Mozambique

République du Mozambique

República de Moçambique

Drapeau
Drapeau du Mozambique.
Blason
Armoiries du Mozambique.
Description de l'image Mozambique (orthographic projection).svg.
Hymne national Pátria Amada
Administration
Forme de l'État République
Président de la République Filipe Nyusi
Premier ministre Carlos Agostinho do Rosário
Langues officielles Portugais[1]
Capitale Maputo

13° 57′ S, 33° 48′ E

Géographie
Plus grande ville Maputo
Superficie totale 801 590 km2
(classé 36e)
Superficie en eau 2,2
Fuseau horaire UTC +2
Histoire
Indépendance du Portugal
Date
Démographie
Gentilé Mozambicain
Population totale (2013[2]) 25 900 000 hab.
(classé 47e)
Densité 28 hab./km2
Économie
IDH (2012) en augmentation 0,327[3] (faible  ; 185e)
Monnaie Metical (MZN​)
Divers
Code ISO 3166-1 MOZ, MZ​
Domaine Internet .mz
Indicatif téléphonique +258

Le Mozambique, en forme longue la République du Mozambique, en portugais Moçambique et República de Moçambique, est un État situé sur la côte orientale du continent africain. Il est entouré par l'Afrique du Sud, le Swaziland, Madagascar, le Zimbabwe, la Zambie, le Malawi et la Tanzanie. C'est une ancienne colonie portugaise, le premier pays lusophone d'Afrique, devant l'Angola, par sa population et le deuxième par sa superficie. Le pays est membre de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) et du Commonwealth of Nations.

Histoire

Articles détaillés : Histoire du Mozambique et Mozambique portugais.

Au Moyen Âge, de nombreux échanges commerciaux étaient réalisés avec les commerçants arabes mais aussi de l'ouest de l'archipel indonésien. Ainsi un capitaine persan, Ibn Shahriyar, dans son Livre des merveilles de l'Inde, rapporte le témoignage d'un marchand arabe du nom d'Ibn Lakis qui en 945, voit arriver sur la côte du Mozambique "un millier d'embarcations" montées par des Waq-Waq qui viennent d'îles "situées en face de la Chine" chercher des produits et des esclaves "zeng", mot arabe qui désigne à l'époque les habitants de la côte est de l'Afrique. Une grande partie de la population littorale au Nord était déjà convertie à l'islam.

Propagande portugaise contre le FRELIMO

1498 marque l'arrivée du navigateur portugais, Vasco de Gama. Peu de temps après, les Portugais installèrent des comptoirs et construisirent des forts. La colonisation portugaise dure cinq siècles.

En 1964, le Frelimo lance la guerre d'indépendance du Mozambique qui se poursuivra dix ans. Le Frelimo n'attend pas le retrait des troupes portugaises de l'Angola pour développer sa propre administration dans les régions « libérées ». Le nombre d'écoles et l'alphabétisation augmentent, des centres de santé sont créés et des cultures agricoles se développent, organisées par le mouvement. En 1973, les premiers « comités du parti » sont créés et l’« École du parti », chargée de former idéologiquement ses cadres. Bien que la documentation soit peu abondante au sujet de l'organisation politique de ces régions, il semble que le Frelimo ait cherché à encourager les paysans à participer aux décisions plutôt que de confier le pouvoir à ses représentants[4].

Au terme de la guerre d'indépendance du Mozambique, le pays obtient son indépendance le , sous le nom de République populaire du Mozambique et devient un régime communiste que l'ancien mouvement indépendantiste, le FRELIMO, dirige en tant que parti unique. Samora Machel est élu président et met en place un certain nombre de réformes, notamment agraires. Le régime de Samora Machel entreprend également une lutte autoritaire contre le tribalisme et tente de réduire l'influence des religions, ce qui sera mal accepté par une partie de la population.

La première année de l'indépendance est pleine d'espoir, et le régime trouve de nombreux soutiens dans le camp socialiste (URSS, Cuba, Yougoslavie), comme dans la gauche occidentale. Mais le sud du pays connaît une situation compliquée du fait de la proximité de la Rhodésie et l'Afrique du Sud, tous deux hostiles au nouveau pouvoir, et l'accusant de recueillir des opposants. À partir de 1976 commence un conflit armé, qui dégénère dans une guerre civile sanglante. Le ReNaMo, anti-marxiste et soutenu par l'Afrique du Sud et les États-Unis, entretient une guérilla qui s'étend et fait près d'un million de morts en quinze ans. Cela entraîne aussi le pays dans la faillite. Il devient pour les économistes le pays le plus pauvre du globe en 1986, une année qui voit également mourir le président Samora Machel dans un accident d'avion. À la fin de la guerre civile, en 1992, les accords de paix permettent l'instauration d'une démocratie de type occidental : le FRELIMO, ayant abandonné l'idéologie marxiste-léniniste, demeure au pouvoir par la voie des urnes, tandis que le ReNaMo est démilitarisé et devient un parti légal.

En 1995, le Mozambique entre dans le Commonwealth alors qu'il n'a jamais été administré par le Royaume-Uni. À la fin des années 1990, les "compagnies juniors" canadiennes, investies dans plus de 8000 propriétés minières, dans plus de 100 pays, pour la plupart encore à l'état de projet[5] multiplient les contrats avec des pays africains parmi lesquels le Mozambique, où la société Beacon Hill Resources exploite une mine de charbon[6].

Politique

Prise de fonction du président Nyusi (mars 2015)
Article détaillé : Politique au Mozambique.

Le Mozambique est une république. Le président est élu pour un mandat de cinq ans. Dès l'indépendance, le pouvoir est aux mains d'un parti politique dominant, la FRELIMO. Aux yeux des observateurs internationaux et de l'opposition, les élections de 2004 ont été entachées de fraudes et d'irrégularités. Maputo est la capitale du Mozambique.

Le 29 juin 2015, un nouveau code pénal entre en vigueur au Mozambique, dépénalisant l’homosexualité et l’avortement[7].

Subdivisions

Carte du Mozambique

La Mozambique est divisée en 11 provinces :

Géographie

Le mont Murresse

Le Mozambique est limitrophe de la Tanzanie, du Malawi, de la Zambie, du Zimbabwe, de l'Afrique du Sud et du Swaziland. Il dispose d'un littoral de plus de 2 000 km sur l'océan Indien. Le pays est une immense façade maritime de l’Afrique australe.
Domaine des savanes coupées par des fleuves venant des plateaux d’Afrique anglophone. Le relief est plus relevé à l’intérieur. Le Monte Binga est le point culminant avec 2 436 m.
Le climat varie de tropical à subtropical.

Économie

Article détaillé : Économie du Mozambique.
Récolte des graines de sésame

Le Mozambique est l'un des pays les plus pauvres du monde. La moitié de sa population y vit sous le seuil de pauvreté.

En 2012, le Programme des Nations unies pour le développement a classé le Mozambique comme le troisième pays le moins développé au monde dans son rapport annuel, lui attribuant un indice de développement humain de seulement 0,327.

L’économie repose essentiellement sur l'agriculture. Environ un actif sur cinq travaille dans le secteur primaire. Des années 1970 à 90, l’agriculture était entièrement collectivisée. Depuis les années 2000, elle juxtapose des petites fermes familiales et de grandes exploitations appartenant à de grandes entreprises. Les agriculteurs n’arrivent pas à satisfaire les besoins alimentaires mais le pays exporte néanmoins du coton, du sucre, du coprah[8], une forte production de noix de cajou et une forte production de crevettes. Le pays est au palmarès des huit premiers producteurs de coton d'Afrique de l'est, du sud et du nord au milieu des années 2010.

Pêche traditionnelle au Mozambique.

Les principaux atouts de développement du pays sont dans les secteurs du tourisme et dans l’industrie minière. En 2007, de grands projets d'exploitation du sous-sol[9] ont vu le jour pour exploiter les sables minéralisés, le charbon, l'or, la bauxite et le tantale.

L’économie et la politique sont aux mains d’une très petite élite descendant des assimilados, les africains assimilés par les Portugais durant l’époque coloniale, et une autre plus importante venant de l’Afrique du Sud, voisine. La plupart de la main d’œuvre est mal formée. Le système de formation porte les stigmates du passé colonial avec un système secondaire et universitaire peu développé. L’ancien système de formation africain n’avait pas pu évoluer à cause de la traite négrière, la colonisation portugaise a ensuite occidentalisé les élites en leur imposant une scolarité portugaise, mais juste de niveau primaire. Les élites qui ont conduit le pays à l'indépendance n’ont pu que transmettre à la masse l’éducation qu'ils ont, eux, reçue. L’économie est frappée par la fuite des cerveaux, les rares universitaires formés préférant s'expatrier.

L'aide et les investissements internationaux ont permis au pays de faire quelques progrès spectaculaires. La croissance du PIB est à peu près de 7 % chaque année. En 2009, le Mozambique est le pays qui a la plus faible dette publique en pourcentage du produit intérieur brut avec un taux de 3,7 %.

Cependant le manque d’infrastructure, la corruption et la forte prévalence du SIDA (qui a dramatiquement réduit l’espérance de vie) sont des freins au développement, ainsi que la présence de conflits armés ou d'instabilités civiles à ses frontières, ou des troubles locaux subsistant encore de façon sporadique à la suite de la longue guerre civile, et des difficultés environnementales avec leurs lots de populations déplacées à la suite de graves inondations et de périodes d’intense sécheresse.

Éducation

Le niveau d'éducation au Mozambique est de neuf ans pour les garçons et de sept ans pour les filles, ce qui donne une moyenne de 8 ans d'éducation[10] (2005).

Démographie

Famille dans un village
Article détaillé : Démographie du Mozambique.

Le pays a perdu beaucoup d'habitants lors de la traite et de sa guerre civile, et la population jeune (la moitié des habitants a moins de 20 ans) augmente rapidement.

Si les Mozambicains font beaucoup d'enfants (5 enfants par femme), la croissance naturelle est freinée par la pandémie du sida (12 %). Peu de gens ont accès à des moyens de contraception. La génothérapie n'est pas appliquée.

Langues

Article détaillé : Langues au Mozambique.

Sur les 43 langues recensées au Mozambique[11], les principales, de par leur nombre de locuteurs de plus de 5 ans, selon le recensement de 1997[12], sont : l'emakhuwa (3 291 916 locuteurs, soit 26,3 % de la population de plus de 5 ans), le xichangana (1 423 327, soit 11,4 %), l'elomwe (985 920, soit 7,9 %), le chisena (876 057, soit 7,0 %), le portugais (809 186, soit 6,5 %), et l'echuwabo (786 715 , soit 6,3 %). En ce qui concerne la langue portugaise, selon le recensement de 2007[13], 50,4 % de la population sait la parler (80,8 % en ville et 36,3 % en campagne) contre 39,5 % en 1997 et 24,4 % en 1980 ; 12,8 % l'utilise comme langue principale à la maison (8,8 % en 1997) ; et 10,7 % la considère comme leur langue maternelle (6,5 % en 1997 et 1,2 % en 1980). À Maputo, la capitale, c'est même 42,9 % des habitants de 5 ans et plus qui ont le portugais comme langue maternelle[14] et 55,2 % comme principale langue au quotidien[réf. nécessaire]. Entre 1997 et 2007 la langue portugaise a progressé dans tout le pays[15]. Les langues bantoues représentent quant à elles les langues maternelles de 85,2 % de la population du pays (93,5 % en 1997 et 98,8 % en 1980)[13].

Principales langues maternelles au Mozambique de par le nombre de locuteurs de plus de 5 ans selon le recensement de 1997[12]
Rang Langue maternelle Pourcentage de la population Nombre de locuteurs
1 emakhuwa 26,3 % 3 291 916
2 xichangana 11,4 % 1 423 327
3 elomwe 7,9 % 985 920
4 chisena 7,0 % 876 057
5 portugais 6,5 % 809 186
6 echuwabo 6,3 % 786 715
Principales langues parlées au quotidien au Mozambique de par le nombre de locuteurs selon le recensement de 2007[16]
Rang Langue la plus utilisée au quotidien Pourcentage de la population
1 emakhuwa 25,4 %
2 portugais 12,8 %
3 xichangana 10,4 %
4 chisena 7,1 %
5 elomwe 6,9 %
6 chichewa 5,8 %
Cathédrale de Maputo
Mosquée sur l'île de Mozambique

Le pays compte environ 101 ethnies, les plus importantes étant les Makondés, les Tsongas, les Yao et les Shonas. La plupart des Mozambicains sont d'origine africaine. En effet, ils constituent 99,68 % de la population totale du Mozambique. 0,06 % d'entre eux sont Européens, 0,02 % Euro-Africains et 0,08 % sont d'origine indienne.

Religion

Selon le recensement de 2007, les principaux cultes sont le christianisme pour 56,1 % (dont catholicisme 28,4 %) et l'islam pour 17,9 %, alors que 7,3 % de la population pratiquent une autre religion et 18,7 % aucune[17].

La Direction nationale des affaires religieuses au ministère de la Justice affirme que les chrétiens évangéliques représentent le groupe religieux le plus rapide en croissance dans le pays. En général, les communautés religieuses ont tendance à tirer leurs membres à travers des lignes ethniques, politiques, économiques et raciales.

Santé

Pharmacien de la province de Niassa

Au Mozambique, des dizaines de milliers de personnes meurent ou tombent malades en raison du manque d'accès à l'eau potable. La dysenterie, le choléra et les autres maladies hydriques figurent parmi les principales causes de mortalité, avec le paludisme et le sida. Selon les Nations unies, chaque année, plus de 20 000 enfants décèdent de maladies hydriques[18]. Le pays est bénéficiaire de l'aide internationale et notamment de la part d'Unitaid, ce qui lui a permis notamment de recevoir le traitement de 25 000 enfants par des antirétroviraux[19].

Culture

La cathédrale d’inspiration gothique de Notre-Dame de la Concession a été construite à Maputo en 1944 en forme de croix.

Application de musiro sur le visage d'une jeune fille
Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local
1er janvier Fête de la fraternité universelle (الجامعة) Dia da Fraternidade Universal
3 février Jour des héros mozambicains Dia dos Heróis Moçambicanos
7 avril Jour de la femme mozambicaine Dia da Mulher Moçambicana
25 juin Fête de l’indépendance nationale Dia da Independência Nacional
7 septembre Jour de la victoire Dia da Vitoria
25 septembre Jour des forces armées de libération nationale Dia das FPLM
4 octobre Jour de la paix et de la réconciliation Dia da Paz e da Reconciliacao
25 décembre Jour de la famille Dia da Familia

Codes

Le Mozambique a pour codes :

Notes et références

  1. Les langues bantoues sont également très utilisées.
  2. http://reports.weforum.org/global-competitiveness-report-2014-2015/economies/#economy=MOZ
  3. Indicateurs internationaux de développement humain
  4. Mozambique : guerre et nationalismes, Politique africaine,
  5. "L'Afrique des Grands Lacs: Annuaire 1999-2000", par Stefaan Marysse et Filip Reyntjens, page 302 [1]
  6. "Bourse : malgré la baisse, les affaires continuent printemps arabe" par Frédéric Maury sur Jeuneafrique.com, 18 avril 2011 [2]
  7. http://m.france24.com/fr/20150629-mozambique-homosexualite-depenalise-avortement-code-penal-afrique-australe
  8. Produit extrait de la noix de coco
  9. Bilan de monde 2008 Le Monde janvier 2008
  10. CIA World Fact Book
  11. http://www.ethnologue.com/country/MZ
  12. a et b http://data.un.org/Data.aspx?d=POP&f=tableCode:27
  13. a et b http://www.catedraportugues.uem.mz/lib/docs/lusofonia_em_mocambique.pdf
  14. http://www.catedraportugues.uem.mz/lib/docs/Tese_Doutorado_Alexandre_A._TIMBANE.pdf
  15. http://run.unl.pt/bitstream/10362/8414/3/TEGI0261.pdf
  16. http://dhsprogram.com/pubs/pdf/FR266/FR266.pdf
  17. https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/mz.html#People
  18. L'eau, un atout santé rare au Mozambique, Afp, 9 novembre 2006
  19. http://www.ambafrance-mz.org/Ouverture-du-seminaire-Interaid-en

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes