Nicolas Metzdorf

Nicolas Metzdorf
Fonctions
Porte-parole du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie
chargé d'animer et de contrôler les secteurs du Budget, de l'Énergie, de l'Agriculture, de l'Élevage et de la Pêche et de la Communication audiovisuelle,
également chargé de la Politique de l'eau, du suivi des Questions monétaires et de Crédit et des Relations avec le Congrès
En fonction depuis le
8 mois et 22 jours
Élection
Président Philippe Germain
Gouvernement Germain II
Prédécesseur Philippe Dunoyer (Porte-parole, Budget, Énergie)
Philippe Germain (Agriculture)
Président de la commission des finances et du budget du Congrès de la Nouvelle-Calédonie

1 an, 5 mois et 1 jour
Prédécesseur Philippe Michel
Successeur Philippe Dunoyer
Biographie
Date de naissance (30 ans)
Lieu de naissance Poya (Nouvelle-Calédonie)
Nationalité française
Parti politique Calédonie ensemble-LREM
Diplômé de Université de Strasbourg
Université Paris-Diderot
AgroParisTech
Profession Ingénieur agronome

Nicolas Metzdorf, né le à Poya, est un homme politique français de Nouvelle-Calédonie.

Militant anti-indépendantiste, son engagement s'est essentiellement porté vers la défense d'un drapeau commun pour représenter la collectivité néo-calédonienne tel que prévu dans l'accord de Nouméa, et vers des actions concernant la politique agricole, le monde rural, la jeunesse et les questions budgétaires.

Origines, formation et carrière professionnelle

Troisième et dernier enfant de Claude Metzdorf, éleveur bovin à Moindah (aussi appelé « Poya Sud », car seule zone de cette commune à se trouver en province Sud) et de Yasmina Kurtovitch, ancienne institutrice puis directrice d'école à partir de 1973 ainsi que correspondante pour le quotidien Les Nouvelles calédoniennes devenue maire de Poya sous les couleurs de Calédonie ensemble en 2014[1], Nicolas Metzdorf descend de plusieurs familles de souche européenne installées en Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs générations, dites « Caldoches ».

Ainsi, du côté paternel, il descend à la cinquième génération de l’ingénieur des mines belge flamand Charles Ier Metzdorf (1843-1884) et de la wallonne Sophie Mazine ou Masyn (1847-1904), arrivés en Nouvelle-Calédonie en 1879. C'est leur fils aîné, Charles II Metzdorf (1868-1946) qui, après avoir lui aussi été prospecteur minier, va être le premier de la famille à s'installer comme colon éleveur et va fonder la propriété familiale à Moindah à la fin du XIXe siècle. Elle est reprise ensuite par son fils aîné Charles III Metzdorf (1893-1981) et son épouse Annie « Granny » Tuck (1906-2000), d'origine anglaise, puis par son petit-fils Marcel Metzdorf (né en 1933) et finalement son arrière-petit-fils Claude Metzdorf (né en 1951), le père de Nicolas[2].

Du côté maternel, il est le plus jeune des petits-enfants de Slobodan Kurtovitch, un immigré yougoslave (bosniaque) de Sarajevo ayant quitté son pays d'origine en 1945, et de Bernadette Hagen, issue d'une famille calédonienne aux origines européennes dont l'installation dans l'archipel remonte au XIXe siècle[3],[4]. Ainsi, par sa grand-mère maternelle, Nicolas Metzdorf est l'arrière-petit-fils du commerçant, armateur, planteur et homme d'affaires de Nouméa John-Charles-Nicolas dit « Tiby » Hagen (1880-1947), par ailleurs président de la Société des études mélanésiennes, et issu d'une famille bavaroise de Ratisbonne venue d'abord en Australie dans le cadre de la ruée vers l'or de 1851 puis ayant fait fortune dans les années 1870 dans le commerce aux Nouvelles-Hébrides et en Nouvelle-Calédonie, et de son épouse Marthe (Marie Marcelle) Guiraud de Levizac (1886-1965)[5]. Par cette dernière, Nicolas Metzdorf est de plus l'arrière-arrière-petit-fils de Paul (Alexandre) Guiraud de Levizac (1849-1939), magistrat, avocat et conseiller honoraire à la cour d'appel de Nouméa d'origine languedocienne, natif de Saint-Pons-de-Thomières (Hérault) arrivé en 1880 dans l'archipel et qui fut également maire de Nouméa de 1898 à 1899 ; et l'arrière-arrière-arrière-petit-fils de Jean Taragnat (1816-1878), un Auvergnat d'Yssac-la-Tourette arrivé une première fois dans l'archipel en 1843 en tant que frère mariste membre de la mission de Guillaume Douarre, retourné ensuite à l'état laïc et devenu pionnier d'abord en Australie puis définitivement installé à Nouméa en 1858 avec sa famille[3],[6]. Enfin, et toujours du côté maternel, Nicolas Metzdorf est le neveu de Nicolas Kurtovitch, l'écrivain néo-calédonien le plus prolifique et étudié de la fin du XXe siècle et du début du XXIe siècle, et de l'historien Ismet Kurtovitch.

Plusieurs membres de sa famille se sont également fait connaître par leur engagement politique. Son père Claude Metzdorf a ainsi été le dirigeant de la section de Poya du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), le parti historique de l'opposition à l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, durant la période dite des Événements qui a vu s'opposer violemment partisans et opposants de l'accession de cet archipel à la pleine souveraineté, tandis que sa mère Yasmina Metzdorf, militante de Calédonie ensemble, est maire de Poya, élue en 2014 à la tête d'une liste d'union des non-indépendantistes. Son oncle Nicolas Kurtovitch est pour sa part militant et conseiller du Rassemblement (nouveau nom du RPCR), et son autre oncle, Ismet Kurtovitch, est engagé dans le camp indépendantiste et de gauche depuis les années 1970, fondateur dans les années 1980 des « Éditions populaires » (Edipop) liées au Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et collaborateur depuis 2009 de Déwé Gorodey, membre du Parti de libération kanak (Palika) au sein du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, chargée de la Culture, de la Condition féminine et de la Citoyenneté.

Après une enfance et une grande partie de sa scolarité passées dans son village natal et sur la propriété parentale, Nicolas Metzdorf est scolarisé au lycée privé catholique Blaise-Pascal à Nouméa, où il passe son baccalauréat économique et social (bac ES) en 2005. Il obtient ensuite en 2007 un Brevet de technicien supérieur agricole (BTSA) au lycée agricole de Pouembout, puis part continuer ses études en France métropolitaine. Il est diplômé d'une licence d'agronomie à l'université de Strasbourg puis d'un master recherche en agro-géographie auprès de l'université Paris 7 - Paris-Diderot et de l'Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement (AgroParisTech) en 2012[7]. De retour alors en Nouvelle-Calédonie en tant qu'ingénieur agronome, il est recruté comme adjoint du chef de service de l'agriculture à la direction du développement économique et de l'environnement de la province Nord et le reste jusqu'à son élection en 2014.

Carrière politique

Un engagement pour un drapeau commun et à Calédonie ensemble

Dès 2010, alors qu'il est encore étudiant en France métropolitaine, Nicolas Metzdorf est l'un des membres fondateurs du Collectif pour un drapeau commun, d'abord sous la forme d'un groupe sur le réseau social Facebook puis d'une association pour promouvoir la recherche commune d’un drapeau jugé rassembleur et conforme à l'accord de Nouméa[8] en tant que signe identitaire pour la Nouvelle-Calédonie, par opposition à la proposition du président du Rassemblement et de l'assemblée de la province Sud de l'époque, le député Pierre Frogier, de faire flotter côte à côte sur les établissements publics le drapeau tricolore français et le drapeau indépendantiste. C'est par le biais de ce mouvement et de sa proposition de graphie issue d'un concours organisé sur internet[9] qu'il se fait connaître, devenant l'un des principaux porte-paroles auprès des médias de ce collectif aux côtés de Philippe Blaise ou de Julie Régent[10].

Dans le même temps, il s'engage dans les « Jeunes Ensemble », le mouvement de jeunesse de Calédonie ensemble, l'un des principaux mouvements non-indépendantistes en Nouvelle-Calédonie depuis sa création en 2008 et dirigé par le député UDI Philippe Gomès. Il en devient l'un des responsables.

Élu provincial et du Congrès

Il est candidat en 9e position sur la liste « L'Avenir en partage. Ensemble, vers un avenir éclairé et apaisé » formée par Calédonie ensemble et menée par Philippe Gomès dans le Sud aux élections provinciales du , qui arrive assez largement en tête de ce scrutin avec 36,44 % des suffrages exprimés, 16 des 40 sièges à pourvoir à l'assemblée provinciale et 13 des 32 élus également au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Nicolas Metzdorf fait donc son entrée dans ces deux institutions, dont il est le benjamin, et devient l'une des figures de la nouvelle majorité locale, spécialiste tout particulièrement des questions agricoles.

Le spécialiste des questions agricoles

Dès la mise en place de la nouvelle assemblée de la province Sud en , il prend la présidence de sa commission du développement rural[11]. De plus, en , il prend la présidence du conseil d'administration de l'Agence pour la prévention et l'indemnisation des calamités agricoles ou naturelles en Nouvelle-Calédonie (APICAN)[12].

Avec le membre du gouvernement chargé de ces questions jusqu'en 2015, et son prédécesseur à la tête de l'APICAN, Sonia Backès, il contribue à la mise en place et à la pérennisation d'un dispositif « urgence sécheresse » à partir de . Celui-ci, devant s'interrompre initialement au mais finalement prolongé jusqu'au , prévoit une importation exceptionnelle d'Australie d'un aliment de substitution riche en fibre pour le cheptel (financé à 70 % par l'APICAN, le reste par les éleveurs), l'aménagement de retenues d'eau en hauteur ou la mise en place du site internet « agriculture.nc » servant de portail d'information ainsi que de bourse d'échanges et de petites annonces destiné aux agriculteurs et éleveurs[13],[14],[15].

Toujours avec Sonia Backès ou Pascal Vittori, il finalise les dispositions techniques nécessaires à l'implantation en Nouvelle-Calédonie du Pari mutuel urbain (PMU) à partir du , afin de soutenir financièrement la filière équestre et hippique de l'archipel[16].

Mais il s'engage tout particulièrement dans la création d'un Code rural et pastoral néo-calédonien et dans la mise en place dans l'archipel de baux ruraux, une disposition du droit français qui jusque-là n'existait pas en Nouvelle-Calédonie et devant aider à l'installation de jeunes exploitants tout en assurant des revenus aux retraités du secteur de l'agriculture ou de l'élevage. Il est ainsi le rapporteur de ce texte de loi, qui prend ensuite son nom, présenté devant le Congrès le [17],[18]. Puis, en , il lance les premières études pour la mise en application de cette mesure au niveau de la province Sud[19].

Il est également le rapporteur de deux textes adoptés par le Congrès à l'unanimité le , l'un donnant une reconnaissance légale et officielle au système d'attribution de signes attestant la qualité et l’origine des productions agricoles, agroalimentaires et issues de la mer, et l'autre rendant plus stricte la réglementation sur l'utilisation de produits phytopharmaceutiques à usage agricole et de jardin[20].

Une valeur montante de Calédonie ensemble

Très présent médiatiquement, il prend de plus en plus d'importance au sein de Calédonie ensemble et de la vie politique néo-calédonienne, jusqu'à obtenir la présidence de la commission intérieure permanente des finances et du budget du Congrès le . Par ailleurs, s'il est membre du bureau de l'assemblée législative néo-calédonienne dès le en tant que questeur, il en devient surtout le 7e vice-président le puis le 5e vice-président le .

Pour la primaire ouverte de la droite et du centre de pour désigner un candidat à l'élection présidentielle de 2017, il est, avec des personnalités politiques d'autres partis non-indépendantistes, l'un des cadres du comité de soutien à Alain Juppé[21]. Après la victoire de François Fillon, il se montre plus discret pendant le reste de la campagne, avant de soutenir Emmanuel Macron contre Marine Le Pen durant l'entre-deux-tours de la présidentielle, « afin de défendre une certaine idée de la France : patriote, libérale, solidaire, ouverte sur l’Europe et le monde »[22].

Références

  1. Entretien de Yasmina Metzdorf avec Clémence Losserand, « "Une liste qui fédère" », Les Nouvelles calédoniennes, 05/03/2014
  2. Laurent Esnault avec Cynthia Metzdorf, « La saga Metzdorf », dans Hellène Cabassy (coord.), Sagas calédoniennes, tome II, édition du journal Dimanche Matin, ICP, Nouméa, 2000, p. 146-149.
  3. a et b Biographie de Nicolas Kurtovitch sur son site officiel, consulté le 29 juillet 2015
  4. Fiche de Nicolas Kurtovitch, arbre généologique de Michel Lestrade, Geneanet
  5. Hagen, arbre généalogique d'Annick Derrien-Venard, Geneanet
  6. Taragnat, arbre généalogique d'Annick Derrien-Venard, Geneanet
  7. [PDF] SaNoSi Productions présente Imulal « Une Terre, des racines et des rêves », dossier de présentation au festival international du film océanien, 2011, p. 13-14
  8. Texte de l'accord de Nouméa
  9. concours.drapeaunc.com
  10. « Nicolas Metzdorf, engagé sur le drapeau », Les Nouvelles calédoniennes, 25/10/2011
  11. Les commissions, site officiel de la province Sud
  12. « Nicolas Metzdorf, nouveau président de l’APICAN », agriculture.nc, 23/08/2015
  13. [PDF] « Dossier de presse - Conférence de presse « sécheresse » de Mme Sonia BACKES, membre du gouvernement chargé de l’agriculture et présidente de l’APICAN, 12/02/2015 à 9:00 à Boulouparis chez MM. CREUGNET, éleveur, et DEVAMBEZ, producteur de foin » »(Archive • Wikiwix • Archive.isGoogle • Que faire ?)
  14. Hubert B, « Sécheresse et chaleurs : les éleveurs toujours debout », domtomnews.com, 16/02/2015
  15. É. BAPTISTE, « Sécheresse : "il faut des mesures préventives" », site officiel de la province Sud, 20/03/2015
  16. É. BAPTISTE, « Pérenniser la filière hippique », site officiel de la province Sud, 13/10/2014
  17. « La politique publique agricole provinciale est en marche », site officiel de la province Sud
  18. Cédrick Wakahugneme avec IP, « Un cadre pour les baux ruraux », Nouvelle-Calédonie 1re, 15/01/2016
  19. Naomi Vincent, « Baux ruraux : à la rencontre des propriétaires fonciers », site de la province Sud, 29/06/2017
  20. « Les signes de qualité adoptés par le Congrès », Le Mag du Gouv'.nc, 12/01/2017
  21. « Le comité de soutien à Alain Juppé en ordre de marche », Nouvelle-Calédonie 1re, 17/10/2016
  22. « Quelle tournure le second tour va-t-il prendre ? », Actu.nc, 05/05/2017

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

  • Congrès de Nouvelle-Calédonie
  • APICAN