Mer d'Azov

Mer d'Azov
Image satellite de la mer d'Azov.
Image satellite de la mer d'Azov.
Géographie humaine
Pays côtiers Drapeau de la Russie Russie
Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Géographie physique
Type Mer intracontinentale
Localisation Mer Noire, océan Atlantique
Coordonnées 46° 00′ nord, 36° 30′ est
Subdivisions Golfe de Taganrog, Syvach, détroit de Kertch
Superficie 37 600 km2
Profondeur
· Moyenne 13 m

Géolocalisation sur la carte : Ukraine

(Voir situation sur carte : Ukraine)
Mer d'Azov

Géolocalisation sur la carte : Russie européenne

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Mer d'Azov

Géolocalisation sur la carte : mer Noire

(Voir situation sur carte : mer Noire)
Mer d'Azov
La plage à Oursouf.

La mer d'Azov (en russe : Азовское море, Azovskoïe more ; en ukrainien : Азовське море, Azovs'ke more ; en tatar de Crimée : Azaq deñizi ; en adygue Khı Mıvt'e ; en grec ancien : Μαιώτιδα ou Méotide) est une mer intracontinentale peu profonde qui s'étend sur une superficie de 37 600 km2. Elle est bordée à l'ouest et au nord par l'Ukraine, à l'est par la Russie et au sud par la presqu'île de Crimée et la péninsule de Taman (Russie), toutes deux séparées par le détroit de Kertch qui la relie à la mer Noire. Elle porte le nom de la ville d'Azov.

Localisation

L'Organisation hydrographique internationale détermine les limites de la mer d'Azov de la façon suivante[1] : Dans le détroit de Kertch : une ligne joignant le mys Takil (45° 06′ 00″ N, 36° 27′ 14″ E), l'extrémité sud-est de la péninsule de Kertch (Kerchens'kyy pivostriv)[2],[3], en Crimée, en direction de l'est jusqu'au mys Panagiya (45° 08′ 26″ N, 36° 37′ 59″ E), l'extrémité sud-ouest de la péninsule de Taman (Tamanskiy poluostrov).

Géographie, géomorphologie

Cordon littoral sur la mer d'Azov.

La mer d’Azov est de fait le plus grand des limans de la mer Noire et forme l’estuaire commun de plusieurs fleuves, dont le principal est le Don. Comme pour les autres limans, ses eaux sont saumâtres et peu profondes (10 mètres en moyenne) tandis que ses rives sont généralement basses, marécageuses et couvertes de joncs et de roseaux ; d’ailleurs à l’époque de la Grèce antique, on l’appelait ἡ Μαιῶτις λίμνη : « liman Méotide »[4].

Hydrologie

Si ce liman a pris une telle proportion, cela tient au fait qu’à la fin de la dernière glaciation le Don, les fleuves des plaines d’Ukraine (Mious, Kalmious, Molotchna) et ceux venus du Caucase (Eïa, Beïsoug, Kouban), grossis de la fonte des glaces, butèrent, au niveau du détroit de Kertch, sur les premiers contreforts de la chaîne criméo-caucasienne. La mer d’Azov est leur déversoir et leur lagune commune d’accumulation. La plupart d’entre eux forment aujourd’hui des limans secondaires ou un delta individuel qui débouche ensuite dans ce bassin commun.

Pollution

L’eutrophisation d’origine agricole et urbaine est un des problèmes régionaux majeurs : les taux de nitrates en particulier ont doublé, voire triplé en mer Noire et en mer d’Azov dans les années 1980/années 1990 selon le rapport Dobris[5] qui estime que les contrôles des activités en pleine mer sont insuffisants. D'autres problèmes sont liés à l’introduction d’espèces invasives.

Histoire

Dans l’Antiquité, les habitants de ses rives sont appelés « Cimmerii » (Cimmériens soit « ceux du bout du monde ») par Hérodote et « Meoti » (Méotes) par Tacite : ils sont décrits comme de souche scythe. Sous l’Empire ottoman, on y pêchait l’esturgeon et on y produisait déjà du caviar exporté dans la glace vers la Russie ; la glace était retirée l’hiver des limans secondaires en eau douce, et conservée le reste de l’année entre des couches de paille dans de grandes glacières entourées de peupliers ombreux, auprès de pêcheries spécialisées appelées kerhana[6]. Les rives de la mer d’Azov sont devenues russes en 1783, provoquant la guerre russo-turque de 1787-1792.

Aspects géostratégiques et conflits de territorialité

À l’époque moderne, un canal a été creusé le long du littoral sud-ouest (canal de Pivinichno), pour assurer la circulation des bateaux jusqu’au Dniepr, très proche. On passe aussi de la mer d'Azov à la mer Caspienne par le canal Don-Volga qui relie le Don à la Volga en amont respectivement de Rostov-sur-le-Don et d’Astrakhan. D'autre part, la liaison entre la mer d'Azov et la mer Noire se fait par le détroit de Kertch, qui représente de ce fait un point éminemment stratégique, et explique qu'il était gardé par le port antique de Théodosie. Ce détroit peu profond ne peut être franchi que par le chenal de Kertch, dans la zone portuaire du port homonyme.

Autrefois mer intérieure de l’URSS, la mer d’Azov est maintenant une mer internationale bordée par l’Ukraine et la Russie. En octobre 2003, la Russie venait de construire une digue avec une route sur le cordon littoral reliant ainsi la péninsule de Taman à l’île de Touzla. C’est alors que l'Ukraine a rappelé que depuis 1970, cette île lui appartenait, or qui contrôle l’île contrôle le trafic maritime dans le détroit de Kertch. La faible profondeur du détroit (moins de 8 mètres en moyenne) fait que la zone navigable par les navires se trouvent alors du côté alors ukrainien : c’est le chenal Kertch-Enikal, dans la zone portuaire de Kertch. Un accord est intervenu par la suite sur l’utilisation conjointe du détroit et sur le statut de la mer d'Azov, mais un désaccord a persisté concernant l’île de Touzla. En 2014, lors du rattachement de la République de Crimée à la Russie, l’île de Touzla est rattachée au kraï de Krasnodar, mais comme la Crimée, reste revendiquée par l’Ukraine.

Bibliographie

  • Émile Chambry, Émeline Marquis, Alain Billault et Dominique Goust (trad. Émile Chambry), Lucien de Samosate : Œuvres complètes, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1248 p. (ISBN 978-2-221-10902-1), « Toxaris », page 828. 

Voir aussi

Notes et références

  1. « Limites des Océans et des Mers, 3e édition », Organisation hydrographique internationale, (consulté le 31 janvier 2015).
  2. Bosphore cimmmérien.
  3. Lucien de Samosate (2015), p. 828.
  4. Pline l'Ancien, Histoire naturelle IV, 24 ; VI, 6
  5. Évaluation DOBRIS Agence européenne pour l’environnement, 1994
  6. Anciennes archives impériales turques d’Istanbul, notamment explorées par et évoquée dans sa Leçon inaugurale du Collège de France par le turcologue Gilles Veinstein

Articles connexes

Liens externes