Mauricio Macri

Mauricio Macri
Mauricio Macri, en décembre 2015.
Mauricio Macri, en décembre 2015.
Fonctions
Président de la Nation argentine
En fonction depuis le
(1 an, 8 mois et 3 jours)
Élection 22 novembre 2015
Vice-président Gabriela Michetti
Chef du gouvernement Chef de cabinet :
Marcos Peña
Prédécesseur Federico Pinedo (intérim)
Cristina Fernández de Kirchner
Chef du gouvernement de Buenos Aires

(7 ans, 11 mois et 29 jours)
Prédécesseur Jorge Telerman
Successeur Horacio Rodríguez Larreta 
Député de la Nation argentine

(1 an, 7 mois et 8 jours)
Successeur Julián Obiglio
Biographie
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Tandil (Argentine)
Nationalité Argentine
Parti politique Proposition républicaine
Père Franco Macri
Mère Alicia Blanco Villegas
Conjoint Yvonne Bordeu
(1981-1991)
Isabel Menditeguy
(1994-2005)
Juliana Awada
(depuis 2010)
Diplômé de Université catholique argentine
Profession Ingénieur civil
Résidence Quinta de Olivos

Signature de Mauricio Macri

Mauricio Macri Mauricio Macri
Chefs du gouvernement de la Ville de Buenos Aires
Présidents de la Nation argentine

Mauricio Macri, né le à Tandil, est un homme d'affaires et homme d'État argentin, président de la Nation (président de la république) depuis le .

Il est le fondateur du parti Compromiso para el Cambio , qui fait partie de la coalition Proposition républicaine (PRO), classée au centre droit de l'échiquier politique. Il est élu chef de gouvernement (maire) de Buenos Aires le 24 juin 2007, avec 61 % des voix, après avoir échoué face à Aníbal Ibarra en 2003. Il est élu président de la Nation argentine le , avec 51,34 % des voix ; il succède le à Cristina Fernández de Kirchner, qui ne pouvait se représenter.

Biographie

Mauricio Macri portant le maillot de Boca Juniors en 2011.

Homme d'affaires et président du club de football de la capitale Boca Juniors, Macri a été élu député en 2005, faisant campagne sur l'insécurité, en proposant d'accroître le nombre de policiers et d'augmenter leurs salaires. Il avait été victime, en 1991, d'un enlèvement orchestré par une bande d'anciens policiers[1]. Fils d'une des familles les plus riches de l'Argentine, son père a été l'objet de plusieurs scandales de corruption.

En tant que maire de Buenos Aires, il a doté la police métropolitaine de Buenos Aires d’armes de type Taser, ce qui lui a valu le dépôt d’une plainte contre lui à laquelle s’est jointe l’association des Mères de la place de Mai[2]. Il a également engagé des grands travaux dans la capitale, dans les domaines de l'urbanisme et des transports. Son bon bilan municipal a conforté l'image de « gestionnaire pragmatique » qui colle à son parti[3].

Son gouvernement a cependant vu la démission de deux policiers inculpés d’espionnage, Jorge « Fino » Palacios, également inculpé pour entrave à la justice dans le procès de l'attentat de l'AMIA, que Macri avait désigné en juillet 2009 comme chef de la Police métropolitaine[4], et Osvaldo Chamorro[5]. Le recteur de l'Institut supérieur de Sécurité publique, Daniel Pastor, critique vis-à-vis des organisations des droits de l'homme, a également été contraint à la démission[5].

Président de la Nation

Élection présidentielle

Mauricio Macri le jour de son investiture.
Réception du Premier ministre canadien Justin Trudeau, en 2016.

Après avoir gagné la primaire le au sein de la coalition de centre droit libéral Cambiemos, Mauricio Macri se présente à l'élection présidentielle argentine de 2015 pour succéder à Cristina Fernández de Kirchner. Au premier tour, le 25 octobre, il arrive en deuxième position avec 34,2 % des suffrages, derrière le candidat soutenu par Cristina Kirchner, Daniel Scioli, qui obtient 37,1%. Mauricio Macri remporte le scrutin au second tour, le 22 novembre 2015, avec 51,3 % des voix. Il devient le premier président argentin à revendiquer son appartenance à la droite libérale et sa sympathie pour les marchés financiers. Il s'ancre également sur des positions conservatrices sur les sujets de « société », assimilant l’homosexualité à une « maladie »[6] et l’avortement à une atteinte à la vie[7].

Des divergences entre le président élu et la présidente sortante éclatent au sujet du protocole de passation de pouvoir, Cristina Kirchner souhaitant, contrairement à ce que prévoit le règlement officiel, que la cérémonie se déroule uniquement au Congrès et à aucun moment au palais présidentiel[8],[9]. Elle n'est finalement pas présente à la passation de pouvoir, une première depuis la fin de la dictature militaire[10],[11],[12]. C'est finalement Federico Pinedo qui lui transmet officiellement le pouvoir en tant que président par intérim[13]. Mauricio Macri est investi président de la Nation le 10 décembre avec pour vice-présidente Gabriela Michetti. Il affirme alors entendre mettre fin à la politique des arrangements de la présidente sortante et constitue un gouvernement comprenant de nombreux membres du patronat.

Décisions politiques

L'une de ses premières mesures est de revenir sur la loi de déconcentration des médias introduite par le gouvernement précédent, qui fixait un équilibre entre les médias privés, les médias communautaires et le service public, mais affectait les intérêts des groupes les plus puissants[14]. Selon l'opposition péroniste, la nouvelle administration se lance dans une « chasse aux sorcières » sur motivations politiques ; des journalistes auraient été limogés sous la pression exercée par le gouvernement, des programmes de la télévision et de la radio publiques ont été supprimés et des dizaines de milliers d’employés auraient été renvoyés en raison de leur appartenance ou de leurs sympathies politiques présumées[15][16].

De manière générale, sa politique est jugée favorable au patronat, aux investisseurs étrangers et aux agriculteurs, mais éprouvante pour les classes moyennes et populaires. Certaines taxes sur les exportations sont levées et un décret d’amnistie pour les exilés fiscaux est promulgué[17]. Pour réduire les dépenses publiques, les subventions accordées aux ménages sont supprimées, entrainant une augmentation de 400 à 700 % des prix de l’électricité, de l'eau et du gaz[18], et 200 000 emplois sont supprimés[17]. En contraste avec ces mesures austéritaires, les salaires des parlementaires, du président et de ses ministres sont augmentés de 30 à 50 %[19] Après une première année de pouvoir le niveau de la dette de l'Argentine augmente fortement, soulevant l'inquiétude de certains milieux économiques qui lui étaient favorables[20]. Les objectifs poursuivis par ces mesures seraient de permettre à l’Argentine de retrouver son statut sur les marchés internationaux et de gagner la confiance des investisseurs[21][22].

Il souhaite par ailleurs abaisser l'âge de responsabilité pénale de 16 à 14 ans[23].

Panama Papers et autres polémiques

Quatre mois après sa prise de fonction, début avril 2016, dans le cadre de l'affaire Panama Papers, il est cité par le quotidien argentin La Nación comme ayant fait partie, entre 1998 et janvier 2009, du directoire de la société écran Fleg Trading Ltd basée aux Bahamas[24]. Il a répondu en fournissant à la justice des documents qui tendent à prouver que ce scandale concerne une société familiale dont il était le directeur jusqu'en 2008 mais pas un des actionnaires, n'ayant donc pas perçu de dividendes et ce de façon identique pour une autre société basée aux Bahamas. Sa popularité n'en est pas moins entamée[25]. Au moins 30 sociétés offshore sont associées à la famille Macri[26]. Son cousin Angelo Calcaterra pourrait être impliqué dans le scandale de corruption Odebrecht[27].

En 2017, un accord entre l'entreprise de son père et l’État argentin, conclu après son arrivée au pouvoir, provoque une controverse. Dénoncé comme « ruineux » pour l’État par la procureure chargée du dossier, il reviendrait quasiment à une annulation de la dette de l'entreprise[28]. En mars 2017, une enquête est ouverte en raison de soupçons de trafic d'influence après l’attribution, au détriment de la compagnie nationale Aerolíneas Argentinas, de lignes à la compagnie aérienne colombienne Avianca juste après le rachat de celle-ci par le groupe Macri[29].

Notes et références

  1. Christine Legrand, « Mauricio Macri fait basculer à droite la municipalité de Buenos Aires », Le Monde, 26 juin 2007
  2. Hebe de Bonafini reclamó ser querellante en la causa por las pistolas Taser, Página/12, 15 février 2010
  3. Alice Pouyat, « En Argentine, la droite nouvelle menace le péronisme », Le Figaro, 21 / 22 novembre 2015, p. 12.
  4. Raúl Kollmann, Las hazañas del Fino Palacios, Pagina/12, 5 juillet 2009.
  5. a et b Otro de los policías de Macri debió abandonar la Metropolitana, Pagina/12, 25 mars 2010.
  6. (es) « La vez que Macri dijo que la homosexualidad es una enfermedad », La Tinta,‎ (lire en ligne)
  7. « Macri se manifestó contra el aborto y no descartó legalizar la marihuana medicinal », La Capital,‎ (lire en ligne)
  8. Le Figaro.fr avec AFP, « Argentine: Kirchner complique la transition », sur Le Figaro (consulté le 5 décembre 2015)
  9. La présidente sortante argentine Cristina Kirchner a du mal à quitter son poste, France inter.
  10. « L’au-revoir de Cristina Kirchner », sur Courrier international (consulté le 21 décembre 2015)
  11. (en) Cristina Kirchner refuses to attend Mauricio Macris inauguration, Telegraph.co.uk.
  12. « Cristina Kirchner ne veut pas lâcher le pouvoir », sur Courrier international (consulté le 21 décembre 2015)
  13. « Cristina Kirchner refuses to attend Mauricio Macri's inauguration », sur Telegraph.co.uk (consulté le 14 décembre 2015)
  14. « Argentine : comment interpréter les premières décisions du nouveau président Mauricio Macri ? », IRIS,‎ (lire en ligne)
  15. « « Préoccupante régression des libertés en Argentine » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  16. « Médias en Argentine : Macri droit dans ses bottes ! », Acrimed,‎ (lire en ligne)
  17. a et b « Dans une Argentine en crise, le président Macri remanie l’équipe économique de son gouvernement », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  18. « Hausse des prix du gaz et de l'électricité: les Argentins dans la rue », RFI,‎ (lire en ligne)
  19. « Aumentos por encima del promedio para los legisladores », La Nacion,‎ 30 de octobre 2016 (lire en ligne)
  20. (en) Daniel Pardo, « Cuánto aumentó la deuda de Argentina desde que Mauricio Macri asumió la presidencia y por qué puede convertirse en su talón de Aquiles », BBC Mundo,‎ (lire en ligne)
  21. « L'Argentine plonge un peu plus dans la dépression, un passage obligé selon le président », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  22. « Argentine - Mauricio Macri : "Je ne suis pas David Copperfield" », Le Point,‎ (lire en ligne)
  23. « Macri quiere bajar la imputabilidad de 16 a 14 años », La Voz del Interior,‎ (lire en ligne)
  24. (es) Iván Ruiz, Maia Jastreblansky et Hugo Alconada Mon, « Macri fue director de una sociedad offshore de Bahamas », lanacion.com.ar,‎ (lire en ligne).
  25. Alice Pouyat, « Le président argentin dans la tourmente des révélations », Le Figaro, samedi 9 / dimanche 10 avril 2016, page 7.
  26. « Off shore de familia Macri destruyó pruebas antes de elecciones », teleSUR -,‎ (lire en ligne)
  27. (es) « El primo de Macri, envuelto en el pago de coimas de Odebrecht », Perfil.com,‎ (lire en ligne)
  28. « Le président argentin empêtré dans un scandale financier », sur BFM BUSINESS (consulté le 12 février 2017)
  29. « Nouvelle enquête ouverte contre le président argentin, pour conflit d’intérêts », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)

Liens externes

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