National-syndicalisme

Le national-syndicalisme est une mouvance politique issue du rapprochement entre syndicalisme et nationalisme intégral. Le national-syndicalisme serait né en France et se développa en Europe au début du XXe siècle. Selon l'historien François Godicheau, « le national-syndicalisme n'est que la version espagnole de l'idéologie corporatiste imprégnant dans les années 1930 tous les mouvements et dictatures d'extrême-droite »[1].

France

Le contexte (1900-1908)

En 1900, Charles Maurras déclare dans le quotidien L'Action française que le socialisme antidémocratique est la forme "pure" et "correcte" du socialisme[2]. De là, lui ainsi que d'autres membres d′Action française, Jacques Bainville, Jean Rivain, et Georges Valois, intéressés par les idées de Georges Sorel, élaborent la possibilité d'un rapprochement entre les deux mouvements, souhaitant mettre en place une collaboration avec les syndicalistes révolutionnaires[réf. nécessaire]. Une telle collaboration voit le jour en 1908 avec Émile Janvion. À la suite de cette collaboration, Janvion fonde le journal Terre libre.

Le commencement (1909)

La tentative de collaboration entre le nationalisme intégral d′Action française et le syndicalisme révolutionnaire de Sorel commence en 1909. Le lien est établi après que Sorel ait lu la seconde édition du livre Enquête sur la monarchie de Maurras. Maurras évoque favorablement Sorel et le syndicalisme révolutionnaire dans son livre, et lui envoi une copie de la nouvelle édition. Sorel lit le livre et, en avril 1909, adresse ses compliments à Maurras par courrier. Trois mois plus tard, le 10 juillet, Sorel publie dans Il Divenire sociale, un journal syndicaliste-révolutionnaire italien de premier plan, un essai dans lequel il relate son admiration pour Maurras et l′Action française. Sorel axe son support sur l'idée antidémocratique, clamant notamment qu′Action française était l'unique force capable de combattre la démocratie[3].

La cité française et L’Indépendance (1910–1913)

En 1910, Sorel et Valois décident de créer un journal national-socialiste nommé La cité française[réf. nécessaire]. Un prospectus du nouveau journal est publié en juillet 1910 et signé à la fois par les syndicalistes révolutionnaires Sorel et Édouard Berth, et par les membres d'Action française Jean Variot, Pierre Gilbert et Georges Valois. Mais le journal ne voit finalement pas le jour à cause de l'hostilité de Valois envers Variot.

Après l'échec de La cité française, Sorel décide de former son propre journal. Ce bihebdomadaire nommé L’Indépendance est publié de Mars 1911 à juillet 1913. Les thèmes abordés sont semblables à ceux de L'Action française, nationalisme, antisémitisme et désir de défendre la culture française et son héritage gréco-romain.

Cercle Proudhon

Article détaillé : Cercle Proudhon.

Durant les préparations du lancement de La Cité française, Sorel encourage Berth et Valois à travailler ensemble. En Mars 1911, Henri Lagrange, membre d'Action française, suggère à Valois de créer un groupe chargé d'étudier les questions économiques et sociales d'un point de vue nationaliste. Valois persuade Lagrange d'élargir le groupe aux non-nationalistes, syndicalistes et anti-démocrates. Valois écrira plus tard qu'il s'agissait de créer une plateforme commune aux anti-démocrates[4].

Le nouveau groupe politique nommé Cercle Proudhon est fondé le 16 décembre 1911. Il inclut Berth, Valois, Lagrange, le syndicaliste Albert Vincent et les royalistes Gilbert Maire, René de Marans, André Pascalon, et Marius Riquier[5]. Comme le suggère son nom, le groupe déclare s'inspirer des idées de Pierre-Joseph Proudhon. Il s'inspire également des idées de Sorel (qui cependant critique sévèrement cette entreprise[6]) et Maurras. En janvier 1912, le journal Cahiers du cercle Proudhon est pour la première fois publié.

Espagne

Article détaillé : National-syndicalisme (Espagne).

Références

  1. François Godicheau, Les Mots de la guerre d'Espagne, Toulouse : Presses universitaires du Mirail, 2003, p. 84.
  2. (en) "a socialism liberated from the democratic and cosmopolitan element fits nationalism as a well-made glove fits a beautiful hand” (italics in original). Published in L’Action française, page 863, 15 November 1900. Quoted in (en) Zeev Sternhell, Mario Sznajder et Maia Ashéri, The birth of fascist ideology: from cultural rebellion to political revolution, Princeton, New Jersey, Princeton University Press, (ISBN 0-691-03289-0), p. 82 For a detailed study of this quote, see:
    (en) Zeev Sternhell, La droite révolutionnaire, 1885-1914: les origines françaises du fascisme, Paris, Éditions du Seuil, (ISBN 978-2-02-006694-5)
    (en) Paul Mazgaj, The Action française and Revolutionary Syndicalism, Chapel Hill, University of North Carolina Press, (ISBN 978-0-8078-1316-4)
  3. (en) “A vigorous protest had to be made against this spirit of decadence: no other group except Action française was able to fulfill a role requiring both literacy and faith. The friends of Maurras form an audacious avant-garde engaged in a fight to the finish against the boors who have corrupted everything they have touched in our country. The merit of these young people will appear great in history, for we may hope that due to them the reign of stupidity will come to an end some day near at hand”. Originally published in Georges Sorel, « Socialistes antiparlementaires », L’Action française,‎ Quoted in (en) Zeev Sternhell, Mario Sznajder et Maia Ashéri, The birth of fascist ideology: from cultural rebellion to political revolution, Princeton, New Jersey, Princeton University Press, (ISBN 0-691-03289-0), p. 79
  4. (en) Zeev Sternhell, Neither right nor left: fascist ideology in France, Princeton, New Jersey, USA, Princeton University Press, (ISBN 978-0-691-00629-1), p. 11
  5. (en) Allen Douglas, From fascism to libertarian communism: Georges Valois against the Third Republic, Berkeley and Los Angeles, University of California Press, (ISBN 978-0-520-07678-5), p. 29
  6. Géraud Poumarède, « Le Cercle Proudhon ou l'impossible synthèse », Mil neuf cent : Revue d'histoire intellectuelle, no 12, 1994, p. 74.

Voir aussi