Nicolae Steinhardt

Nicolae Steinhardt
Nicolae Steinhardt
Biographie
Naissance
Décès
(à 76 ans)
Baia Mare
Nom de naissance
Nicu-Aurelian Steinhardt
Pseudonyme
Antisthius
Nationalité
Activités
Linguiste, diariste, critique littéraire, traducteur, écrivain, journaliste d'opinion
Autres informations
Religion
Lieu de détention
Prison d'Aiud (en)

Aurelian Nicolae Steinhardt (29 juillet 1912 - 30 mars 1989) est un écrivain juif roumain, converti au christianisme en prison et devenu moine au monastère de Sainte Anne, Rohia, au Maramureș (Transylvanie, Roumanie).

Biographie

Fils d'un vétéran médaillé de la première guerre mondiale, patron d'une fabrique de meubles, Aurelian Steinhardt est titulaire d'une licence en lettres et docteur en droit. Lorsque la dictature dite communiste commence (6 mars 1945), il a déjà publié de nombreux articles et ouvrages, et aussi traduit en français nombre d'écrits spirituels roumains. En 1960 il est ciblé par la répression du régime. Fils d'un patron, donc d'un “exploiteur du peuple”, juif donc “cosmopolite” et passionné de spiritualité donc diffusant l'« opium du peuple », il purge quatre ans de prison (jusqu'en 1964), il y est torturé et battu, et trouve l'occasion de se convertir au christianisme orthodoxe, dont il adopte la forme « pravoslavnică » (« puriste », donnant priorité à la charité et au pardon sur les rites et les formes).

« Récupéré » culturellement par des amis de détention (devenus collaborateurs des maisons d'édition et des revues littéraires dans le cadre de la politique de « libéralisation » des débuts du régime Ceaușescu), il publiera des essais et commentaires littéraires, entrelacés de considérations morales. Il fit son entrée au monastère en 1980 sous le nom de frère Nicolae, tout en restant en contact avec les milieux littéraires.

Jurnalul fericirii (le « Journal de la félicité »[1]), composition complexe où il fait valoir son expérience spirituelle en alternant les souvenirs de détention et les souvenirs de jeunesse, fut confisqué à plusieurs reprises par la Securitate (police secrète du régime). Il parvint pourtant à cacher un exemplaire de la troisième version et ce texte est à la base des éditions publiées par la maison Dacia de Cluj (1991, 1992) et, depuis 2005, par les Éditions du Monastère de Rohia dans la série de l'intégrale de ses œuvres. Son image des Roumains jouant sur l'interférence du registre sérieux, voire cocardier, avec une fine ironie, trouve sa meilleure expression dans l'interprétation de la Lettre perdue de Caragiale. Il dépeint un peuple qui sait éviter l'obsession de l'argent (référence occidentale) mais aussi le mépris de la vie (référence de la culture orientale).

Liens externes

Note

  1. Le « Journal de la félicité » est publié en France chez Arcantère, préface d'Olivier Clément