Maurice Szafran

Maurice Szafran
Image illustrative de l'article Maurice Szafran
Maurice Szafran lors du Forum Libération de Grenoble, en janvier 2012.

Naissance (63 ans)
Drapeau de la France Paris
Profession Journaliste
Écrivain

Maurice Szafran, né le dans le 16e arrondissement de Paris[1], est un journaliste et écrivain français, ancien PDG de l'hebdomadaire Marianne.

Biographie

Journaliste, Maurice Szafran débute en 1977 au service des sports (dirigé alors par Jacques Marchand) du Matin de Paris avant de passer à la section culture de l'hebdomadaire Le Point, puis directeur de L'Événement du jeudi dirigé par Jean-François Kahn ; il fonde avec ce dernier Marianne dont il prend la direction de la rédaction. Après la démission de Jean-François Kahn de la présidence du conseil d’administration, il est élu à l’unanimité le à la tête de l'hebdomadaire[2].

En juin 2011, il est l'un des dirigeants de Marianne ciblé par le SNJ-CGT dans un tract dénonçant « la forte augmentation des cinq plus hauts salaires de l'entreprise (87 % sur cinq ans) et l'importance des notes de frais de ces dirigeants (d'un montant total de 190 000 euros pour l'année 2010)[3]. »

Sa critique de l'ouvrage de Pierre Péan et Philippe Cohen, Le Pen : une histoire française, et son refus de laisser y répondre ce dernier[4] pousse Philippe Cohen, cofondateur de Marianne, à démissionner en janvier 2013, sur fond de querelles stratégiques et idéologiques. Commentant cette polémique, le philosophe Marcel Gauchet, avance qu'elle serait « symptomatique de la dégénérescence de la presse française. La critique de Maurice Szafran est un cours de morale. Ce n'est pas une réponse sur des faits[5]. »

Le 6 novembre 2013, il annonce qu'il quitte ses fonctions de PDG de Marianne en raison d'une divergence stratégique avec d'autres actionnaires du titre, Jean-François Kahn affirmant que Marianne doit se démarquer des autres magazines d'actualité et se battre contre la « pensée unique »[6]. L'entreprise est notamment confrontée à une baisse des ventes et doit provisionner 3 millions d'euros de perte pour 2013[7].

En 2014, il est directeur éditorial des magazines du groupe Sophia Publications (à l'époque propriété de François Pinault) dont La Recherche, Historia, L'Histoire et Le Magazine littéraire. Regroupés au sein de la société Sophia Communications, créée pour l’occasion, Maurice Szafran et deux partenaires financiers, Thierry Verret et Gilles Gramat, rachètent Sophia Publications à Artémis au début de l’année 2014[8]. Placé en redressement judiciaire le 28 janvier 2015, quelques mois après l'entrée de Claude Perdriel au capital, le groupe de presse voit le juge du tribunal de commerce de Paris acter en mai 2016 « l’arrêt du plan de continuation »[8]. Après avoir perdu un million d’euros en 2014 pour un chiffre d’affaires de 18 millions, le groupe renouait avec les bénéfices au cours de l'année 2015[8].

En mars 2017 lors de la campagne de la présidentielle française, la Société des journalistes de Challenges dénonce le parti-pris du site internet en faveur d'Emmanuel Macron et déplore « les interventions multiples et déplacées de Maurice Szafran auprès de la direction et de l’équipe web, suite à la parution d’un article critique à l’égard de Macron »[9].

Prises de position

En février 2010, il condamne l'attitude du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) et de son président, Richard Prasquier, lors du procès du gang des barbares[10].

En mars 2017, il cosigne l'appel des psychanalystes contre Marine Le Pen publié dans Médiapart qui décrit le Front national comme un avatar du « courant contre-révolutionnaire » qui fut au pouvoir « sous l’Occupation nazie ». Celui-ci menacerait « l’état de droit », « la liberté d’opinion et celle de la presse »[11].

Condamnation pour diffamation

Le tribunal de grande instance de Paris a condamné Maurice Szafran pour le journal Marianne, et Jean-Claude Jaillette, le 6 novembre 2015[12],[13],[14],[15] pour diffamation envers un fonctionnaire public, le professeur Gilles-Eric Séralini, et pour diffamation publique envers les chercheurs de l'équipe du professeur, et envers le CRIIGEN. Ils sont condamnés à verser 6 000 de dommages et intérêts au professeur Séralini. De plus, Jean-Claude Jaillette est condamné à une amende de 500 euros avec sursis, et de 1 000 à verser à la partie civile ; Maurice Szafran est condamné à une amende de 1 000 sans sursis, ayant déjà été condamné, et de 2 000 à verser à la partie civile[16].

Bibliographie

  • Les Familles du président, avec Sammy Ketz, Grasset, 1982
  • Chirac ou les passions du pouvoir, Grasset, 1986
  • Les Juifs dans la politique française, Flammarion, 1992
  • avec Nicolas Domenach, Le Testament inachevé, Paris, Flammarion, , 216 p. (ISBN 2-08-067097-2, présentation en ligne)
    Entretien entre les deux journalistes et le cardinal Albert Decourtray.
  • avec Nicolas Domenach, De si bons amis, Paris, Plon, , 453 p. (ISBN 2-259-18018-3)
    Sur Jacques Chirac et Édouard Balladur, leur amitié, puis leur rivalité à la suite de leurs candidatures à l'élection présidentielle de 1995.
  • Simone Veil. Destin, Flammarion, 1994 ; « J'ai lu », 1996
  • avec Nicolas Domenach, Le Roman d'un président, Paris, Plon
    Biographie de Jacques Chirac en 3 tomes, un pour chaque période.
    • L'humiliation, la résurrection, le reniement (1988-1995), vol. 1, , 320 p. (ISBN 2-259-18188-0)
      Son parcours pour accéder à la présidence de la République en 1995, après son échec à l'élection de 1988.
    • Le Miraculé, vol. 2, , 253 p. (ISBN 2-259-18756-0)
      Son mandat de 1995 à 2002, et la cohabitation avec Lionel Jospin à partir de 1997.
    • Le Sacre, vol. 3, , 288 p. (ISBN 2-259-19471-0, présentation en ligne)
      Sa campagne pour l'élection de 2002 et sa réélection.
  • Les Cigares, Flammarion, 1999
  • La Grande Histoire du cigare, avec Bernard Le Roy, Flammarion, 2001
  • Malaise dans la République : intégration et désintégration, avec Anne Révah-Lévy, Plon, 2002
  • avec Nicolas Domenach, Off : Ce que Nicolas n'aurait jamais dû nous dire, Fayard, coll. « Documents », , 288 p. (ISBN 9782213661841)
  • avec Christian Estrosi, Il faut tout changer !, Albin Michel, 2017.

Notes et références

  1. (fr) Fédération nationale de la presse française, « Annuaire des participants et intervenants au 15e congrès de la presse française » [PDF], sur sgpresse.fr, , p. 99.
  2. « Maurice Szafran devient Pdg de Marianne » sur le blog de Jean-Marc Morandini, .
  3. « Marianne, ses (très) hauts salaires, et sa déléguée syndicale poussée vers la sortie », Arrêt sur images, 13 septembre 2011.
  4. « Philippe Cohen est mort », Elisabeth Lévy, causeur.fr, 21 octobre 2013.
  5. Dominique de Laage, « Pourquoi Péan et Cohen sont inaudibles sur Le Pen », Sud Ouest, 17 février 2013.
  6. « Maurice Szafran quitte ses fonctions de PDG de Marianne », Le Monde, 6 novembre 2013.
  7. « Maurice Szafran démissionne de son poste de PDG à Marianne », retroper.com, 6 novembre 2013.
  8. a, b et c Voir sur liberation.fr.
  9. La présidentielle à Challenges : les « observations » de la société des journalistes (SDJ), communiqué de la SDJ de Challenges daté du 16 mars 2017
  10. « CRIF : Une lettre de Jean Daniel à Maurice Szafran », Marianne, 23 février 2010.
  11. Appel des psychanalystes contre Marine Le Pen, mediapart.fr, 15 mars 2017
  12. « Victoire du Pr Séralini, de son équipe et du CRIIGEN dans deux procès !! - CRIIGEN, Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique », sur www.criigen.org (consulté le 7 décembre 2015)
  13. « Le professeur Gilles-Eric Séralini remporte le procès en diffamation face à Marianne - France 3 Basse-Normandie », sur France 3 Basse-Normandie (consulté le 7 décembre 2015).
  14. « GMO Seralini – Seralini’s team wins defamation and forgery court cases on GMO and pesticide research », sur www.gmoseralini.org (consulté le 7 décembre 2015).
  15. « Inf'OGM », sur www.infogm.org (consulté le 7 décembre 2015).
  16. « OGM - Un journaliste de Marianne condamné pour diffamation » Inf'OGM, 30 novembre 2015.