Nathalie Loiseau

Nathalie Loiseau
Illustration.
Nathalie Loiseau en 2016.
Fonctions
Ministre chargée des Affaires européennes
En fonction depuis le
(1 an, 8 mois et 23 jours)
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe II
Prédécesseur Marielle de Sarnez
Directrice de l'École nationale d'administration

(4 ans, 8 mois et 18 jours)
Prédécesseur Bernard Boucault
Successeur Patrick Gérard
Biographie
Nom de naissance Nathalie Lydie Jeanne Ducoulombier
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Neuilly-sur-Seine
Nationalité française
Parti politique LREM
Diplômé de INALCO
IEP de Paris

Nathalie Loiseau, née le à Neuilly-sur-Seine, est une haute fonctionnaire et femme politique française.

Diplomate, elle travaille pendant vingt-six ans au sein du ministère français des Affaires étrangères. Elle est notamment, pendant la guerre d'Irak en 2003, porte-parole de l'ambassade de France aux États-Unis où elle gère les tensions induites par le refus de la France de s'associer aux forces américaines. En novembre 2011, elle est nommée directrice générale de l'administration du Quai d'Orsay[1].

En 2012, elle prend la direction de l'École nationale d'administration[2] dont elle n'est pourtant pas issue.

En juin 2017, elle est nommée ministre chargée des Affaires européennes dans le deuxième gouvernement Édouard Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron[3].

Biographie

Élève au lycée Carnot, Nathalie Loiseau obtient son baccalauréat à l'âge de 16 ans. Elle intègre Sciences Po Paris dont elle sort diplômée en 1983, puis étudie le chinois à l'Institut national des langues et civilisations orientales[4].

En 1986, elle réussit le concours des affaires étrangères. Elle est notamment en poste à Jakarta, de 1990 à 1992, où elle rencontre son futur mari[2]. Elle est ensuite secrétaire d’ambassade en Indonésie, au Sénégal et au Maroc. À Dakar, elle se lie d’amitié avec la femme de lettres Catherine Clément.

En 1993, elle est la benjamine du cabinet du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé [5].

D'août 2002 à juillet 2007, elle devient chef du service de presse et porte-parole de l’ambassade de France à Washington. En 2003, lors de la guerre d’Irak à laquelle ne s'est pas associée la France, l'administration et l'opinion publique américaine deviennent hostiles. Nathalie Loiseau et l'ambassadeur, Jean-David Levitte, réagissent : « Bush, le Congrès et le troisième pouvoir étaient contre nous. Et tous les gourous de la com nous conseillaient de laisser passer », explique Jean-David Levitte. « Avec Nathalie, qui dirigeait le service de communication, nous avons décidé de riposter. Et nous avons gagné. Tout ce temps, elle est restée d’un calme et d’une sérénité à toute épreuve. Elle a du sang-froid »[2]. Initiative inhabituelle[6], Jean-David Levitte et Nathalie Loiseau rédigent ensemble une lettre ouverte via le Washington Post[7]. La campagne anti-française se calme[7].

En 2007, elle est nommée sous-directrice pour l'Afrique du Nord au Quai d'Orsay. Puis, en 2008, elle devient directrice adjointe pour l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient et est également élue à la tête de l'Association syndicale des agents d'Orient (ASAO) où elle s'illustre par ses positions contre les discriminations. En 2009, elle est nommée directrice des ressources humaines au ministère des Affaires étrangères et européennes. Françoise Nicolas, diplomate en poste au Bénin de 2008 à 2010, la tient responsable des persécutions qu'elle a subies de la part du ministère des Affaires étrangères après avoir dénoncé des malversations financières à l'ambassade de France au Bénin[8]. Ces allégations ont fait l’objet d’un droit de réponse de Nathalie Loiseau[9].

En novembre 2011, Alain Juppé lui confie la fonction de directrice générale de l'administration du ministère des Affaires étrangères, une fonction éminente dans un ministère réputé « phallocrate »[7]. Elle en est évincée fin août 2012. « Le fait du prince, Laurent Fabius », pense une de ses amies diplomates. « Dans le jeu des chaises musicales, elle s’est retrouvée sans chaise. Un coup de massue pour elle[2]. »

Le , elle est nommée directrice de l’École nationale d’administration (ENA). Nathalie Loiseau dit vouloir « prêter attention aux élèves et leur enseigner le management. Ils sont intelligents, mais cela ne suffit pas à faire d'eux de bons managers[7]. » Elle s’attelle également à réformer les concours d'entrée pour limiter les discriminations[10].

Nathalie Loiseau et le ministre néerlandais des Affaires étrangères Halbe Zijlstra en 2017.

Le , elle est nommée ministre chargée des Affaires européennes dans le deuxième gouvernement Édouard Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron[11].

Vie privée

Nathalie Ducoulombier est mariée depuis le 24 juillet 1992 à Bertrand Loiseau, directeur exécutif adjoint Innovation de l'AFD (Agence française de développement)[12]. Catholique pratiquante, Nathalie Loiseau est mère de quatre enfants[13] : les trois premiers, dont des jumeaux[14], nés au Sénégal et le dernier aux États-Unis[2].

Distinctions

Décorations

Prix

  • Prix de la Femme d'influence 2014, catégorie « politique »[16],[17],[18]

Ouvrages

  • Choisissez tout, Paris, JC Lattès, 2014, 250 p. (ISBN 978-2709644846)
  • La démocratie en BD, Paris, Casterman, 2016, 48 p. (ISBN 978-2203132337)

Notes et références

  1. Marianne Gomez, Denis Peiron, « Nathalie Loiseau, une féministe catholique au Quai d’Orsay », sur La Croix, .
  2. a b c d et e Pascale Nivelle, « Nathalie Loiseau. Femme d’État », sur Libération, .
  3. « Remaniement: Qui est Nathalie Loiseau, nouvelle ministre chargée des Affaires européennes? », sur 20 minutes, .
  4. Véronique Forge, « La directrice de l’ENA, Nathalie Loiseau : une ambition au féminin », sur Business O Féminin, .
  5. Marion Mourgue, « Remaniement, Europe : les juppéistes s'activent », Le Figaro, 13-14 octobre 2018, p. 6.
  6. Pascal Riché, « M. Bush, je vous fais une lettre... », sur Libération, ,
  7. a b c et d Benoît Floc’h, « Nathalie Loiseau, une diplomate à l'ENA », sur Le Monde, .
  8. La rédaction de Mondafrique, « "Nathalie Loiseau m'a Tuer" », sur Mondafrique, (consulté le 27 août 2017).
  9. La rédaction de Mondafrique, « Le droit de réponse de Nathalie Loiseau, ministre des affaires européennes », sur Mondafrique, (consulté le 7 novembre 2017).
  10. Benoît Floc’h, « L'ENA s'apprête à réformer ses trois concours d'entrée », sur Le Monde, .
  11. Esther Paolini, « Nathalie Loiseau, de l'ENA aux Affaires européennes », sur Le Figaro, .
  12. Acte de naissance : Neuilly-sur-Seine, année 1964, Acte n° 2309.
  13. Denis Peiron, « À la tête de l’ENA, Nathalie Loiseau bouscule les conformismes », sur La Croix, .
  14. L'Émission politique, France 2, 14 mars 2019
  15. a et b Esther Paolini, « Nathalie Loiseau, de l'ENA aux Affaires européennes », sur lefigaro.fr, .
  16. Lucile Quillet, « Qui sont les femmes d'influence françaises 2014 ? », sur lefigaro.fr, .
  17. Anne-Marie Rocco, « Le prix de la femme d’influence 2017 dédié à la mémoire de Simone Veil », sur challenges.fr, .
  18. « Les lauréates du Prix de la Femme d'Influence 2014 », sur femmesdinfluence.fr, .

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes