Nikol Pachinian

Nikol Pachinian
(hy) Նիկոլ Փաշինյան
Illustration.
Nikol Pachinian en 2018.
Fonctions
Premier ministre d'Arménie
En fonction depuis le
(4 mois et 9 jours)
Élection
Président Armen Sarkissian
Gouvernement Pachinian
Législature VIIe
Coalition Yelk-FRA-BHK
Prédécesseur Karen Karapetian (intérim)
Serge Sarkissian
Co-dirigeant de Yelk
En fonction depuis le
(1 an, 3 mois et 30 jours)
Avec Aram Sargsian et
Edmon Marukian
Député

(5 ans, 11 mois et 7 jours)
Élection
Réélection
Législature VIe et VIIe
Biographie
Nom de naissance Nikol Vovayi Pachinian
Date de naissance (43 ans)
Lieu de naissance Idjevan (URSS)
Nationalité soviétique (1975-90)
arménienne (depuis 1990)
Parti politique Aylyntrank (2006-07)
Impichment Dashink  (2007-08)
HAK (2008-13)
Contrat civil  (depuis 2013)
Diplômé de université d'État d'Erevan
Profession journaliste
Religion Église apostolique arménienne

Signature de Nikol Pachinian(hy) Նիկոլ Փաշինյան

Nikol Pachinian
Premiers ministres d'Arménie

Nikol Pachinian (en arménien : Նիկոլ Փաշինյան), né le à Idjevan (RSS d'Arménie), est un journaliste et homme d'État arménien, Premier ministre depuis le .

Membre de plusieurs mouvements d'opposition à Robert Kotcharian puis Serge Sarkissian, il appartient au parti libéral pro-européen Contrat civil (KP). En , il est élu député à l'Assemblée nationale, un mandat qu'il conserve en .

Dans le cadre de la révolution de 2018, déclenchée à la suite de la tentative de Sarkissian de se maintenir au pouvoir à l'issue de son mandat présidentiel, il apparaît comme la principale figure de l'opposition. Le , deux semaines après la démission de Sarkissian, il est élu Premier ministre par les députés.

Biographie

Journaliste engagé

Journaliste à partir de 1994[1], Nikol Pachinian dirige le journal Haykakan Zhamanak (The Armenian Times), très critique envers les gouvernements de Robert Kotcharian et Serge Sarkissian[2]. Il est victime d'une tentative de meurtre le .

Il est arrêté après une cavale d'un an[3], à la suite de sa participation à des manifestations contestant les résultats de l'élection présidentielle arménienne de 2008, remportée par Serge Sarkissian, puis libéré en 2011 à la suite d'une amnistie[4]. Le , peu après la révolution arménienne de 2018, l'ancien président Robert Kotcharian est accusé de « rupture de l'ordre constitutionnel », accusation pour laquelle il risque 15 ans de prison, pour des soupçons de fraudes électorales lors de l'élection présidentielle arménienne de 2008 en faveur de Serge Sarkissian[5]. Il est arrêté le lendemain 27 juillet[6].

Élu député lors des élections législatives du , il est réélu au cours des élections du . Il appartient alors au parti Contrat civil (KP), qui participe à l'Alliance pour le départ (Yelk), arrivée en troisième position avec 7,78%[7].

Leader de l'opposition

Révolution de 2018 et arrestation

Nikol Pachinian est brièvement arrêté le , après avoir organisé la révolution contre l'investiture de l'ancien président de la République Serge Sarkissian — au pouvoir depuis 2008 — au poste de Premier ministre[8] récemment renforcé par une révision constitutionnelle. Sarkissian présente finalement sa démission le lendemain, face aux protestations antigouvernementales qui secouent le pays depuis 11 jours[9]. Pachinian et deux autres députés sont alors libérés.

Échec à accéder au pouvoir

Nikol Pachinian le 13 avril 2018.

Le , s'autoproclamant « candidat du peuple », Nikol Pachinian déclare que s'il n'est pas investi Premier ministre, « il n'y aura pas du tout de Premier ministre en Arménie »[10].

Le , la coalition Yelk le désigne candidat au poste de Premier ministre[11]. Après l'expiration du délai de dépôt de candidatures, il est alors le seul candidat au poste[12]. Il promet d'organiser des législatives anticipées s'il est élu, mais précise qu'une telle décision doit être consensuelle[13]. En politique étrangère, il promet de maintenir le pays dans l'Union eurasiatique[14].

Sa candidature est rejetée lors du vote de l'Assemblée nationale le lendemain par 45 voix pour et 55 contre[15]. Le jour même, Edouard Charmazanov, porte-parole du Parti républicain d'Arménie et vice-président de l'Assemblée, avait déclaré qu'« après la rencontre insatisfaisante d'hier, je suis convaincu que M.Pachinian ne peut pas être Premier ministre »[16]. L'opposant appelle alors à bloquer les routes, les aéroports et les transports publics[17].

Premier ministre

Nikol Pachinian et Vladimir Poutine le 14 mai 2018.

Finalement le , des membres du Parti républicain suggèrent que lors de la nouvelle séance d'investiture programmée le , le parti pourrait voter en faveur de Nikol Pachinian[18]. Celui-ci appelle donc à une levée du blocage de l'aéroport et une suspension du mouvement jusqu'au jour du vote[19]. Le , la candidature de Pachinian est de nouveau annoncée et le Parti républicain indique qu'il votera en sa faveur[20].

À nouveau seul candidat en lice, Nikol Pachinian est élu Premier ministre d'Arménie le matin du par 59 voix favorables, soit six de plus que la majorité minimum requise[21]. Il reçoit le soutien de 11 élus du Parti républicain, qui confirme cependant s'opposer à son programme. Le choix des républicains de le faire accéder au pouvoir vient du fait qu'une nouvelle investiture infructueuse aurait amené à une dissolution automatique de l'Assemblée. Le président du groupe parlementaire du Parti républicain Vagram Bagdassarian affirme avoir fait primer « la stabilité du pays », tandis que dans son discours Pachinian dit vouloir « assurer une vie normale dans le pays », faisant la promesse de mettre fin à la corruption et aux persécutions politiques[22].

Le , pour son premier voyage officiel, il se rend dans le Haut-Karabagh[23].

Le 7 juin 2018, il promet des législatives d'ici le printemps 2019[24].

Idéologie politique

Après avoir dans un premier temps critiqué la Russie, souhaitant que son pays sorte de l'Union eurasiatique[25], Nikol Pachinian s'est ensuite engagé à maintenir les liens avec le pays[26].

Pour le politologue Mikael Zoyan, « Pachinian n'a pas de programme économique très clair, on ne sait pas exactement quel modèle il va adopter. Certainement un modèle libéral avec des garanties sociales. Il parle beaucoup d'inégalités »[27]. Il ajoute que « Pachinian est un homme politique public, il n’aura pas froid aux yeux. Par exemple sur la question de la vente d’armes à l’Azerbaïdjan par la Russie ou encore la Biélorussie. Le discours sera plus franc, mais toujours dans le cadre des accords existants. Pachinian n’est pas le Saakachvili arménien, comme on le craint à Moscou »[27].

Vie privée

Nikol Pachinian est père de quatre enfants[28].

Notes et références

  1. Le Point, magazine, « En Arménie, Nikol Pachinian dévoile sa recette de la révolution et des réformes », sur Le Point (consulté le 13 juin 2018)
  2. « Qui est Nikol Pachinian, favori pour devenir Premier ministre de l'Arménie ? », sur France Inter (consulté le 2 mai 2018).
  3. Le JDD, « Nikol Pachinian, l'homme qui secoue l'Arménie », sur lejdd.fr (consulté le 30 mai 2018)
  4. « Arménie: Nikol Pachinian, l'ancien journaliste devenu Premier ministre - Europe - RFI », sur RFI (consulté le 30 mai 2018)
  5. « Arménie: un ancien président accusé de fraude électorale », sur Le Figaro (consulté le 28 juillet 2018)
  6. « Arménie : l'ex-président Kocharyan arrêté pour fraude électorale présumée », sur Europe 1 (consulté le 28 juillet 2018)
  7. (en) « Information on voting results of the elections to the NATIONAL ASSEMBLY (preliminary)(received in an electronic form) », sur res.elections.am.
  8. « Arménie : le chef de la contestation et des centaines de manifestants interpellés », sur Le Monde, (consulté le 22 avril 2018)
  9. « Arménie: le Premier ministre Serge Sarkissian démissionne (agence de presse officielle) - RFI », sur RFI (consulté le 23 avril 2018)
  10. « Arménie: Pachinian se dit seul candidat possible au poste de premier ministre », sur Le Figaro (consulté le 27 avril 2018)
  11. AFP, « Arménie: le chef de l’opposition Pachinian candidat officiel au poste de Premier ministre », sur Libération, (consulté le 30 avril 2018)
  12. « Pachinian, seul candidat au poste de Premier ministre en Arménie - Boursorama » (consulté le 30 avril 2018)
  13. « "Ma première priorité : préparer des élections anticipées" (Pachinian) », sur euronews (consulté le 30 avril 2018)
  14. « Arménie: les manifestants croient fermement à l'élection de Nikol Pachinian - Europe - RFI », sur RFI (consulté le 30 avril 2018)
  15. « Arménie : l'opposant Pachinian échoue à être élu Premier ministre par le Parlement », sur www.cnews.fr (consulté le 1er mai 2018)
  16. « Arménie : 20.000 personnes dans les rues pour exiger l'élection de l'opposant Pachinian », sur L'Obs (consulté le 1er mai 2018)
  17. Le Point, magazine, « Arménie: l'opposant Pachinian, pas nommé Premier ministre, appelle à "la désobéissance civile" », sur Le Point (consulté le 1er mai 2018)
  18. « Arménie: Nikol Pachinian suspend sa campagne de désobéissance civile - Europe - RFI », sur RFI (consulté le 2 mai 2018)
  19. « Arménie : Pachinian appelle à cesser les manifestations, dit avoir le soutien de tous les partis », sur Europe 1 (consulté le 2 mai 2018)
  20. La-Croix.com, « L’Arménie entrevoit une sortie de crise », sur La Croix (consulté le 3 mai 2018)
  21. « En Arménie, l’opposant Nikol Pachinian élu premier ministre », sur Le Monde (consulté le 8 mai 2018)
  22. « Arménie: l'opposant Pachinian élu Premier ministre », sur Orange Actu (consulté le 8 mai 2018)
  23. « Arménie : tout juste élu, Pachinian se rend dans la région contestée du Haut-Karabakh - France 24 », sur France 24 (consulté le 10 mai 2018)
  24. Zone Bourse, « Arménie-Pachinian pour des législatives d'ici un an » (consulté le 8 juin 2018)
  25. Samia MEDAWAR, « Arménie : Nikol Pachinian, le charismatique candidat du peuple - Samia MEDAWAR », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 4 mai 2018)
  26. Marc Nexon, « Manifestations en Arménie : « Il ne faut pas y voir un enjeu géopolitique » », sur Le Point (consulté le 3 mai 2018)
  27. a et b Veronika Dorman, « Arménie : Nikol Pachinian, le grand saut dans l’inconnu pour le héros de la rue », sur Libération, (consulté le 10 mai 2018) (inscription nécessaire)
  28. Le Point, magazine, « Arménie : Pachinian, l'ex-journaliste qui voulait être Premier ministre », sur Le Point (consulté le 3 mai 2018)

Voir aussi

Liens externes