Opération Radetzky

L'Opération Radetzky est le nom de code d'un groupe d'adversaires autrichiens au régime nazi pour une action organisée en vue d'une reddition sans opposition de la ville de Vienne à l'approche de l'armée soviétique à la fin de la Seconde Guerre mondiale en avril 1945. Le nom est un hommage à l'ancien commandant de l'armée autrichienne Joseph Radetzky.

Préparatifs

Après que l'Armée Rouge, venant de la région entre le lac Balaton et le Danube en Hongrie, avançant pour mettre fin au Troisième Reich en Autriche, a franchi le 29 mars la frontière à Klostermarienberg  dans le Burgenland, les troupes atteignent le 6 avril les environs de Vienne. (Voir l'Offensive de Vienne)

Adolf Hitler déclare la ville « région à défendre » („Verteidigungsbereich“), le combat doit être mené par tous les moyens jusqu'à la fin sans tenir compte des pertes en vie humaine et de bâtiments. Avant que la ville tombe dans les mains de l'ennemi, tout doit être détruit. Les gares, les trains, les ponts, les postes d'aiguillage, les citernes d'essence, les installations gazières et électriques, les équipements techniques et les réserves alimentaires sont en partie déjà chargés d'explosifs en prévision de la destruction.

Pour éviter cela, un groupe de résistants, soldats autrichiens de la Wehrmacht, prend contact avec l'encadrement de l'Armée rouge. Le chef est le major Carl Szokoll qui était en contact à Vienne avec ceux qui préparaient le complot du 20 juillet 1944. Il s'était déjà mis en collaboration avec le groupe de résistance O5 et avait formé d'un groupe d'officiers au sein du Wehrkreiskommandos XVII, prêts à agir contre le régime.

Déroulement

Le 2 avril 1945, le sergent-major chef Ferdinand Käs  et l'obergefreiter Johann Reif  parviennent à prendre contact avec la troisième armée du front d'Ukraine dirigée par Fiodor Tolboukhine à Hochwolkersdorf. Le commandement de l'armée est intéressé par les plans et des informations sur la répartition des troupes allemandes dans Vienne sont transmises afin de percer la défense et donc d'ouvrir Vienne aux Soviétiques. Vienne devrait être abordé par l'ouest et étant donné qu'une attaque est attendue à l'est les défenses y sont moindre. Il est également convenu d'épargner la population civile autant que possible. Après le début de l'attaque soviétique, le lendemain, des fusées éclairantes doivent également signaler le début d'une résistance active à l'intérieur de la ville.

Peu de temps après, le 4 avril, Käs et Reif sont de retour à Vienne.

Dans la nuit du 5 au 6 avril, l'opération Radetzky est toujours dans les temps prévus. Lorsque les membres du groupe veulent prendre la direction de l'émetteur radio sur les hauteurs du Bisamberg, au nord de la ville, un officier les remarque, après quoi l'action doit être arrêté. Le plan est découvert. Le capitaine Alfred Huth, le premier-lieutenant Rudolf Raschke et le major Karl Biedermann qui est chargé des ponts de la ville, sont arrêtés et condamnés par une cour martiale composée de SS puis pendus en public le 8 avril à des lampadaires dans le quartier de Floridsdorf. Szokoll est averti, évite l'arrestation et fuit vers le poste de commandement soviétique de la 9e armée de la garde à Purkersdorf et informe de l'échec de l'opération.

Même si l'Opération Radetzky a réussi en partie, pour empêcher la destruction planifiée de la ville, et l'abord par l'ouest s'est déroulé avec succès, les combats ont lieu du 6 au 13 avril, 19 000 Allemands et 18 000 Soviétiques perdent la vie.

Commémoration

En 1964, une plaque rappelle les trois pendaisons dans le quartier de Floridsdorf puis trois voies portent les noms d'Alfred Huth, Rudolf Raschke et Karl Biedermann. En 1967, la caserne « empereur François-Joseph Ier » dans le quartier de Penzing est renommé « Karl Biedermann ».

Source, notes et références