Miloš Zeman

Miloš Zeman
Miloš Zeman en 2017.
Miloš Zeman en 2017.
Fonctions
Président de la République tchèque
En fonction depuis le
(4 ans, 10 mois et 24 jours)
Élection 26 janvier 2013
Réélection 27 janvier 2018
Président du gouvernement Petr Nečas
Jiří Rusnok
Bohuslav Sobotka
Andrej Babiš
Prédécesseur Václav Klaus
Président du Parti des droits civiques

(2 mois et 23 jours)
Prédécesseur Parti fondé
Successeur Vratislav Mynář 
Président du gouvernement tchèque

(3 ans, 11 mois et 25 jours)
Président Václav Havel
Gouvernement Zeman
Législature 3e
Coalition ČSSD
Prédécesseur Josef Tošovský
Successeur Vladimír Špidla
Président de la Chambre des députés

(2 ans et 20 jours)
Législature 2e
Prédécesseur Milan Uhde 
Successeur Václav Klaus
Président du Parti social-démocrate

(8 ans, 1 mois et 10 jours)
Prédécesseur Jiří Horák 
Successeur Vladimír Špidla
Biographie
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Kolín (Allemagne nazie)
Nationalité Tchèque
Parti politique KSČ (1968-1970)
ČSSD (1992-2007)
SPOZ (2009-2013)
Conjoint Ivana Bednarčíková
(depuis 1993)
Diplômé de École supérieure
d'économie de Prague
Profession Économiste
Religion Athée
Résidence Château de Prague

Signature de Miloš Zeman

Miloš Zeman
Présidents de la République tchèque
Présidents du gouvernement tchèque

Miloš Zeman, né le à Kolín (alors dans le protectorat de Bohême-Moravie), est un homme d'État tchèque, président du gouvernement de 1998 à 2002 et président de la République depuis 2013.

Économiste de formation, il adhère au Parti communiste tchécoslovaque en 1968, mais le quitte deux ans plus tard. Il est dès lors en conflit avec le pouvoir en place, ce qui lui vaut d'être surveillé et sanctionné par les autorités communistes.

Après avoir pris part à la révolution de Velours, il est élu président du Parti social-démocrate tchèque (ČSSD) en 1993 et président de la Chambre des députés en 1996. Il devient président du gouvernement en 1998, conduisant un cabinet minoritaire soutenu par la première formation de l'opposition. Il ne se représente pas en 2002 et échoue à se faire élire président de la République en 2003.

À l'issue de l'élection présidentielle de 2013, où il se présente sous les couleurs de sa propre formation, le Parti des droits civiques (SPOZ), il devient le troisième président de la République tchèque et le premier chef de l'État élu au suffrage universel direct. Davantage que ses prédécesseurs, il exerce un rôle important sur la scène politique. Il est élu pour un second mandat lors de l'élection présidentielle de 2018.

Biographie

Enfance

Il naît le à Kolín, en protectorat de Bohême-Moravie, près de Prague.

Ses parents divorcent quand il a deux ans. Il est élevé par sa mère, qui est professeur[1].

Sous le régime communiste

À la fin de ses études secondaires, en 1963, Miloš Zeman est interdit d'études supérieures, après la publication d'un article sur Tomáš Masaryk. Admis à l'École supérieure d'économie de Prague en 1965, il suit les cours à distance deux années durant, puis rejoint l'université en 1967.

Il adhère au Parti communiste tchécoslovaque (KSČ) l'année d'après, en 1968, et obtient son diplôme avec une thèse sur la prévision économique en 1969. Il commence alors à enseigner la prospective aux étudiants de l'école. En 1970, il est exclu du parti pour avoir fait part de son opposition à l'invasion de la Tchécoslovaquie par le Pacte de Varsovie[2].

Pendant un an, Miloš Zeman est au chômage, frappé d'une interdiction de travail. En 1971, celle-ci est levée et il est recruté par la société Sportpropag en tant que prévisionniste économique[3]. Sur instruction du comité central du KSČ, à la suite de publications prétendument anti-communistes, il est licencié en 1984, mais retrouve un emploi au sein de la société Agrodat la même année.

Il est de nouveau contraint de quitter son travail en 1989, quelques mois avant la révolution de Velours, pour avoir publié dans le Technický magazín un article critiquant le totalitarisme du pouvoir en place[4],[5].

Révolution et adhésion au ČSSD

Après avoir critiqué l'état de l'économie à la télévision tchécoslovaque puis participé à la grande manifestation du 17 novembre 1989, il convoque des réunions dans les théâtres et à l'université dans le centre de Prague. En , le Forum civique (OF) le coopte à la Chambre des peuples de l'Assemblée fédérale de Tchécoslovaquie. Élu aux élections libres de alors que l'OF emporte 50 des 75 sièges à pourvoir en République tchèque, il est élu au bureau de l'assemblée et prend la présidence de la commission du Budget.

En 1992, il adhère au Parti social-démocrate tchèque (ČSSD). Au mois de juin, il est élu à la Chambre des députés de l'Assemblée fédérale. En octobre, il présente et fait adopter, par les deux chambres, une résolution demandant la création d'une « Union tchéco-slovaque », sur un modèle confédéral, grâce aux voix du Mouvement pour une Slovaquie démocratique (HZDS), alors que ce dernier avait négocié, avec le Parti civique démocrate (ODS), tchèque, la séparation de la Tchécoslovaquie[6].

Le , à la suite de la séparation, il est désigné président du ČSSD.

Président de la Chambre des députés

Lors des élections législatives tchèques des 31 mai et , le ČSSD remporte 26,4 % des voix et 61 sièges sur 200, soit vingt points et 45 sièges de plus que lors du scrutin de 1992, ce qui en fait la deuxième formation du pays.

Après une médiation du président de la République, Václav Havel, il passe un accord avec le Parti civique démocrate (ODS) de Václav Klaus, ce qui lui permet d'être élu président de la Chambre des députés[7],[8].

Président du gouvernement

Miloš Zeman et le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, en 2002.

En vue des élections législatives anticipées des 19 et , il fait campagne en promettant de renverser le déclin de la productivité, d'arrêter la dégradation du niveau de vie, de réduire le chômage et de mettre fin à la criminalité des « cols blancs » liée aux privatisations[9]. Les sociaux-démocrates remportent 32,3 % des suffrages et 74 députés, devenant la première force politique tchèque.

Ayant conclu un accord avec l'ODS, qui assure son remplacement par Klaus à la présidence de la chambre basse et par lequel le parti libéral s'interdit de voter une motion de censure[10], il est investi président du gouvernement de la République tchèque le . Le but inavoué de l'accord est de réduire à néant l'influence de l'Union chrétienne démocrate - Parti populaire tchécoslovaque (KDU-ČSL) et de l'Union de la liberté (US), les deux petits partis centristes soutenus par Václav Havel[11].

Dans un entretien accordé au magazine autrichien Profil en janvier 2002, Miloš Zeman justifie l'expulsion des Allemands des Sudètes à la fin de la Seconde Guerre mondiale, rappelant qu'ils ont été la « cinquième colonne d'Hitler » ; ces déclarations irritent ses homologues allemand et autrichien[12]. Il conseille par ailleurs aux Israéliens d'appliquer la même méthode d'expulsion aux Palestiniens, affirmant que Yasser Arafat lui rappelle Adolf Hitler[13].

Le , il est remplacé à la présidence du Parti social-démocrate tchèque par Vladimír Špidla, vice-président du gouvernement et ministre du Travail et des Affaires sociales. Dans la foulée, il décide de ne pas se représenter aux élections législatives des 14 et 15 juin 2002, qui voient de nouveau la victoire du ČSSD. Le , Vladimír Špidla, à la tête d'une alliance avec la KDU-ČSL et l'US-DEU, lui succède à la tête du gouvernement. Miloš Zeman se retire alors de la vie politique, décidant de vivre dans un village de la région de Vysočina, tout en continuant à user de son influence en politique[14].

Élection présidentielle de 2003

En octobre et novembre 2002, une élection primaire est organisée par le ČSSD pour désigner son candidat à l'élection présidentielle de 2003. Miloš Zeman obtient 49,5 % des voix, devançant Jaroslav Bureš (24,8 %), Otakar Motejl (20,5 %) et Martin Potůček (5,2 %). Cependant, les résultats n'étant pas contraignants, plusieurs dirigeants du ČSSD appellent à une autre candidature[15]. Le parti choisit finalement de soutenir Jaroslav Bureš au premier tour de l'élection avec pour idée que Miloš Zeman se présente au second tour[16],[17].

Le , après l'échec de Jaroslav Bureš, Miloš Zeman se présente au second tour de l'élection présidentielle, organisée au scrutin indirect (vote du Parlement). Bien que donné favori, il est éliminé à l'issue du premier vote du second tour, n'étant pas parvenu à faire le plein des voix dans son camp et ayant échoué à obtenir le ralliement des communistes[12]. Son côté clivant est avancé pour expliquer cet échec[12]. Václav Klaus est finalement élu et Miloš Zeman se met en retrait de la vie politique.

Retour en politique avec le SPOZ

En , il quitte le ČSSD, envers lequel il se montrait très critique depuis un certain temps, en raison d'un désaccord avec les positions de son président, Jiří Paroubek[18].

Deux ans plus tard, en , il annonce la création du Parti des droits civiques (SPOZ), formation de tendance sociale-démocrate, dont il prend la présidence à l'issue de son congrès fondateur, le . Lors des élections législatives de mai 2010, le SPOZ obtient 4,3 % des suffrages alors que le seuil pour entrer à la Chambre est de 5 %. Miloš Zeman démissionne immédiatement de la direction du SPOZ, mais en est élu président d'honneur en novembre.

Le SPOZ échoue également à dépasser le seuil des 5 % aux élections législatives de 2013 et devient le SPO l'année suivante.

Élection présidentielle de 2013

Candidat arrivé en tête par district au second tour :
  •      Miloš Zeman
  •      Karel Schwarzenberg

Le , il se déclare candidat à l'élection présidentielle de 2013, qui se tient, pour la première fois de l'histoire du pays, au suffrage universel direct. De tous les candidats, il est celui qui obtient le nombre le plus élevé de parrainages de citoyens nécessaires pour pouvoir participer à l'élection[19]. Europhile, il critique l'attitude de son prédécesseur, Václav Klaus, eurosceptique notoire. Il se prononce notamment pour l'adoption de l'euro[20].

Avec 24,2 % des suffrages exprimés, il arrive en tête du premier tour, devant le premier vice-président du gouvernement et ministre des Affaires étrangères, Karel Schwarzenberg (23,4 %), candidat de TOP 09[21]. Le candidat social-démocrate, Jiří Dienstbier, arrivé quatrième avec 16,1 % des voix, et le Parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM), qui n'avait aucun candidat, lui apportent leur soutien[22].

Au second tour, le , il obtient 54,8 % des voix[23]. Miloš Zeman devient ainsi le premier président tchèque élu au suffrage universel direct et déclare à cette occasion : « J’estime également le vote des électeurs de mon adversaire, car avec leur participation, ils ont donné la preuve de leur activisme citoyen. […] Je promets qu’en tant que président élu par les citoyens, je m’efforcerai d’être le président de tous les citoyens »[24].

Président de la République

Entrée en fonctions

Le 8 mars 2013, Miloš Zeman prête serment au château de Prague, devenant ainsi le troisième président de la République tchèque. Le 3 avril suivant, il préside la cérémonie de la montée du drapeau européen sur le château de Prague, en compagnie du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso[25].

Politique intérieure

Miloš Zeman lors de son investiture, le .

À la suite de la démission du gouvernement de centre-droit du libéral Petr Nečas, en juin 2013, Miloš Zeman charge son conseiller Jiří Rusnok de former un cabinet de technocrates. Cette décision est vivement critiquée par plusieurs partis politiques, qui y voient une entorse à la Constitution[26]. Le vice-président du Parlement européen, Othmar Karas, et le président de la commission des Affaires étrangères, Elmar Brok, demandent que la Commission européenne vérifie rapidement si l'action de Zeman n’est pas contraire aux « valeurs » de l’Union européenne[27]. Cette interprétation des compétences présidentielles conduit des juristes et personnalités politiques à affirmer que Zeman chercherait à modifier à son profit l'équilibre constitutionnel tchèque[28].

Le 7 août 2013, le cabinet du président du gouvernement n'obtient pas la confiance de la chambre basse, 93 députés s'étant prononcés en faveur du gouvernement intérimaire de Rusnok, contre 100 n'ayant pas accordé leur confiance au chef du gouvernement[29]. Jiří Rusnok, qui avait pourtant déclaré vouloir gouverner sans la confiance du Parlement, annonce dans la foulée la démission de son gouvernement, une décision qui provoque dans la foulée la dissolution de la Chambre[30].

Les élections législatives anticipées, convoquées en octobre 2013, voient la victoire relative des sociaux-démocrates du ČSSD avec 20,5 % des voix. La pratique voulant que le chef de l'État confie au chef du parti arrivé en tête des élections la tâche de former un gouvernement, c'est vers le président du ČSSD, Bohuslav Sobotka, que Miloš Zeman doit se tourner. Le président exprime cependant ses réticences à nommer Sobotka, appelant à un changement de direction au sein de son ancien parti[31], vraisemblablement au profit du vice-président du ČSSD, Michal Hašek , considéré comme un de ses fidèles[32].

Près de trois semaines après le scrutin, Bohuslav Sobotka annonce, à l'issue d'une rencontre avec le président Zeman, qu'il est chargé de former le futur gouvernement[33],[34]. Le , Sobotka est nommé président du gouvernement tchèque, à la tête d'une coalition ČSSD-ANO-KDU-ČSL.

En avril 2016, les autorités tchèques annoncent leur intention de demander à l’ONU le changement de nom de la République tchèque au profit de « Tchéquie ». Ce changement de dénomination était prôné depuis plusieurs années par Miloš Zeman, qui jugeait l'ancien nom trop « froid »[35]. Cette mesure est jugée comme étant un coup porté à l’héritage de Václav Havel, rival historique de Zeman[35].

Lors des élections législatives d'octobre 2017, Miloš Zeman soutient le populiste Andrej Babiš, qui sort victorieux du scrutin et devient président du gouvernement en décembre[36]. Bien que Babiš ne parvienne à conclure une alliance lui assurant une majorité absolue à la Chambre des députés, Miloš Zeman, en pleine campagne présidentielle, annonce qu'il le renommera président du gouvernement jusqu'à ce qu'il parvienne à former un gouvernement.

Critiques envers l'islam

Il s'exprime à plusieurs reprises de manière critique envers l'islam et l'immigration en provenance de pays musulmans[37]. S'il loue l'intégration des étrangers arrivés en République tchèque, notamment les Vietnamiens et les Ukrainiens, il juge ce processus « pratiquement impossible » pour les populations musulmanes en raison de leurs différences de culture avec les pays européens[38]. Il dénonce en particulier une religion qu'il perçoit comme « beaucoup plus agressive et intolérante » que les autres et comme discriminatoire envers les femmes[39].

Commentant les attentats du 13 novembre 2015 en France, il demande la création d'une frontière sécurisée de l'Union européenne, qui n'a selon lui, en dépit des promesses de l'UE, pas été mise en place[40]. En août 2016, après plusieurs attaques terroristes ayant eu lieu en Europe, Jiri Ovcacek, porte-parole de la présidence, annonce qu'il « s'oppose à tout accueil des migrants sur le territoire tchèque » afin de ne pas créer « un bouillon de culture propice à des attaques terroristes »[41].

Politique internationale

Prises de position sur l'Union européenne

Élu sur un programme favorable à l'intégration européenne, il se montre au fil de sa présidence de plus en plus critique envers l'Union européenne, préférant renforcer la coopération de la République tchèque avec la Russie et la Chine[42].

Relations avec la Russie

Dans le cadre de la guerre du Donbass, il critique les sanctions décidées par l'UE contre la Russie. En mai 2015, il participe à Moscou aux cérémonies de commémoration de la Seconde Guerre mondiale, boycottées par la plupart des dirigeants occidentaux ; à ce sujet, il annonce à l'ambassadeur américain, qui s'était montré critique à son égard, que les portes du château de Prague lui sont fermées[43]. En septembre 2015, il est le seul chef d’État européen présent à Pékin au défilé militaire de commémoration de la capitulation du Japon[14].

Balkans

Bien que la République tchèque fasse partie des États ayant reconnu l'indépendance du Kosovo, Miloš Zeman estime que la reconnaissance du Kosovo viole la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU garantissant l'intégrité territoriale de la Serbie[44]. Il assimile le Kosovo à un État terroriste et mafieux[45] et dénonce le « double standard » des dirigeants occidentaux, qui reconnaissent l'indépendance du Kosovo tout en réprouvant les événements intervenus en Crimée à partir de 2014[44].

En août 2017, il affirme que la Bosnie-Herzégovine pourrait être une base de soutien à l'État islamique, ce qui cause une crise diplomatique avec les dirigeants bosniens[46].

Chine

Au cours de sa présidence, Miloš Zeman adopte des positions de plus en plus favorables à la Chine. En 2014, il déclare qu'il souhaite savoir comment la Chine a « stabilisé » sa société[47]. En 2016, il émet des critiques à l'égard des Tibétains et reçoit à Prague le président de la République populaire de Chine, Xi Jinping[48]. Cette visite officielle est marquée par des contestations[49],[50],[51].

États-Unis

Il est un des rares chefs de l'État à soutenir la candidature de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine de 2016[52],[53].

Appui à Israël
Miloš Zeman recevant le président d'Israël, Reuven Rivlin, en 2015.

Il fait partie des dirigeants prônant la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël[54]. En décembre 2017, comme le président Donald Trump l'a fait pour l'ambassade américaine, il propose la délocalisation de l'ambassade tchèque à Jérusalem[55]. Il avait déjà fait cette proposition en octobre 2013, mais la classe politique tchèque s'était montrée réservée sur la question[56]. Il qualifie de « lâche » l'Union européenne, qui selon lui « fait tout pour qu'un courant terroriste pro-palestinien prenne le dessus sur un courant pro-israélien »[57],[58].

Moyen-Orient

Durant la guerre civile syrienne, il soutient le régime de Bachar el-Assad contre les groupes d'islamistes radicaux. En septembre 2015, il émet la possibilité de voir un accord de paix signé à Prague[59].

Élection présidentielle de 2018

Le , il annonce sa candidature à un second mandat lors de l'élection présidentielle de 2018[60]. Il déclare qu'il ne fera pas campagne et limite le montant de ses dépenses[61]. Il reçoit le soutien du SPO, dont il est toujours président d'honneur, et celui — implicite — du parti Liberté et démocratie directe (SPD), classé à l'extrême droite de l'échiquier politique[62],[55]. Plusieurs dirigeants du Parti social-démocrate et du Parti communiste soutiennent également sa candidature[63],[64],[65].

Miloš Zeman et Vladimir Poutine en 2017.

Il arrive en tête du premier tour, le , avec 38,6 % des suffrages exprimés, devant Jiří Drahoš (26,6 %), candidat centriste et pro-Union européenne[66]. Pavel Fischer, Michal Horáček, Marek Hilšer, Mirek Topolánek et Vratislav Kulhánek, qui totalisent à eux cinq 33 % des voix du premier tour, appellent à voter pour Jiří Drahoš alors que seul le nationaliste Petr Hannig (0,6 %) se prononce pour Miloš Zeman[67].

Alors que Jiří Drahoš et ses partisans critiquent son exercice du pouvoir, son côté clivant et son état de santé déclinant[68], il intensifie le rythme de sa campagne et met en avant la question de l'immigration, accusant Drahoš d'être favorable à l'accueil des migrants en République tchèque[69]. À deux jours du second tour, le 24 janvier, il charge à nouveau Andrej Babiš, dont le parti a remporté les élections législatives d'octobre 2017 mais qui n'a pas obtenu la confiance de la Chambre des députés, de former un gouvernement[70]. Jiří Drahoš s'oppose à cette décision, affirmant qu'en cas d'élection il ne nommera pas Babiš du fait de l'enquête judiciaire qui le vise pour une fraude aux subventions de l'Union européenne[71].

Miloš Zeman est réélu le , avec 51,37 % des suffrages exprimés[72],[73]. Le scrutin est marqué par une participation de 66,6 %[66], un niveau record depuis les élections législatives de 1998. Les observateurs comparent ces résultats à ceux de l'élection présidentielle américaine de 2016, qui a vu la victoire d'un populiste de droiteDonald Trump – sur une candidate internationalisteHillary Clinton[74],[75],[76],[77].

Vie privée et familiale

Kateřina Zemanová, sa fille.

De 1971 à 1978, il est marié à Blanka Zemanová. Ils ont ensemble un fils, David  (né en 1971), qui deviendra un célèbre neurologue et biochimiste.

Divorcé de Blanka, Miloš Zeman se remarie en 1993 avec sa collaboratrice Ivana Bednarčíková. Il a avec celle-ci une fille, Kateřina  (née en 1994), très visible médiatiquement à partir de la campagne présidentielle de 2013[78].

Interrogé sur ses croyances religieuses, il se déclare athée « tolérant »[79],[80].

Personnalité et image

Pendant sa carrière politique, il use régulièrement de la provocation et adopte un ton particulièrement polémique à l'égard de ses opposants et des journalistes[14].

Son goût prononcé pour l'alcool, de notoriété publique, a conduit les médias à s'interroger sur son aptitude à gouverner[42],[81],[82],[83].

Alors qu'une neuropathie diabétique lui cause des difficultés pour se déplacer[84], son état de santé fait l'objet de nombreuses rumeurs insistantes durant son mandat présidentiel[85].

Décorations

Bibliographie

  • 1991 : Naše Posttotalitní krize a její možná východiska (« Notre crise post-totalitaire et ses issues possibles »).
  • 1998 : Varovná prognostika (« La prévision prémonitoire »).
  • 2005 : Jak jsem se mýlil v politice (« Comment je me suis fourvoyé en politique »).
  • 2006 : Vzestup a pád České sociální demokracie (« Ascension et chute de la social-démocratie tchèque »).

Notes et références

  1. « Miloš Zeman », novinky.cz (consulté le 27 janvier 2013).
  2. https://zpravy.idnes.cz/on-line-chat-milos-zeman-0sh-/domaci.aspx?c=A130102_150857_domaci_jw.
  3. https://domaci.ihned.cz/politika/c1-59177640-zeman-kandidat-prezident.
  4. Voir Miloš Zeman, « Prognostika a přestavba », Technický magazín, no 8, août 1989, pp. 6-9.
  5. https://zpravy.aktualne.cz/domaci/byl-muzem-revoluce-20-let-pote-zemana-nikam-nepozvali/r~i:article:653326/?redirected=1515893956.
  6. « Coup de théâtre à Prague - Le pied de nez du Parlement aux indépendantistes », Le Soir, .
  7. « Accord sur la formation du nouveau gouvernement - Tchéquie, fin de match », Le Soir, .
  8. « Volby 2018: Miloš Zeman, kandidát na prezidenta - E15.cz », Zprávy E15.cz, (lire en ligne).
  9. « L'étonnante résurgence du Parti communiste tchèque », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne).
  10. « La gauche accède au pouvoir grâce à l'opposition de droite ! Prague ou la politique du paradoxe », Le Soir, .
  11. « Václav Havel installe le gouvernement de Miloš Zeman - La Tchéquie reprend un peu de gauche », Le Soir, .
  12. a, b et c « Deuxième élection présidentielle en République tchèque, 24 janvier 2003 », Fondation Robert-Schuman,
  13. http://www.liberation.fr/planete/2002/03/18/les-sudetes-reviennent-hanter-l-europe_397254.
  14. a, b et c https://www.ouest-france.fr/europe/republique-tcheque/election-en-republique-tcheque-milos-zeman-le-president-populiste-favori-5494110.
  15. https://zpravy.idnes.cz/cast-cssd-dal-tlaci-motejla-na-hrad-drt-/domaci.aspx?c=A021202_212401_domaci_was.
  16. https://zpravy.idnes.cz/zeman-drzim-slib-do-prvni-volby-nejdu-dw4-/domaci.aspx?c=A021201_223515_domaci_POL.
  17. http://www.radio.cz/en/section/curraffrs/-presidential-candidates-step-forward-as-vaclav-havels-term-draws-to-an-end-.
  18. https://domaci.ihned.cz/cesko/c1-20717420-zeman-ukoncil-clenstvi-v-cssd-kvuli-kauze-altner.
  19. Il atteint ce nombre le 26 juin 2012 et en fait valider, au total, 82 856, soit le nombre le plus élevé.
  20. « République tchèque : le pro-européen Zeman succède à l'eurosceptique Klaus », Le Nouvel Observateur, .
  21. « Élection présidentielle : Miloš Zeman et Karel Schwarzenberg participeront au 2e tour », Radio Prague, .
  22. « Présidentielle – 2e tour : les sociaux-démocrates et les communistes soutiennent Miloš Zeman, l’ODS Karel Schwarzenberg », Radio Prague, .
  23. « Milos Zeman élu président de la République tchèque », Le Monde, .
  24. « Miloš Zeman élu nouveau président de la République tchèque », Radio Prague, .
  25. « Le drapeau européen flotte sur le château de Prague », Euronews, .
  26. « Le président Milos Zeman exacerbe la crise politique tchèque », Le Monde, .
  27. « Des députés européens réclament une vérification rapide de la résolution de la crise gouvernementale en République tchèque », Radio Prague, .
  28. « La Constitution tchèque à l’épreuve de la crise politique actuelle », Radio Prague, .
  29. « République tchèque : la crise politique n´est pas finie », Le Journal International, .
  30. « République Tchèque : chute du gouvernement de Jiri Rusnok », Euronews, .
  31. « Le parti social-démocrate : une division au sein du parti devient apparente », Radio Prague, .
  32. (de) « Tschechien vor schwieriger Regierungsbildung », Der Standard, .
  33. « Le président Zeman confiera bien la formation du gouvernement à Bohuslav Sobotka », Radio Prague, .
  34. Le , le chef de l'État confie au président du Parti social-démocrate la mission de constituer un gouvernement. Cf. « Le président Miloš Zeman charge Bohuslav Sobotka (ČSSD) de former un gouvernement », Radio Prague, .
  35. a et b http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/04/16/la-republique-tcheque-est-morte-vive-la-tchequie_4903541_3214.html.
  36. http://www.francesoir.fr/actualites-monde/republique-tcheque-le-milliardaire-andrej-babis-designe-premier-ministre.
  37. (en) « Zeman: Islam is to blame for attack on Jewish Museum in Brussels », praguepost.com, 27 mai 2014.
  38. https://www.independent.co.uk/news/world/europe/milos-zeman-czech-president-says-integrating-muslims-is-practically-impossible-a6818491.html.
  39. (cs) « Zeman se ospravedlňuje: Islám je skutečně anticivilizací », parlamentnilisty.cz, 7 juillet 2011.
  40. (cs) « Zeman se u francouzské ambasády vyslovil pro opevněnou Evropu », novinky.cz, 14 novembre 2015.
  41. « Le président tchèque Zeman opposé à « tout accueil de migrants » », lepoint.fr, 2 août 2016.
  42. a et b http://www.lalibre.be/actu/international/le-president-tcheque-milos-zeman-briguera-un-second-mandat-en-2018-58c1bbcfcd705cd98dd9163e.
  43. Il déclare ne pas pouvoir imaginer l'ambassadeur tchèque à Washington donnant des conseils au président américain sur les destinations où celui-ci pourrait voyager. Cf. (en) « Czech president 'bans US ambassador from Prague Castle' over Russia visit », theguardian.com, 5 avril 2015.
  44. a et b https://francais.rt.com/international/44274-president-tcheque-denonce-doubles-standards-crimee-kosovo
  45. https://www.blic.rs/vesti/politika/zeman-kosovo-teroristicki-rezim/ctjrk04
  46. http://www.radio.cz/en/section/news/bosnian-leader-accuses-zeman-of-islamophobia-over-is-claim
  47. http://www.bbc.com/news/world-europe-30086495
  48. http://www.tibetanreview.net/with-tibetan-flags-opposition-leaders-lead-czech-protest-against-visiting-chinese-president-xi/
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  50. http://www.digitaljournal.com/news/world/protests-as-china-s-xi-arrives-in-prague/article/461339
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  52. https://fr.news.yahoo.com/le-pr%C3%A9sident-tch%C3%A8que-milos-zeman-r%C3%A9%C3%A9lu-pour-cinq-102524661.html
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  57. http://www.jpost.com/Israel-News/EUs-anti-Israel-stance-on-Jerusalem-is-cowardice-Czech-president-says-517577
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  61. Avant le premier tour, il refuse de participer à tout débat télévisé et limite le montant de ses dépenses de campagne : dix jours avant le premier tour, celles-ci sont de seulement 1 800 couronnes tchèques contre plus de 20 millions pour ses deux principaux rivaux, Jiří Drahoš et Michal Horáček. Cf. https://www.novinky.cz/domaci/459244-topolanek-v-prosinci-ziskal-na-kampan-vice-penez-nez-drahos-na-horacka-presto-nema.html.
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Annexes

Articles connexes

Liens externes

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