Mission de l'Organisation des Nations unies en république démocratique du Congo

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Mission de l'Organisation des Nations unies en république démocratique du Congo
Image illustrative de l’article Mission de l'Organisation des Nations unies en république démocratique du Congo
Abréviation MONUSCO
Type Opération de maintien de la paix
Siège 12 av. des Aviateurs (La Gombe, Kinshasa)
Commandement de la force Drapeau d'Afrique du Sud Derrick Mbuyiselo Mgwebi
Drapeau de Djibouti Awalé Abdounasir (police)
Financement 1 398 475 300 $
(juillet 2014 – juin 2015)
Contribution et personnel
Contributeurs
Observateurs militaires 462 observateurs
Troupe 19 461 soldats
Policiers 1 090 policiers
Civils locaux 2 725 civils
Civils internationaux 937 civils
472 volontaires des Nations unies
Pertes 93 morts

La Mission de l'Organisation des Nations unies en république démocratique du Congo (Monuc), devenue en 2010 la Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo (Monusco)([1]) depuis le 1er juillet 2010, est une mission de maintien de la paix en république démocratique du Congo de l’ONU. Elle a été créée par la résolution 1279[2] du Conseil de sécurité en date du .

La MONUSCO est actuellement dirigée par la diplomate Algerienne Leila Zerrougi.

Le budget annuel de la Monuc est d'environ 1,5 milliard de dollars[3].

La Monuc a été préparée par trois résolutions du Conseil de sécurité et la situation en république démocratique du Congo a donné lieu à une cinquantaine de résolutions[4] du Conseil de sécurité de 1999 à 2008. Elle a été dirigée pendant les deux premières années par l'ambassadeur Morjane de Tunisie.

Le quartier général de cette mission a été installé à Kinshasa, avec en outre la division de la RDC en 6 secteurs, ayant chacun un QG de secteur.

La MONUC, en collaboration avec l'ONG Fondation Hirondelle, a fondé en 2002 Radio Okapi, devenu le média le plus écouté en RDC[réf. nécessaire].

Historique

Un hélicoptère sud-africain Denel AH-2 Rooivalk assurant la protection d’un convoi d’ex-combattants FDLR, pour leur enrôlement au camp de transit de Kanyabayonga.

La situation en république démocratique du Congo est d'une très grande complexité. En 1999, cette situation héritait de l'état de déliquescence dans lequel le régime de Mobutu a laissé le pays, et donc d'un État déstructuré qui avait été artificiellement créé par la colonisation, d'un territoire grand comme l'Europe et peuplé par seulement 60 millions d'habitants, d'une population très variée parlant 250 langues, dont des congolais rwandophones, de l'installation depuis 1994 dans l'Est du pays du noyau des anciennes milices génocidaires et des anciennes Forces armées rwandaises décidées à se servir du Kivu pour reconquérir le Rwanda. À cela s'ajoutait le pillage permanent dont souffre ce pays victime de ses immenses richesses depuis deux siècles, dont sont responsables de nombreuses multinationales qui ont des relais utilisant les rivalités locales[5][réf. insuffisante], et une myriade de conflits locaux.[6] Enfin, depuis 1998, la deuxième guerre du Congo complique encore la situation.

Crée pendant la Deuxième guerre du Congo pour tenter de ramener la paix dans ce pays, elle fait face à la guerre du Kivu pour limiter les pertes parmi la population civile, faire respecter les accords de cessez-le-feu et faire rentrer au Rwanda les ex-génocidaires rwandais.

Les cinquante résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies depuis 1999 et les 17 000 casques bleus actuellement déployés en RDC n'ont pu jusqu'à maintenant ramener la paix. Une opération militaire autorisée par l'ONU, européenne et ponctuelle, l'opération Artémis, est venue soutenir en 2003 la MONUC, au nord du Kivu en Ituri.

En octobre 2008, alors que le conflit a repris dans le nord Kivu, la MONUC doit faire face à la démission de son commandant deux mois après sa prise de fonction[7].

À partir du [8], les forces congolaises appuyées par une brigade d'intervention de l'ONU lancent une offensive avec des moyens lourds : plus de 3 600 militaires congolais déployant des chars T-55 et des véhicules de combat d'infanterie BMP-2 et la brigade de la force d'intervention de la Monusco appuyé par de l'artillerie, des Mi-35 de l’armée ukrainienne, trois Denel AH-2 Rooivalk de la force aérienne sud-africaine (qui interviennent à partir du 4 novembre)[9] lancent une offensive générale[10] dans la zone de 700 km2 contrôlée par le M23 qui déclare qu'elle dépose les armes le 5 novembre 2013[11].

Le rôle de la Monusco a été confirmé et repris dans l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la république démocratique du Congo et la région[12] de 2013.

Ces dernières années, le rôle principal de la MONUSCO est de protéger les civils Congolais.[13]

Sièges de secteur

Déploiement de la Monuc en décembre 2009.

Le QG de Kinshasa se trouve sur le boulevard du 30 juin, en plein quartier des affaires (commune de Gombe), à quelques centaines de mètres des principales ambassades (Belgique, France, États-Unis) et des grands hôtels (Hôtel Memling). La principale base logistique et ses dépôts est située au sud-est de la ville, dans la commune de Limete. Une autre implantation importante se trouve située au sud-ouest de la Gombe (quartier Socimat), à proximité de la baie de Ngaliema.

Budget et effectif

En 2012 la Monuc dispose d'un budget de 1,490 milliard de dollars. L'effectif déployé de plus de 23 000 personnes dépasse l'effectif autorisé (22 016 personnes)[14].

Effectifs

Le général J. Baillaud en 2013.

À la date du , la Monusco comptait un effectif de 18 914 personnes dont 16 819 militaires, 747 observateurs militaires et 1 354 policiers[15] :

  • Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud : 1 202 militaires et 12 observateurs militaires ;
  • Drapeau de l'Algérie Algérie : 5 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Bénin Bénin : 450 militaires, 14 observateurs militaires et 21 policiers ;
  • Drapeau du Bangladesh Bangladesh : 2 523 militaires, 30 observateurs militaires et 387 policiers ;
  • Drapeau de la Belgique Belgique : 22 militaires, 5 observateurs militaires et 1 policier ;
  • Drapeau de la Bolivie Bolivie : 10 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine : 5 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Brésil Brésil : 1 Force Commander et 6 militaires staff
  • Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso : 9 observateurs militaires et 18 policiers ;
  • Drapeau du Cameroun Cameroun : 5 observateurs militaires et 19 policiers ;
  • Drapeau du Canada Canada : 8 observateurs militaires et 4 policiers ;
  • Drapeau de la République centrafricaine République centrafricaine : 14 policiers ;
  • Drapeau de la République populaire de Chine Chine : 218 militaires et 16 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Colombie Colombie : 10 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire : 35 policiers ;
  • Drapeau du Danemark Danemark : 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau de l'Égypte Égypte : 1 000 militaires, 24 observateurs militaires et 144 policiers ;
  • Drapeau de l'Espagne Espagne : 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau des États-Unis États-Unis : 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la France France : 5 officiers d'état-major et 9 policiers ;
  • Drapeau du Ghana Ghana : 462 militaires et 27 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Guatemala Guatemala : 150 militaires et 8 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Guinée Guinée : 22 policiers ;
  • Drapeau de l'Inde Inde : 3 707 militaires, 60 observateurs militaires et 255 policiers ;
  • Drapeau de l'Indonésie Indonésie : 175 militaires et 17 policiers ;
  • Drapeau de l'Irlande Irlande : 3 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Jordanie Jordanie : 220 militaires, 25 observateurs militaires et 9 policiers ;
  • Drapeau du Kenya Kenya : 24 observateurs militaires ;
  • Drapeau de Madagascar Madagascar : 17 policiers ;
  • Drapeau du Mali Mali : 19 observateurs militaires et 27 policiers ;
  • Drapeau du Malawi Malawi : 17 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Malaisie Malaisie :15 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Maroc Maroc : 848 militaires et 5 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Mongolie Mongolie : 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Mozambique Mozambique : 1 observateur militaire ;
  • Drapeau du Népal Népal : 1 026 militaires et 25 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Niger Niger : 15 observateurs militaires et 30 policiers ;
  • Drapeau du Nigeria Nigeria : 26 observateurs militaires et 1 policier ;
  • Drapeau de la Norvège Norvège : 1 observateur militaire ;
  • Drapeau d'Oman Oman : 2 observateur militaire ;
  • Drapeau du Pakistan Pakistan : 3 562 militaires et 57 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Paraguay Paraguay : 17 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Pérou Pérou : 7 observateurs militaires ;
  • Drapeau des Philippines Philippines : 2 observateur militaire ;
  • Drapeau de la Pologne Pologne : 3 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Portugal Portugal : 3 observateurs militaires et 1 policier ;
  • Drapeau de la République tchèque République tchèque : 3 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Roumanie Roumanie : 22 observateurs militaires et 14 observateurs militaires ;
  • Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : 5 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Russie Russie : 30 observateurs militaires et 1 policier ;
  • Drapeau du Sénégal Sénégal : 20 observateurs militaires et 270 policiers ;
  • Drapeau de la Serbie Serbie : 6 militaires et 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Sri Lanka Sri Lanka: 4 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Suède Suède : 6 observateurs militaires et 4 policiers ;
  • Drapeau de la Suisse Suisse : 3 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Tanzanie Tanzanie : 2 observateurs militaires ;
  • Drapeau du Tchad Tchad : 20 policiers ;
  • Drapeau du Togo Togo : 5 policiers ;
  • Drapeau de la Tunisie Tunisie : 31 observateurs militaires ;
  • Drapeau de la Turquie Turquie : 11 policiers ;
  • Drapeau de l'Ukraine Ukraine : 13 observateurs militaires et 4 policiers ;
  • Drapeau de l'Uruguay Uruguay : 1 248 militaires, 45 observateurs militaires et 2 policiers ;
  • Drapeau du Yémen Yémen : 6 observateurs militaires et 10 policiers ;
  • Drapeau de la Zambie Zambie : 21 observateurs militaires.

Le 20 juin 2011, 981 civils internationaux, 2 827 civils locaux et 616 volontaires de l’ONU sont aussi déployés dans le cadre de la Monusco.

Commandants

Nom Fonction ou grade Pays Mandat Commentaire
Mountaga Diallo Général de division Sénégal mars 2000 - décembre 2003 (3 ans)
Sumaila Iliya Général Nigéria
Babacar Gaye Général Sénégal mars 2005 - septembre 2008 (2 ans)
Vicente Diaz de Villegas y Herrería Général de Corps d'Armée Espagne septembre 2008 - octobre 2008 ()
Ishmeel Ben Quartey Général de brigade Ghana depuis le 27 octobre 2008 commandant ad intérim
Babacar Gaye Général de Corps d'Armée Sénégal Débute en septembre
Derick Mbuyiselo Mgwebi[16] Général de Corps d'Armée Afrique du Sud Février 2016 - Décembre 2017

Abus sexuels

Des personnels de la Monuc ont été impliqués dans 140 cas d'allégations sur des abus d'exploitation sexuelle entre décembre 2004 et août 2006[17]. De nouveaux cas ont été rapportés, notamment en 2008 et 2014[18],[19]. Malgré une « tolérance zéro » affichée, de multiples missions de l'ONU ont été entachées par des incidents de ce type, notamment en Érythrée, au Burundi, au Soudan, au Liberia, en Côte d'Ivoire [17] et en République centrafricaine[20].

Sources

Références

  1. MONUSCO, Portail de l'ONU
  2. Résolution 1279 du Conseil de sécurité
  3. MONUSCO, Faits et chiffres
  4. Résolutions du Conseil de sécurité
  5. Radio France internationale, Pillage de la RDC : l’union fait la force
  6. Séverine Autesserre, The Trouble with the Congo: Local Violence and the Failure of International Peacebuilding, New York, Cambridge University Press,
  7. Le Secrétaire général de l'ONU annonce la démission du commandant de la force de la Monuc - 27 octobre 2008
  8. Rigaud - 27 octobre 2013
  9. Wingrin 2013
  10. « RDC: à Chanzu, les FARDC célèbrent leur victoire contre le M23 », sur Radio France internationale, (consulté le 8 novembre 2013)
  11. Christophe Rigaud, « RDC : Un nouveau scénario s'écrit au Kivu », sur Afrikabia, (consulté le 8 novembre 2013)
  12. « 2013, Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la république démocratique du Congo et la région », sur www.peacemaker.un.org, (consulté le 7 avril 2017)
  13. (en) « MONUSCO at glance », MONUSCO,‎ (lire en ligne)
  14. Faits et chiffres - site de la MONUSCO
  15. Operationspaix.net
  16. « Équipe d'encadrement de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en république démocratique du Congo (MONUSCO) », sur www.un.org (consulté le 30 janvier 2018)
  17. a et b [1]
  18. http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=19695#.Vw09zbJ9600
  19. http://afrique.kongotimes.info/monde/9154-rdc-monusco-continue-violer-femmes-jeunes-filles-toute-impunite-violences-sexuelles-casques-bleus-trempes-jusque-cou.html
  20. https://minusca.unmissions.org/de-nouvelles-accusations-d%E2%80%99abus-sexuels-port%C3%A9es-contre-les-casques-bleus-de-la-minusca

Bibliographie

Ouvrages

  • Séverine Autesserre, The Trouble with the Congo: Local Violence and the Failure of International Peacebuilding, New York, Cambridge University Press, 2010.

Articles

  • Christophe Rigaud, « RDC : Le M23 lâché par Kigali ? », Afrikabia,‎ (lire en ligne)
  • (en) Dean Wingrin, « First ever combat for Rooivalk », defenceWeb,‎ (lire en ligne)

Résolutions du Conseil de sécurité

1999
2000
2001
2002
  • Résolution 1399 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1417 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1445 du Conseil de sécurité
2003
  • Résolution 1457 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1468 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1484 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1489 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1493 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1499 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1501 du Conseil de sécurité
2004
  • Résolution 1522 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1533 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1552 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1555 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1565 du Conseil de sécurité
2005
  • Résolution 1592 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1596 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1616 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1621 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1628 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1635 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1649 du Conseil de sécurité
2006
  • Résolution 1654 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1669 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1671 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1693 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1698 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1711 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1736 du Conseil de sécurité
2007
  • Résolution 1742 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1751 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1756 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1768 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1771 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1794 du Conseil de sécurité
2008
  • Résolution 1797 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1799 du Conseil de sécurité
  • Résolution 1807 du Conseil de sécurité

Annexes

Articles connexes

Liens externes

  • Site de la MONUSCO
  • BBC : SCANDALES A LA MONUC