Nord-du-Québec

Nord-du-Québec
Image illustrative de l’article Nord-du-Québec
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Statut Région administrative
MRC et TE Eeyou Istchee
Jamésie
Kativik
Nombre de municipalités 33
Ministre responsable Pierre Dufour
Fuseau horaire Heure de l'Est (UTC−05:00)
Indicatif téléphonique +1 819
Code géographique 10
Démographie
Gentilé Nord-Québécois(e)
Population 45 367 hab. (2017[1])
Densité 0,06 hab./km2
Variation 2007-2012 5,6 %
Géographie
Superficie 718 229 km2
– incluant eau 860 681 km2
Économie
PIB régional 2 799,3 M CAD (2011)
Taux d'activité 61,0 % (2012)
Taux de chômage 7,6 % (2012)
Liens
Site web Site officiel
Sources
Institut de la statistique du Québec 2013, p. 56

Le Nord-du-Québec est la plus grande région administrative du Québec. À elle seule, la région représente 55 % de la superficie totale du Québec, avec ses 839 000 km2, dont 121 000 km2 de lacs et de rivières. La région est représentée à l'Assemblée nationale dans la circonscription d'Ungava.

Seulement 0,5 % de la population du Québec y vit, soit environ 40 000 personnes. Les autochtones (Cris et Inuits) forment ensemble 60 % de la population, tandis que les Québécois non autochtones constituent 40 % des habitants.

Le territoire est régi par la Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1975 ainsi que par la Paix des Braves de 2002, qui prévoient une large autonomie politique et administrative pour les communautés autochtones et leur accordent des droits exclusifs de chasse et de pêche sur des territoires de 170 000 km2, ainsi que des compensations financières. En contrepartie, le gouvernement du Québec obtient le droit de développer les ressources hydrauliques, minérales et forestières.

Le français est la langue des habitants non autochtones, mais est aussi de plus en plus utilisée comme troisième langue par les autochtones ; ces derniers ont pour langue d'usage le cri ou l'inuktitut (langue des Inuits)[2]. Au manque des efforts du gouvernement, la lingua franca entre les différentes communautés reste l'anglais.

Géographie

La région est délimitée par les baies d'Hudson et James à l'ouest, le détroit d'Hudson et la baie d'Ungava au nord, le Labrador au nord-est, et les régions administratives de l'Abitibi-Témiscamingue, de la Mauricie, du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord au sud et au sud-est.

Cette région nordique du Québec a la particularité d'être la région située la plus au nord de toute la francophonie et surtout la seule qui compte une communauté inuite parmi tous les territoires francophones du monde.

Langues

Au Nord-du-Québec, selon l'Institut de la statistique du Québec, la langue la plus parlée le plus souvent à la maison en 2016[3] sur une population de 44 415 habitants, est le français à 14 615 habitants, fortement dépassé pour l'ensemble des langues autochtones représentant au total 25 560 habitants

Finalement vient l'anglais à 3 635 habitants .

Histoire de la région et progression du français

La région n'a été ni peuplée par des colons français, ni par des colons britanniques, qui la jugeaient non propice à la colonisation, mais les contacts répétés des marchands britanniques avec les populations autochtones y ont répandu l'usage de la langue anglaise : c'est pourquoi la seconde langue des autochtones y a été longtemps exclusivement l'anglais. L'introduction de la langue française ne s'est faite qu'au milieu du XXe siècle avec l'arrivée de techniciens gouvernementaux québécois. Elle est maintenant la seconde langue choisie par plus de 50 % des autochtones.

En 1870, la région a été achetée par le nouveau Dominion du Canada. En 1898, le Parlement du Canada a fixé la frontière septentrionale du Québec au milieu de la rivière Eastmain, près du 52e parallèle , agrandissant ainsi le territoire québécois ; en 1912, il lui transfère le district de l'Ungava, comprenant tout le territoire au nord de la rivière Eastmain : concrètement, par ces deux agrandissements successifs, le Québec a alors plus que doublé son territoire.

Mais les Québécois du Sud ont attendu les années 1960 avant d'investir cette région (d'où le nom Nouveau-Québec utilisé à l'époque, pour une partie de son territoire). La région a fortement contribué à l'esprit « pionnier » de nombreux Québécois venus s'installer dans cette région pour y travailler par exemple dans des projets hydroélectriques ambitieux comme celui de la baie James. La création de nouvelles villes comme celle de Radisson dans les années 1960 et 1970 en est l'illustration.

L'Ungava, la partie du territoire transféré en 1912 et qui se trouve au nord du 49e parallèle (correspondant à peu près à l'actuel Nunavik), était appelée jusqu'en 1987 Nouveau-Québec. Quant au territoire au sud du 49e parallèle (correspondant à peu près à l'actuelle Jamésie), il était rattaché aux autorités municipales de l'Abitibi et de La Vallée-de-l'Or pendant la première moitié du XXe siècle. L'organisation politique du Nord-du-Québec a été profondément remaniée entre 1976 et 1984 pour faire suite à la signature en novembre 1975 de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois par les représentants inuits et cris et les gouvernements du Québec et du Canada.

La frontière entre le Québec et la province de Terre-Neuve (colonie britannique jusqu'en 1949, date à laquelle Terre-Neuve est devenue province canadienne) a été fixée par le Comité judiciaire du Conseil privé de Londres en 1927, mais le Gouvernement du Québec ne considère pas cette décision comme définitive en ce qui concerne la frontière de la Côte-Nord puisqu'il considère que le Parlement du Québec n'a pas été consulté.

Démographie et Gouvernement

Données de base[4] :

  • Superficie terrestre : 747 191,93 km2 (recensement de 2016)
  • Densité de population : 0,06 hab./km2 (recensement de 2016)
  • Population : 44 561 hab. (recensement de 2016)
  • Taux de natalité : 19,0  (2016)
  • Taux de mortalité : 5,6  (2016)

Le Nord-du-Québec se compose de :

  • l'administration régionale Kativik (13 188 habitants au recensement de 2016, de population très majoritairement inuite), laquelle gère la majeure partie du Nunavik au nord de la région et regroupe :
    • 14 « villages nordiques » (habités), représentés directement au sein du administration régionale Kativik ;
    • 14 « terres réservées aux Inuits » (inhabitées de façon permanente, et homonymes des villages nordiques qu'elles environnent)
    • 1 « village naskapi » (inhabité de façon permanente, mais formant au Nord-du-Québec une enclave foncière détenue par une « terre réservée aux Naskapis » homonyme et habitée, située dans la région Côte-Nord voisine), représenté au sein de l'administration régionale Kativik ;
    • 2 « territoires non organisés » (inhabitées de façon permanente) ; ils sont gérés directement par l'administration régionale Kativik ;
    • 7 autres territoires non organisés (également inhabités) n'ont pas encore de toponyme officiel.
  • la MRC géographique de Jamésie (14 932 habitants au recensement de 2016) (qui n'a pas de statut MRC officiel ni d'administration régionale, où vit une population plus mélangée de peuples autochtones et de Canadiens français), laquelle occupe la majeure partie du sud de la région et comprend :
    • 1 « municipalité » à statut particulier (immense et habitée dans certains secteurs très limités) gérée directement par le gouvernement d'Eeyou Istchee-Baie-James ;
    • 4 « villes » (habitées), formant des enclaves dans la municipalité ;
  • l'administration régionale Eeyou Istchee au nom encore provisoire (17 141 habitants au recensement de 2016, de population majoritairement crie), laquelle est formée de diverses enclaves au nord de la Jamésie et quelques-unes au sud du Nunavik :
    • 9 « terres réservées aux Cris » (habitées) et
    • 8 « villages cris » (homonymes et inhabités de façon permanente), une des terres cries ne détenant aucun village cri (car de création plus récente à la suite de la séparation d'un ancien « établissement indien » de son ancienne municipalité)

La population est ainsi composée approximativement aux deux tiers de peuples autochtones (principalement Cris et Inuits, mais également Naskapis), et un tiers de Canadiens français.

Politique et administration

Nord-du-Québec.gif

La région administrative du Nord-du-Québec se divise en deux parties :

Eeyou Istchee Baie-James (gouvernement régional)

Il est formé de deux territoires équivalents : la Jamésie et Eeyou Istchee.

  • La partie méridionale du Nord-du-Québec, parfois appelée Jamésie, s'étend de la baie James à l'ouest aux monts Otish à l'est. Ce territoire immense et très peu peuplé est principalement constitué de forêt boréale. Il n'a pas de MRC ou équivalent établi pour les municipalités et autres territoires qui s'y trouvent. La municipalité Eeyou Istchee Baie-James, immense, constitue le territoire municipal du gouvernement régional et la plus grande partie de la Jamésie.
  • L'Eeyou Istchee a été un territoire créé en 2007 (détaché de la Jamésie pour s'administrer en tant que territoire équivalent), bien que l'historique de celui-ci date de la création de l'Administration régionale crie. Cette subdivision comprend les neuf villages cris du Québec et les terres qui leur sont réservés, qui sont en grande partie enclavés en Jamésie (sauf certains enclavés au Nunavik). Contrairement aux autres municipalités régionales de comté ou territoires équivalents du Québec, l'Eeyou Istchee n'est pas un territoire contigu, il est presque entièrement enclavé en Jamésie (sauf un de ses village cris, enclavé hors de Jamésie au Nunavik).

La forte intrication des deux territoires (malgré leur séparation administrative) les a conduit à former un gouvernement régional commun, où les localités jamésiennes et cries sont représentées à parité pour gérer leurs intérêts communs et les autres territoires non organisés de Jamésie. Si Eeyou Istchee est clairement établi, en revanche les communautés jamésiennes ne se sont pas formellement organisées pour établir un territoire équivalent à une municipalité régionale de comté reconnu, elles coordonnent leurs actions via le gouvernement régional réunissant les populations cries et les autres populations autochtones ou françaises du Québec.

Villages cris et terres cries

On peut noter que selon les données du recensement, ce sont les terres réservées aux cries qui sont habitées (et qui disposent de logements pour les résidents habituels) et non les villages cris homonymes.

Municipalités

On y retrouve cinq municipalités. La municipalité Eeyou Istchee Baie-James gère la plus grande partie du territoire. Plusieurs enclaves du Gouvernement de la nation crie se trouvent à l'intérieur de la Jamésie.

Localités et hameaux

Commissions scolaires

  • Commission scolaire de la Baie-James [1]

Beaucanton, Chapais, Chibougamau, Joutel, Lebel-sur-Quévillon, Matagami, Radisson, Val-Paradis, Villebois

  • Commission scolaire Crie : La commission scolaire Crie dessert les nations cries du Baie James. L'enseignement y a lieu dans ses trois langues officielles, soit le français, l'anglais et le crie.

Kativik

Au nord du 55e parallèle se trouve le Nunavik, couvert presque entièrement par la toundra. Géré sous le nom de Kativik, à l'exception du village cri de Whapmagoostui qui fait partie de l'Eeyou Istchee, le Nunavik est presque exclusivement peuplé par les Inuits qui vivent dans 14 villages nordiques le long des côtes.

Villages nordiques

Village naskapi

  • Kawawachikamach : une enclave dans le Nunivak, formée par une propriété foncière détenue par la même communauté que celle établie sur la terre naskapi homonyme (en région Côte-Nord).

Commission scolaire

  • Commission scolaire Kativik :

Cette commission scolaire dessert les nations inuites situées au Nunavik. L'enseignement y a lieu dans ses trois langues officielles, soit le français, l'anglais et l'inuktitut. La commission scolaire Kativik Ilisarniliriniq (en inuktitut: ᑲᑎᕕᒃ ᐃᓕᓴᕐᓂᓕᕆᓂᖅ) existe depuis 1975.

En plus de compter 17 écoles primaires et secondaires, la commission scolaire possède aussi 5 centres d’éducation pour les adultes. Toutes les écoles sont situées dans le Nord-de-Québec en plus du bureau de Kuujjuaq. Également, il y a le bureau de Montréal sur le boulevard Cavendish à Saint-Laurent et un entrepôt dans la ville de Dorval[8].  

Contrairement à d’autres commissions scolaires, celle de Kativik Ilisarniliriniq a une double mission: «d’une part agir à titre de commission scolaire régionale pour tous les résidents du Nunavik, et d’autre part, être une institution dotée de pouvoirs et d’habilitations particuliers dans le but d’assurer la protection, le maintien et le développement de la langue, de la culture et du mode de vie inuits[8]

Installée dans la région administrative Nord-du-Québec, elle avait 432 enseignants durant l’année scolaire 2018-2019, dont 38% étaient Inuit; en incluant le personnel non enseignant, il y a 950 employés permanents. Selon Le Devoir, 84 postes n’étaient pas encore pourvus au mois d’août 2019. La directrice générale de la commission scolaire, Harriet Keleutak, signale que cette année est pire que les précédentes: « C’est pire cette année parce que c’est très difficile d’embaucher du monde quand les autres commissions scolaires en manquent aussi[9]. »

Kuujjuaq a accueilli l’Expo-Sciences en mars 2019. L’événement a pu avoir lieu grâce à la collaboration de la commission scolaire Kativik Ilisarniliriniq et de l’Association québécoise autochtone en science et en ingénierie (AQASI)[10].

Territoires non organisés

Représentation provinciale

Circonscription fédérale partagée avec Abitibi-Témiscamingue

Notes et références

  1. http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/profils/region_10/region_10_00.htm
  2. Atlas de la Santé et des Services sociaux du Québec : Connaissance des langues officielles en 2001.
  3. Institut de la statistique du Québec. Population selon la langue parlée le plus souvent à la maison, municipalités et TE du Nord-du-Québec et ensemble du Québec, 2011
  4. a b c et d 
    • Institut de la statistique du Québec, nomenclature territoriale et les chiffres de population estimés au 1er juillet 2018 telle que publiés au décret provincial pour 2019.
    • Institut de la statistique du Québec, « Coup d'œil sur les régions et les MRC : Panorama des régions du Québec (édition 2018), révisé le 29 octobre 2018 », portrait socioéconomique des 17 régions administratives et des municipalités régionales de comté (MRC) qui les constituent. Inclue (pages 201 à 206) une nomenclature territoriale et les chiffres de population estimés au 1er juillet 2017, sur stat.gouv.qc.ca, (consulté le 12 mai 2019).
    • Institut de la statistique du Québec, « Coup d'œil sur les régions et les MRC : 10 - Le Nord-du-Québec ainsi que ses municipalités régionales de comté (MRC) », Fiche synthèse par MRC, sur stat.gouv.qc.ca (consulté le 12 mai 2019).
  5. a b c d e et f Statistiques Canada, « Hiérarchies géographiques, Profil du recensement, Recensement de 2016 : Nord-du-Québec, Division de recensement [Division de recensement], Québec et Québec [Province] », sur statcan.gc.ca, (consulté le 12 mai 2019)
  6. Le village naskapi de Kawawachikamach est une propriété foncière enclavée en région Nord-du-Québec de la terre réservée aux Naskapis de Kawawachikamach qui est située et habitée en région Côte-Nord).
  7. Oujé-Bougoumou est aujourd'hui une terre crie, dotée d'un statut municipal reconnu ; avant le 15 mai 2014, c'était un établissement indien faisant partie de la municipalité d'Eeyou Istchee Baie-James. Statistiques Canada le liste encore (au 13 mai 2019) sur son site internet comme un établissement indien dans les données de recensement de 2016, mais pas l'Institut de la statistique du Québec qui tient compte de ce changement de statut.
  8. a et b « Accueil », sur Kativik Ilisarniliriniq (consulté le 17 octobre 2019)
  9. « Au Nunavik, pas de profs, pas d’école », sur Le Devoir (consulté le 17 octobre 2019)
  10. Zone Science- ICI.Radio-Canada.ca, « Kuujjuaq accueillera l’Expo-sciences autochtone Québec 2019 », sur Radio-Canada.ca (consulté le 17 octobre 2019)

Annexes

Bibliographie

Ouvrage

  • Québec, Le Québec chiffres en main : Édition 2013, Québec, Institut de la statistique du Québec, , 71 p. (ISBN 978-2-550-67323-1, lire en ligne)

Article scientifique

  • Martin Simard, « Le Nord québécois : un plan, trois régions, neuf défis », Recherches sociographiques, vol. 58, no 2,‎ , p. 263-295 (lire en ligne).

Articles connexes

Liens externes

  • Région du Nord-du-Québec
  • Site officiel de l'Administration régionale Kativik (ARK)
  • Table régionale de concertation des aînés
  • Institut culturel Avataq
  • Cartes administratives
  • Ressources relatives à la géographie :
    • Banque de noms de lieux du Québec
    • Base de données toponymiques du Canada