Maurice Rouvier

Maurice Rouvier
Illustration.
Maurice Rouvier par Ernest Ladrey
Fonctions
Président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères (à partir du 17 Juin 1905)

(1 an, 1 mois et 18 jours)
Président Émile Loubet
Armand Fallières
Gouvernement Rouvier II et III
Législature VIIIe
Coalition ARD - RI - PRS
Prédécesseur Émile Combes
Successeur Ferdinand Sarrien
Ministre des Finances

(3 ans et 10 jours)
Président Émile Loubet
Président du Conseil Émile Combes
lui-même
Gouvernement Combes
Rouvier II
Législature VIIIe
Coalition PRS - RI - ARD
Prédécesseur Joseph Caillaux
Successeur Pierre Merlou
Président du Conseil

(6 mois et 4 jours)
Président Jules Grévy
Sadi Carnot
Gouvernement Rouvier I
Législature IVe
Prédécesseur René Goblet
Successeur Pierre Tirard
Ministre du Commerce

(5 mois et 23 jours)
Président Jules Grévy
Président du Conseil Jules Ferry
Gouvernement Ferry II
Législature IVe
Prédécesseur Anne-Charles Hérisson
Successeur Pierre Legrand
Ministre du Commerce et des Colonies

(2 mois et 16 jours)
Président Jules Grévy
Président du Conseil Léon Gambetta
Gouvernement Gambetta
Législature IVe
Prédécesseur Pierre Tirard (Commerce)
Georges Cloué (Colonies)
Successeur Pierre Tirard (Commerce)
Jean Bernard Jauréguiberry (Colonies)
Biographie
Nom de naissance Maurice Pierre Rouvier
Date de naissance
Lieu de naissance Aix-en-Provence (France)
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décès Neuilly-sur-Seine (France)
Nationalité française
Parti politique Union républicaine
Profession Banquier
Journaliste
Présidents du Conseil des ministres français

Maurice Rouvier, né le à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), et mort le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un banquier, journaliste et homme politique républicain français.

Biographie

Né d'une famille de petits commerçants d'origine provençale, Maurice Rouvier fait des études de commerce aux classes commerciales du lycée de Marseille, actuel lycée Thiers[1]. Parce qu'il y côtoyait l'héritier de la dynastie bancaire marseillaise Zafiropoulos, il y devient employé à la sortie du lycée.[2] Il fait rapidement une brillante carrière. Il organise avec Gaston Crémieux la Ligue de l'Enseignement, collaborant en même temps au Peuple puis au Rappel de la Provence, journaux démocratiques marqués à l'extrême gauche, soutenant Léon Gambetta à Marseille puis créant le journal L'Égalité. Il est de la première insurrection contre l'hôtel de ville en novembre 1870[3].

Après la chute de l'Empire, il est nommé secrétaire général de la préfecture des Bouches-du-Rhône[4].

Il est élu député le sur une liste de conciliation entre républicains et radicaux. Inscrit à l'Union républicaine, il œuvre contre l'exécution de Gaston Cremieux, écrivant contre la commission des grâces et emboîtant le pas à Francisque Ordinaire. Il est de ce fait menacé de poursuites en 1872.

Le , il épouse la sculptrice et femme de lettres Marie-Noémi Cadiot[5].

Soutenant Thiers, il vote les lois constitutionnelles de 1875. Réélu en 1876, il dépose un projet d'amnistie partielle en faveur des communards. La même année, il devient secrétaire de la Chambre. Réélu en 1877, il soutient — quoiqu'à gauche — la politique scolaire et coloniale des ministères républicains. Réélu en 1881, il demande la séparation de l'Église et de l'État. Le 14 novembre de cette même année, il accepte le portefeuille du Commerce et des Colonies dans le ministère Gambetta, ministère prenant fin le .

Maurice Rouvier devient alors proche des milieux d'affaires et se lie avec Jacques de Reinach. Du au , il est ministre du Commerce dans le gouvernement de Jules Ferry.

En 1885, il est battu au premier tour des élections législatives dans les Bouches-du-Rhône et se présente dans les Alpes-Maritimes, où il est élu avec le soutien d'Alfred Borriglione, député-maire républicain modéré de Nice[6]. Il choisit ensuite la circonscription de Grasse comme candidat opportuniste. Il devient également conseiller général de Breil-sur-Roya et président du conseil général des Alpes-Maritimes.

Le , Jules Grévy le nomme président du Conseil. Rouvier prend également le ministère des Finances, des Postes et du Télégraphe. À la suite du scandale des décorations, il remet sa démission à Sadi Carnot, qui a succédé à Jules Grévy. Il devient également président de l'Union des gauches puis, en tant que président de l'Association nationale républicaine, contribue à la lutte contre le boulangisme. Il participe ensuite au second gouvernement de Pierre Tirard, le , dans lequel il est ministre des Finances. Il reste en place jusqu'au (cabinets Charles de Freycinet, Émile Loubet et Alexandre Ribot)[7]. En 18921893, alors ministre des Finances, il est mis en cause lors du scandale de Panama[8]. Il démissionne ; l'assemblée vote la levée de son immunité parlementaire[9]. Un non-lieu lève les soupçons le et il est réélu à Grasse la même année puis en 1898.

Maurice Rouvier redevient ministre des Finances le , dans le ministère d'Émile Combes. Le , il quitte la Chambre pour le Sénat. Après la démission du ministère Combes, dont la majorité s'est affaiblie à la suite de l'affaire des fiches, et le triomphe du bloc des gauches, Rouvier forme son propre cabinet. À cette occasion, Clemenceau l'avertit : « Ce n'est pas un ministère, c'est un conseil d'administration. »

Du au , il dirige deux cabinets successifs[10]. Son gouvernement est renversé à la suite des troubles provoqués par la crise des inventaires[11].

C'est en tant que ministre de l'instruction publique, des beaux-arts et des cultes qu'il signe la loi dite de " séparation des Églises et de l'État " du 9 décembre 1905, loi faisant la réputation d'Aristide Briand[9].

La fin de l'influence de Rouvier commence après la chute de ce ministère (règlement du contentieux avec l'Espagne sur l'affaire marocaine). Il a pour successeurs Clemenceau et Caillaux et ne retrouve plus qu'une gloire de surface dans les différentes commissions du Sénat. Il est président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations de 1909 à 1911. Il meurt le .

D'abord proche d'Esquiros, de Crémieux et de Léon Gambetta, Maurice Rouvier est caractéristique des républicains opportunistes. Son évolution vers les milieux d'affaires, en fait un libéral favorable au libre-échange. Touché par toutes les affaires de la Troisième République, il est considéré comme ayant été un des républicains les plus corrompus.

Sa tombe se trouve au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.

Mandats

Présidence du Conseil

Maurice Rouvier a occupé les fonctions de président du Conseil à trois reprises :

Bibliographie

Sépulture de Maurice Rouvier au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.
  • C.-J. Gignoux, Rouvier et les Finances, Paris, Gallimard, 1931.
  • Jean Garrigues, La République des hommes d'affaires, Paris, Aubier, 1997.
  • Jérôme Grévy, La République des opportunistes, 1870-1885, Paris, Perrin, 1998, 415 p.
  • Jean-Yves Mollier, Le Scandale de Panama, Paris, Fayard, 1991, 564 p.
  • Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p.
  • Tribunal correctionnel de la Seine, Procès Rouvier : compte rendu sténographique [Paris, 1876]
  • « Maurice Rouvier », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
  • « Maurice Rouvier », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]

Articles connexes

Notes

  1. « Histoire du Lycée THIERS », sur www.lyc-thiers.ac-aix-marseille.fr (consulté le 10 février 2019)
  2. Jacques-François Béguin, « Maurice Rouvier (1842-1911) », Annuaires de l'École pratique des hautes études, vol. 130, no 13,‎ , p. 271–276 (DOI 10.3406/ephe.1999.10766, lire en ligne, consulté le 10 février 2019)
  3. A.Robert et G.Cougny, Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, sur le site de l'Assemblée nationale.
  4. Benoît Yvert (dir.), Premiers ministres et Présidents du Conseil. Histoire et dictionnaire raisonné des chefs du gouvernement en France (1815-2007), Paris, Perrin, 2007, 916 p., p. 346-347.
  5. Revue du Louvre, Volume 28, Conseil des musées nationaux, [France], 1978 (réf. en ligne).
  6. Jacques Basso, Les élections législatives dans le département des Alpes-Maritimes de 1860 à 1939, Paris, LGDJ, 1968.
  7. Benoît Yvert (dir.), op. cit., p. 348.
  8. Jean-Yves Mollier, Le scandale de Panama, Paris, Fayard, 1991.
  9. a et b Jean Jolly, Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940.
  10. Benoît Yvert (dir.), op. cit., p. 349.
  11. Benoît Yvert (dir.), op. cit., p. 350.
  12. Les dates de fin de gouvernement indiquées sur le Wikipedia anglophone peuvent être fausses (sur certaines pages). Elles correspondent à chaque fois à la passation des pouvoirs entre l'ancien président du Conseil, démissionnaire mais expédiant les affaires courantes, et le nouveau président du Conseil venant d'être nommé.
  13. Certains observateurs comptent pour un seul gouvernement les deux derniers cabinets Rouvier, mais, comme il est d'usage, la démission du gouvernement fut bel et bien présentée au nouveau président de la République (Armand Fallières) le 18 février 1906, même si le nouvel élu reconduisit aussitôt l'ensemble du cabinet dans ses fonctions.

Liens externes