Mauritanie

République islamique de Mauritanie

الجمهورية الإسلامية الموريتانية (ar)

Drapeau
Drapeau de la Mauritanie.
Blason
Sceau de la Mauritanie.
Description de l'image Mauritania (orthographic projection).svg.
Devise nationale شرف إخاء عدالة
Honneur Fraternité Justice
Hymne national Nachid al-watani
(l'hymne national)
Administration
Forme de l'État République islamique
Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz
Premier ministre Yahya Ould Hademine
Langues officielles arabe (officielle), français (administrative), arabe-hassaniya (populaire)
le soninké, le peul et le wolof ont le statut de langues nationales.
Capitale Nouakchott

18° 05′ N, 15° 58′ O

Géographie
Plus grande ville Nouakchott
Superficie totale 1 030 700 km2
(classé 29e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +0
Histoire
Indépendance De la France
Date
Démographie
Gentilé Mauritanien
Population totale (2015) 3 596 702[1] hab.
(classé 132e)
Densité 3 hab./km2
Économie
IDH 0,5 (moyen)
Monnaie Ouguiya (MRO​)
Divers
Code ISO 3166-1 MRT, MR​
Domaine Internet .mr
Indicatif téléphonique +222
Organisations internationales

ONU (28 octobre 1961[2])
Organisation de l'unité africaine (1963) / Union africaine (2002)

Ligue arabe (1973)

La Mauritanie, en forme longue la République islamique de Mauritanie (en arabe : الجمهورية الإسلامية الموريتانية), est un pays du nord-ouest de l’Afrique, situé entre 15 et 27 degrés de latitude nord et 5 et 17 degrés de longitude ouest. La Mauritanie fait partie de l'Union africaine, la Ligue arabe, l'Union du Maghreb arabe, de l'Organisation de la Conférence islamique et de l'OMVS, en plus d'être membre de la Francophonie. La capitale de l'actuelle Mauritanie est Nouakchott. Les autres villes principales sont Nouadhibou, Kiffa, Kaedi, Zouérate et Rosso.

Elle possède une côte d'environ 800 km sur l'océan Atlantique s'étirant de Ndiago au sud jusqu'à Nouadhibou au nord. Au nord, elle est limitrophe de l'Algérie et du Sahara occidental (revendiqué par le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique), du Mali à l'est, et du Sénégal au sud.

La Mauritanie constitue un espace de contact entre l'Afrique du Nord et l'Afrique subsaharienne, ce qui en fait un pays pluriethnique ; elle est peuplée de groupes négro-africains comme les Peuls, Soninkés, Wolofs et Bambaras, qui représenteraient 30 % de la population, de Maures arabo-berbères dits « Maures blancs » ou Bidhaan (qui représenteraient 30 %), et de Haratines dits « Maures noirs », anciens esclaves arabophones, d'origine Bafour et négro-africaine (qui seraient 40 % de la population), selon les estimations de la CIA[3]. Il convient de souligner que la proportion des différents groupes ethno-linguistiques n'est pas connue avec precision, les statistiques avancées variant fortement selon la source. Pour mémoire, les statistiques datant des années soixante indiquaient une proportion d'environ 80% d'arabophones (hassanophones).

Le nom du pays lui vient de la Maurétanie romaine, désignant le territoire des « Maures », peuple berbère, dans l'Antiquité. Le territoire de la Mauritanie ne correspond cependant pas à celui de l'antique province romaine.

En français, le terme « Mauritanie occidentale », appliqué en décembre 1899 par Xavier Coppolani supplante progressivement les autres dénominations utilisées pour désigner le pays.

Ancienne toponymie

Jusqu'à l'adoption de son nom actuel, la Mauritanie était désignée par plusieurs dénominations, qui correspondent à différentes régions de l'actuelle Mauritanie et sous celui de Gannar par les Wolofs[4]. Elle était plus généralement connue des géographes arabes et en Orient sous le nom de Bilad Chinguit (de la cité de Chinguetti).

Géographie

Article détaillé : Géographie de la Mauritanie.
Image satellite de la Mauritanie
Topographie de la Mauritanie

La Mauritanie est un pays de l'Afrique du Nord-Ouest. Sa superficie est de 1 030 700 km2.

Elle possède des frontières avec l'Algérie (463 km), le Maroc(1 561 km), le Mali (2 237 km) et le Sénégal. Celles-ci ont été tracées par les colonisateurs français, ce qui explique les lignes droites, sauf pour le fleuve Sénégal qui constitue une frontière naturelle entre la Mauritanie et le Sénégal. Elle est bordée à l'ouest par l'océan Atlantique (700 km).

La Mauritanie se divise en trois grandes régions naturelles :

  • La façade atlantique, qui s'étend sur une longueur d'environ 800 km, de la frontière avec le Sénégal, au sud, au Sahara occidental, au nord.
  • La région centrale est occupée par de grands plateaux escarpés à l’est, des larges cuvettes dunaires du Sahara.
  • Le fleuve Sénégal, qui a creusé une vallée le long de la frontière sud du pays. L'un de ses affluents est le Karakoro (également appelé Oued Lakhdar).

L'est est constitué de zones de pâturage, alors que le sud constitue la zone agricole grâce aux alluvions du fleuve Sénégal.

La plus grande partie du territoire se trouve dans le désert du Sahara, avec des plaines et des reliefs peu accidentés, ainsi que des regs (désert rocheux). Au Nord, il existe de hauts plateaux avec un sommet à 915 m d'altitude : la Kedia d'Idjil. Dans le centre du pays, la cuvette du Hodh est bordée au sud-est par des plateaux gréseux (Adrar, Tagant).

Climat

Rue de Chinguetti : niveau atteint par l'ensablement (env. 2,80 m) avant l'intervention de 2003

Le climat est globalement désertique très chaud et très sec, ce qui explique la faible densité de population. De plus, des sécheresses successives ont accentué la désertification du pays.

Les températures sont relativement tempérées sur la côte grâce aux vents venant du large et la région du fleuve est plus humide.

Dans l’extrême sud et sud-est, qui se positionne sur la bande du Sahel, la végétation réapparaît et des cultures sont possibles.

Un vent de sable chaud (le Khamsin, ou Harmattan) balaye parfois des régions, ensevelissant des cultures, voire des villages qui luttent contre l'avancée du désert.

Dans les régions intérieures du pays, les températures sont largement plus élevées et torrides que sur les côtes. Il peut facilement faire plus de 50 °C.

Les nuances entre les quatre saisons sont quasi inexistantes.

Environnement

L'Adrar
  • Flore
  • Faune
  • parcs nationaux

Le plus grand parc national mauritanien, en termes de surface et de paysages, est le Parc national du banc d'Arguin[5]. Il présente un paysage extrêmement contrasté, entre désert et océan, ainsi qu'un riche patrimoine naturel. Le banc d'Arguin est également un site exceptionnel pour la reproduction des oiseaux migrateurs européens ; à ce titre il a été inscrit sur la liste Ramsar. Le Parc national du banc d'Arguin est également classé au patrimoine mondial de l'Unesco.

  • WWF

Géographie humaine

Article détaillé : Villes de Mauritanie.
  • Urbanisation

Géographie administrative

Article détaillé : Subdivisions de la Mauritanie.

La Mauritanie est divisée en 12 wilayas, auxquelles s'ajoutent trois autres wilayas formant la capitale, Nouakchott. Elle comprend également 58 Mouqataa, ainsi que 216 communes.

Histoire

Article détaillé : Histoire de la Mauritanie.

Préhistoire

Gravures rupestres

De nombreuses peintures pariétales ou gravures rupestres, au fond de grottes ou sur des falaises, témoignent de présence humaine préhistorique sur l'actuel territoire mauritanien. L'environnement a donc été différent de ce que l'on connaît actuellement : autrefois, la Mauritanie n'était pas un désert mais une région humide avec des cours d'eau et du gibier.

Des bifaces témoignent des débuts de la présence de l'homme, au Paléolithique inférieur. Ces outils acheuléens changent de formes, deviennent ovales, triangulaires puis sont accompagnés de hachereaux (outil à biseau tranchant réalisé sur éclat massif). C'est dans l'Adrar et plus particulièrement à Aghmakou et El Beyyed que l'on peut se rendre compte de ces évolutions[6].

Des grattoirs, pointes, racloirs moustériens nous parviennent du Paléolithique moyen. Au nord de la Mauritanie actuelle, l'Atérien qui venait sans doute d'Afrique du Nord, nous apporte des outils améliorés avec une extrémité transformée en pédoncule pouvant être emmanché. Les humains anatomiquement modernes du Paléolithique supérieur s'établissent sur la côte atlantique vers la baie du Lévrier.

Au début du Néolithique, l'Atérien disparaît avec l'arrivée de population du nord de l'Afrique. La présence humaine est attestée au Néolithique par des habitats structurés pendant deux millénaires dans la région du Dhar Tichitt[7]. Des pointes de flèches ont également été retrouvées.

Des populations noires du Bafour, en partie sédentaires, se sont établies en Mauritanie, plus particulièrement dans la région de l'Atar. Ils étaient chasseurs-pêcheurs puis ils ont développé une civilisation agro-pastorale. Ensuite le Sahara s'est étendu, d'autres populations venant de l'est sont parvenues dans cette région comme les Peuls (des pasteurs qui suivent leurs troupeaux) ainsi que d'autres nomades du nord qui sont venus dès le premier millénaire avec leur dromadaires.

Les empires

L’empire du Ghana fondé par les Soninkés avait pour capitale Koumbi Saleh (dans le Hodh Ech Chargui).

Désigné par ses habitants sous le nom d'Empire Ouagadou, il se fait connaître en Europe et en Arabie comme l'empire du Ghana. Issu du royaume du Ouagadou, l'empire du Ghana s'est développé au VIIIe siècle avec l’exportation d’or et de sel, important pour la conservation des aliments. Il connaît son apogée au Xe siècle, et s'étend alors sur un territoire à cheval sur la frontière actuelle entre la Mauritanie et le Mali, comprenant le Ouagadou, et Oualata. En 990, il annexe Aoudaghost, grande cité berbère, centre névralgique des échanges entre le nord et le sud[8].

Le mouvement religieux rigoriste de rite sunnite malékite formé par des tribus Sanhadja (nomadisant entre le Nord de l'actuel Sénégal, l'actuelle Mauritanie et le Sud de l'actuel Maroc) s'établit sur les rives du fleuve Zenaga (fleuve Sénégal) ou sur les rivages de l’Atlantique. Il fonde l'empire Almoravide, qui impose son hégémonie sur l'ensemble de la région. Au Xe siècle, il unifiera les peuples du Sahara occidental et étendra, au XIe, sa domination sur l'empire du Ghana (conquête des villes Aoudaghost et de Koumbi Saleh). Au XIIe, après la chute des Almoravides, une partie du territoire de la Mauritanie (Sud/Sud-Ouest) redevient une province des empires du Mali et l'empire songhaï.

Au XIIe siècle, la ville de Tichit est fondée. Cette cité qui allie le savoir au commerce contribue substantiellement au rayonnement de la région du Maghreb et de l'ouest africain fraîchement islamisé.

Au XIVe siècle, plusieurs villes comme Oualata, Chinguetti, Ouadane se développent.

Les Bidhaan

Au XVe siècle, les Arabes Beni Hassan (issues de l'ensemble Maaqil), venus probablement du Yémen, se fixent dans le Nord et combattent les tribus sanhadjas[9]. Ils vont influencer la structure sociale et la composition ethnique de la société donnant naissance à un ensemble arabo-berbèro et répandre progressivement le dialecte arabe hassaniyya. Au XVIIe siècle, les tribus Mghafra (arabes) et Zwaya (Sanhadja) vont entrer en conflit pendant près de 30 ans. Il convient de noter que les populations (berbères, negro-africains et autres) vivant dans le pays au moment de l'arrivee des Beni Hassan étaient déjà islamisées et avaient fondé, quatre siècles auparavant, l'empire almoravide, qui avait dominé l'ensemble de l'Afrique du Nord-Ouest et la péninsule ibérique (alors connue sous le nom d'Andalus). D'autres royaumes islamisés, a l'image de l'empire peul du Fouta-Toro et, dans une certaine mesure, de l’empire du Ghana, s'étaient également déja établis sur le territoire. Par la suite, les Beni Hassan fondent de nouveaux Emirats, dont les plus puissants furent ceux du Trarza, du Brakna et de l'Adrar, celui du Tagant ayant été fondé par les descendants des Sanhadja almoravides. Ces émirats étaient souvent en guerre entre eux et avec les principautés du sud, telles que le Fouta-Toro ou le royaume du Oualo.

La colonisation francaise

Fort colonial d'Arguin (1721)

La brève colonisation francaise peut être présentée selon la chronologie  :

  • 1902 : début de la pénétration coloniale française, qui fait face a une vive résistance armée et culturelle.
  • 1903 : la Mauritanie est placee sous protectorat de la France.
  • 1904 : rattachement de la rive droite du fleuve Sénégal à la Mauritanie sous protectorat de la France ; arrêté du 10 avril 1904 prononçant l'éclatement du cercle de Kayhayzi et le rattachement de sa rive droite au nouveau protectorat.
  • 1920 : la Mauritanie est décrétée colonie française.
  • 1934 : fin de la résistance armée (bataille d'Oum Tounsi).
  • 1945 : la Mauritanie est élevée au statut de territoire d’outre-mer de l’Union française.
  • 1957 : la Mauritanie bénéficie de la loi-cadre (dite loi Defferre).
  • 1958 : autonome, la République islamique est proclamée le 28 novembre (dans la nouvelle mais éphémère Communauté française qui remplace les anciennes fédérations administratives de territoires de l'Union française)
  • 1960 : le 28 novembre, l’indépendance nationale est octroyée en vertu des accords franco-mauritaniens de restitution de souveraineté.
La capitale Saint-Louis vue de la mer (1814)
Naufrage de la Méduse au banc d'Arguin en 1816

Les Portugais avaient déjà eu des contacts avec les habitants du banc d'Arguin. Le commerce de la gomme au nord du Sénégal se développe. Le fort Portendick au nord de l'estuaire du fleuve Sénégal ainsi que la vallée du Sénégal deviennent une région servant de base à l'expansion économique des colonies. En 1816, le navire La Méduse s'échoue sur la banc d'Aguin en tentant de rejoindre Saint-Louis. Faidherbe considère que les émirats sont source d'insécurité et commence d'abord par annexer l'empire du Oualo avant de conquérir l'autre rive du fleuve. Les maures du Trarza tentent d'instaurer une paix entre les tribus, mais dès 1899 l'administrateur Coppolani instituera une Mauritanie occidentale, tout en reconnaissant en 1900 les intérêts des Espagnols établis au cap Blanc.

Les Français s'établissent dans l'Adrar en 1908 puis au Hodh en 1911. Les frontières sont fixées à la suite d'un accord franco-espagnol en 1912, attribuant a l'Espagne le territoire du Rio de Oro (Wadi Eddhahab) et de la Saguia El Hamra (actuel Sahara occidental). En 1920, la Mauritanie devient une des colonies de l'Afrique-Occidentale française (AOF). 1934 est l'année qui sonne le glas de la résistance, puis 1936 marque l'achèvement de l'occupation militaire de la Mauritanie.

Il n'y aura pratiquement pas de développement du pays et juste une domination militaire en se servant des chefs traditionnels afin de sécuriser le territoire (les antagonismes entre les différentes tribus seront utilisées avec profit par les Français). Ce sera Saint-Louis du Sénégal — capitale de l'AOF et du Sénégal — qui sera donc la capitale administrative de la Mauritanie. Il faudra attendre l'indépendance pour voir s'ériger des installations portuaires ou des aéroports. Durant cette période, les populations nomades deviennent de plus en plus pauvres.

En novembre 1945 les Sénégalais Lamine Gueye et Léopold Sédar Senghor sont élus députés de la circonscription réunissant le Sénégal et la Mauritanie.

En 1946, la Mauritanie accède au statut de territoire d'outre-mer et le , Ahmeddou Ould Horma Ould Babana devient le premier député mauritanien. Cela permet dès 1948, le développement d'une nouvelle élite administrative et de partis politiques. La loi-cadre Gaston Defferre du permet la création d'un pouvoir exécutif local, dont la mise en place est confiée à un jeune avocat, Mokhtar Ould Daddah.

Après l'indépendance du Maroc, à partir de 1955, le royaume revendique la Mauritanie[10] comme partie integrante de son territoire.

La Mauritanie indépendante

Après le référendum de 1958, la Constitution mauritanienne adoptée l'année suivante instaure un régime parlementaire. L'indépendance est proclamée le . Le pays est reconnu officiellement par l'Organisation des Nations unies (ONU) le et devient membre fondateur de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) en 1963. Toutefois, elle n'intégrera la Ligue arabe qu'en 1969 après la reconnaissance par le Maroc de son indépendance.

Revendication par le Maroc de la Mauritanie

Après son indépendance, le Maroc ambitionne de récupérer l’ensemble de son territoire précolonial, morcelé par la France et l'Espagne, en essayant de négocier avec ces deux puissances. Toutefois et contrairement à Tarfaya, qu'il récupère en 1958 et Sidi Ifni, en 1969, la Mauritanie lui échappe et accède a l'indépendance. Plusieurs personnalités mauritaniennes étaient cependant venues prêter allégeance au roi Mohamed V à Rabat, comme l'ancien député mauritanien à l'Assemblée nationale française, Horma Ould Babana, l'émir du Trarza, Mohammed Fal Ould Oumeir, devenu ministre au Maroc, en charge de la Mauritanie et du Sahara, ou encore le diplomate Dey Ould Sidi Baba. Le royaume renonce finalement à ses revendications territoriales sur la Mauritanie (liées au concept du Grand Maroc développé par Allal El Fassi, le fondateur du parti de l'Istiqlal) et se résigne à la reconnaitre diplomatiquement (un ministère de la Mauritanie et du Sahara exista au Maroc entre 1961 et 1972).

Mokhtar Ould Daddah (1960-1978)

Reprendre l'œuvre inachevée d'unification des diverses tribus et ethnies est l'objectif premier des nouveaux dirigeants du pays. Son président Mokhtar Ould Daddah devra s'imposer face aux dissensions internes et a l'influence de ses voisins, tels que le Maroc ou l'Algérie. En août 1966, il est réélu à la présidence. Il est confronté à une contestation syndicale, nationaliste, marxiste et maoïste, qui finit par intégrer le parti unique au pouvoir quelques années plus tard, en 1975.

Le partage du Sahara occidental entre le Maroc et la Mauritanie va générer de graves crises pour le pays. Le conflit avec le Front Polisario soutenu par l'Algérie plonge la Mauritanie dans de graves difficultés économiques (conjuguées à la famine, suite en raison de la sécheresse). Malgré le soutien de l'aviation française basée à Dakar en décembre 1977, les attaques de villes dans le nord et même de la capitale Nouackchott par le Front Polisario finissent par pousser les militaires mauritaniens à déposer le président Mokhtar Ould Daddah en 1978.

Succession de juntes militaires éphémères (1978-1984)

Le 10 juillet 1978, le lieutenant-colonel Moustapha Ould Mohamed Saleck accède au pouvoir, à la tête du Comité militaire de redressement national, qui signe un cessez-le-feu avec le front Polisario. Le nouveau président est en proie à des luttes intestines qui conduisent, le 6 avril 1979, à des modifications transférant la réalité du pouvoir à un nouveau premier ministre, le lieutenant-colonel Ahmed Ould Bouceif. Moustapha Ould Mohamed Saleck conserve toutefois son poste de chef de l’État. Un Comité militaire de Salut National est créé. À la suite de la disparition du premier ministre, Ahmed Ould Bouceif, dans un accident d'avion, le 27 mai 1979, une nouvelle direction est mise en place. Mohamed Mahmoud Ould Ahmed Louly devient chef de l’État (symbolique) et Mohamed Khouna Ould Haidalla premier ministre. Un accord de paix est signé avec le front Polisario et la Mauritanie se retire du Sahara occidental. Le 4 janvier 1980, à la suite d'une nouvelle restructuration au sein du Comité Militaire de Salut National, Ould Haidalla devient chef de l’État. Diverses tentatives de putsch sont déjouées (dont une le 16 mars 1981, menée par l'Alliance pour une Mauritanie démocratique, réputée proche de l'ancien président Mokhtar Ould Daddah et du Maroc), tandis que l'opposition ne cesse de se développer, compte tenu de la politique autoritaire du nouveau chef de l'État.

Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya (1984-2005)

Le 12 décembre 1984, le colonel Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya, chef d'état major des armées — Premier ministre (1981-1984) et ministre de la Défense — accède au pouvoir par un coup d'État avec l'aide du Comité militaire de salut national dont il est président. Il libéralise l'économie et permet l'organisation d'élections locales. En 1991, il proclame une nouvelle Constitution, instaure le multipartisme et créé le Parti républicain démocratique et social (PRDS). En 1992, il est élu président de la République, puis réélu en 1997, malgré de fortes contestations contre la fraude électorale et les violations des droits de l'Homme. Crise économique, répression et corruption empêcheront le processus de démocratisation d'aboutir.

La déportation des négro-mauritaniens lors du conflit de 1989 Avec la prise du pouvoir par le colonel Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya à la suite d’un coup d’État du 12 décembre 1984, la dérive chauvine du pouvoir atteint son paroxysme dans les années 1989-1991[11]. Ces dernières sont marquées par les assassinats de cadres militaires et civils négro-mauritaniens, la déportation de dizaines de milliers de négro-africains vers le Sénégal (environ 120 000 personnes) et au Mali (40 000 personnes), la radiation de milliers de cadres civils et militaires de la fonction publique, viols, la destruction de documents d’état-civil, la confiscation de biens et de terres. Les peuls éleveurs de zébus ont été les principales victimes de ces exactions.

Il s’agit sans nul doute de l'évènement le plus significatif de la politique d’épuration ethnique de l'histoire de la Mauritanie, accomplie méthodiquement et fondée sur la négation du caractère pluri-ethnique du pays, légitimant l’exclusion des populations non arabes et, à défaut, leur exclusion et la relativisation de la discrimination. À son arrivée au pouvoir à l'issue des élections présidentielles de 2007, le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi entreprendra, ultérieurement, le rapatriement volontaire des réfugies au Sénégal à la suite des accords tripartites conclue entre le UN-HCR et les gouvernements mauritaniens et sénégalais. Ce rapatriement aurait été entravé avec le coup d'État ayant mis fin au mandat du président Ould Cheikh Abdallahi.

Ely Ould Mohamed Vall (2005-2007)

Le 3 août 2005, l'armée, au travers du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), prend le pouvoir pour « mettre fin au régime totalitaire du président Taya et mettre en place de véritables institutions démocratiques ». Ce putsch a lieu alors que le président est sur le chemin du retour de Riyad, où il avait assisté la veille aux funérailles du roi Fahd. Après un court séjour au Niger et en Gambie, ce dernier se réfugie au Qatar où il obtient une résidence permanente.

Le nouvel homme fort du pays, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, a été l'un des plus fidèles compagnons de route du président déchu. Responsable de la Sûreté nationale (police) pendant 18 ans, il a ete associe aux vagues de répressions successives. Le 21 avril 2006, il autorise l'ex-président Maaouiya Ould Taya, en exil au Qatar, à revenir dans son pays, lui interdisant toutefois de participer aux élections prévues dans le cadre d'une transition démocratique jusqu'en 2007. L'ex-président Maaouiya Ould Taya n'a toutefois pas regagné la Mauritanie et continue de vivre au Qatar.

Conformément aux engagements formulés lors de sa prise de pouvoir, Ely Ould Mohamed Vall ne se présente pas à l’élection présidentielle de mars 2007, ainsi que tous les militaires qui avaient participé au coup d'État. Aucun des candidats en lice n'ayant obtenu plus de 50 % des suffrages lors du premier tour, un second tour a lieu le 25 mars 2007, portant au pouvoir Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi.

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi (2007-2008)

Le nouveau président de la République élu, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, prête serment le 19 avril 2007. C'est le premier civil, depuis près de 30 ans, élu sans fraude massive depuis l'indépendance de la Mauritanie. Un vent d'espoir souffle sur le pays : les médias sont plus libres et de nouvelles formations politiques sont reconnues, dont un parti islamiste (Tawassoul). Mais des émeutes en raison de la baisse du pouvoir d'achat et l'augmentation de l'insécurité dans le pays affaiblissent le pouvoir du président[12], de même que l'influence trop pesante des dirigeants de l'armée, qui lui avaient apporte leur soutien durant la campagne électorale.

Le Premier ministre, Zeine Ould Zeidane, annonce en mai 2008 sa démission ainsi que celle du cabinet[13]. Le 11 mai 2008, un nouveau Premier ministre, Yahya Ould Ahmed el Waghf, forme un gouvernement d'ouverture avec des personnalités de l'entourage du président déchu, suscitant les réserves des militaires à l'origine du putsch de 2005, sans oublier l'entrée de deux islamistes. Une motion de censure est déposée par des députés, le 30 juin 2008. Toutefois, cette motion n'aboutit pas, puisque le gouvernement donne sa démission.

Après trois semaines de crise constitutionnelle, le Premier ministre, reconduit dans ses fonctions, compose un nouveau cabinet renouvelé de moitié mais sans ouverture vers l'opposition. Quelques ministres qui semblaient être source de conflit entre le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et les militaires sont écartés afin de permettre un apaisement, mais la crise ne prend pas fin, pour autant[14].

Mohamed Ould Abdel Aziz (depuis 2008)

Lors du coup d'État militaire du 6 août 2008, le président de la République et le Premier ministre sont arrêtés et déposés à la suite du renvoi de quatre des plus importants officiers militaires du pays[15],[16]. Le rapporteur de la présidence annonce que le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est détenu au palais des congrès de Nouakchott. Le nouveau maître du pays est le général Mohamed Ould Abdel Aziz qui préside un Haut Conseil d'État et promet d'organiser une rapide élection présidentielle. Le 13 août 2008, il nomme un nouveau Premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf.

Après avoir démissionné de l'armée, il abandonne la charge de chef de l'État le au président du Sénat Ba Mamadou dit M'Baré afin de pouvoir se présenter à l'élection présidentielle, prévue en juin, qui se tient finalement le 18 juillet. Élu avec 52,5 % des voix, il entre officiellement en fonction le 5 août.

Le premier semestre de l'année 2011 est marqué par l’extension du printemps arabe en Mauritanie, avec une vague sans précédents de grèves, manifestations et revendications politiques.

Article détaillé : Contestation en Mauritanie en 2011.

Politique

Politique intérieure

La Constitution de la République islamique de Mauritanie date du 20 juillet 1991, et a été révisée à trois reprises, en 2006, 2012 et 2017. Elle rappelle dans son préambule son attachement à l'islam et aux principes démocratiques tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l'homme ainsi que dans la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples[17].

Modification du drapeau national

Le 9 mars 2017 une révision de la Constitution est approuvée à l'Assemblée nationale. Elle porte sur la suppression du Sénat, de la Haute cour de justice, du médiateur de la République et du Haut Conseil islamique ainsi que sur une modification du drapeau national qui portera désormais deux bandes rouges symbolisant le sang versé par les « martyrs de la résistance » durant la période coloniale française[18]. Soumise initialement au parlement, cette modification, vivement contestée par l'opposition[19], est rejetee, à la surprise générale, par le Sénat. Le président Mohamed Ould Abdel Aziz opte alors pour l'organisation d'un référendum, qui a lieu le 5 août 2017.

Politique extérieure

Les traités et accords internationaux ne peuvent être ratifiés qu'en vertu d'une loi. Aucune modification du territoire (cession, échange, adjonction) ne peut se faire sans le consentement du peuple par référendum.

Les engagements internationaux contraires à la Constitution rendent nécessaire la révision de celle-ci afin de ratifier ces engagements. À partir de leur publications, ces engagements internationaux ont une valeur supérieure à celle des lois[20].

Les ordres et décorations de Mauritanie

  • Ordre national du Mérite

Économie

Données Valeurs
Produit intérieur brut 4,158 $ milliards (2013)[21]
Produit intérieur brut par habitant 1060 dollars US (2013)
Taux de croissance 6,7 % (2013)
Taux d'inflation 4,5 % (2013)
Main d’œuvre par secteurs agriculture : 50 %
industrie : 10,0 %
services : 40 % (est. 2001)
Taux de chômage 31 % (OIT, 2012)
Dette extérieure 2,791 milliards $ (31 December 2011 est.)
Indice de développement humain 0,5 (2014)
Population sous le seuil de pauvreté 40 % (est. 2010)[22]
Coefficient de Gini 40,5 (est. 2008)
Sources : Banque Mondiale [23]
Importance de l'élevage.
Garage à Nouakchott.

En 2009, la Mauritanie s'est classée au 154e rang sur 182 pays à l'indice de développement humain (IDH)[24]. La moitié de sa population vit toujours de l'agriculture et de l'élevage, mais un nombre croissant de nomades et de paysans ont dû partir vers les grandes villes afin de fuir la pauvreté[25]. Certains ont tout perdu lors des sécheresses des années 1970 et 1980. Une mauvaise gestion de ces crises dues à la sécheresse n'a fait qu'augmenter la dette qui s'élève à plus de trois fois le total des exportations annuelles du pays. En décembre 2001, la Mauritanie a reçu — en tant que « pays pauvre fortement endetté » ou Heavily Indebted Poor Countries (HIPC) — des aides de la part de pays donateurs. Une nouvelle fiscalité a été développée (0 % d'imposition sur les sociétés en 1993) afin de favoriser les investisseurs étrangers et créer de l'emploi, le taux de chômage étant alors de 80 %. La Mauritanie a également accordé une concession de pêche dans ses eaux territoriales au Japon éventuellement renouvelable[26]. Le Fonds monétaire international (FMI) a imposé des mesures et des réformes afin de résoudre le problème de la dette. La découverte de pétrole à 80 km au large n'a pu se traduire en une exploitation de ces gisements. Le gouvernement a souhaité réduire la pauvreté, améliorer l'éducation et la santé et développer le secteur privé.

Secteurs

Pêcheurs à Nouackchott.
  • Secteur agricole : dattes, millet, sorgho, riz, maïs, bœuf, mouton
  • Secteur minier : Le fer constitue près de 40 % des exportations. Mine(s) d'or.
  • Secteur maritime : les côtes sont parmi les plus poissonneuses d'Afrique comme au Sénégal. La pêche est surtout exploitée par des sociétés étrangères[réf. nécessaire].

Infrastructures

  • Aux environs de la capitale, Nouakchott, se trouve un port en eau profonde, inauguré en 1986.
  • Le pays compte au total 10 aéroports, dont 3 internationaux.
  • La ligne ferroviaire du chemin de fer de Mauritanie, ouverte en 1963 et longue de 700 km, exploitée par la SNIM, relie le site minier de Zouerate au port de Nouadhibou.
  • Le réseau routier compte environ 11 000 km de routes reliant les différentes villes.

Démographie

Article détaillé : Démographie de la Mauritanie.

La population de la Mauritanie est estimée à près de 4 millions d'habitants en 2014[27].

Les conditions géographiques – le Sahara occupe les deux tiers du territoire – expliquent la très faible densité moyenne de population, de l'ordre de 3 habitants par km2. Dans le Sud cependant, les rives du fleuve Sénégal connaissent une plus grande concentration d'habitants, très majoritairement noirs. Nouakchott, capitale créée de toutes pièces après l'indépendance (6 000 habitants en 1965), est devenue une agglomération importante qui accueille, aujourd'hui, le tiers des Mauritaniens, dont de très nombreux anciens nomades, que la sécheresse a condamnés à changer de mode de vie. Avec le port de Nouadhibou, au nord, et quelques rares centres secondaires, dont Zouerate, la ville minière du désert, le taux d'urbanisation dépasse 50 %. Le pays connaît une croissance démographique soutenue, de l'ordre de 3 % par an, liée à une très forte fécondité.

On distingue généralement trois groupes principaux de population ː

Ils constitueraient la plus grande proportion de la population (40 %)[28]. Les Haratines sont des Noirs, anciens esclaves des Bidhaan, d'origines bafours et négro-africaine, fortement assimilés et quelque peu métissés aux Maures blancs, qui partagent la même langue et la même culture.

  • Les Noirs africains, représenteraient environ 30 % de la population, comprenant plusieurs ethnies[28] :
    • Les Poulars (ou Peuls): faisant partie des plus anciens peuples du pays, ils sont pour la plupart originaires du sud du pays.
    • Les Soninkés : sont les descendants des habitants de l'empire du Ghana qui dominait le pays jusqu'à la chute de l'empire, ils se sont par la suite établis majoritairement dans les wilaya du Guidimakha et du Gorgol.
    • Les Wolof : ils sont pour la plupart établis au Trarza sur les rives du fleuves Sénégal.
    • Les Bambaras (priere de preciser la localisation geographique).
  • Les « Bidhaan» (littéralement « les Blancs », en arabe) ou Maures blancs, représenteraient 30 % de la population[28]. Ils sont issus des vagues successives de peuplement arabe plus ou moins métissées avec les populations berbères et noires préexistantes. Ils parlent un dialecte arabe, le hassanya, également présent au Sahara occidental, au Sud du Maroc, au Sud de l'Algérie et au Nord du Mali, et étaient organisés en tribus nomades.

Les réfugiés

Selon le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, et à la suite du conflit qui a éclaté dans le nord du Mali en 2012, à la mi-août 2013, 72 000 réfugiés maliens avaient trouvé refuge en Mauritanie.

L'esclavage en Mauritanie

Article détaillé : Esclavage en Mauritanie.

L’esclavage a été officiellement aboli en 1981[29]. En 2007, une nouvelle loi criminalise l’esclavagisme dorénavant passible de cinq à dix ans de prison ainsi que l’apologie de l’esclavage punissable de deux ans de prison. Pour autant, en dépit de l’arsenal législatif, environ 150 000 personnes seraient encore asservies[30]. Cette situation est combattue par des mouvements politiques d'opposition, dont celui des Kadihine (prolétaires) et le Mouvement pour l'émancipation des Haratines (connu sous le nom d'El Horr ou l'Homme libre), actifs dans les années 1970 et 1980, et des associations, dont les plus connues sont 'SOS Esclaves', fondèe en 1995 par des militants des droits de l'Homme et dirigée par Boubakar Ould Messaoud, l'un des leaders historiques du mouvement El Horr, et l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) fondée plus récemment et dirigée par Biram Ould Dah Ould Abeid surnommé par la presse le « Spartacus mauritanien »[31]

Éducation

L'école primaire dure six ans et l'enseignement secondaire sept ans[32]. L'enseignement est fondé sur un système bilingue (arabe et français)[32] L'analphabétisme est encore assez important[33], le taux d'alphabétisation étant de 58 % seulement (en 2010)[34].

Culture

Tatouage au henné (Adrar)
Article détaillé : Culture mauritanienne.
Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Jour de l'an
1er mai fête du travail
28 novembre indépendance LISTIKLAL

Sont également fériées certaines fêtes musulmanes : Aïd el-Fitr, Aïd al-Adha et le Mawlid (naissance de Mahomet).

Religions

Très ancienne terre d'islam, comme en témoignent les milliers de manuscrits conservés dans les bibliothèques de Chinguetti, Ouadane ou Oualata, la Mauritanie est musulmane à près de 100 %[35]. Cette foi qui imprègne très fortement la société et la culture du pays est affirmée par la Constitution qui en fait la religion d'État. Les Mauritaniens sont sunnites et se réclament pour la plupart de l'école de jurisprudence malékite, l'une des quatre écoles du sunnisme[35]. Beaucoup de musulmans appartiennent aussi à des confréries religieuses. Les plus représentées en Mauritanie sont la Qadiriyya et la Tidjaniyya[35].

Selon l’article 306 du Code pénal mauritanien, tout musulman qui apostasie, sans se repentir dans un délai de trois jours, est passible de la peine de mort[36].

Les non-musulmans sont pour la plupart des étrangers, généralement des catholiques qui disposent de plusieurs lieux de culte dans le pays, à Nouakchott (cathédrale) et à Nouadhibou notamment. En revanche les protestants et les juifs – très peu nombreux – n'ont ni temple ni synagogue[37].

L'impression et la distribution de matériel non musulman sont interdits ainsi que le prosélytisme non musulman[38]. Selon la Constitution de 1991, les citoyens sont musulmans[38].

Langues

Article détaillé : Langues en Mauritanie.
« Mauritanie » en écriture arabe

Les langues sont inscrites dans la Constitution à l'article 6[39].

La langue officielle est l'arabe écrit. À noter qu'il existe l'arabe dialectal local parlé : le hassanya.

Les langues nationales sont l'arabe-hassaniya,le peul, le soninké, et le wolof.

Le français est, de facto, l'une des langues de travail au sein de l'administration, même s'il n'a pas le statut de langue officielle.

Francophonie

La Mauritanie est membre de l'Assemblée parlementaire de la francophonie de même que de l'Organisation internationale de la francophonie.

Les régions mauritaniennes de Dakhlet Nouadhibou, Gorgol et de l'Inchiri sont membre de l'Association internationale des régions francophones[40].

Médias

La Mauritanie est 67e au classement mondial 2013 en termes de liberté de la presse, selon le rapport annuel établi par le groupe de surveillance des médias Reporters Sans Frontières (RSF)[41].

La liberté des médias fluctue selon les régimes en place. Il n'est pas toujours facile pour les journalistes de faire leur travail mais cela dépend réellement de la situation politique du jour. Depuis le début de la transition démocratique en 2005 les médias ont plus de liberté. Après le coup d'État de 2008, il y eut une reprise en main des médias publics, notamment de la télévision et de la radio publique dont l'information est censurée, alors que certains journaux gardent une grande liberté de parole (notamment le Calame et la Tribune). Mal payés, les journalistes rédigent souvent sur commande des notables, des politiques ou des hommes d'affaires. L'autocensure et le manque de sources aux articles sont d'autres pratiques qui contribuent à la médiocrité de la presse mauritanienne.

Mode

Le mode vestimentaire en Mauritanie a été influencée par les modes traditionnels dans l’Afrique du Nord et l’Afrique au sud du Sahara. Le climat aride et chaud du désert mauritanien a déterminé la nature de chaque pièce vestimentaire du costume traditionnel.

Le daraa ou boubou, est le costume incontestable des hommes Maures en Mauritanie. Cette tenue traditionnelle est habituellement, confectionnée de coton chiga, ou du bazin damassé. Le daraa peut être de couleur bleue ou blanche, avec une fente pour la tête et de larges pans (manches) ouverts des deux côtés, qu’on peut replier sur les épaules. Ce boubou est parfois orné, en plusieurs endroits, de jolies bordures. Sous ce boubou, les hommes portent un sarouel, un pantalon bouffant, de couleur bleue, blanche ou noire.

Un chèche ou haouli en hassanya, de couleur bleue, blanche ou noire, est porté par les hommes pour se protéger du soleil et des vents de sable.

Le melehfa, un long voile rectangulaire souple et généralement fin, enveloppe les Mauresques de la tête aux pieds. Il est coloré de teintures unicolores ou multicolores.

Chez les Peuls, Soninkes, Wolofs et Bambaras, la version feminine du boubou largement repandu dans les pays du Sahel est porté par les femmes, avec de beaux pagnes dessous et un foulard ceignant la tête. Le bolonta est surtout porté par la population soninké de Kaédi au sud du pays, il a la forme d'un caftan, mais il est sans manche, on met une chemise longue manche appelé katalla en dessous.

Arts

La poésie

C'est l'art le plus apprécié des Mauritaniens avec les contes. La Mauritanie est connue dans le monde arabe pour etre le 'Pays du Million de poetes'. La poésie est appreciee chez les principaux groupes ethniques du pays[42] :

  • en soninké : Xaran sungu
  • arabe classique : echiir
  • en hassaniyya : leghna
  • en wolof: taalif
Les contes

La nuit à la belle étoile après une chaude journée, les Mauritaniens aiment contempler leur environnement. Les choses sont magnifiées (sans les diviniser puisque cela est interdit par l'islam), les conteurs savent raconter des histoires qui permettent à l'imaginaire de s'échapper vers le contemplatif.

Les contes servent également à éduquer les enfants en leur transmettant des connaissances, préceptes avec des exemples développés sous formes de petites histoires...

la littérature peul

Elle est surtout orale constituée de chants et de musique. Chaque groupe social (guerriers, tisserands...) a son chant[43].

La musique

La musique maure ou hassani est situee au confluent des musiques arabe et de l'Afrique sub-saharienne. Elle est influencée par les sons des peuples noirs du sud.

La musique traditionnelle rappelle les exploits des princes guerriers des emirats et des empires qui ont existé en Mauritanie. Elle est assez élitiste. Aujourd'hui, une musique populaire jouée par des artistes actuels est écoutée dans lors événements traditionnels tels que les mariages et les baptêmes[44].

Les principaux instruments de la musique maure ou hassani sont la Tidinit, l'Ardîn, le Tbol, etc.

Les instruments de musique se modernisent et remplacent la Kora, le Djembé, les Dum dum, le N'goni, la Tambin (flûte peule)

Le cinéma
Article détaillé : Cinéma mauritanien.

Traditions

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Les mariages
Fête lors d'un mariage à Atar

Le mariage unit non seulement deux individus mais aussi deux familles, deux ethnies. Par le passé, les enfants étaient désignés pour le mariage dès leur berceau. Parvenus à l'âge adulte, nul ne songe à décevoir les parents, la communauté. Une dot est fixée lors d'une réunion entre les parents.

Chez les Maures, après le mariage, la mariée tente de se cacher avec ses amies. Si le marié ne la retrouve pas, il paie une rançon au camp adverse. Mais actuellement, l'évolution de la société mauritanienne fait que beaucoup de ces pratiques disparaissent, surtout dans les villes.

Gastronomie

La cuisine mauritanienne est composée de produits locaux : mil, blé, orge, haricot, pastèque, dattes etc. C'est donc une cuisine typique des peuples du Sahel. Les plats les plus connus sont à base de deux variétés de couscous communément appelé petit couscous et gros couscous, et, "fondé", "Makhafo", El aiche, Baci, sakou, Echerchem, Leglyé, Bellakh, Belleghmane, Hacou, lemvassas, soupe kandja, mechoui, gombou, niétié, thiéboudiène, mafé, lakhetc.[45].

Les protéines animales viennent du dromadaire, des ovins et caprins, du bœuf, et du poisson (sur la côte). Le fromage caravane se fait à partir de lait de chamelle.

À part ces produits traditionnels, d'autres denrées tels le riz, la pomme de terre sont également consommés et la mondialisation influence les méthodes et les usages culinaires.

Jeux et sports

L'influence de l'islam dans les relations hommes/femmes a créé deux types de jeux [46] :

  • soit uniquement pour les femmes (es-sig, krour, Em-Ehmeidech, Chnague, lewzar, Sigueye, Salar...) dans des endroits frais (tentes, maisons) ou ombragés (arbres...) ;
  • soit uniquement pour les hommes (Edghougha, Heibe, Towd, Dhamette, Khreibga, Diaro...) dans des endroits découverts, à l'air libre.
  • soit uniquement pour les enfants.

Codes

La Mauritanie a pour codes :

Notes et références

  1. (en) Population de la Mauritanie en 2015 (CIA World Factbook).
  2. Site de l'ONU.
  3. « The World Factbook », sur www.cia.gov (consulté le 8 janvier 2016)
  4. T. Lewicki, Gannar - Le nom Wolof de la Mauritanie, Paideuma: Mitteilungen zur Kulturkunde, Afrika-Studien I (1989), p. 177-179 , présentation ligne
  5. Parc national du banc d'Arguin
  6. Portail national du gouvernement mauritanien - La préhistoire : Apparition de l'Homme
  7. « Habitat et sociétés préhistoriques du Dhar Tichitt (Mauritanie) », A. Holl, Revue du CNRS.
  8. "Manuel d'histoire 8e année", Éditions Jamana, 2008, pp 23-24, (ISBN 2-915032-02-5)
  9. Attilio Gaudio, « Le Dossier de la Mauritanie », Nouvelles Editions Latines, 1978, (ISBN 9782723300353), p. 13 extraits en ligne
  10. Philippe Herreman, « Les revendications marocaines sur la Mauritanie placent les pays africains devant un choix difficile à l’ONU », monde-diplomatique.fr, octobre 1960.
  11. INFOS AVOMM, « Les événements de 1989 en Mauritanie : Causes et conséquences », AVOMM-INFOS, (lire en ligne)
  12. « Un an de pouvoir civil » - Article RFI du 19/04/2008
  13. « Remaniement gouvernemental » Article RFI du 7/05/2008
  14. « Nouveau gouvernement : fin de la crise politique ? » Article de RFI
  15. New york times
  16. Article coup Mauritanie sur radio Canada
  17. « Constitution de la République de Mauritanie » (consulté le 7 juin 2009)
  18. La Mauritanie va changer de drapeau national article sur le site Leparisien.fr, paru le 10 mars 2017.
  19. Réforme constitutionnelle, la Mauritanie va-t-elle changer de drapeau ? article dur le site Afrique.latribune.fr.
  20. TITRE V DES TRAITES ET ACCORDS INTERNATIONAUX
  21. « BM/ Données Mauritanie », sur Banque Mondiale
  22. http://www.undp.mr/omd/omd1.htm
  23. (en) Statistiques économiques de la Mauritanie (Banque Mondiale)
  24. (en) Human Development Report 2009 [1]
  25. (en) The World Factbook [2]
  26. Source : Banque nationale de Mauritanie, rapport 1993
  27. http://data.worldbank.org/indicator/SP.POP.TOTL
  28. a, b et c [3]
  29. En 1905 les autorités françaises avaient déjà étendu à sa colonie l'interdiction de l'esclavage et en 1960 la constitution mauritanienne avait proclamé l'égalité de droits entre tous les citoyens
  30. (en) « 2014 Global Slavery Index : Mauritania », (consulté le 8 février 2015)
  31. Damien Roustel, « Mauritanie : ces Spartacus qui gênent le pouvoir », L'Humanité,
  32. a et b http://www.bibl.u-szeged.hu/oseas_adsec/mauritania2.htm
  33. http://www.unicef.org/infobycountry/mauritania_statistics.html
  34. http://www.indexmundi.com/g/g.aspx?c=mr&v=39&l=fr
  35. a, b et c Jean-Claude Klotchkoff, La Mauritanie aujourd'hui, Éditions du Jaguar, p. 67-71
  36. Code pénal mauritanien sur Droit-Afrique.com
  37. (en) Anthony G. Pazzanita, Historical dictionary of Mauritania, Lanham (Maryland) ; Toronto, Plymouth (Royaume-Uni), Scarecrow Press, (ISBN 978-0-810-85596-0), « Islam », p. 277-283
  38. a et b (en) International Religious Freedom Report 2010
  39. http://www.mauritania-today.com/francais/constitution.htm#1
  40. regions-francophones.com
  41. http://fr.rsf.org/press-freedom-index-2013,1054.html
  42. L'art poétique sur le portail national
  43. Tourath : Projet de sauvegarde de la culture mauritanienne traditionnelle - Poésie
  44. Musique sur le portail national
  45. Art culinaire sur le portail national
  46. Jeux - Portailnational

Annexes

Bibliographie

Généralités uniquement

  • Mariella Villasante Cervello, Parenté et politique en Mauritanie : essai d'anthropologie historique, Paris, L'Harmattan, , 282 p. (ISBN 2-738-46392-4)
  • Mariella Beauvais (dir.), Groupes serviles au Sahara : approche comparative à partir du cas des arabophones de Mauritanie, Paris, CNRS, (ISBN 2-271-05684-5), p. 359
  • Mariella Villasante Cervello, (dir.), Colonisations et héritages actuels au Sahara et au Sahel, L'Harmattan, 2 vols (ISBN 978-2-296-04024-3)
  • Mariella Villasante Cervello, (dir.), Le passé colonial et les héritages actuels en Mauritanie, L'Harmattan, 566 p (ISBN 978-2-343-01767-9)
  • Elemine Ould Mohamed Baba, La Mauritanie, un pays atypique, L'Harmattan, 2007, 160 p. (ISBN 978-2-296-04591-0)
  • Muriel Devey, La Mauritanie, Karthala, Paris, 2005, 316 p. (ISBN 978-2-84586-583-9)
  • Viviane Froger-Fortaillier et Janine Koudjina, Mauritanie, scènes de vie, Sepia, 2007, 120 p. (ISBN 978-2-84280-133-5)
  • Attilio Gaudio, Le dossier de la Mauritanie, Nouvelles éditions latines, 2008, 429 p. (ISBN 978-2-7233-0035-3)
  • Jean-Claude Klitchkoff, La Mauritanie aujourd'hui, Éditions du Jaguar, 2003 (2e éd.), 248 p. (ISBN 978-2-86950-340-3)
  • Danielle et Vincent Bisson, Mauritanie, aux confins du Maghreb, éditions ACR, 2005, 335 p. (ISBN 9-782867-701719)

Discographie

  • Le Chant des enfants du monde, vol. 8 Mauritanie, Arion, 2009 (1re éd. 2001), ICD (compilation de 24 titres)

Filmographie

  • Mauritanie, film documentaire réalisé par Claude Pavard, Oasis Production, Sèvres, 2003, 2 DVD (240') + 1 livret (64 p.)

Article connexe

Liens externes