Office of Strategic Services

Office of Strategic Services
OSS
Insigne de l'OSS, repris depuis par le United States Special Operations Command.
Insigne de l'OSS, repris depuis par le United States Special Operations Command.

Création
Disparition
Juridiction Drapeau des États-Unis États-Unis
Employés 13 000
Activité(s) Renseignement américain
Direction William Joseph Donovan


L'Office of Strategic Services (OSS, « Bureau des services stratégiques ») était une agence de renseignement du gouvernement des États-Unis. Elle a été créée le après l'entrée en guerre des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale pour collecter des informations et conduire des actions « clandestines » et « non ordonnées » par d'autres organes. Elle a été démantelée à la fin de l'année 1945 pour être remplacée par la CIA.

Historique

Depuis les années 1930, c'était le FBI qui était responsable des activités de renseignement en Amérique latine laissant parallèlement aux services de renseignement de l'US Army, de l'US Navy, du Département d'État et du Trésor leurs sphères de compétences et d'interventions.

À la suite de l'entrée en guerre des États-Unis, il fut décidé de réorganiser le renseignement. William Joseph Donovan fut nommé coordinateur de l'information et directeur de l'OSS le .

Les effectifs de l'OSS, qui étaient en majorité des amateurs qui apprirent beaucoup des services de renseignement britanniques, furent de 13 000 personnes en 1944[1].

Opérations en Europe

Dessin représentant Virginia Hall, opératrice radio et chef de réseau de l'OSS en France.

Allen Dulles, était chef du service pour l'Europe, sous le couvert d'un poste d'attaché d'ambassade à Berne, sa boîte aux lettres en France était le curé de Collonges-sous-Salève, l'abbé Marius Jolivet.

Durant le conflit, les activités furent très diverses allant du renseignement classique avec des agents comme Fritz Kolbe à l'envoi d'officiers en uniforme pour des missions spéciales tel les Jedburgh pour aider la résistance dans l'Europe occupée par les nazis en passant par des opérations de propagande dont l'opération Corn Flakes.

A Rome, en Italie, l'opération Shingle (débarquement à Anzio) est précédée de l'infiltration de l'agent OSS Peter Tompkins. Celui-ci organise un réseau de renseignement communiquant par radio avec la centrale de Caserte[2]. La mission se terminera avec l'arrivée des Alliés à Rome le avec l'entrée des troupes françaises et des troupes US.

Dans le royaume de Yougoslavie, le manque de coordination entre les différents services spéciaux alliés crée de graves problèmes. Alors que l'OSS et les services soviétiques soutiennent l'armée yougoslave de la patrie de Draža Mihailović, le SOE en Yougoslavie soutient lui l'Armée populaire de libération et détachements de Partisans de Yougoslavie de Tito ; ces mouvements ne tardent pas à se battre entre eux et les Américains se retirent tandis que Britanniques et Soviétiques s'accordent pour soutenir Tito.

Le 2677th Regiment OSS (Prov.) créé le 15 avril 1944 à Alger et incorporé le 27 novembre 1944 dans le commandement opérationnel de l'OSS opère plus de 50 missions d’infiltration en Autriche, à partir de l’Italie, de l’Angleterre (via Dijon) et également par la Suisse et la Yougoslavie. Sur les 76 agents de l’OSS infiltrés en Autriche, un tiers est constitué de déserteurs qui se sont portés volontaires, des Autrichiens patriotes souhaitant servir la cause de leur pays.

À partir de juin 1944, plus de 200 agents américains, polonais - 16 équipes sur plus de cent - et allemands antinazis dont Paul Lindner sont parachutés à travers le Troisième Reich en mission d'infiltration, 36 sont arrêtés ou tués mais les résultats sont estimés satisfaisants.

Une équipe anglo-américaine de l'OSS est dépêchée lors du soulèvement national slovaque à partir du 17 septembre 1944, ce fut la première mission en Europe centrale. Ces 37 membres ainsi que des officiers et civils les accompagnant furent tués au combat ou capturés par les Allemands, torturés puis exécutés[3].

Des agents dans les banques suisses ont permis de retracer les transactions financières de l'Allemagne qui ont utilisé l'or nazi pris dans l'Europe occupée avec les banques de ce pays, en Suède, au Portugal, en Turquie et en Argentine. Grâce à ces informations, le gouvernement des États-Unis a fait pression sur la Suisse qui a fini par rembourser symboliquement 58 millions de dollars aux pays ainsi floués.

Le 26 février 1945, l'opération Greenup  est mise sur pied afin d'obtenir des renseignements et des informations dans la région d'Innsbruck afin de désorganiser les activités militaires .

Opérations en Asie

OSS : les opérations en Asie

Sur le front Asie-Pacifique, les activités de l'OSS sont beaucoup moins importantes qu'en Europe, car les forces armées des États-Unis sur ce théâtre d'opérations préfèrent s'appuyer sur leurs propres services de renseignement.

Le Détachement 101 du commandant Carl Eifler, qui collabore avec les mouvements de résistance antijaponais, ne compte à l'origine que 21 officiers pour travailler avec l'ethnie Kachins qui organisa une force d'un millier d'hommes luttant contre l'armée impériale japonaise.

À partir de mai 1945, des équipes du Détachement 101 furent envoyées, de Kunming, en Chine, vers l'Indochine française occupée par le Japon aider le mouvement Việt Minh[4]. À partir de New Delhi et de Ceylan, d'autres agents supervisent un réseau d'informateurs et de saboteurs en Birmanie, Malaisie et Indonésie, dont probablement le plus haut placé est sans doute Seni Pramoj dirigeant les forces thaïlandaises libres[5].

Démantèlement de l'OSS

Le 1er octobre 1945, l'OSS fut démantelé par le Président Harry Truman et ses services furent alors répartis entre divers organes fédéraux dont :

  • la SSU (Special Service Unit) réunissant des services de contre-espionnage (X-2) et des services secrets (Secret Intelligence Branch) ;
  • la RAB (Research & Analysis Branch) qui devint, dès 1946, l'INR (Intelligence & Research), bureau du Département d'État chargé de collecter divers renseignements politiques, économiques et militaires sur tous les pays et de distribuer les rapports produits par les organes diplomatiques américains à l'ensemble des organes dirigeants des États-Unis.

Le , l'OSS fut remplacé par le CIG (Central Intelligence Group), puis par la CIA (Central Intelligence Agency) et ce malgré les critiques du FBI et des forces armées, qui perdaient ainsi toute autorité en matière de renseignements stratégiques et d'actions clandestines.

Agents de l'OSS

En 2008, la déclassification d'archives de l'OSS par la National Archives and Records Administration fait ressortir les noms de 35 000 employés de ce service.

Parmi les célébrités on note : la cuisinière Julia Child ; John Hemingway, le fils de l'écrivain, qui débarque à Saïgon en septembre 1945 avec le lieutenant-colonel Albert Peter Dewey ; Kermit et Quentin Roosevelt, les fils et petit-fils de Theodore Roosevelt ; Arthur Schlesinger, qui fut l'ami et l'historien de John F. Kennedy ; le prince Serge Obolensky ; ou encore Miles Copeland, le père de Stewart, le batteur du groupe The Police; Arthur Goldberg, qui devint juge à la Cour suprême des États-Unis ; l'acteur Sterling Hayden, qui joua dans le film Le Parrain ; le joueur de baseball Moe Berg et Ralph Bunche, sous-secrétaire aux Nations unies, Prix Nobel de la paix en 1950 ; le banquier et philanthrope Paul Mellon ; le réalisateur John Ford, le gangster Lucky Luciano[6].

Dans la culture

Notes et références

  1. « L'Amérique sort de ses placards de drôles d'espions », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  2. Tompkins 1963
  3. (en)Bard, Mitchell G, « OSS Operations End With Agents' Executions in Mauthausen », sur Jewish Virtual Library, (consulté le 9 avril 2012)
  4. [PDF]Office Of Strategic Studies en Indochine, Francis Agostini
  5. Rodney Carlisle, Histoire de l'espionnage du XXe siècle, Marabout, , 364 p. (ISBN 978-2-501-05223-8), p. Chapitre 6 : l'OSS
  6. (fr) AFP, « Seconde guerre mondiale : 35.000 fiches d'espions américains déclassifiées »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?) (consulté le 14 août 2008)

Voir aussi

Bibliographie

  • Peter Tompkins (trad. Jean Nioux), Un espion dans Rome, Paris, J’ai lu, coll. « J’ai lu leur aventure » (no A86/87), (1re éd. 1962), 310 p., poche
    L’auteur dévoile les dessous de l’espionnage américain de l’OSS, dans Rome occupée, pendant l’assaut d’Anzio et la bataille pour la libération de Rome.

Articles connexes

Liens externes