasion soviétique en Europe de l'Ouest.

Missions selon le traité de l'Atlantique nord (1949)

Logo de l'OTAN.
Le drapeau de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord flottant lors d'un sommet en Pologne.

Avec ce traité, les Américains rompent avec leur tradition d'isolement et entrent dans une alliance permanente avec le continent européen. Les Européens ont tout fait pour amener les Américains à participer à leur défense et, même si le traité les laisse libres en théorie, en pratique, en cas d'attaque d'un des membres, les États-Unis n'auraient pas d'autres solutions que d'entrer en guerre.

L'Otan veut une paix active et encourage la coopération de ses membres dans tous les domaines, économique, social, culturel et pas seulement militaire (art. 2). Selon Saint-Laurent, « le but de l'Alliance nord-atlantique ne serait pas simplement négatif ; elle créerait un contre-courant dynamique s'opposant au communisme. » On y retrouve, dès le préambule, des idées de liberté, de démocratie et de bien-être.

Les Soviétiques s'opposent au traité, l'accusant d'être « un instrument de l'impérialisme américain ». Le traité repose en effet sur les principes que les Américains ont tenté d'imposer après la guerre. Principe de libre échange économique issu de la conférence de Bretton Woods (art. 2 sur la collaboration économique).

Le traité va finalement être l'élément qui va réellement souder le bloc occidental derrière les États-Unis, installant peu à peu une certaine hégémonie américaine. Sur demande des Américains, l'Otan ne vise pas un adversaire en particulier. Il n'a pas pour but de provoquer les Soviétiques.

Conformément à la Charte des Nations unies, et notamment à l'article 51, les pays de l'Alliance s'en remettent à la décision du Conseil de sécurité (art. 5 et 7) lors de tout règlement de différend. Le traité réaffirme sa subordination à l'ONU et le rôle important de celle-ci dans les relations internationales (art. 1er).

Extension pendant la guerre froide (1949-1991)

Missile Pershing 1A de la FKG 2 (escadre de missiles sol-sol) de l'Armée de l'air allemande en 1989. Les vecteurs sont nationaux mais l'ogive est alors américaine et le partage nucléaire est sous double clé. Toutes les armes nucléaires tactiques des États-Unis tirées depuis des lanceurs terrestres et navals ont été retirées du service en 1991[6].

Situé à Londres puis à Paris à partir de 1952, le siège de l'Alliance atlantique occupe initialement des locaux temporaires au palais de Chaillot, avant d'être transféré porte Dauphine avec l'inauguration du « palais de l'Otan » (actuel centre universitaire Dauphine) en 1959. Entre-temps le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) créé en s'établit à Rocquencourt, au Camp Voluceau, sur le site actuel de l'INRIA. Le Quartier-général des forces alliées en Europe centrale (AFCENT), actuellement (Allied Joint Force Command), s'etablissent à Fontainebleau en 1953 dans une partie du Château de Fontainebleau (notamment la cour des Offices). Celui des forces aériennes en Europe centrale (AAFCE), actuellement (AIRCENT), et des forces terrestres en Europe centrale (LANDCENT), s'établissent au Camp Guynemeyer dans la Forêt de Fontainebleau. Les États-Unis ont déployé de nombreuses forces terrestres en Europe pendant toute la durée de la guerre froide ; la 7e armée américaine ou USAREUR a dirigé ces forces divisées entre le 5e corps et le 7e corps, ce dernier ayant été désactivé en 1991 après la guerre du Golfe.

Dès , le Pentagone stocke des armes nucléaires au Royaume-Uni, et au début des années 1960, on trouvait des charges nucléaires américaines dans sept pays membres européens de l'OTAN – en Allemagne, en Belgique, en Grèce, en Italie, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Turquie -. La France, quant à elle, en avait accueilli plusieurs sur son territoire jusqu'en 1959[7].

Plusieurs armées européennes eurent à leur dispositions des ogives nucléaires « sous double clé » en partage nucléaire équipées de dispositif de sécurité et d'armement. La dissuasion nucléaire, fondée essentiellement sur les armes nucléaires des États-Unis basées en Europe de l'Ouest et en Turquie, est en effet un axe dominant de la stratégie atlantique face à l'importante force conventionnelle du bloc de l'Est. Lors d'un sommet à Ottawa du au , il est décidé que les bombardiers de la Royal Air Force Bomber Command ainsi que trois sous-marins nucléaires lanceurs d'engins de l'US Navy armés de missiles Polaris étaient affectés officiellement au commandant suprême des forces alliées en Europe (nombre porté à quatre plus tard).

Parallèlement, l'Alliance s'étend à d'autres États : elle est rejointe par la Grèce et la Turquie (1952), la République fédérale d'Allemagne ([8]), et l'Espagne de l'après-Franco (1982), bien que cette dernière collaborait précédemment avec l'Otan, de façon informelle.

Carte des bases de l'OTAN en France avant le retrait du commandement militaire intégré en 1966.

Les relations entre la France et l'OTAN ont toujours été complexes : d'un côté la France a fortement poussé à la fondation de l'Alliance atlantique, à l'implication directe des États-Unis dans la défense de l'Europe et a bénéficié d'aides économiques et militaires importantes des États-Unis pendant toute la IVe République ; d'un autre côté, l'OTAN a peu ou pas pris en compte les intérêts de la France, notamment en Indochine et en Algérie, et surtout a généré un sentiment d'impuissance du pays face à l'hégémonie américaine au sein de l'Organisation, et suscité une envie d'indépendance nationale plus forte. Avec le retour au pouvoir de Charles de Gaulle, à la faveur de la crise de mai 1958, la politique affirmée de grandeur et d'indépendance provoque de vives tensions au sujet de l'OTAN entre la France, les États-Unis et le Royaume-Uni, qui culminent en 1966 avec l'annonce du retrait de la France du commandement intégré de l'Otan, bien que, selon de Gaulle, le « fond » de l'Alliance ne soit pas modifié[N 2].

Le , de Gaulle envoie un mémorandum au président américain Dwight Eisenhower et au britannique Harold Macmillan, dans lequel il demande la création d'un directorat tripartite de l'Otan, afin de mettre la France sur un pied d'égalité avec ses alliés, ainsi que l'extension des zones couvertes par l'Otan afin d'inclure des zones d'intérêt pour la France, en particulier l'Algérie. À la suite du refus de ses alliés, le général lance un programme de création d'une force de dissuasion nucléaire française afin de se rendre autonome de ses alliés. Les premiers essais nucléaires français ont lieu deux ans plus tard, à Reggane (Algérie). Le , la France retire sa flotte méditerranéenne du commandement de l'Otan. En , de Gaulle s'oppose à l'installation d'armes nucléaires étrangères sur le territoire français. Le Pentagone retire alors de France 200 avions militaires, et commence progressivement à se retirer de la dizaine de bases aériennes américaines présentes en France depuis 1950 ; le retrait est achevé en 1967. Parallèlement à ce retrait américain, le ministre de la Défense gaulliste Pierre Messmer prend l'initiative de la création, en 1960, de l'Association of Tiger Squadron, renommée NATO Tiger Association, afin de renforcer les relations entre unités de l'Otan.

Bien que lors de la crise des missiles de Cuba (), Paris montre sa solidarité avec l'Otan, la politique d'indépendance gaulliste continue. Alors que cette crise, qui pousse le monde au bord de la guerre nucléaire, débouche sur la Détente et sur un équilibre fondé sur la Destruction mutuelle assurée (MAD), De Gaulle retire la flotte atlantique et celle de la Manche du commandement de l'Otan en 1962. L'administration de John F. Kennedy propose en à de Gaulle d'étendre à la France les accords de Nassau signés entre les États-Unis et le Royaume-Uni, qui conduisaient ce dernier à renoncer à une force nucléaire autonome. Mais, poursuivant la politique d'indépendance relative à l'égard de l'axe atlantique, de Gaulle refuse cette offre au nom d'une marge de manœuvre entre les deux superpuissances (États-Unis et URSS) afin de pouvoir mener une politique propre, voire éventuellement signer un traité de paix séparée avec le bloc de l'Est en cas d'invasion de la RFA, afin de ne pas être embarqué dans une guerre mondiale opposant l'Otan aux forces de Varsovie. En , de Gaulle annonce lors d'une conférence de presse le retrait du commandement intégré de l'Otan au plus tard pour 1969. C'est chose faite en , toutes les troupes étrangères étant poussées à quitter la France. L'opposition socialiste, réunie au sein de la FGDS (Fédération de la gauche démocrate et socialiste), dépose alors une motion de censure contre le gouvernement Pompidou, défendue par Guy Mollet[9]. Maurice Faure (du Rassemblement démocratique) déclare alors « si chacun de nos alliés se comportait comme vous le faites et prenait les décisions que vous venez de décréter, cela ne signifierait rien d'autre que le retrait de toutes les forces américaines du continent européen. »[réf. souhaitée].

Le siège de l'OTAN quitte alors Paris pour Bruxelles en pour le centre du terrain de l'ancien aérodrome de Haren (surnommé abusivement du nom de la commune voisine d'Evere). Le SHAPE (« Grand quartier général des puissances alliées en Europe ») est transféré le de Rocquencourt, près de Paris, à Casteau, près de Mons en Belgique, dans les locaux d'une ancienne infrastructure militaire belge. Le Quartier-général des forces alliées en Europe centrale (AFCENT), actuellement (Allied Joint Force Command), est transféré de Fontainebleau à Brunssum aux Pays-Bas dans une ancienne mine de charbon. Celui des forces aériennes en Europe centrale (AAFCE), actuellement (AIRCENT), est transféré de Fontainebleau à Ramstein en Allemagne. Celui des forces Terrestres en Europe centrale (LANDCENT), dénommé par la suite Quartier général des forces alliées à Heidelberg et clôturé en 2013, est transféré de Fontainebleau à Heidelberg. La France demeurait toutefois membre de l'Alliance atlantique, ayant ses propres forces en RFA. De plus, une série d'accords secrets, les Accords Lemnitzer -Ailleret, signés l'année suivant la décision gaulliste de 1966, détaillaient la façon dont les forces armées françaises seraient réintégrées au commandement intégré de l'Otan en cas de conflit ouvert entre les deux blocs[10].

Pour Pierre Harmel, le ministre belge des Affaires extérieures, les pays individuels de l'Otan ont le droit d'établir et d'entretenir des contacts bilatéraux avec « l'autre côté ». Une telle approche n'est nullement contraire à la loyauté à l'Alliance occidentale, laquelle doit maintenir sa force de frappe militaire. Le renoncement à l'ancien modèle conflictuel et la croyance à une détente durable sont des éléments neufs et témoignent d'une conscience européenne grandissante. L'approbation du rapport Harmel par le conseil de l'Otan en est un jalon important dans les relations Est-Ouest. C'est ainsi qu'à partir de 1969, avec sa politique de rapprochement avec la RDA et les autres États satellites de l'Union soviétique, le chancelier de la RFA, Willy Brandt jette les bases de la normalisation qui se concrétisera par la démolition du Mur de Berlin vingt ans plus tard.

L'arrivée au pouvoir de Richard Nixon, investi en , et le départ de De Gaulle, remplacé en juin 1969 par Georges Pompidou, changent la donne. Alors que Willy Brandt amorce l'Ostpolitik, rompant avec la doctrine Hallstein de non-reconnaissance de la RDA, Nixon contourne d'abord les contraignantes législations américaines dans les domaines nucléaires avant d'ouvrir officiellement la voie de la collaboration nucléaire franco-américaine. Ainsi, en 1974, l'entreprise américaine Westinghouse cède sa licence concernant les réacteurs à eau pressurisée à l'entreprise française FRAMATOME. Pourvu de cette licence, Paris entame alors un programme de coopération nucléaire avec l'Afrique du Sud (construction de la centrale de Koeberg). La même année, l'Otan reconnaît, par la déclaration d'Ottawa (1974) que les dissuasions françaises et britanniques (celles-ci étant intégrées dans le SIOP, Single Integrated Operational Plan, des États-Unis) renforçaient la dissuasion globale de l'Alliance[11].

Le pilier européen de l'OTAN disposa en 1971 d'un maximum de 7 300 armes nucléaires tactiques pour tous les types de vecteur nucléaire disponibles (obus, missiles sol-sol et sol-air, charges de profondeur, etc.). Les premières diminutions apparurent à la fin des années 1970 avec environ 6 000 armes, se réduisant à près de 1 400 au milieu des années 1980, puis à 700 en 1991, et à 480 en 1994 (ces dernières étant désormais exclusivement des bombes B61 larguées par avion)[12].

À la suite du coup d'État de 1974 à Chypre, l'OTAN demande le retrait des officiers grecs le . La Grèce quitte les structures militaires de l'Alliance le à la suite de l'invasion turque de Chypre, elle réintègre ceux-ci le [13] après la levée du véto turc.

Dans les années 1980, alors que Reagan est au pouvoir et enclenche une politique offensive envers l'URSS (« America is back! » — on parle alors de « guerre fraîche »), la décision de mise en place des missiles MGM-31 Pershing et BGM-109G Gryphon pour contrer les SS-20 soviétiques conduit à la crise des euromissiles, dont sort victorieux le bloc de l'Ouest avec le retrait multilatéral de ce type de matériel d'Europe.

Effectifs des forces armées de l'OTAN et du pacte de Varsovie en 1959 :
  •          Pays membres de l'OTAN
  •          Alliés des pays de l'OTAN
  •          Pays membres du pacte de Varsovie
  •          Pays neutres
  •          Pays non-aligné
  • Le chiffre sur la péninsule Ibérique comprend les effectifs américains stationnés dans la région et ceux de l'Armée portugaise.
Effectifs des forces armées de l'Otan et du pacte de Varsovie en 1973 :
  •          Pays membres de l'OTAN
  •          Alliés des pays de l'OTAN
  •          Pays membres du pacte de Varsovie
  •          Pays neutres
  •          Pays non-aligné
  • Les chiffres en Islande et en Espagne correspondent aux effectifs américains stationnés dans ces pays.

Période de reconstruction après 1991

La fin de la guerre froide en 1991, à la suite de la chute du mur de Berlin en 1989 et l'écroulement de l'URSS et de l'adversaire « naturel » de l'Alliance atlantique, le pacte de Varsovie, pose très vite aux États-Unis la question de l'intégration des anciens satellites de l'URSS et des Républiques soviétiques nouvellement indépendantes.

D'un autre côté, la guerre du Golfe est concomitante d'un rapprochement franco-américain. Le président François Mitterrand amorce des négociations secrètes, menées par Gabriel Robin, avec l'Otan[14]. Celles-ci durent quatre mois, à l'automne 1990. Robin plaide alors pour transformer SHAPE afin de le mettre en « veilleuse en temps de paix[14] ». Ces négociations échouent cependant : selon Robin, Mitterrand et le ministre des Affaires étrangères Roland Dumas « s'intéressaient davantage à l'identité européenne de défense qu'à la réforme de l'Alliance[14] ». Selon le secrétaire général de l'Élysée à l'époque, Hubert Védrine, il ne s'agissait que de discussions pragmatiques, ne modifiant en rien la position française vis-à-vis des États-Unis[14]. La France participe néanmoins pour la première fois à une opération de l'Otan lors de la guerre en Bosnie, en 1993 ; l'Armée française étant impliquée, le rapprochement avec le commandement de l'Otan est inéluctable, la France devant participer à la planification des opérations[14].

Les armées des pays de l'Est sont héritées du système soviétique. Elles disposent généralement d'un matériel pléthorique souvent mal adapté, 10 % seulement étant compatible avec les standards Otan (Serge Enderlin[réf. nécessaire]) et d'un budget militaire en chute rapide. Il est également urgent de diviser les troupes en brigades Otan plus réduites, plus mobiles, bien équipées et plus rapides.

Dès lors, les forces armées de l'Europe de l'Est doivent se réformer en profondeur et de manière structurelle, et ce même en période de pénurie financière : « Le budget tchèque de la défense s'effondre, de 7 % du PIB en 1989, à 2,5 % en 1996. Le matériel militaire stocké dans les vastes bases héritées de l'époque soviétique est dans un état déplorable. » (Serge Enderlin[réf. nécessaire])

Le premier membre intégré à l'organisation après la guerre froide fut l'ex-RDA, lors de la réunification de l'Allemagne le . Pour s'assurer de l'accord soviétique à une entrée de l'Allemagne réunifiée dans l'Otan, il fut décidé qu'aucune troupe étrangère, qu'aucune arme nucléaire ne seraient stationnées à l'Est et, enfin, que l'Otan ne s'étendrait jamais plus à l'Est[15].

Des relations de partenariats sont engagés avec L'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et la Corée du Sud[16].

On assiste à partir de cette période à une baisse rapide des effectifs militaires des membres de l'Otan - essentiellement Européens - passant de 5 776 000 militaires en 1990, 4 508 000 en 2000 à 3 579 000 en 2010 malgré l'arrivée de nouveaux membres depuis 1999, le personnel civil et militaire par rapport à la population active passant de 2,5 a 1,1 % entre 1990 et 2010, à un retrait de la quasi-totalité des forces de combats étrangères de l'Allemagne et à une baisse de la part du budget de la Défense dans le PIB, celui-ci passant d'une moyenne de 4,5 % du PIB en prix constant dans les années 1980 à 2,6 % en 2008[17].

L'Armée belge par exemple, passant de 106 000 hommes en 1990 à 35 668 au 1er janvier 2010[18], et à la Royal Navy qui en 1989 représentait 589 000 tonnes, dont 153 bâtiments de combat, chacun d'un tonnage supérieur à 2 000 tonnes était tombé au 1er janvier 2006 à 470 500 tonnes (le gros du tonnage étant assuré par les navires de soutien), dont seulement 63 bâtiments de combat hauturiers[19]

En 1995, le président Jacques Chirac amorce des négociations en vue de la réintégration de la France au commandement intégré de l'Otan. L'année précédente, et dans le cadre de la guerre en ex-Yougoslavie, la France avait participé au comité militaire de l'Otan; elle le réintègre pleinement en 1996[14]. Les négociations de Chirac échouent toutefois, Washington refusant de confier le commandement sud de l'Otan, à Naples, à la France[14]. C'est le début d'une évolution de la politique française héritée du gaullisme.

Le , tournant dos aux promesses tenues lors de la réunification allemande, l'Otan intègre la Hongrie, la Pologne et la République tchèque, donc trois anciens satellites de l'URSS, sur les neuf alors candidats à l'adhésion[20]. Cette intégration fut populaire, vécue avant tout comme la garantie de leur totale indépendance future[réf. nécessaire]. Les sondages en Pologne affirmaient par exemple, que plus de 80 % des citoyens polonais étaient favorables à l'intégration à l'Otan (Jerzy Baczynski)[réf. nécessaire].

En 1999 toujours, l'Otan engage ses forces dans sa première grande opération militaire, participant à la guerre du Kosovo en bombardant la Yougoslavie pendant onze semaines (du au ), lors de l'opération Allied Force. Cette opération fut motivée par l'incident de Račak.

Cela pose déjà la question de l'avenir de l'Otan, qui a perdu son ennemi naturel, le pacte de Varsovie, et alors que la Fédération de Russie traverse une crise qui est souvent interprétée comme une période de décadence. Les attentats du 11 septembre 2001 et la déclaration, par le président George W. Bush, d'une « guerre contre le terrorisme », modifient la donne et font jouer à l'Otan un nouveau rôle. Elle compte désormais s'engager dans cette « guerre » atypique, qui n'oppose pas un État contre un État, mais un groupe d'États à un réseau hétérogène d'organisations terroristes islamiques, souvent désignés, de façon métonymique, par le nom d'Al-Qaïda. L'islamisme remplace ainsi le communisme comme principale menace du « monde libre ».

Nouvelle OTAN face aux dangers d'un monde instable (après 2001)

Les drapeaux de l'OTAN, de la Bulgarie, et de l'Union européenne, côte à côte devant le Club militaire de Plovdiv, en Bulgarie : symbole d'une adhésion multiple des anciens pays de l'Est aux alliances européennes.
Les pays membres de l'OTAN et son élargissement depuis 1949.
Les chefs d'États lors du sommet de l'Otan de 2009.

L'OTAN crée une force de réaction rapide lors du sommet de Prague de , tandis qu'une chaîne de télévision (NATO TV Channel) est créée en 2008. En décembre, l'Union européenne (UE) signe avec l'OTAN un partenariat stratégique, l'Identité européenne de sécurité et de défense (IESD). Dans le même temps, l'OTAN prépare son élargissement concomitant avec celui de l'UE elle-même. Ainsi, le , sept nouveaux pays (l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie) sont entrés dans l'organisation, en portant à 26 le nombre de membres. Ce sont des États militairement peu puissants, mais trois d'entre eux, les Pays baltes, étaient d'anciennes républiques soviétiques à l'époque de la guerre froide, et les autres des satellites du pouvoir soviétique, Slovénie excepté. Ces États doivent réformer leur organisation militaire en profondeur, accepter les standards OTAN, développer les « capacités politico-militaires afin de pouvoir intervenir sur des crises et conflits différents d'une agression armée classique ». (Lieutenant-colonel Francisco Stoicafnec)

À la suite des révolutions de couleur survenues en Géorgie (révolution des Roses) puis en Ukraine (révolution orange), ces deux autres anciens États soviétiques ont fait part de leur volonté d'adhérer à l'Alliance, également rejoints en ceci par la Moldavie, ce qui a été refusé par l'Alliance atlantique lors du sommet de Bucarest de 2008.

Cependant, une certaine opposition envers l'OTAN demeure au sein des populations concernées (manifestations anti-OTAN en Crimée, par exemple). Les fortes minorités russophones condamnent une volonté essentielle de contrôler la nouvelle puissance russe, dont le taux de croissance économique autorise une certaine modernisation des armées. Dans le cadre de l'enlisement américain en Irak, et des difficultés de l'OTAN en Afghanistan, des évolutions stratégiques semblent se concrétiser. Enfin, la Russie s'y oppose fortement, s'estimant en particulier menacé par le projet de bouclier antimissile mis en place par les États-Unis. Elle manifeste son mécontentement en suspendant le l'application sur le traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE), alors que George W. Bush avait dénoncé le traité ABM en . L'éventuelle adhésion de la Géorgie (et de l'Ukraine) à l'OTAN a joué un rôle dans la Deuxième Guerre d'Ossétie du Sud (2008).

C'est aussi en 2004 qu'une centaine de militaires français rejoignent les commandements suprêmes, à Mons (Belgique) et à Norfolk (États-Unis)[14]. La France participe alors à toutes les opérations de l'OTAN (Kosovo en 1999 et Afghanistan). Elle est même le 4e contributeur de l'OTAN en termes de forces[14].

Le 1er avril 2009, juste avant le 24e sommet de l'OTAN à Strasbourg et à Kehl (ainsi qu'à Baden-Baden), qui célèbre le 60e anniversaire de l'OTAN et voit d'importantes manifestations antimilitaristes et anticapitalistes, le porte-parole de l'OTAN annonce l'adhésion de l'Albanie et de la Croatie, ce qui porte le nombre d'États membres à 28. Dans le même temps, le président Nicolas Sarkozy annonce le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN : ce retour s'accompagne de l'attribution à un officier général français d'un grand commandement militaire de l'OTAN[21], mais la France n'intègre pas le comité des plans nucléaires.

En 2010, 150 à 200 armes nucléaires non stratégiques américaines restent basées en Europe. Les charges nucléaires B-61 toujours présentes sur le continent seraient basées dans cinq pays, à savoir l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas et la Turquie après le retrait de ses armes de Grèce en 2001 et du Royaume-Uni à partir de 2004. Les principales raisons du maintien des NSNW en Europe une fois la guerre froide terminée avaient été le souci de ne pas compromettre la cohésion et la solidarité entre Alliés et le besoin de maintenir une garantie nucléaire résiduelle[22].

Cette extension de l'OTAN vers l'Est de l'Europe et dans le Caucase a été maintes fois condamnée par la Russie dans les années 2000 et 2010[23]. Ainsi, Sergueï Lavrov estimant que l'OTAN s'étend « toujours plus près de la frontière russe », affirme que ce déploiement est « la source de tous les problèmes systémiques qui ont surgi dans les relations que la Russie entretient avec les États-Unis et l'Union européenne »[24].

États membres et partenaires de l'OTAN

L'OTAN en Europe Et les partenariats dans le monde
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États membres de l'OTAN

Article détaillé : Élargissement de l'OTAN.

Fin 2016, l'OTAN compte vingt-huit membres, vingt-six pays européens et deux pays nord-américains. Le processus d'adhésion est régi par l'article 10 du traité de l'Atlantique nord qui limite les futurs membres aux seuls « États européens ». Comptant initialement douze membres fondateurs, l'OTAN s’élargit durant la période de la guerre froide en accueillant la Grèce et la Turquie en 1952, l'Allemagne de l'Ouest en 1955 (accords de Paris), puis l'Espagne en 1982. Depuis l'effondrement du bloc de l'Est marquant la fin de la guerre froide, douze pays d'Europe de l'Est ont rejoint l'OTAN en trois vagues entre 1999 et 2009.

Plan d'action pour l'adhésion

Symbole d'intégration dans l'OTAN, signe de la nouvelle politique du gouvernement géorgien, avenue Roustaveli, devant le Parlement.

L'Alliance a lancé le Plan d'Action pour l'Adhésion (MAP) en avril 1999, au sommet de Washington, pour aider les pays candidats dans leurs préparatifs[25]. Les pays qui participent actuellement au MAP sont :

L'Ukraine et la Géorgie, dont l'adhésion a été considérée un temps, ne font pas partie du MAP, en raison notamment de l'opposition de la Russie.

Partenariats

Le Partenariat pour la paix (PPP) : l'OTAN a signé de nombreux accords de coopération avec la plupart des États européens non membres et tous les pays de la CEI. Ce sont des accords bilatéraux et extrêmement souples : chaque État souhaitant participer au partenariat décide, en collaboration avec les États membres, du niveau de collaboration qu'il souhaite entreprendre avec l'Otan. L'objectif est avant tout de maintenir des échanges d'informations avec les anciens États membres de l'URSS.

Le seul État européen qui ne fait pas partie du PPP, en plus des micro-États (Andorre, Liechtenstein, Monaco, Saint-Marin et Vatican), est Chypre.

D'autres partenariats, généralement plus distendus, existent : c'est le cas par exemple du Dialogue méditerranéen qui réunit la Mauritanie, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Jordanie, Israël et l'Égypte.

« Il est entendu que chaque État organise avant tout une surveillance efficace de son territoire. À ce titre, chaque État a sa propre spécificité géopolitique. Par exemple, la Roumanie est une sorte de pont entre l'Europe centrale et l'Europe du Sud-Est. À ce titre, elle lutte contre les trafics de stupéfiants, le crime organisé, les risques de prolifération d'armes de destruction massive ; sa flotte même réduite se modernise et contribue à la surveillance de la mer Noire et des abords des Dardanelles ; les forces fluviales roumaines participent à la sécurisation du Danube en accord avec les autres États riverains. » (Lieutenant-colonel Francisco Stoica)
« L'Otan joue-t-elle de facto le rôle de force de police internationale dans les territoires qu'elle occupe ? La question se pose en fait de plus en plus même si ce n'est pas sa fonction. Par exemple, la question s'est posée de la lutte commune entre l'Otan et les forces nationales afghanes, contre la production de drogue. Le rôle de l'Otan reste limité à un soutien du gouvernement afghan. » (Jaap de Hoop Scheffer, 2006)

Structures politiques, civiles et militaires de l'OTAN

Présentation générale de l'organisation (fin 2016)

Organigramme des principales instances décisionnelles et structures civiles et militaires de l'OTAN

L'OTAN est en 2016 organisé autour :

  • D'instances de décision politiques : le Conseil de l'Atlantique nord, le Groupe des plans nucléaires et le Comité militaire,
  • D'organismes civils, placés sous la responsabilité du Secrétaire général de l'OTAN,
  • De commandements et d'états-majors militaires.

L'organisation de 2016 est le résultat de réformes entreprises en 2010 et 2011 qui ont visé à simplifier la structure, réduire les coûts et l'adapter à l'évolution des menaces auxquelles l'OTAN doit être en mesure de répondre, telles que définies lors de la dernière révision de sa stratégie militaire, également en 2010.

Hautes instances décisionnelles

Conseil de l'Atlantique nord

Le Conseil est l'organe principal de décision. Il s'agit du seul organe instauré par le Traité de l'Atlantique Nord (article 9) en 1949 et il possède l'autorité de mettre en place des entités subsidiaires, s'il l'estime nécessaire. Il est composé de représentants permanents des États membres (ayant rang d'ambassadeurs), il se réunit au moins une fois par semaine sous la présidence du secrétaire général de l'OTAN. Il prend ses décisions à l'unanimité. Les représentants permanents agissent sur instructions de leur pays, et rendent compte aux autorités nationales des positions des autres gouvernements. Parallèlement aux réunions des représentants permanents, les ministres des Affaires étrangères et ceux de la Défense se réunissent deux fois par an[26].

Enfin, tous les deux ans environ, les Premiers ministres et/ou les chefs d'État des pays membres se réunissent en sommet de l'OTAN. Les deux sommets les plus récents se sont tenus en 2014 à Newport au Pays de Galles et en 2016 à Varsovie en Pologne. Le statut et le degré d'importance des décisions du Conseil de l'Atlantique nord sont les mêmes qu'elles soient prises aux niveaux des représentants permanents, des ministres ou des chefs d'État ou de Gouvernement.

Le Conseil s'appuie sur un ensemble de Comités qui assurent la préparation de ses réunions et du processus de prise de décision.

Groupe des Plans nucléaires (NPG)

Tandis que le Conseil de l'Atlantique Nord est l'autorité ultime au sein de l'OTAN, le NPG (en anglais : Nuclear Planning Group) est l'organe de haut niveau chargé des questions nucléaires au sein de l'Alliance. Le NPG examine les questions politiques spécifiques liées aux forces nucléaires et des questions plus larges comme la maîtrise des armes nucléaires et la prolifération nucléaire. Tous les membres, à l'exception de la France, font partie du NPG, indépendamment du fait qu'ils détiennent ou non des armes nucléaires. Le NPG a été fondé en décembre 1966 pour permettre un processus de consultation sur la doctrine nucléaire au sein de l'OTAN, au moment où la France quittait la structure militaire intégrée de l'OTAN. Il s'appelait initialement le Comité des questions de défense nucléaire[27]

Comité militaire

Le Comité militaire (CM) est la plus haute instance militaire de l'OTAN. Il est la principale source de conseils pour le Conseil de l’Atlantique Nord et le Groupe des plans nucléaires, et contribue à l'élaboration des politiques et concepts stratégiques. Il fournit également des orientations stratégiques aux deux commandements stratégiques : le Commandement allié Opérations et le Commandement allié Transformation[28]. Le Comité militaire se compose d’officiers de haut rang des pays membres de l’OTAN qui servent en qualité de représentants militaires (MILREP). Périodiquement, le Comité militaire se réunit au niveau des chefs d'état-major des armées. La France n'a pas siégé à ce comité de 1966 à 1995, date à laquelle le Président Chirac décide que la France reprenne en partie sa place dans les institutions militaires de l'OTAN sans pour autant rejoindre le commandement militaire intégré. Élu par ses pairs, les chefs d’état-major des 28 États membres de l’Alliance atlantique, le président actuel du comité militaire est le général tchèque Petr Pavel depuis juin 2015[29].

Représentation permanente de chaque état membre auprès de l'OTAN

Chaque pays membre de l'OTAN est représenté par une délégation au siège de l'Organisation, qui participe au processus de consultation, afin de permettre à l'Alliance de prendre des décisions ou de mener des actions collectivement. Elle est dirigée par un ambassadeur ou une ambassadrice (aussi appelé(e) « représentant(e) permanent(e) »). De taille variable, les délégations sont principalement composées de fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères et de la Défense, qui siègent[30]. Hélène Duchêne est depuis septembre 2016, Ambassadrice, Représentante Permanente de la France[31]. Le Vice-amiral d'escadre Charles-Édouard de Coriolis est depuis septembre 2014 le Représentant militaire de la France auprès de l'OTAN. Il cumule ce poste avec celui de chef de la représentation militaire française auprès du Comité militaire de l'Union européenne[32].

Secrétaire général et organismes civils de l'OTAN

Le secrétaire général de l'OTAN est le plus haut fonctionnaire international de l'Alliance. Il est chargé de piloter le processus de consultation et de prise de décision de l'Alliance et de faire en sorte que les décisions soient exécutées. Il préside le Conseil de l'Atlantique nord, dirige le Secrétariat international et représente l'Alliance à l'extérieur. Depuis le 1er octobre 2014[33], cette fonction est occupée par Jens Stoltenberg, ancien premier ministre de Norvège.

Le Secrétariat international (SI) compte environ 1000 personnels, tous ressortissants de pays membres de l'OTAN. Il fournit des avis, des orientations et un soutien administratif aux délégations des pays auprès de l’OTAN, depuis le siège de l'OTAN à Bruxelles. Il contribue à la mise en œuvre de toutes les décisions prises par les comités, à tous les niveaux[34].

L'Assemblée parlementaire de l'OTAN a été fondée en 1955 pour amener les parlementaires à prendre part au débat sur les questions transatlantiques. Bien que totalement indépendante de l'Organisation, l'Assemblée constitue un lien entre l'OTAN et les parlements de ses pays membres. L'Assemblée compte 257 délégués issus des 28 pays membres de l'Alliance. Chaque délégation, dont la composition numérique est fonction de la population du pays, reflète les couleurs politiques du parlement national, représentant ainsi un large éventail d'opinions politiques[35]. Une vingtaine de députés et sénateurs français y participent[36]. À leurs côtés, les délégués de quatorze pays associés et de quatre pays associés méditerranéens ainsi que des observateurs de sept autres pays participent aux travaux de l'Assemblée.

La structure permanente de l'Otan (par opposition aux moyens apportés ponctuellement par les états membres dans le cadre d'opérations comme l'ISAF en Afghanistan) comprend des agences et de nombreux comités (politiques, financiers, techniques) qui sont dédiés au soutien du commandement politique et militaire de l'Otan. Les agences de l'OTAN constituent un mécanisme vital pour l'acquisition et le maintien des capacités collectives de l'OTAN. Au sommet de Lisbonne, en 2010, les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN sont convenus de rationaliser les 14 agences autour de trois thèmes programmatiques majeurs : acquisition, soutien, et information et communication, et de ramener à environ 85 les quelque quatre cents comités. Cette réforme a abouti en 2012[37]. En juillet 2012, quatre nouveaux organismes, reprenant les fonctions et responsabilités des agences existantes, ont été créés[38] :

  • L'agence d'information et de communication de l'OTAN (NATO Communications and Information Agency ) composée des anciennes agences[39] :
    • NC3A (NATO Consultation, Command and Control Agency) chargé de l'acquisition de moyens de SIC (systèmes d'information et de communication).
    • NACMA (NATO Air Command and Control System Management Agency).
    • NCSA (NATO CIS Service Agency, Agence des services SIC de l'Otan) qui s'occupait du déploiement et du soutien des systèmes SIC.
    • ALTBMD Programme Office.
    • et d'éléments du NATO HQ Information and Communication Technology Management.
  • L'Agence OTAN de soutien et d'acquisition (NATO Support and Procurement Agency) composée des anciennes agences :
    • Agence OTAN d'entretien et d'approvisionnement (NATO Maintenance and Supply Agency, Agence de maintenance et approvisionnement de l'Otan) qui s'occupait du soutien des moyens Otan déployés
    • NAMA (NATO Airlift Management Agency)
    • CEPMA (Central Europe Pipeline Management Agency, Agence de gestion de pipeline en Europe centrale) qui est le « service des essences » de l'Otan ; aujourd'hui dénommé CEPS (Central Europe Pipeline System).
  • Le Bureau de normalisation (NSO).

Cette structure permanente de soutien emploie environ 10 000 personnes, civils ou militaires.

Commandement militaire de l'OTAN

Les suppressions et regroupements de formations décidés en sont opérationnels depuis 2013, réduisant de 10 à 6 le nombre de quartiers-généraux majeurs et de 13 000 à 8 800 leurs effectifs[40]. Placée sous l'autorité du Comité militaire, l'organisation militaire de l'OTAN est principalement constituée :

  • De l'État-major militaire international (EMI), qui est l'organe exécutif du Comité militaire. L’EMI est chargé de préparer les évaluations, les études et d’autres documents relatifs aux questions militaires concernant l’OTAN, et il veille à ce que les décisions et les politiques relatives aux questions militaires soient mises en œuvre par les organismes militaires compétents.
  • Du Commandement allié Opérations[41], dirigé par le Commandant suprême des Forces alliées en Europe (SACEUR) et son état-major, le SHAPE, basé à Mons, en Belgique. Ce poste est confié à un général américain qui dirige non seulement l'ACO mais aussi le Commandement des forces des États-Unis en Europe[42]. Il a remplacé le Commandement allié pour l'Europe (ACE). L'ACO est responsable de la planification et de l'exécution de toutes les opérations militaires de l’Alliance. Ce commandement dirige :
    • Deux état-majors interarmées (JFC) basés à Brunssum (Pays-Bas) et à Naples (Italie). Tous deux doivent être prêts à assurer la planification, la conduite et le soutien dans la durée d'opérations de l'OTAN d'ampleur et de portée différentes. Dans les faits, ils doivent pouvoir gérer une opération interarmées de grande envergure depuis leur emplacement fixe de Brunssum ou de Naples, ou depuis un quartier général déployé lorsqu'ils agissent directement sur un théâtre d'opération.
    • Trois états-majors de composante (air, terre, mer), l'état-major air AIRCOM à Ramstein (Allemagne)[43], l'état-major terre LANDCOM à Izmir (Turquie) et l'état-major mer MARCOM à Northwood (Royaume-Uni)[44]. Ces commandements spécifiques (un par armée) apportent leur expertise et leur soutien aux commandements de forces interarmées (JFC). Ils relèvent directement du SHAPE et sont placés sous le commandement du SACEUR.
    • Un Groupe Systèmes d'Information et Communication (SIC).
  • Du Commandement allié Transformation, dirigé par le Commandant suprême allié Transformation (SACT). Ce poste est depuis la réintégration par la France de l'organisation militaire de l'OTAN confié à un général français. Il est occupé depuis septembre 2015 par le général Denis Mercier. Implanté à la base navale de Norfolk (Virginie, États-Unis), il a remplacé le Commandement allié Atlantique. L'ACT dirige la transformation de la structure, des forces, des capacités et de la doctrine militaires de l'OTAN. Ses responsabilités principales englobent la formation, l'entraînement et les exercices, ainsi que la conduite d'expériences destinées à évaluer de nouveaux concepts et la promotion de l’interopérabilité à l'échelle de l'OTAN[45].


Carte des principaux quartiers-généraux de l'OTAN en 2013.

Missions permanentes et moyens militaires de l'OTAN

Missions permanentes de temps de paix

Un Su-27 russe le 17 juin 2014 intercepté par un Typhoon de la RAF de la mission Baltic Air Policing .

La défense aérienne et antimissile intégrée de l'OTAN (NIAMD) est une mission permanente, en temps de paix comme en période de crise ou de conflit, qui a pour objectif de protéger les pays de l'Alliance contre toute menace ou attaque aérienne ou de missile. Cette mission de police du ciel de l’OTAN nécessite un système de surveillance et de contrôle aériens (ASACS), une structure de commandement et de contrôle aériens (C2 Air), des aéronefs disponibles 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et depuis 2015 des systèmes anti-missiles. Depuis sa création en 1961, le système OTAN de défense aérienne intégrée est la seule capacité opérationnelle de l’Alliance, pour laquelle les autorités nationales ont délégué à l’OTAN, à titre permanent, le pouvoir de défendre les pays de l’Alliance et pour laquelle des ressources nationales étaient employées dans le cadre d'une structure C2 de l'OTAN[46],[47]. Dans ce cadre, les pays baltes dont les forces armées sont très limitées, bénéficient depuis 2004 d'une forte couverture aérienne de l'OTAN (Baltic Air Policing) fournie par plusieurs pays d'Europe de l'Ouest dont la France[48],[49].

Unités en propre

Outre ses moyens de commandement, l'Otan dispose de quelques moyens opérationnels en propre. Ce sont essentiellement :

Pour chaque opération conduite par l'OTAN, les moyens militaires nécessaires sont apportés par les états membres et les pays partenaires de l'OTAN, au cas par cas, en fonction des besoins et de la volonté de chaque état d'y participer ou non.

Forces américaines en Europe

Effectifs US en Europe (novembre 2016)[53]
Pays Effectifs US
Allemagne 34 562
Italie 12 099
Royaume-Uni 8 380
Espagne 3 284

En 2014, à la suite de nombreuses dissolutions et rapatriement d'unités, l'Armée américaine n'a plus en Europe comme unités de combat que la 173e brigade parachutiste en Italie et le 2e régiment de cavalerie[54]. Le quartier-général du 5e corps d'armée a été désactivé en 2013, et de nombreux rapatriements et suppressions d'unités sont prévus jusqu'en 2016[55].

Forces britanniques en Allemagne

Le Royaume-Uni qui avait déployé la majorité de ses forces blindées au sein de la British Army of the Rhine stationnée dans le nord de l'Allemagne de l'Ouest, a vu son contingent baisser depuis la fin de la guerre froide. En 2013, il est prévu le retrait total des forces britanniques en Allemagne d'ici 2019[56].

Budget de l'OTAN

Pays Contribution du pays
en % du budget total de l'OTAN
années 2016 et 2017
% du PIB
(est. année 2016)
France 10,6339 1,78
États-Unis 22,1446 3,61
Royaume-Uni 9,8485 2,21
Allemagne 14,6500 1,19
Italie 8,4109 1,11
Pays-Bas 3,1804 1,17
Canada 6,6092 0,99

Les pays membres supportent de manière directe ou indirecte les frais de fonctionnement de l’OTAN et le coût de la mise en œuvre de ses politiques et activités[57].

Financement direct de l'OTAN

Les contributions directes couvrent les dépenses de l'Alliance qui servent les intérêts communs de ses membres et qui n’incombent à aucun d’entre eux en particulier. Les contributions des 28 pays membres sont calculées selon une formule de partage des coûts fondée sur leur revenu national brut. Ce financement commun alimente les trois principaux budgets gérés par l'OTAN : le budget civil (frais de fonctionnement du siège de l'Organisation), le budget militaire (coûts de la structure de commandement intégrée de l'OTAN) et le programme OTAN d'investissement au service de la sécurité (capacités militaires). Les cinq principaux contributeurs sont, dans l'ordre décroissant de leur participation financière, les États-Unis, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie. La France est donc le 3ème contributeur aux budgets de l’OTAN.

En 2015, le budget des trois composantes des dépenses collectives de l'OTAN se montait à [58] :

  • Budget civil (218 millions d’euros en 2015, dont 11,14 % de contribution française) ;
  • Budget militaire (1 171 millions d’euros en 2015, dont 10,97 % de contribution française), qui couvrent les coûts d’opération des QG de la structure de commandement, des théâtres du Kosovo et de l’Afghanistan ainsi que les coûts d’opération des réseaux de communication et défense aérienne, des centres d’entraînement ;
  • Programme d’investissement au service de la sécurité (plafond de 700 millions d’euros en 2015, dont 10,97 % de contribution française), qui fournit aux commandements stratégiques de l’OTAN des installations et des équipements tels que des moyens de commandement et de contrôle des opérations aériennes, des systèmes de communication et d’information, des QG pour la structure intégrée et les opérations extérieures, etc.

La contribution de la France s'était élevée en 2014 à 217,2 M€ (incluant la contribution du ministère des Affaires étrangères et celle du ministère de la Défense) - en baisse de 1,8% par rapport à 2013[59].

Financement indirect de l'OTAN

La France supporte en plus les coûts liés aux opérations de l'OTAN auxquelles elle choisit de participer. Ces contributions sont les plus importantes. Un pays membre fait par exemple une contribution indirecte lorsqu'il décide d'affecter des équipements ou des forces à une opération militaire OTAN et assume le coût de cette décision.

Effort de défense des pays membres de l'OTAN

Depuis 2006, l'Alliance a fixé comme objectif à long terme que chaque pays membre consacre 2% de son PIB à sa défense. En 2016, cet objectif est loin d'être atteint puisque cinq pays seulement respectent cette norme : les États-Unis, la Grèce, la Grande-Bretagne, l'Estonie et la Pologne. La France se rapproche de cet objectif, contrairement à beaucoup de pays de l'UE auxquels elle demande régulièrement de davantage contribuer à la défense de l'Europe et aux opérations extérieures dont la France assume à ses yeux une part disproportionnée. Les États-Unis continuent d'être à un niveau de dépenses militaires très supérieur à tous les grands pays industrialisés occidentaux ce qui entretient tout à la fois leur poids prépondérant au sein de l'Alliance et leur demande que les Européens en fassent davantage pour leur sécurité. En 2015, alors que les États-Unis représentaient 45,9 % du PNB des membres de l'OTAN, leur budget de la défense comptait pour 71,9 % du total de ses membres[60].

Les concepts stratégiques de l'OTAN

Depuis le début de son existence, l'OTAN a élaboré puis régulièrement mis à jour sous le vocable général de « concept stratégique » des documents publics ou non qui décrivent ses missions de sécurité fondamentales, identifient les caractéristiques essentielles de son environnement de sécurité et fournissent des directives pour l'adaptation de ses forces militaires[61]. Ces concepts stratégiques sont validés au moins par le Conseil de l'Atlantique nord en session ministérielle et depuis la fin de la guerre froide par les chefs d'État et de gouvernement dans le cadre d'un sommet de l'OTAN.

Concept stratégique adopté au sommet de Lisbonne en 2010

Le concept stratégique adopté au sommet de Lisbonne en 2010 est le septième depuis la création de l'Alliance. Il ressort du document public le décrivant une grande continuité de la stratégie de l'OTAN en matière de dissuasion nucléaire et d'autre part des initiatives nouvelles en matière de défense antimissile, de lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité[62]. L'accent est également mis sur le développement des capacités de gestion de crise.

Dans un contexte financier encore marqué par la crise de l'automne 2008, l'OTAN décide simultanément de refondre son organisation afin de réduire fortement ses effectifs qui passeront de 17 000 avant 2009, à moins de 13 000 en 2010, avec des options pour l'avenir allant de 9 500 à 7 500 personnels[63].

Historique ces concepts stratégiques de l'OTAN

Tableau synthétique des concepts stratégiques successivement adoptés par l'Alliance atlantique
# Date Adoption par CAN 1 Documents Contexte d'élaboration et principes clés des concepts stratégiques
1 1949-1950 Décembre 1949 DC 6/1
MC 14
DC 13
Plans de défense à 5 ans, coordonnés entre les États membres
2 1950-1952 Décembre 1952 MC 3/5
MC 14/1
Modifications structurelles, création d'une force militaire intégrée placée sous commandement centralisé. "Le concept stratégique de la défense de la zone de l'Atlantique Nord"
3 1953-1957 Décembre 1954 MC 48 Intégration de la politique nucléaire dans la stratégie de l'OTAN
Introduction de la doctrine nucléaire des représailles massives
Mai 1957 MC 14/2
MC 48/2
1961-1963 Émergence du concept de "réponse flexible" sous l'impulsion de Kennedy et McNamara. Impossibilité d'arrivée à un accord entre les membres de l'OTAN sur un nouveau concept stratégique, notamment en raison de l'opposition de la France.
4 1966-1969 Décembre 1967 2 MC 14/3 Élaborée dans le contexte de la sortie de la France de l'organisation militaire
Abandon des représailles massives, adoption de la réponse flexible ou riposte graduée
Rapport Harmel
Décembre 1969 2 MC 48/3
5 1991 Sommet de Rome
Nov. 1991
Document public Réaffirmation de l'objectif fondamental de l'OTAN de sécurité collective de ses membres, extension de cet objectif de sécurité à l'ensemble de l'Europe via des partenariats et coopérations, développement du dialogue et de la coopération, réduction au niveau le plus bas possible des forces nucléaires et conventionnelles
6 1999 Sommet de Washington
Avril 1999
Document public Définition plus large de la sécurité de la zone euro-atlantique, prise en compte des nouveaux risques apparus depuis la fin de la guerre froide
7 2006-2010 Sommet de Lisbonne
Nov. 2010
Document public Directive politique globale de novembre 2006
Déclaration sur la sécurité de l'Alliance d'avril 2009 au sommet de Strasbourg
Publication du nouveau concept lors du sommet de Lisbonne
1 CAN : Conseil de l'Atlantique Nord, réuni soit au niveau ministériel - Ministres des affaires étrangères ou de la défense - soit en tant que sommet au niveau des chefs d'État et de gouvernement.

2 Validation par le Comité des Plans de Défense. Depuis la sortie de la France de l'organisation militaire intégrée, les pays membres se réunissaient sans la France sur les questions militaires. Au niveau ministériel, le Comité des Plans de Défense était pour ces questions l'équivalent du Conseil de l'Atlantique Nord. Il a été supprimé en 2010, après le retour de la France en 2009 dans l'organisation militaire de l'OTAN.

Pendant la guerre froide

Initialement, la planification stratégique de l'OTAN concerne les forces conventionnelles. Puis le troisième concept stratégique adopté en 1956 introduit les armes nucléaires stratégiques selon la doctrine des représailles massives. Avec la montée en puissance de l'arsenal nucléaire soviétique, les doutes émergent de plus en plus quant à la crédibilité de cette doctrine. Faisant suite à la crise de Suez qui voit s'opposer fortement des membres majeurs de l'OTAN, en parallèle de l'actualisation de sa stratégie militaire, l'Alliance jette les bases d'une coopération plus poussée en matière de politique étrangère y compris hors de la zone de l'Atlantique nord[64].

Les Américains à partir de 1961 poussent à l'adoption d'un nouveau concept stratégique selon la doctrine de la réponse flexible, sans qu'un consensus ne puisse s'établir en raison des réticences de beaucoup de pays européens, la France en tête. Le grand débat stratégique occupe une place considérable au sein des instances décisionnelles de l'OTAN et des gouvernements alliés[65].

Le retrait français en 1966 crée l'occasion de réorganiser le fonctionnement de l'OTAN, de donner plus de poids aux alliés européens majeurs que sont le Royaume-Uni et la RFA, et de trouver un compromis pour l'adoption d'un nouveau concept stratégique qui entérine les principes de la réponse flexible. Ce quatrième concept, souple par nature, reste en vigueur jusqu'à la fin de la guerre froide.

Pendant la période de la guerre froide, la menace principale perçue par les alliés est que les Soviétiques, qui disposent d'une supériorité au moins quantitative forte relative aux forces conventionnelles, lancent une offensive majeure pour conquérir l'Europe occidentale. Face à cette menace, l'OTAN a successivement adopté trois posture stratégiques en matière d'emploi des forces conventionnelles[66] :

  • De l'origine à 1958, la faiblesse des forces conventionnelles de l'Ouest est telle que les plans prévoient une stratégie de repli ordonné sur le Rhin et l'Ijssel qui constituent la ligne de défense principale, abandonnant ainsi la majorité du territoire de l'Allemagne de l'Ouest.
  • En juillet 1958, les États-majors de l'OTAN prenant en compte un début de renforcement des capacités opérationnelles de leurs forces adoptent une stratégie de défense "semi-avancée" de l'Europe de l'Ouest et définissent la Weser et le Lech comme ligne principale de défense
  • En 1963, de pair avec les discussions relatives au nouveau concept stratégique de réponse flexible, et pour répondre aux demandes insistances des Allemands qui entre temps ont atteint le niveau de force auquel ils s'étaient engagés, les États-majors adoptent la stratégie de "défense de l'avant" qui définit la frontière entre la RFA et la RDA comme ligne de défense principale.

Depuis la fin de la guerre froide

L'effondrement du bloc soviétique et la disparition de la menace principale que représentait le Pacte de Varsovie conduit à une révision en profondeur de la stratégie de l'OTAN afin de l'adapter à un nouvel environnement géo-politique et à l'émergence de nouvelles menaces. Trois concepts stratégiques ont été successivement adoptés depuis 1991, le dernier en date en novembre 2010 lors du sommet de Lisbonne.

Dans le monde multipolaire actuel, le rôle et les missions de l'Otan sont devenues multiples et sortent donc du traditionnel espace euratlantique. Cependant, l'OTAN n'a pas vocation à se substituer à l'ONU et à ses Casques bleus : selon les déclarations de son secrétaire général, Jaap de Hoop Scheffer, l'OTAN n'a pas vocation à devenir une organisation mondiale de défense : « nous n’avons pas besoin d’une OTAN à vocation mondiale. Ce n’est pas l’enjeu de notre transformation. Le type d’OTAN qu'il nous faut – et que nous mettons en place avec succès – c’est une Alliance qui défend ses membres contre les menaces planétaires: le terrorisme, la dissémination des armes de destruction massive et les États faillis »[67]

Les stratégies de la nouvelle OTAN sont fortement influencées par l'accroissement du risque terroriste - notamment depuis l'attaque du 11 septembre 2001 sur les États-Unis -, la dissémination des armes nucléaires avérée ou potentielle - lié par exemple au programme nucléaire iranien -, et la multiplication des foyers de crise requérant des moyens de réaction rapide :

  • Sommet de Washington (1999) : engagement d'un processus de transformation de l'Otan autour d'un concept stratégique orienté vers la gestion des crises.
  • Sommet de Prague () : décision de l'adaptation de l'outil militaire à la nouvelle donne internationale, autour du concept de force de réaction rapide.
  • Accords de Berlin plus () : accord pour que l'Union européenne puisse faire appel à certains moyens de l'Otan lorsque ceux-ci sont nécessaires à la réalisation des missions décidées par le Conseil de l'Union.
  • Sommet de Riga (2006) : décision de se préparer à mener de front deux opérations de grande envergure mobilisant 60 000 hommes chacune et six opérations moyennes (30 000 hommes). Au total, jusqu'à 300 000 hommes entraînés et préparés devront donc être disponibles pour intervenir dans n'importe quelle région du monde pour assurer la sécurité de ses membres à l'intérieur comme à l'extérieur de leurs frontières.

Structures militaires de l'OTAN (historique)

Commandement et moyens militaires pendant la guerre froide

Forces terrestres

Secteur de responsabilité des corps d'armée de l'OTAN en Allemagne de l'Ouest.
  • Commandement

Le front principal se situait pour les deux alliances dans le centre de l'Europe. Pour protéger l'Allemagne de l'Ouest, deux groupes d'armées, le Northern Army Group (NORTHAG) et le Central Army Group  (CENTAG) comprenant, après le retrait de l'Armée française du commandement intégré, un total de huit corps d'armée (trois allemands, deux américains, un britannique, un belge, un néerlandais) étaient responsables des frontières de l'Est.

  • États-Unis.
Formations de la 7e armée américaine en Allemagne de l'Ouest en 1987 :
*United States Army 1st Armored Division CSIB.svg 1re division blindée
*United States Army 2nd Armored Division CSIB.svg 2e division blindée
*3rd US Armored Division SSI.svg 3e division blindée
*1 Infantry Division SSI.PNG 1re division d'infanterie
*3 Infantry Div SSI.PNG 3e division d'infanterie
*8th Infantry Division patch.svg 8e division d'infanterie
*US 2nd Cavalry Regiment SSI.jpg 2e régiment de cavalerie blindé
*11th-Armored-Cavalry-Regiment-patch.svg 11e régiment de cavalerie blindé
*US-Berlin-Brigade-patch.jpg Berlin Brigade

Les États-Unis ont déployé de nombreuses forces terrestres en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Pendant toute la durée de la guerre froide, la 7e armée ou USAREUR a dirigé ces forces divisées entre le 5e corps et le 7e corps, ce dernier ayant été désactivé en 1991 après la guerre du Golfe.

Ces forces sont basées en quasi-totalité en Allemagne. Il s'agit principalement de la 1st Infantry Division et de la 1st Armored Division respectivement basées à Würzburg et Wiesbaden, la 7e armée étant basée à Heidelberg tout comme le 5e corps.

  • Royaume-Uni.

Infrastructures aériennes

Avions des forces aériennes de l'OTAN devant la tour de contrôle de Bitburg Air Base en Allemagne de l'Ouest en 1959 : De gauche à droite, le nez d'un Canadair Sabre canadien, un F-84F Thunderstreak de la Luftwaffe ouest-allemande, un North American F-86K Sabre de la Koninklijke Luchtmacht néerlandaise, un Dassault Mystère IV de l'Armée de l'air française, un Hawker Hunter de la Royal Air Force britannique, un Avro CF-100 Canuck de la Royal Belgian Air Force, un North American F-100C Super Sabre du 36th Tactical Fighter Wing, 22nd TFS de l'USAF et en arrière-plan un Douglas C-47 Skytrain.

En 1951, l'Otan n'avait à sa disposition qu'un nombre insignifiant d'aérodromes pouvant mettre en œuvre les nouvelles générations d'avions à réaction; elle se lança donc dans un effort massif dans ce domaine et 220 bases aériennes furent créées ou aménagés en Europe pour la somme de 448 millions de livres sterling (valeur en 1969) [68].

L'United States Air Forces in Europe qui avait son quartier général à Wiesbaden, en Allemagne de l'Ouest depuis 1945, avait dans les années 1950, quatre escadres déployées au Royaume-Uni, trois en Allemagne de l'Ouest et six en France, soit 18 000 personnes et 800 avions de tous types.

Les États-Unis, engagés massivement dans la guerre de Corée depuis juin 1950 ne purent pas accomplir comme prévu leur installation en Europe. En conséquence, le Canada dut pallier ce problème. Il a donc été décidé de créer une force aérienne canadienne performante, réservée à l'Europe, qui consistait en quatre escadres de trois escadrons (équipés du nouveau North American F-86 Sabre) chacune. Le 1(F) Wing (escadre) était implanté à Marville, le 2(F) à Grostenquin (tous deux en France), le 3(F) à Deux-Ponts et le 4(F) à Baden-Söllingen (tous deux en Allemagne de l'Ouest).

À partir de 1955, il est décidé la mise en œuvre d'un système de défense aérienne intégrée comprenant un réseau radar en Europe couplé aux unités de chasse et des batteries de missiles sol-air ; depuis 2014, il est chargé du ystème de défense antimissile de l'OTAN[69].

L'Islande est le seul membre de l'Otan qui n'a pas sa propre force militaire (la défense a été initialement assurée par les États-Unis grâce à la base de Keflavik) ; actuellement, différentes nations européennes assurent à tour de rôle des permanences de défense aérienne en Islande[70]. Elle fut acceptée sans obligation d'en établir une, sa contribution à l'Alliance se faisant sous d'autres formes (bases militaires et contributions financières pour l'essentiel).

Bases navales

Les États-Unis ont déployé deux grands commandements navals après la Seconde Guerre mondiale. Il s'agit du commandement des forces navales en Europe (USNAVEUR), organe naval du commandement européen des forces armées américaines (USEUCOM), et de la Sixième flotte américaine déployée en permanence en Méditerranée depuis 1947 contre la guérilla communiste en Grèce et en Turquie.

Cela a donc donné des installations navales américaines en Europe, principalement en Méditerranée :

Commandement militaire en 2003

Un des 18 E-3 AWACS de l'Otan.
Boeing CT-49A NATO Trainer/Cargo Aircraft (LX-N20000, Boeing 707-307C, ex Deutsche Luftwaffe 10+04).

Auparavant, la structure de commandement militaire reposait sur une division géographique : une pour l'Europe (Commandement allié pour l'Europe), une pour l'Atlantique (Commandement allié pour l'Atlantique) ; treize quartiers généraux étaient subordonnés à ces commandements.

Les deux commandements ACO (alias Shape) et ACT sont tous deux rattachés au Comité militaire (MC) de l'Otan. Structure de commandement de l'OTAN entre 2003 et 2012.

Liste des opérations militaires menées par l'OTAN

Pendant la guerre froide, l'OTAN n'aura mené aucune opération militaire, ce que ses membres analysent comme la démonstration que l'Alliance est une expérience réussie de sécurité et de dissuasion collectives, qu'il convient de préserver dans le monde du début des années 1990 dans lequel tous les dangers et toutes les incertitudes n'ont pas disparu.

Mais les missions et l'organisation des moyens militaires de l'OTAN évoluent nécessairement fortement puisque la menace principale n'est plus celle d'une attaque des armées du pacte de Varsovie sur le territoire de ses membres, mais celle résultant de crises ou de guerres limitées à leur périphérie voire dans des zones géographiques plus lointaines dès lors que leurs intérêts vitaux seraient menacées. Cet élargissement du champ d'intervention de l'OTAN à des missions nouvelles au-delà du strict cadre défensif du territoire de ses membres se traduit à partir du début des années 1990 par l'engagement de ses moyens militaires hors de leurs frontières. Il ne s'agit pour autant pas de la transformation de l'OTAN en une organisation de sécurité globale à vocation mondiale, la France en particulier s'y refusant clairement[71],[72].

La guerre en Bosnie-Herzégovine, le premier des conflits qui font suite à l'éclatement de la la République fédérative socialiste de Yougoslavie, est le premier champ opérationnel d'intervention de l'OTAN à partir de 1993. Puis l'OTAN intervient à partir de 1999 au Kosovo où stationne toujours début 2017 la KFOR, force de maintien de la paix de l'OTAN sous mandat de l'ONU.

Au lendemain des attaques terroristes du 11 septembre 2001, le Conseil de l'Atlantique nord invoque pour la première fois dans son histoire l’article 5 du traité de Washington[73] en déclarant que l’attaque contre les États-Unis était une attaque dirigée contre eux tous[74]. À ce titre, l'OTAN mène depuis 2001 des opérations maritimes en Méditerranée et dans l'Océan indien.

Cependant, plusieurs des opérations militaires majeures conduites par les États-Unis en coalition avec d'autres pays ne l'ont pas été dans le cadre de l'OTAN :

  • la campagne d'Afghanistan de l'automne 2001 est menée par les Américains qui veulent aller vite et maîtriser totalement leurs actions militaires suite aux attentats du 11 septembre. La FIAS sous commandement OTAN prend ensuite le relais.
  • Faute d'un consensus entre les membres de l'OTAN pour y participer, la guerre d'Irak est menée par les États-Unis à partir de mars 2003 avec une coalition ad hoc hors OTAN, à laquelle la France ne participe pas.

Début 2017, l'OTAN est principalement engagé en Afghanistan, au Kosovo et dans des opérations navales en Méditerranée[75].

Le premier mémorial européen honorant la mémoire des soldats morts ou blessés lors d'opérations de l'OTAN a été inauguré le à Fréthun dans le Pas-de-Calais[76].

Principales opérations menées par l'OTAN
Année début Année fin Zone d'opération Nom opération Mandat

ONU

Nature des opérations menées par l'OTAN
1993 1996 Adriatique "Sharp Guard" #820
#943
Opération de surveillance maritime destinée à contrôler l'embargo sur les armes imposé à la République fédérale socialiste de Yougoslavie. Sous le contrôle conjoint de l'OTAN et de l'UEO, elle a consisté en une vaste opération de blocus naval, à laquelle ont participé 14 nations dont la France.
1993 1995 Bosnie-Herzégovine "Deny Flight" #816 Opération d'interdiction de survol à laquelle la France participe. Un Mirage 2000 est perdu pour cause d'avarie.
1995 1995 Bosnie-Herzégovine "Deliberate Force" coordonné avec la FORPRONU Bombardement massif des positions serbes de Bosnie pour tenter de faire cesser le conflit. Les autorités bosno-serbes acceptent de retirer leurs armes et des négociations débouchent sur les accords de Dayton deux mois plus tard mettant fin à la guerre en Bosnie[77],[78]. La France a participé avec des avions - dont un Mirage 2000N sera perdu - et des pièces d'artillerie.
1996 1996 Bosnie-Herzégovine IFOR #1031 Importante mission de maintien de la paix pour garantir l'application des accords de Dayton[79]. Ce fut l'occasion pour les Tchèques et les Polonais, anciennement membres du Pacte de Varsovie, d'intervenir conjointement avec des forces occidentales.
1997 2004 Bosnie-Herzégovine SFOR #1088 La SFOR (Force de stabilisation) a pris la suite de l'IFOR, avec des moyens ramenés à 32 000 hommes. Elle a passé le relais à l'Union européenne le 2 décembre 2004 qui conduit l'opération Althéa engageant 7 000 hommes dans le cadre des accords de Berlin plus.
1999 1999 Kosovo

(Serbie)

"Allied Force" - Bombardements aériens sur la Serbie menés par l'OTAN dans le contexte de la prise d'indépendance du Kosovo contre la volonté de la Serbie. La France a participé en effectuant environ 3% des missions de bombardement réalisées par plusieurs centaines d'avions de l'OTAN.
1999 - Kosovo KFOR #1244 La Force pour le Kosovo (abrégée en KFOR) est la force armée multinationale mise en œuvre par l'OTAN dans le Kosovo, sur mandat du Conseil de sécurité de l'ONU, afin d'assurer un environnement sûr et sécurisé et de garantir la liberté de mouvement. La KFOR fut déployée à partir du à l'issue du cessez-le-feu accepté par Belgrade qui mettait fin à la guerre du Kosovo. Depuis l'origine, la France contribue à cette force dont les plus gros contingents sont fournis par l'Allemagne, l'Italie et les États-Unis[80],
1999 1999 Albanie "Abri Allié" Déploiement de 7 000 militaires en avril 1999 pour une opération humanitaire d'aide aux quelques 800 000 réfugiés kosovars d'origine albanaise qui ont fui les exactions serbes à leur encontre. Cette opération est le corollaire humanitaire des opérations militaires menées par l'OTAN en Serbie et au Kosovo[81]. Elle provoque des réactions mitigées de la part des organisations humanitaires[82], hostiles au concept de "guerre humanitaire" et favorables à ce que l'ONU avec le HCR gardent le contrôle de telles opérations, tout en reconnaissant que les moyens importants de l'OTAN ont contribué à résoudre la crise.
2001 2016 Méditerranée Active Endeavour (OAE) - Mission de surveillance du trafic maritime en Méditerranée, pour décourager et déjouer les actes de terrorisme. Elle est l'une des huit initiatives lancées en réponse aux attentats terroristes perpétrés contre les États‑Unis le 11 septembre 2001. Elle a pris fin en octobre 2016, laissant la place à l’opération Sea Guardian[83].
2001 2003 Macédoine "Moisson Essentielle" - À la demande de la Macédoine et en concertation avec l'OSCE et l'UE, mission destinée à collecter les armes des insurgés albanophones. La France contribue de façon importante à la Task Force d'environ 3 500 hommes. Les opérations "Renard Roux" et "Allied Harmony" de moindre importance lui succèdent avant que l'opération EUFOR Concordia de l'UE ne prenne la relève[84]
2003 2014 Afghanistan FIAS #1386 La France participe à la FIAS durant toute son existence. En 2011-2012, lorsque la FIAS atteint son niveau d'effectifs le plus important avec environ 130 000 hommes, les États-Unis y contribuent pour 90 000 hommes, le Royaume-Uni pour 9 000, l'Al lemagne pour 5 000 et la France pour 4 000[85].
2004 2011 Irak Mission OTAN de formation en Iraq (NTM-I) #1546 L'OTAN n'a joué aucun rôle dans la conduite de la guerre en Irak menée par une coalition emmenée par les États-Unis. En marge de la coalition, l'OTAN a participé à la formation de 5 000 militaires et 10 000 policiers irakiens par des instructeurs sur place et dans les écoles de l'OTAN[86].
2015 - Afghanistan Resolute Support #2189 Faisant suite à la fin des opérations de la FIAS, cette mission, en cours début 2017, de formation et d'encadrement de l'armée afghane mobilise environ 12 000 hommes de l'OTAN et de pays partenaires[87],[88]. En 2015 et 2016, la France n'a pas fourni de troupes à cette opération.
2009 2016 Somalie (au large de la Corne de l'Afrique) "Ocean Shield" #1814 #1816 Opération navale de lutte contre la piraterie au large de la Somalie, terminée en novembre 2016[89],[90],[91]. La France participe à l'opération EUNAVFOR Atalanta de même nature prolongée en novembre 2016 par l'UE jusqu'en 2018.
2016 - Méditerranée Sea Guardian Opération navale, en cours début 2017, qui prend la suite d'Active Endeavour. En 2016, la France n'y a pas engagé directement ses navires[92],[93].
2011 2011 Libye "Unified Protector" #1970 #1973 Opération navale et aérienne menée par l'OTAN de mars à octobre 2011, dans le but d'entraîner la chute du régime du colonel Kadhafi. La France a été via l'opération Harmattan l'un des principaux acteurs de cette intervention aéro-navale en Libye coordonnée par l'OTAN[94]. Succès tactique à court-terme, cette opération a débouché sur une instabilité de la Libye et un accroissement de l'implantation dans ce pays des groupes terroristes[95].

Dirigeants actuels des pays membres de l'OTAN

Notes et références

Notes

Références

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Annexes

Bibliographie

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  • Frédéric Bozo, La France et l'OTAN : De la guerre froide au nouvel ordre européen, Masson, , 287 p. (ISBN 978-2225824852)
  • Frédéric Bozo, La politique étrangère de la France depuis 1945, Flammarion - Champs Histoire, , 310 p. (ISBN 978-2081229587)
  • Maurice Couve de Murville, Une politique étrangère 1958-1969, Plon, , 499 p.
  • André Dumoulin, Histoire de la dissuasion nucléaire, PUF Collection HistoireS, , 160 p. (ISBN 978-2366140040)
  • Jean-Baptiste Duroselle, La France et les États-Unis : Des origines à nos jours, Seuil, , 284 p. (ISBN 2020044110)
  • Jean-Baptiste Duroselle et André Kaspi, Histoire des relations internationales : De 1945 à nos jours, Armand Colin, , 717 p. (ISBN 978-2-200-24636-5)
  • André Fontaine, La Guerre froide, 1917-1991, POINTS Histoire, , 572 p. (ISBN 978-2020861205)
  • Charles de Gaulle, Mémoires d'espoir - Intégrale, Plon, , 1163 p. (ISBN 9782259229098)
  • Pierre Grosser, Les Temps de la guerre froide, Editions Complexe, , 465 p. (ISBN 2-870-27559-5)
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  • Olivier Kempf, L'OTAN au XXIe siècle, Artege Editions, coll. « Questions à l'histoire », , 564 p. (ISBN 978-2-3604-0408-7)
  • Jenny Raflik, La IVe République et l'Alliance atlantique : Influence et dépendance (1945-1958), Presses Universitaires de Rennes, , 323 p. (ISBN 978-2753528000)
  • Lothar Schröter, Die NATO im Kalten Krieg. Band I 1949-1975, Berlin, 2009 ; Die NATO im Kalten Krieg. Band II 1976-1991, Berlin, 2009 ; 1196 S. (ISBN 978-3-89706-915-2)
  • Georges-Henri Soutou, La Guerre froide : 1943-1990, Librairie Arthème Fayard / Pluriel, , 1103 p. (ISBN 978-2-818-50127-6)
  • Maurice Vaïsse, La Grandeur : Politique étrangère du général de Gaulle, CNRS Éditions - Biblis, , 710 p. (ISBN 978-2271078759)
  • Maurice Vaïsse, Les relations internationales depuis 1945 : 13e édition, Armand Colin, , 320 p. (ISBN 978-2-200-28513-5)
  • Irwin M. Wall, L'influence américaine sur la politique française 1945-1954, Balland, , 515 p. (ISBN 978-2715807419)
  • Charles Zorgbibe, Histoire de l'OTAN, Éditions Complexe, coll. « Questions à l'histoire », , 283 p. (ISBN 978-2-8702-7917-5)

Articles publiés

  • Anne-Henry de Russé, « La France dans l'OTAN. La culture militaire française et l'identité stratégique en question », Focus stratégique no 22,
  • Jaap de Hoop Scheffer (interview : Claudie Baran), « L'Alliance n'est pas le gendarme du monde » Le Figaro Magazine, 14 octobre 2006, p. 30
  • Lieutenant-colonel Francisco Stoica, « La réforme de l'Armée roumaine », Armée d'aujourd'hui, no 273, , p. 25–28
  • Jerzy Baczynski, « Pour entrer dans l'Alliance, la Pologne se met à l'anglais », Polityka, traduction dans Courrier international, no 311, 17–23 octobre 1996, p. 14.
  • Serge Enderlin, « Armées de l'Est : la longue marche vers l'Otan », L'Hebdo. Traduction dans Courrier international, no 311, 17–23 octobre 1996, p. 14
  • « Security through Science », entretien avec Jean Fournet, secrétaire général adjoint de l'Otan, par Corrado Maria Daclon, Analisi Difesa, no 42,
  • « L'adéquation des objectifs stratégiques de l'OTAN au « Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (Fr.) » » dossier élaboré par ALPHA - Fondation d'études stratégiques, avec siège à Bruxelles. Diffusion restreinte,
  • Daniele Ganser, Les armées secrètes de l'OTAN, Gladio et Terrorisme en Europe de l'Ouest, Demi-Lune, 2007 (ISBN 978-2-917112-00-7)

Articles connexes

Liens externes