Naufrage du 19 avril 2015 en Méditerranée

Le , une embarcation transportant environ 900 migrants clandestins fait naufrage à environ 110 km des côtes libyennes. Environ 800 personnes sont mortes au cours du naufrage[1], ce qui en fait l'événement le plus meurtrier en Méditerranée depuis le début du XXIe siècle.

Circonstances

Le bateau a chaviré à environ deux fois à 110 km des côtes italiennes[Quoi ?] avec à son bord plus de 710 personnes[2], selon le récit de 28 survivants récupérés par un navire marchand portugais, a indiqué à la télévision italienne Carlotta Sami, porte-parole du HCR en Italie, qui a précisé que si ces chiffres étaient confirmés, il s’agirait de la « pire hécatombe jamais vue en Méditerranée ». Seuls vingt-quatre cadavres ont été récupérés pour l'instant, selon les garde-côtes italiens, qui précisent que le chalutier avait une « capacité de plusieurs centaines de personnes ».

Une importante opération de secours a été lancée avec le concours des marines italienne et maltaise, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la marine maltaise.

Événements similaires en 2014 et 2015

Un seul naufrage a eu lieu dans les mois précédant l'accident du 19 avril 2015. Le 12 avril 2015, un naufrage dans le détroit de Sicile aurait provoqué la mort de 400 clandestins[3]. Plus qu’à Lampedusa en octobre 2013, où on avait dénombré 366 cadavres et moins qu’en septembre 2014, au large de Malte, où 500 migrants mouraient noyés : leur bateau avait été volontairement coulé par des passeurs afin de pouvoir le récupérer après, d’après le récit de la dizaine de survivants[4].

Opération Triton

La hausse des morts ces derniers mois coïncide avec la disparition du dispositif Mare Nostrum fin octobre 2014. Mis en place par la marine italienne à la suite de l’émotion suscitée par le naufrage du 3 octobre 2013 à Lampedusa, il a permis le sauvetage de 150 000 personnes en un an, mais au prix de 9 millions d’euros par mois : une facture jugée trop lourde pour Rome, guère aidée par ses partenaires européens. Mare Nostrum a donc cédé la place à l’opération Triton, un dispositif plus léger encadré par Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, et auquel participent dix pays (dont la France). Il en coûte 2,9 millions d'euros mensuels pour 21 bateaux mobilisés, contre 32 auparavant.

Réactions

Le pape François a appelé, depuis la place Saint-Pierre, à « agir avec décision et rapidité » face à la multiplication des tragédies en Méditerranée, déclarant : « Les migrants sont des hommes et des femmes comme nous ».

François Hollande a déclaré : « Il faut renforcer le nombre de bateaux et de survols dans le cadre de l'opération Triton, et faire une lutte plus intense contre les trafiquants. Ceux qui mettent des gens sur les bateaux, ce sont des terroristes car ils savent parfaitement que ces bateaux sont pourris ».

Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, a déclaré que les Européens doivent « continuer à travailler sur les causes profondes de l’immigration et particulièrement sur l’instabilité dans la région, de l’Irak à la Libye ».

L’Union européenne s’est dite « profondément affectée » par ce nouveau naufrage d’un bateau de migrants en Méditerranée qui aurait fait près de 700 morts. Le 23 avril, les chefs d'État et de gouvernement, réunis à Bruxelles, décident de tripler le budget de l'opération Triton[5].

Suites judiciaires du naufrage

Deux survivants du naufrage (le Tunisien Mohammed Ali Malek et le Syrien Mahmud Bikhit) ont été arrêtés par la justice italienne. Ils avaient été indiqués par les autres survivants comme « passeur et capitaine ». Les plaintes retenues contre eux sont « trafic d'êtres humains » et « meurtre »[6].

Articles connexes

Références

  1. « Le naufrage en Méditerranée a fait 800 morts, selon le HCR », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  2. « Le naufrage d'un bateau de migrants fait craindre 700 morts en Méditerranée », LeMonde.fr, 19 avril 2015
  3. « Au moins 400 migrants disparus dans un naufrage en Méditerranée », LeMonde.fr, 14 avril 2015
  4. « Nouveau naufrage en Méditerranée, «une hécatombe» annoncée », Liberation.fr, 19 avril 2015
  5. « L’UE se contente d’un compromis minimal en réponse à la dramatique crise migratoire », LeMonde.fr, 24 avril 2015
  6. « Mediterranean capsized migrants' boat's captain charged », BBC News (consulté le 22 avril 2015)