Moldaves

Moldaves
Moldaves
Moldoveni
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Moldave en costume traditionnel à Chișinău, en 1995.
Populations significatives par région
Drapeau de la Roumanie Roumanie 4 734 000 (ne sont pas considérés comme Moldaves par les États de la CEI) (2002)[1]
Drapeau de la Moldavie Moldavie 2 245 693 (en comptant les 177 635 moldaves de Transnistrie) (2004)[2]
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 258 619 (seulement les citoyens roumanophones de l'un des États de la CEI) (2001)[3]
Drapeau de la Russie Russie 156 400 (seulement les citoyens roumanophones de l'un des États de la CEI) (2010)[4]
Drapeau de l'Italie Italie 142 583 (citoyens de la république de Moldavie, toutes origines et langues confondues)
Drapeau de l'Espagne Espagne 17 426 (citoyens de la république de Moldavie, toutes origines et langues confondues)
Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan 14 245 (seulement les citoyens roumanophones de l'un des États de la CEI)
Drapeau du Portugal Portugal 13 586 (citoyens de la république de Moldavie, toutes origines et langues confondues)
Population totale environ 7.6 millions (dont environ 2.9 millions en CEI où eux seuls sont considérés comme Moldaves)
Autres
Régions d’origine Moldavie occidentale et orientale (Bessarabie), Bucovine
Langues Roumain (aussi nommé « moldave » en Moldavie)
Religions Christianisme orthodoxe (majoritaire), catholique et évangélique (minoritaires)
Ethnies liées Roumains
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Carte de répartition

Les Moldaves (en Roumain : moldoveni; où en cyrillique : Молдовень) sont, selon les définitions ethnographiques, une partie de la population roumanophone[5] vivant principalement en Roumanie (dans la région roumaine de Moldavie), en République de Moldavie (où ils constituant le principal groupe linguistique), ainsi qu'en Ukraine et en Russie (en tant que minorité).

Il existe deux sens différents du mot Moldaves (les deux se réfèrent au droit du sang) :

Enfin selon le droit international (qui est un droit du sol), les Moldaves sont tous les citoyens de la République de Moldavie, quelles que soient leurs langues, traditions, croyances et origines[8].

Caractéristiques des populations concernées

Relations entre citoyenneté, langue et appartenance géo-historique dans l'espace roumanophone.

Dans le sens ethnologique du terme, les « Moldaves » sont roumanophones, traditionnellement et majoritairement chrétiens orthodoxes, et ils ont des origines, une culture et une histoire commune avec les autres roumanophones, plus spécialement avec ceux de la région roumaine de Moldavie. La langue populaire des Moldaves est le parler moldave des linguistes (graiul moldovenesc), qui est l'un des parlers régionaux de la langue daco-roumaine (appelée roumain en Roumanie), parler usité en Moldavie tant roumaine qu'indépendante ou ukrainienne. Ce parler moldave populaire ne doit pas être confondu avec la « langue moldave » (limba moldovenească) qui, selon l'article 13 de sa constitution[6], est l'un des deux noms de la langue officielle et savante de la république de Moldavie, dont il est la dénomination politique : l'autre nom est, selon la déclaration d'indépendance de 1991 et l'arrêt no 36 de la Cour constitutionnelle du 5 décembre 2013, celui de langue roumaine (limba românească).

Au XXIe siècle, 56 % des Moldaves (4 734 000 personnes) vivent sur 46 % du territoire de l'ancienne Moldavie (en Roumanie)[1] et 44 % (3 660 500 personnes) vivent sur 54 % du territoire de l'ancienne Moldavie (3 288 500 personnes en République de Moldavie, soit 36 % de l'ancienne principauté[2], et 372 000 personnes en Ukraine, soit 18 % de l'ancienne principauté[9]).

Polysémie de la dénomination

Gris : aire de distribution des Moldaves ; jaune : États dont la langue officielle est le daco-roumain (appelé roumain en Roumanie et aussi moldave en République de Moldavie).
Carte de 1900 montrant l'aire de répartition de la langue (daco-)roumaine en bleu (en rouge les frontières en 2017).

Le mot français « moldave » est polysémique en raison des controverses politiques : pour échapper à cette polysémie, d'autres langues rendent le français « moldave » par deux mots différents :

Ce second sens, qui fait des Moldaves une ethnie romane orientale aussi distincte des Roumains que le sont les Italiens ou les Espagnols, n'est d'ailleurs pas clairement stabilisé : concerne-t-il seulement les Moldaves de l'ex-URSS (et eux seuls)[12],[13] ou bien l'ensemble des Moldaves (tous, en Roumanie comme dans l'ex-URSS)[14] ?

Pour les pro-russes qui adoptent la première position, logiquement, le qualificatif de moldaves est récusé pour les habitants de la partie roumaine de la Moldavie historique, puisque, selon ce point de vue, on ne peut pas être simultanément moldave et roumain, car la législation des anciennes républiques soviétiques oblige leurs habitants roumanophones à se déclarer « moldaves ou roumains »[15], alors que les Moldaves de Roumanie peuvent être simultanément « moldaves et roumains » (comme on peut être champenois et français). Ainsi, l'approche exclusivement politique des anciennes républiques soviétiques et des auteurs qui s'en tiennent à leurs statistiques donne au mot « moldave » deux sens différents (uniquement un roumanophone en Moldavie et Ukraine, mais tout citoyen de la Moldavie y compris de langue russe, ukrainienne, bulgare ou autre dans la diaspora), amalgamant les notions d'« ethnie » (telle qu'elle était définie en Union soviétique) et de citoyenneté. De plus, cette approche pro-russe exclut du mot « moldave » les Moldaves de Roumanie qui représentent pourtant plus de la moitié des « Moldaves » en tant qu'autochtones du territoire de l'ancienne principauté[16].

En raison de ces controverses, le mot « moldave » est souvent utilisé de manière divergente et contradictoire, avec des sens différents selon le contexte et l'auteur :

Notes et références

  1. a et b Recensement de 2002 - Evenimentul.ro - 25 février 2009
  2. a et b (ro) (en) Recensămîntul populaţiei 2004
  3. « The distribution of the population by nationality and mother tongue » [archive du ], All-Ukrainian population census, State Statistics Committee of Ukraine, (consulté le 15 février 2012)
  4. « 4.1. National composition of population », 2010 All-Russia Population Census. Basic Results, Russian Federal State Statistics Service, (consulté le 15 février 2012)
  5. Dite « roumaine » selon le sens ethnologique de la (de) Brockhaus Enzyklopädie [1]
  6. a et b Constitution de la République de Moldavie.
  7. En 2007, Grigori Petrenko, un russophone de République de Moldavie, membre du Parti des communistes de la République de Moldavie, établi en Roumanie, y a revendiqué la reconnaissance d'une « communauté moldave de Roumanie » : connaissant la loi roumaine, Petrenko s'attendait à un refus, qui intervint en 2007 par un jugement du tribunal de Pașcani (dossier no 4094/866/2007). Une fois ce refus prononcé, Petrenko attaqua la Roumanie devant le Conseil de l'Union européenne (question no 551 du 26 juin 2008) pour le « viol du droit des Moldaves de Roumanie » (il s'agit des Moldaves non-citoyens roumains) « à se voir reconnaître une identité nationale » (document no 11.668), c'est-à-dire pour le refus de la Roumanie de s'aligner (comme à l'époque de la dictature communiste) sur la définition soviétique de l'identité moldave. Il fut débouté. Par ailleurs, selon Autoritatea Naţională pentru Cetăţenie (sur [2]) de 1991 à 2011, 349 440 citoyens de la République de Moldavie ont demandé la nationalité roumaine (comme le leur permet l'article 11 de la loi roumaine no 21 de 1991) et 196 825 l'ont obtenue.
  8. Dans le droit du sol, une personne a la nationalité inscrite sur son passeport, et ses origines n'entrent pas en ligne de compte.
  9. 11 % de la population de l'Bucovine septentrionale et du sud de la Bessarabie soit 0,8 % de la population de l'Ukraine selon The World Factbook, CIA (en) The World Factbook, CIA (2006) et selon l'ONU (en) ONU (2004)
  10. Ernest Geller, Soviet and Western Anthropology (1980), Nations et Nationalisme (1983) et Le Nationalisme (1997)
  11. Selon le site ultranationaliste moldave [3]
  12. Gheorghe Negru : (ro) Politica etno-lingvistică a R.S.S.M., ed. Prut Internațional, Chișinău 2000, (ISBN 9975-69-100-5), pag. 19-21
  13. John Mackinlay, Peter Cross, (en) Regional Peacekeepers, United Nations University Press 2003, (ISBN 92-808-1079-0), p. 139.
  14. Comme l'affirment les sites pro-russes (en (ro)) [www.moldovenii.md], [4], [5] et [6]
  15. Article 13 de la Constitution de la république de Moldavie
  16. (de) Brockhaus Enzyklopädie [7]
  17. Le droit des états issus de l'ex-bloc communiste est un droit du sang : le passeport n'indique que la citoyenneté, tandis que la carte d'identité et les autres actes d'état-civil indiquent aussi la « nationalité » qui signifie dans ces pays « origine ethnique » : ainsi, « Moldaves » ne désigne que les autochtones roumanophones (naţionalitatea moldovenească) de la République de Moldavie.