Mouvement jeune révolution

Mouvement jeune révolution

Le Mouvement jeune révolution, ou MJR, était un groupe d'extrême droite français, créé en décembre 1966 par d'anciens membres de l'OAS Métro-Jeunes, au premier rang desquels Nicolas Kayanakis, sorti de prison quelques mois plus tôt. Les militants issus de l'OAS Métro-Jeunes y côtoient des anciens partisans de Jean-Louis Tixier-Vignancour, parmi lesquels Jean-Pierre Stirbois et Christian Baeckeroot[1].

Marqué par le catholicisme social et le courant résistancialiste de l'OAS, le groupe « gauchise » son discours après mai 1968. Il met alors de plus en plus en avant ses liens avec l'Union des solidaristes russes, un mouvement d'émigrés Russes blancs. Le MJR se présente dès lors comme solidariste[2] : il s'agit de la première incarnation de ce courant qui connaîtra un certain succès au sein de l'extrême droite française dans les années 1970[1].

Le MJR se réclame du capitaine Pierre Sergent, alors dans la clandestinité. Mais ce dernier, une fois amnistié, se montre peu attiré par la fonction de leader du solidarisme auquel on le destinait et préconise la dissolution du groupe, ce à quoi Kayanakis s'oppose[1]. L'orientation solidariste adoptée par le MJR le pousse en 1970 à se rebaptiser AS-MJR (AS signifiant Action solidariste). Le groupe s'oriente de plus en plus vers un « européisme » antiaméricain. Se voulant à la fois opposé au « système » et antifasciste, le MJR reprend néanmoins un slogan de Jacques Doriot, « ni droite ni gauche, en avant ! » En 1971, le MJR cède la place au Mouvement solidariste français[2],[3].

L'organe de presse du MJR était Jeune Révolution.

Références

  1. a b et c Anne-Marie Duranton-Crabol, Le Temps de l'OAS, Complexe, 1999, page 249
  2. a et b Nicolas Lebourg, Le Monde vu de la plus extrême droite : le nationalisme révolutionnaire, Presses universitaires de Perpignan, 2010, page 103
  3. Anne-Marie Duranton-Crabol, L'Europe de l'extrême droite, Complexe, 1999, page 65

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