Opération Sonnenwende

Opération Sonnenwende

Informations générales
Date du 15 février au
Lieu Poméranie occidentale (Allemagne)
Issue échec allemand
Belligérants
Drapeau de l'URSS Union soviétiqueDrapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Georgi JoukovHeinz Guderian
Heinrich Himmler
Felix Steiner
Forces en présence
1er front de BiélorussieGroupe d'armée Vistule

Seconde Guerre mondiale

Batailles

Front de l’Est
Prémices : Campagne de Pologne · Guerre d’Hiver


Guerre Germano-sovietique :

  • 1941 : L'invasion de l'URSS

Opération Barbarossa
Front Nord : Guerre de Continuation · Opération Silberfuchs · Siège de Léningrad
Front Central : Bataille de Białystok–Minsk · 1re bataille de Smolensk · Bataille de Kiev
Front Sud : Siège d'Odessa · Campagne de Crimée

  • 1941-1942 : La contre-offensive soviétique

Front Nord : Poche de Demiansk · Poche de Kholm
Front Central : Bataille de Moscou
Front Sud : Seconde bataille de Kharkov

  • 1942-1943 : De Fall Blau à 3e Kharkov

Front Nord : Offensive Siniavino · Opération Iskra · Bataille de Krasny Bor · Opération Polyarnaya Zvezda
Front Central : Opération Mars
Front Sud : Bataille du Caucase (opération Fall Blau) · Bataille de Stalingrad · Opération Uranus · Opération Saturne · Offensive Ostrogojsk-Rossoch · Offensive Voronej-Kastornoe · Troisième bataille de Kharkov

  • 1943-1944 : Libération de l'Ukraine et de la Biélorussie

Front Central : 2e bataille de Smolensk · Opération Bagration
Front Sud: Bataille de Koursk · Bataille du Dniepr · Offensive Dniepr-Carpates · Offensive de Crimée · Offensive Lvov-Sandomir

  • 1944-45 : Campagnes d'Europe centrale et d'Allemagne

Allemagne : Offensive Vistule-Oder · Offensive de Poméranie orientale · Siège de Breslau · Offensive de Prusse-Orientale · Bataille de Königsberg · Bataille de Seelow · Bataille de Bautzen · Bataille de Berlin · Capitulation allemande
Front Nord et Finlande : Guerre de Laponie · Offensive Leningrad–Novgorod · Bataille de Narva
Europe orientale : Insurrection de Varsovie · Soulèvement national slovaque · Bataille de Budapest · Offensive Vienne · Insurrection de Prague · Offensive Prague · Bataille de Slivice


Front d’Europe de l’Ouest


Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


Bataille de l’Atlantique


Guerre du Pacifique


Guerre sino-japonaise


Théâtre américain
Coordonnées 53° 12′ 00″ nord, 15° 01′ 12″ est

L’opération Sonnenwende (solstice en allemand) constitue l'une des dernières grandes opérations offensives de la Wehrmacht sur le Front de l'Est. Destinée au départ à refouler les Soviétiques des territoires du Reich, que leur succès du mois précédent avaient permis d'envahir, elle se limite finalement à une tentative de consolidation du front allemand en Poméranie occidentale.

Contexte

Le Reich envahi

Article détaillé : offensive Vistule-Oder.

À la suite des succès soviétiques du mois de janvier, de larges portions du Reich sont envahies par l'Armée Rouge, menaçant directement Berlin à partir du 31 janvier, et la saisie de têtes de pont sur la rive gauche de l'Oder dans la région de Francfort[1].

Himmler, commandant du groupe d'armées Vistule

Article détaillé : Groupe d'armées Vistule.

Pour faire face à la déroute des unités allemandes dans le Gouvernement général et en Prusse-Orientale, Hitler et surtout Goebbels[2], souhaitent nommer Himmler commandant en chef de l'armée de terre, après que ce dernier eut fait ses preuves dans le commandement d'un groupe d'armées[3].

Nouvellement nommé, le nouveau commandant en chef du groupe d'armées n'est en réalité pas en mesure de commander de façon efficace les unités placées sous ses ordres[4]; en effet, il arrive au siège de son quartier-général avec une carte à trop petite échelle pour permettre un commandement efficace, puis il se replie à l'Ouest de l'Oder, à Prenzlau, à la fois pour diriger la SS et pour commander son groupe d'armées[5]. De plus, il constitue son état-major avec des membres de la SS, pas forcément compétents pour les tâches d'état-major[2].

Dans le même temps, Hitler remanie constamment le commandement sur le front de l'Est, à la colère de ses conseillers les plus proches, notamment Guderian[6].

Planification et préparation

Le Groupe d'armées Vistule

Le groupe d'armées Vistule, nouvellement formé, aligne au début du mois de février vingt-cinq divisions d'infanterie et huit divisions de Panzer[7]. Cette concentration est la conséquence à la fois de l'ultime renversement des priorités stratégiques opérées par Hitler à la suite des succès soviétiques, ce choix stratégique se matérialise par le redéploiement à l'Est des réserves mobiles de l'armée allemande[6] et de la politique de passage au peigne fin des effectifs de l'arrière[5].

Cependant, l'offensive ne concerne que dix divisions, dont sept de Panzer et de Panzergrenadier, auxquelles s'ajoutent une brigade blindée, un autre de canons automoteurs et un bataillon de Tigres royaux[8]. À ces unités s'ajoute toute l'aviation non déployée à la défense de l'Oder[9].

Renforcées par l'envoi de divisions prélevées sur les autres théâtres d'opérations[10], galvanisées par Himmler[11], les unités qui le composent tiennent le secteur du front depuis la ville d'Elbing à l'Est, jusqu'à l'Oder[7].

Préparatifs et objectifs allemands

Lancée à l'initiative de Guderian[5], cette offensive est conçue pour bloquer les offensives secondaires soviétiques en destination de la Baltique, en Poméranie[7].

En effet, Guderian souhaite exploiter la position avancée des troupes soviétiques dans la région, pour écraser les unités soviétiques déployées au Nord de la Warthe[12]. Il souhaite surtout renforcer le front en Poméranie, et monter une manœuvre d'encerclement des unités soviétiques avancée sur l'Oder[12].

Après une réunion houleuse à la chancellerie du Reich le 13 février, l'offensive se limite à une attaque en pince, destinée à reconquérir la rive Nord de la Warthe, voire à atteindre Küstrin, alors sur la ligne de front[8].

Dans un contexte houleux[N 1], le déclenchement de l'offensive est planifié pour le 15 et les concentrations opérées dans la plus grande improvisation[8].

L'offensive est conçue comme une poussée Nord-Sud sur un front de 50 km de large[8].

Déroulement

déclenchement de l'offensive

Lancée le 15 février 1945 dans une certaine improvisation[8], les unités engagées bousculent alors la 47e armée soviétique. À la faveur de la surprise, le contact est rétabli avec les défenseurs d'Arnswalde, encerclés dans la ville[8].

Le lendemain, l'attaque générale est lancée, mais la pluie oblige les Allemands à faire mouvement sur les routes, où les blindés sont méthodiquement pilonnés par l'artillerie et l'aviation soviétique, prise à partie par la Luftwaffe[9].

Poursuite de l'offensive

Ce pilonnage crée les conditions de l'enlisement de l'offensive; cependant, le 17 février, Himmler ordonne la poursuite des assauts, voués à l'échec dans les champs de mines et sous le pilonnage soviétiques[13].

Le 21 février, Hitler acte l'échec de son offensive, en ordonnant le retrait de la 11e armée Panzer SS[9].

Échec

Cependant, rapidement, les troupes soviétiques, revenant leur surprise initiale, refoulent les troupes allemandes sur leurs bases de départ[14].

Les conditions météorologiques, obligeant les unités mécanisées allemandes à utiliser les routes, l'épuisement de la Luftwaffe, en dépit de succès indéniables, ainsi que les rapides contre-attaques soviétiques (aboutissant à la reconquête d’Arnswalde le 21 février) accélèrent l'échec allemand[9].

Ainsi, cette offensive est mise en échec dès le 19 février, lorsque la Wehrmacht est refoulée sur ses positions de départ[14].

Réorientation du dispositif soviétique

Enfin, cette offensive incite les planificateurs soviétiques à marquer une pause sur le front de l'Oder et à nettoyer de toute présence allemande les ailes nord et Sud du dispositif soviétique[13]. Ainsi, une force d'assaut est rapidement mise sur pied, destinée à écraser les défenseurs allemands de la Poméranie[15].

Dans ce contexte, les Soviétiques sont régulièrement informés par leur système d'écoute des déplacements d'unités allemandes, mais ils ignorent cependant la réalité, et surtout l'ampleur, de ces déplacements[N 2] , [13].

Notes et références

Notes

  1. Heinz Guderian et Adolf Hitler se querellent fréquemment et violemment au sujet de la conduite de la guerre.
  2. le déplacement de l'état-major de la 11e armée Panzer sur l'Oder est interprété par les officiers soviétiques comme le déplacement de cette armée dans sa totalité.

Références

  1. Masson 2005, p. 247.
  2. a et b Lopez 2010, p. 321.
  3. Longerich 2010, p. 688.
  4. Longerich 2010, p. 691.
  5. a, b et c Lopez 2010, p. 322.
  6. a et b Masson 2005, p. 248.
  7. a, b et c Kershaw 2012, p. 326.
  8. a, b, c, d, e et f Lopez 2010, p. 325.
  9. a, b, c et d Lopez 2010, p. 326.
  10. Kershaw 2012, p. 273.
  11. Kershaw 2012, p. 286.
  12. a et b Lopez 2010, p. 323.
  13. a, b et c Lopez 2010, p. 327.
  14. a et b Masson 1994, p. 451.
  15. Lopez 2010, p. 335.

Voir aussi

Bibliographie

  • Ian Kershaw, La Fin, Allemagne, 1944-1945, Paris, Seuil, , 665 p. (ISBN 978-2-02-080301-4). 
  • Peter Longerich (trad. Raymond Clarinard), Himmler : biographie : l'éclosion quotidienne d'un monstre ordinaire, Paris, éditions Héloïse d'Ormesson, , 916 p. (ISBN 978-2-35087-137-0). 
  • Jean Lopez, Berlin : Les Offensives géantes de l'Armée rouge. Vistule - Oder - Elbe (12 janvier-9 mai 1945), Paris, Economica, , 644 p. (ISBN 978-2-7178-5783-2). 
  • Philippe Masson, Histoire de l'Armée allemande. 1939-1945, Perrin, (ISBN 978-2 2620-3228-9). 
  • Philippe Masson, Hitler chef de guerre, Perrin, (ISBN 978-2-262-01561-9). 

Articles connexes

Liens externes