Muriel Pénicaud

Muriel Pénicaud
Fonctions
Ministre du Travail
En fonction depuis le
(4 mois et 10 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe I et II
Prédécesseur Myriam El Khomri
Biographie
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Versailles (Yvelines)
Nationalité française
Diplômée de université Paris-Nanterre
université de Strasbourg

Muriel Pénicaud, née le à Versailles, est une dirigeante d’entreprise, haute fonctionnaire et femme politique française.

À partir de 2002, elle occupe des postes de direction au sein de grandes entreprises : directrice générale adjointe de Dassault Systèmes (2002-2008) puis directrice générale des ressources humaines du groupe Danone (2008-2014). Elle est ensuite directrice générale de Business France, dont elle a participé à la création, jusqu'en 2017. Parallèlement à ces activités elle siège dans différents conseils d'administration d'autres grandes entreprises : Orange, la SNCF puis Aéroports de Paris.

Elle est nommée ministre du Travail dans le gouvernement Édouard Philippe sous la présidence d'Emmanuel Macron le .

Biographie

Muriel Pénicaud naît le 31 mars 1955 à Versailles, fille d'une mère au foyer et d'un père conseiller financier (qui deviendra ensuite agent de change). Elle est élevée dans un milieu bourgeois, au Chesnay (Yvelines).

Elle fait sa scolarité au collège et au lycée Saint-Jean-Hulst, établissement privé d'enseignement catholique de Versailles.

Elle est mariée à Jean-Louis Pénicaud, et mère de deux enfants[2].

Formation

Elle est titulaire d'une licence en histoire (1975)[3], d'une maîtrise en sciences de l'éducation (1976, université Paris-Nanterre)[3] et d'un diplôme d'études approfondies (DEA) en psychologie clinique (université de Strasbourg, 1980[4]).

Muriel Pénicaud a par ailleurs suivi une formation[pas clair] au sein de l'Institut européen d'administration des affaires (INSEAD) (1995)[5].

Carrière professionnelle

De 1976 à 1985, Muriel Pénicaud est administratrice territoriale[6], d'abord au Centre de formation des personnels communaux, elle dirige ensuite de 1983 à 1985 une mission locale pour l'insertion des jeunes à Metz[7]. Elle entre au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle en 1985 et y occupe des fonctions de direction régionale et nationale. En 1991, elle devient membre du cabinet ministériel de la ministre, Martine Aubry, en tant que conseillère pour la formation[8],[9].

En 1993, elle entre chez Boussois-Souchon-Neuvesel (BSN, qui sera une des entreprises à l'origine de Danone), où elle devient une des responsables DRH du groupe. Elle en part en 2002, après avoir occupé plusieurs fonctions de direction mondiale au sein de ce groupe.

De 2002 à 2008, elle est directrice générale adjointe de Dassault Systèmes, chargée de l’organisation, des ressources humaines et du développement durable[10],[11].

De 2006 à 2009, elle est nommée première présidente de l’institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, organisme de formation des inspecteurs du travail[12], et membre du Haut conseil du dialogue social[13].

Muriel Pénicaud est cofondatrice et vice-présidente (2007) de TVDMA[14], première TV de service public académique sur le management et le droit des entreprises.

De 2008 à 2014, elle revient chez le groupe Danone pour en devenir directrice générale des ressources humaines, également chargée de l’innovation sociétale[15],[16],[17],[18]. Elle touche, entre 2012 et 2014, plus de 4,7 millions d'euros de rémunération pour cette activité[19]. Elle est également présidente du conseil d’administration du Fonds Danone Écosystème depuis sa création en 2009 et jusqu’en 2014. Elle est à l’initiative de Dan’Cares[20], première couverture santé mondiale d’entreprise pour tous les salariés.

En février 2010, elle est coauteur avec Henri Lachmann, Christian Larose et Marguerite Moleux du rapport au Premier ministre Bien-être et efficacité au travail – 10 propositions pour améliorer la santé psychologique au travail [21].

En 2010, Muriel Penicaud co-créé l’événement EVE pour le développement du leadership des femmes[22].

De 2010 à 2017, elle est vice-présidente du conseil de gouvernance de l’École de droit et management des affaires de Paris II Panthéon Assas-Sorbonne Universités, et cofondatrice vice-présidente de TVDMA[23], première TV de service public académique sur le management et le droit des entreprises. De 2011 à 2014, elle est nommée administratrice du Groupe Orange et présidente du comité de gouvernance et de responsabilité sociale et environnementale[24]. A ce titre, elle gagne près de 128 000 euros de jetons de présence[19]. De 2013 à 2015, elle est également membre du conseil d’administration de la SNCF et présidente du comité transports et logistique. De 2015 à 2017, elle est membre du conseil de surveillance[25]. En 2013-2014, elle est présidente du conseil d'administration d'AgroParisTech (Institut des sciences et industries du vivant et de l'environnement)[12].

En mars 2014, elle est nommée membre du comité de pilotage des 34 plans de la Nouvelle France industrielle, placé sous l'autorité du Premier ministre. En 2014, Muriel Pénicaud est présidente du Conseil national Éducation économie (CNEE).

En mai 2014, Muriel Pénicaud devient ambassadrice déléguée aux investissements internationaux et directrice générale d'Ubifrance, en remplacement de Véronique Bédague-Hamilius, qui est nommée directrice de cabinet de Manuel Valls à Matignon[26]. Elle a la charge d'assurer la fusion entre l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII) et Ubifrance. En fusionnant les deux entités, en janvier 2015, Muriel Pénicaud devient la première directrice générale de Business France, agence nationale au service de l'internationalisation de l'économie française.

De 2014 à 2017, elle est administratrice d’Aéroports de Paris [24].

Action ministérielle

Elle est nommée ministre du Travail le 17 mai 2017[27]. Elle est, entre autres dossiers, chargée d'une réforme du code du travail[28].

Réforme pour le renforcement du dialogue social

La première des 6 grandes réformes est celle sur le code du travail dont le texte est adopté le 6 juillet 2017 en commission des Affaires sociales[29]. Le projet de loi d'habilitation autorisant le gouvernement à procéder par ordonnances est ensuite adopté en première lecture le 13 juillet à l’Assemblée nationale.

Il est adopté le 27 juillet - également en première lecture - par le Sénat. Après 30 heures de débat, les sénateurs ont voté à 186 voix pour et 106 voix contre.

Parmi les 247 amendements examinés, 37 ont été adoptés dont : 6 du groupe Les Républicains, 5 du groupe Union Centriste, 6 du groupe Socialistes et Républicains, 1 du groupe communiste et citoyen et 19 du Gouvernement.

Députés et sénateurs ont ensuite trouvé un accord en commission paritaire[30] : elle a réuni 7 députés et 7 sénateurs le 31 juillet.

Controverses

Business France

Article détaillé : Affaire Business France.

De janvier 2015 à mai 2017, Muriel Pénicaud est directrice générale de Business France, agence nationale au service de l'internationalisation de l'économie française. En mars 2017, une enquête préliminaire, ouverte par le parquet de Paris, vise cette agence[31]. Cette enquête concerne l’organisation d'une soirée de promotion des start-up françaises, organisée autour d’Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, à Las Vegas le 6 janvier 2016[32],[33] en marge du Consumer Electronics Show (CES).

Le parquet de Paris ouvre en juillet 2017 une information judiciaire pour favoritisme et recel de favoritisme. Elle est confiée au juge Renaud Van Ruymbeke[34].

Son management est par ailleurs critiqué par les employés de Business France et ses collaborateurs qui dénoncent du harcèlement, les nombreux départs de cadres ainsi qu'un management par le stress[35] et autoritaire[36]. L'ancienne DRH de Business France aurait ainsi menacé de porter plainte pour harcèlement, avant que l'entreprise ne lui propose une indemnisation pour éviter un procès. Les employés accusent la direction d'avoir agi pour étouffer une affaire gênante pour la ministre[36].

Danone : plus-value lors d'un plan social

En 2013, Muriel Pénicaud, alors directrice des ressources humaines du groupe Danone, revend ses stock options reçues en 2009, réalisant ainsi une plus-value de 1,13 million d'euros, dont 280 000 € environ sont concomitants à la hausse, début 2013, de la valeur des actions du groupe au moment de l’annonce de 900 suppressions d’emplois de cadres en Europe[37],[38],[39].

Décorations

Notes et références

  1. Prisma Média, « Muriel Pénicaud - La biographie de Muriel Pénicaud avec Voici.fr », sur Voici.fr (consulté le 28 juillet 2017)
  2. a et b « Qui est Muriel Pénicaud, la nouvelle ministre du Travail ? », sur europe1.fr,
  3. http://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/muriel-penicaud-ex-conseillere-martine-aubry-nommee-ministre-du-travail-1255759.html
  4. Le JDD, « Muriel Pénicaud, le dialogue social pour méthode », sur www.lejdd.fr (consulté le 13 juillet 2017)
  5. Arrêté JORF 1978.
  6. « Michel Abhervé  » Blog Archive  » De la direction de la Mssion locale de Metz au Ministère du Travail : le parcours de Muriel Pénicaud », sur www.alternatives-economiques.fr (consulté le 19 juillet 2017)
  7. JORF 255,TEFC9204830A.
  8. Agefi 25.2.2008.
  9. Site institutionnel Danone.
  10. Communiqué de presse Dassault Systèmes.
  11. a et b Liaisons sociales mai 2006
  12. JORF du 31 décembre 2008
  13. « http://www.tvdma.org/ »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?) (consulté le 18 mai 2017).
  14. Communiqué de presse Danone du 19 février 2008.
  15. Stratégies Newsletter no 5034, La Tribune avril 2008.
  16. « Une pro du Social pour doper les RH de Danone », Liaisons sociales, avril 2008.
  17. Le Nouvel Observateur 20 novembre 2011. Oriental Morning Post 3 mars 2011.
  18. a et b « La juteuse plus-value boursière de Muriel Pénicaud chez Danone », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  19. « Qui est Muriel Pénicaud la nouvelle ministre du Travail? », sur Le Huffington Post (consulté le 19 juillet 2017)
  20. user BO, « Rapport sur le bien-être et l'efficacité au travail - Etre Bien au Travail », sur www.etre-bien-au-travail.fr (consulté le 19 juillet 2017)
  21. « Femmes chefs d'entreprise, ensemble depuis 70 ans pour un leadership partagé! - EVE », sur www.eveprogramme.com (consulté le 19 juillet 2017)
  22. « Web TV TVDMA | Ecole de Droit et Management de Paris », sur mba-pantheon-assas.com (consulté le 19 juillet 2017)
  23. a et b « Muriel Pénicaud, ministre du travail - Carnet des décideurs », ,‎ (lire en ligne)
  24. « Décret du 29 juin 2015 portant nomination au conseil de surveillance de la SNCF », sur Légifrance, .
  25. http://www.liberation.fr/france/2017/06/27/penicaud-a-business-france-faste-et-controverses_1579995
  26. « DIRECT - Annonce de la nomination du Gouvernement », sur Gouvernement.fr (consulté le 17 mai 2017).
  27. Jean-Christophe Chanut, « Réforme du code du travail : baptême du feu à l'Assemblée pour Muriel Penicaud », latribune.fr, 10 juillet 2017.
  28. Bertrand Bissuel, « Laurent Pietraszewski, un manageur à l’Assemblée nationale », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  29. Bertrand Bissuel, « Loi travail : députés et sénateurs trouvent un compromis », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  30. « Communiqué de presse du 21 mai 2014 »
  31. « Business France : « Libération » révèle de nouveaux éléments qui fragilisent la défense de Muriel Pénicaud », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  32. « Las Vegas : Muriel Pénicaud a informé son comité d'audit avec un rapport tronqué », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  33. http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/07/14/soiree-de-las-vegas-ce-que-savait-muriel-penicaud_5160533_1653578.html
  34. « Business France. Accablée par son ex-collaboratrice, Pénicaud se dit "sereine" », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne)
  35. a et b « VIDEO. "Tout sauf humaine" : Muriel Pénicaud vue par des salariés de Business France », Franceinfo,‎ (lire en ligne)
  36. « Muriel Pénicaud a-t-elle profité d'un plan social pour réaliser une plus-value de 1,13 million d'euros? », sur BFM TV,
  37. « Stocks-options. La ministre du Travail touche le pactole sur le dos des emplois », sur humanite.fr,
  38. « Muriel Pénicaud a gagné 4,74 millions d'euros au cours de ses trois ans chez Danone », sur Lefigaro.fr,
  39. Décret du 30 janvier 2008 portant promotion et nomination (lire en ligne)
  40. Voir sur legifrance.gouv.fr.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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