Opération Gemse

Opération Gemse (Chamois)

Informations générales
Date du 2 mars au
Lieu Basse-Silésie, Allemagne (aujourd'hui Pologne)
Issue succès tactique allemand
Belligérants
Drapeau de l'URSS Union soviétiqueDrapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
Ivan KonievHeinz Guderian
Ferdinand Schörner
Forces en présence
1er Front ukrainienGroupe d'armées Centre

Seconde Guerre mondiale

Batailles

Front de l’Est
Prémices : Campagne de Pologne · Guerre d’Hiver


Guerre Germano-sovietique :

  • 1941 : L'invasion de l'URSS

Opération Barbarossa
Front Nord : Guerre de Continuation · Opération Silberfuchs · Siège de Léningrad
Front Central : Bataille de Białystok–Minsk · 1re bataille de Smolensk · Bataille de Kiev
Front Sud : Siège d'Odessa · Campagne de Crimée

  • 1941-1942 : La contre-offensive soviétique

Front Nord : Poche de Demiansk · Poche de Kholm
Front Central : Bataille de Moscou
Front Sud : Seconde bataille de Kharkov

  • 1942-1943 : De Fall Blau à 3e Kharkov

Front Nord : Offensive Siniavino · Opération Iskra · Bataille de Krasny Bor · Opération Polyarnaya Zvezda
Front Central : Opération Mars
Front Sud : Bataille du Caucase (opération Fall Blau) · Bataille de Stalingrad · Opération Uranus · Opération Saturne · Offensive Ostrogojsk-Rossoch · Offensive Voronej-Kastornoe · Troisième bataille de Kharkov

  • 1943-1944 : Libération de l'Ukraine et de la Biélorussie

Front Central : 2e bataille de Smolensk · Opération Bagration
Front Sud: Bataille de Koursk · Bataille du Dniepr · Offensive Dniepr-Carpates · Offensive de Crimée · Offensive Lvov-Sandomir

  • 1944-45 : Campagnes d'Europe centrale et d'Allemagne

Allemagne : Offensive Vistule-Oder · Offensive de Poméranie orientale · Siège de Breslau · Offensive de Prusse-Orientale · Bataille de Königsberg · Bataille de Seelow · Bataille de Bautzen · Bataille de Berlin · Capitulation allemande
Front Nord et Finlande : Guerre de Laponie · Offensive Leningrad–Novgorod · Bataille de Narva
Europe orientale : Insurrection de Varsovie · Soulèvement national slovaque · Bataille de Budapest · Offensive Vienne · Insurrection de Prague · Offensive Prague · Bataille de Slivice


Front d’Europe de l’Ouest


Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée


Bataille de l’Atlantique


Guerre du Pacifique


Guerre sino-japonaise


Théâtre américain

L'opération Gemse (Chamois) est l'une des dernières offensives allemandes sur le front de l'Est en 1945. Elle est centrée sur la ville de Lauban.

Contexte

Suite aux succès de l'offensive d'hiver soviétique, la Silésie est partiellement conquise par les Soviétiques et l'Oder franchi dans la région en de nombreux points.

La ville de Breslau est encerclée depuis le 16 février[1] et subit un siège en règle[2], sans cependant parvenir à retarder efficacement la progression soviétique[3].

Depuis le 24 février, l'Armée rouge s'est placée en position défensive sur l'ensemble du front de Silésie[4], transformant la guerre de mouvement qui de déroulait depuis le 12 janvier en guerre de positions et d'usure[5]

Objectifs allemands

Par cette offensive, Heinz Guderian, qui l'a ordonné, souhaite obliger les Soviétiques à se détourner de Berlin, qui, à ce stade du conflit constitue l'objectif principal de ces derniers[4]. De plus, le succès permettrait de briser l'encerclement de la ville de Breslau et le rétablissement de la ligne de front sur l'Oder[4]. Par ailleurs, la reconquête de la ville pourrait faciliter l'approvisionnement des unités engagées en Bohême et en Slovaquie[4].

Enfin, ce succès, qui semble à la portée des unités allemandes engagées dans le secteur, est destiné à être exploité par la propagande et redonner ainsi confiance à la population du Reich[4].

Préparation

L'offensive est ainsi rapidement montée. Il s'agit d'une pince dont les deux saillants sont lancés de part et d'autre de Lauban, alors sur la ligne de front[6].

Les unités engagées, 200 blindés et 60 000 soldats, sont rapidement regroupées, en dépit des difficultés[6].

Opérations

L'offensive, lancée dans la nuit du 1er au 2 mars, surprend les Soviétiques et permet d'avancer dans une profondeur de 4 kilomètres, puis s'enlise face à la vivacité de la résistance soviétique[6].

Devant cette résistance, le projet initial d'encerclement d'une vaste zone est abandonné et devient une bataille d'encerclement de faible envergure[7].

Le 6 mars, la poche est réduite, mais le bilan est dérisoire, les unités soviétiques étant parvenues à s'extraire et laissant aux Allemands 176 prisonniers et 48 canons d'assaut[7].

Conséquences

La prise de Lauban est exploitée par la propagande, Goebbels se rendant dans la ville reprise le 8 mars[8].

Stratégiques

La reprise de la ville permet également de faciliter les approvisionnement des unités engagées en Silésie, autorisant la préparation d'offensives de dégagement de Breslau, que Schörner se propose de lancer rapidement après un second succès dans la région de Striegau, située à l'Est de Lauban[8].

Opérationnelles

Cependant, la faiblesse des moyens déployés par la Wehrmacht, ainsi que le rapport de force général à ce stade du conflit, empêche le commandement du groupe d'armées centre de monter les opérations planifiées.

Notes et références

Notes

Références

  1. Kershaw, 2012, p. 328
  2. Lopez, 2010, p. 361
  3. Aglan, I, 2015, p. 1041
  4. a, b, c, d et e Lopez, 2010, p. 363
  5. Aglan, I, 2015, p. 1051
  6. a, b et c Lopez, 2010, p. 365
  7. a et b Lopez, 2010, p. 366
  8. a et b Lopez, 2010, p. 367

Bibliographie

  • Alya Aglan (dir.) et Robert Frank (dir.), 1937-1947 : La guerre-monde I, Paris, Gallimard, , 1412 p.
  • Ian Kershaw, La Fin, Allemagne, 1944-1945, Paris, Éditions du Seuil, , 665 p. (ISBN 978-2-02-080301-4)
  • Jean Lopez, Berlin : Les offensives géantes de l'Armée Rouge. Vistule - Oder - Elbe (12 janvier-9 mai 1945), Paris, Economica, , 644 p. (ISBN 978-2-7178-5783-2)
  • Philippe Masson, Histoire de l'Armée allemande. 1939-1945, Perrin, 1994, (ISBN 2-262-01355-1)
  • Philippe Masson, Hitler chef de guerre, Perrin, 2005, (ISBN 978-2-262-01561-9)