Mozarabe

Mozarabe (de l’arabe musta’rib, مستعرب, qui signifie « arabisé ») est le nom donné aux chrétiens vivant sur le territoire espagnol conquis à partir de l'an 711 par les armées musulmanes et connu à l'époque comme Al-Andalus (l'Andalousie actuelle), sur le sud de la péninsule ibérique.

Statut

Les mozarabes avaient dans la société arabe le statut de dhimmi, statut d'infériorité[1] inscrit dans la loi. Ils partageaient ce statut avec les Juifs, en tant que non-croyants à l’Islam. C'est seulement dans la pratique, et non dans la loi, que leur culture, leur organisation politique et leur pratique religieuse étaient tolérées. Elles étaient assorties d'une certaine protection légale et donc un contrôle strict. Les mozarabes versaient, en outre, un impôt de capitation, la djizya, sur la zakat, cette aumône aux pauvres obligatoire qui est, en tant que telle, un des piliers de l'Islam.

Histoire

San Baudelio de Berlanga, Espagne.

Une longue rébellion chrétienne se produisit entre 852 et 886. On accusa un certain nombre de chrétiens d'avoir publiquement blasphémé contre Mahomet et l'islam : la répression fut brutale et l'émir Mohammed Ier (852 - 886) ne laissa d'alternative à ses sujets rebelles que la conversion à l'islam, la mort ou la fuite. À la suite de ce régime de terreur, les villes comme Burgos et Urbiena en 882, Zamora en 893, durent être repeuplées par des mozarabes venus de Tolède.

Leur culte étant toléré, les mozarabes avaient été rattachés à l’archevêché de Tolède. Leur liturgie, celle de saint Isidore de Séville, est connue sous le nom de rite mozarabe : cette liturgie en latin est restée en vigueur dans le diocèse de Tolède, en parallèle avec le rite romain. En particulier, il est aujourd'hui célébré dans la chapelle mozarabe de la cathédrale.

De nombreux mozarabes parlaient l'arabe et beaucoup adoptèrent des noms et des coutumes musulmans, exerçant en retour une influence certaine sur leurs suzerains. La langue mozarabe est évoquée à partir du VIIIe siècle.

L’art mozarabe témoigna de cette époque, avec un style islamique mais des thèmes qui restèrent chrétiens. Les influences de l'art des musulmans se ressentaient particulièrement dans l'utilisation des entrelacs végétaux, taillés dans le stuc pour décorer une architecture, par exemple.

Il reste aujourd'hui très peu d'édifices de pur style mozarabe, excepté quelques églises, disséminées sur le territoire espagnol, en particulier aux environs de Tolède, San Sebastián, Santa Eulalia et surtout Santa María de Melque, la plus remarquable du IXe siècle.

Bibliographie

Ouvrages

  • Cyrille Aillet, Les Mozarabes : Christianisme, islamisation et arabisation en péninsule Ibérique (IXe-XIIe siècle), Madrid, Casa de Velázquez, , 418 p. (ISBN 8496820300 et 9788496820302) [présentation] [aperçu]

Articles

Références

  1. Citoyen « protégé » et donc soumis au protecteur musulman : en fait citoyen « de seconde zone », toléré et soumis au vainqueur.

Articles connexes

Liens externes

  • C. Naudin, « Les mozarabes en Al Andalus », Histoire pour tous, (consulté le 28 septembre 2011)