Octroi de mer

L'octroi de mer est une taxe française, applicable à la plupart des produits importés, en vigueur dans les régions d'outre-mer. Elle est perçue par l'administration des douanes.

L'octroi de mer est une ressource financière essentielle des communes. En Martinique, l'octroi de mer représente 48 % des rentrées fiscales des communes de moins de 10 000 habitants et 37 % de celles des communes de plus de 10 000 habitants[1],[note 1]. Les conseils régionaux peuvent y adjoindre un octroi de mer régional perçu au profit de la région (maximum légal à 2,5 %)[2].

Par ses exonérations spécifiques, le but de l'octroi de mer est de créer une distorsion fiscale afin de protéger la production locale de la concurrence extérieure[3]. Certains biens, comme des matières premières ou des équipements sanitaires, peuvent bénéficier d'un régime de dérogation.

La loi régissant l'octroi de mer prévoit la cohabitation d'un régime général et de 3 listes annexes de produits bénéficiant d'une taxation spécifique. Ces listes sont propres à chaque région, et sont classées suivant trois lettres, A, B et C, listant les produits pour lesquels l'écart de taxation ne peut dépasser respectivement 10, 20 et 30 points de pourcentage[3],[4].

Histoire

L'octroi de mer constitue un impôt très ancien, vieux de plusieurs siècles[note 2],[3] qui, à l'origine, taxait à leur arrivée tous les produits arrivant dans les DOM par la mer.

Cette taxe s’est appliquée uniquement aux produits importés jusqu’à la loi de 1992, prise en application d’une décision du Conseil européen du 22 décembre 1989, qui a étendu la taxation aux productions locales pour mettre en conformité cette taxe avec le principe de non-discrimination contenu dans l’Acte unique européen de 1986.

Cette loi de 1992 a déterminé les modalités du régime fiscal de l’Octroi de Mer pour dix ans, laissant en particulier aux Régions la possibilité d’accorder des exonérations de la taxe aux productions locales pour des motifs de développement économique soumises à l’accord de la Commission européenne. Devant arriver à expiration le 31 décembre 2002, ces modalités ont néanmoins été prorogées d’une année à la demande expresse de la Ministre de l’Outre-Mer.

En 2004, ce régime a pu ainsi être consolidé pour 10 ans par la loi du 2 juillet 2004 relative à l’octroi de mer qui autorise des écarts de taxation au bénéfice des productions locales dans des conditions fixées par une décision du Conseil de l’Union Européenne du 10 février 2004[3] et aménage la répartition du produit de la taxe entre les collectivités bénéficiaires.

1er janvier 2005 : publication au JO du décret d'application n° 2004-1550 du 30 décembre 2004 relatif à l'octroi de mer[3]. 2 juillet 2004 : promulgation de la loi n° 2004-639 du 2 juillet 2004 relative à l'octroi de mer[3]. 17 décembre 2003 : la Commission Européenne se prononce en faveur du maintien de ce régime pour une durée de 10 ans[3].

Taux

Guadeloupe

L'octroi de mer en Guadeloupe[5] est de 7 pour cent en moyenne[6].

Guyane

Pour la Guyane, les taux sont les suivants[note 3],[7] :

Produit Production locale Production externe
Régime général 15 % (+OMR 2,5 %) 15 % (+OMR 2,5 %)
Annexe A
Mortiers et bétons, ouvrages en ciment
0 % (+OMR 0 %) 8 % (+OMR 2,5 %)
Annexe B
Aliments pour bétail, produits en plastique,
ciments, peintures
0 % (+OMR 0 %) 14 % (+OMR 2,5 %)
Annexe B
Yaourts, jus de fruits, eaux et boissons
gazeuses, sable, cailloux, ponts et éléments
de ponts, gravier
0 % (+OMR 0 %) 17,5 % (+OMR 2,5 %)
Annexe B
Poisson congelé, crevettes, riz
0,25 % (+OMR 0,25 %) 18 % (+OMR 2,5 %)
Annexe C
Bois brut et première transformation
0,25 % (+OMR 0,25 %) 28 % (+OMR 2,5 %)
Annexe C
Rhum
0 % (+OMR 0 %) 27,5 % (+OMR 2,5 %)

(OMR : Octroi de mer régional)

Martinique

La Martinique dispose de 11 taux d'octroi de mer : 0 %, 2 %, 5 %, 7 %, 10 %, 15 %, 20 %, 25 %, 30 %, 40 % (films violents ou pornographiques), 50 % (tabacs)

Ces 11 taux sont complétés par 3 taux d'octroi de mer régional : 0 %, 1,5 % et 2,5 %[note 4],[8]

Mayotte

Le taux d’Octroi de Mer appliqué aux produits connaît plusieurs variantes. Il y a plus de 24 taux différents. D’où la nécessité aujourd’hui de procéder à une révision du dispositif en place qui devant conduire à une simplification des taux (maximum à 5 ou 8 taux différents) En revanche, le taux d’Octroi de Mer Régional est lui de 2,5%. Le taux d’Octroi de Mer Régional est plafonné à 2,5% contrairement au taux d’Octroi de Mer pour lequel aucune limitation n’a été prévue par la loi. Ainsi, le taux d’Octroi de Mer appliqué à Mayotte oscille entre 0% et 130% en fonction des produits.[2]

La Réunion

L'octroi de mer est habituellement de 4%[6] mais il varie fortement selon la nature du produit (entre 0% et plus de 60%)[9] auquel il faut ajouter l'octroi de mer régional de 2,5%.

Notes et références

Notes

  1. Au profit des communes et du département pour la Guyane.
  2. Perçu dès 1670 en Martinique, sous le nom de droit de poids.
  3. La TVA est à 0% en Guyane.
  4. le taux de TVA est de 8,5 % en Martinique (taux réduit à 2,1 %).

Références

  1. Tableaux Économiques Régionaux Martinique, 2007-2008, Insee, p117
  2. Vade-mecum DGDDI, page 4.
  3. a, b, c, d, e, f et g Vade-mecum DGDDI, page 2.
  4. Vade-mecum DGDDI, p. 3.
  5. « Octroi de mer en guadeloupe », sur La douane, (consulté le 10 mars 2017)
  6. a et b [1]
  7. http://observatoire-outre-mer.interieur.gouv.fr/site/Documentation/Dossiers-thematiques/Octroi-de-mer
  8. Source : Annexe à la délibération 04-1915 du conseil régional de Martinique
  9. Tarif d'octroi de mer de La Réunion

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes