Maurice Sarrazin

Maurice Sarrazin, né le , est un comédien, metteur en scène et directeur de théâtre français.

Biographie

Élève au conservatoire de Toulouse, il part à la Libération avec quelques amis comédiens à Paris. Ne parvenant pas à y faire leur place, ils décident de revenir à Toulouse et fondent, dans le grenier de ses parents le jour des 20 ans de Maurice Sarrazin, le 18 mars 1945, la compagnie du Grenier de Toulouse, pour pratiquer la décentralisation théâtrale dont ils sont les pionniers. On y trouve Daniel Sorano, Jean Bousquet, Simone Turck, Jacques Duby, Christian Marc...

Avec la compagnie du Grenier, Sarrazin monte Le Carthaginois de Plaute qu'il joue pendant trois mois au théâtre du Vieux-Colombier. Le succès est au rendez-vous : le tout-Paris vient s'y presser, et ils obtiennent le premier prix du concours des jeunes compagnies de 1946, organisé par Jeanne Laurent pour l'émergence de nouveaux talents. Ils jouent ensuite Roméo et Juliette et Les Fourberies de Scapin.

Avec le soutien de Charles Dullin et Louis Jouvet, Jeanne Laurent donne au Grenier le statut de Centre dramatique national (CDN) le 15 janvier 1949, Sarrazin refusant un codirecteur venu de Paris, comme c'était la règle pour les premiers centres dramatiques. Il en quitte la tête qu'en 1985. Le Grenier devient centre national dramatique et musical en février 1966, en collaboration avec l'Orchestre de chambre de Toulouse, puis d'octobre 1967 à 1969, Centre dramatique musical cinématographique national, avec le Cinéma national populaire et la Cinémathèque de Toulouse. Déjà pour le 5e festival d'Aix-en-Provence, il signe le 12 juillet 1952 la mise en scène des Noces de Figaro de Mozart, dans la Cour de l'Archevêché, puis monte Le Roi David de René Morax et Arthur Honegger au Capitole en 1958. La troupe retrouve Aix en juillet 1959 pour la représentation du Monde de la lune de Joseph Haydn d'après Goldoni, et le 23 juillet 1965, pour celle de L'Histoire du soldat, de Charles-Ferdinand Ramuz et Stravinski, déjà joué à l'Odéon le 11 juin 1962.

Mais aucun théâtre n'est affecté spécifiquement à la compagnie. En 1964, la troupe du Grenier s'installe dans le nouveau Théâtre Daniel-Sorano avec l'aide de la municipalité de Toulouse, avant d'en être exclu par la même majorité en 1969, et d'emménager en janvier 1970 dans un ancien cinéma de l'avenue de Muret, le Star, renommé Théâtre de la Digue, acheté en 1981 par l'État. En quarante années, Maurice Sarrazin monte plus de 150 pièces, et 5000 représentations, dans la plupart desquelles il joue également. Fidèle à l'optique des grands metteurs en scène de la décentralisation, il allie le répertoire classique (La Locandiera de Carlo Goldoni, Beaucoup de bruit pour rien, La Mégère apprivoisée et Le Roi Lear de William Shakespeare, Le Misanthrope de Molière) aux auteurs contemporains (Tania ou les Fruits de l'instruction de Tolstoï, Chroniques d’une planète provisoire de Gatti, L'Alouette d'Anouilh, Le Roi David de René Morax et Arthur Honegger mais aussi Giraudoux, Eugène Ionesco, Jean-Paul Sartre, Bertolt Brecht, Jean Cocteau). « Théâtre populaire, décentralisation, troupe » sont à ses yeux les trois mots qui « ont architecturé [s]a vie »[1].

Associé à Bruno Bayen et sa Fabrique de théâtre entre 1975 à 1978, le Grenier retrouve le théâtre Sorano en 1983. Remplacé le 1er juillet 1985 à la tête du CDN par Jacques Rosner, sur décision de Jack Lang, Maurice Sarrazin ouvre à Paris l'école de théâtre Grenier-Maurice Sarrazin, qu'il dirige jusqu'en 1991. De nombreux comédiens sont passés par ce cours, comme Vincent Cassel, François Levantal, Jean-Yves Chalangeas, Florence Darel ou encore Anne Roumanoff.

En 2000, la ville de Toulouse lui confie la direction du théâtre Sorano, laissant sa place au terme de la saison 2002-2003 à Didier Carette[2]. Il incarne Jules Saliège dans le film de Francis Fourcou

Laurette 1942, une volontaire au camp de Récébéou en 2015.

Ouvrages

  • Comédien dans une troupe, Toulouse, Grenier de Toulouse, 1970
  • Le Grenier de Toulouse : la troupe, 1945-1985, l'école en 8 journées, Portet-sur-Garonne, Loubatières, 1994 (ISBN 2-86266-219-4)
  • Ma vie peut-être, Portet-sur-Garonne, Loubatières, 2005 (ISBN 2-86266-467-7)

Théâtre

Comédien
Metteur en scène

Notes

  1. Robert Abirached, La décentralisation théâtrale : le premier âge, 1945-1958, Actes Sud Papiers, Arles, 1992
  2. Sylvie Roux, « Le coup d'éclat de Maurice Sarrazin », LaDepeche.fr, 16 octobre 2002

Sources