Maurice Feltin

Maurice Feltin
Image illustrative de l’article Maurice Feltin
Mgr Feltin (1955).
Biographie
Naissance
à Delle (France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 92 ans)
à Thiais (France)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie XII
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de S. Maria della Pace
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Charles-Henri Binet
Évêque aux armées françaises (France)
Archevêque de Paris (France)
Archevêque de Bordeaux (France)
Archevêque de Sens (France)
Évêque de Troyes (France)
Autres fonctions
Fonction religieuse

Signature de Maurice Feltin

Blason
« Animam pro ovibus » (Jn 10,11)
(« Donne sa vie pour ses brebis »)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Maurice Feltin, né le à Delle dans le Territoire de Belfort et mort le à Thiais, est un ecclésiastique français qui fut évêque de Troyes, archevêque de Sens, puis de Bordeaux et de Paris et fait cardinal en 1953.

Biographie

Carrière ecclésiastique

Maurice Feltin est élève au séminaire de Saint-Sulpice de Paris et est ordonné prêtre le 3 juillet 1909. Jusqu'en 1927, il exerce son ministère dans le diocèse de Besançon.

Agé de 31 ans quand éclate la Première Guerre mondiale, il sert comme officier dans l'armée française et reçoit de nombreuses décorations militaires. Il est décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 1914-1918 et de la Légion d'honneur.

En 1927, la pape Pie XI le nomme évêque de Troyes, où il érige canoniquement les Dominicaines missionnaires des campagnes. En 1932, il est nommé archevêque de Sens, en 1935 archevêque de Bordeaux où il incite l'électorat de son diocèse à voter pour les candidats du Front populaire mais se soumet au régime de Vichy. En 1949, il est nommé archevêque de Paris.

Pie XII le crée cardinal en 1953 avec le titre de cardinal-prêtre de S. Maria della Pace. Il prend parti en faveur de Joseph Colomb lors de l'affaire du catéchisme Colomb.

Sous l'Occupation

Archevêque de Bordeaux lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale, il se rallie au Maréchal Pétain. Il approuve ainsi la Charte du Travail, à laquelle il recommande de participer[1]. Partisan d'un modèle social corporatiste, il invite ses séminaristes à partir pour le STO[2]. Cependant, il reste patriote[évasif] et, sous l'influence du pasteur Marc Boegner, refuse l'antisémitisme[réf. nécessaire]. Il participe à la déclaration des évêques de France du 17 février 1944 qui condamne : « [les] appels à la violence et [les] actes de terrorisme, qui déchirent aujourd'hui le pays, provoquent l'assassinat des personnes et le pillage des demeures »[3].

À la Libération, il fait partie des prélats que le gouvernement souhaiterait voir écartés pour leur attitude jugée conciliante[4]envers le Régime de Vichy voire l'Allemagne Nazie.

Après-guerre

L'épiscopat du cardinal Feltin à Paris, à partir de 1949, est surtout marqué par son soutien à l'Action catholique et par sa préoccupation de l'apostolat en banlieue et dans les quartiers populaires.

En 1950, il accepte la présidence de Pax Christi, Mouvement catholique international pour la paix, et en devint le 1er président.

En 1954 et en 1959, il prend la défense du mouvement des prêtres ouvriers, lancé dans les années 1940 par Jacques Loew, sous réserve d'un encadrement de l'Église locale, mais s'oppose à un refus de la part du Saint-Siège, qui sera cependant levé en 1965 sous Paul VI.

Le , il honore de sa présence la bénédiction d'une plaque commémorative en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois, par le nonce apostolique Monseigneur Roncalli, pour le souvenir du vœu de Willette, réalisé par Pierre Regnault le mercredi des Cendres 1926 avec l'Union des Catholiques des beaux-arts[5].

Le , il introduit le procès en béatification d'Élisabeth de France, sœur du roi Louis XVI[6].

En juin 1962, il rend facultatif le port de la soutane et autorise le port du clergyman[7],[8].

En 1963, il refuse les obsèques religieuses à Édith Piaf puisqu'elle avait vécu en dehors de l'Église, « en état de péché public » [9].

Le cardinal Feltin s'oppose à la doctrine de la guerre révolutionnaire (DGR) forgée par l'armée française, considérant que la torture et l'assassinat d'opposants politiques vont à l'encontre de la religion catholique[10],[11].

Il prépare avec son coadjuteur, Mgr Veuillot, la fondation des nouveaux diocèses de Créteil, de Nanterre et de Saint-Denis, effective en 1966, peu avant sa démission.

Il meurt le 27 septembre 1975 au monastère des Annonciades de Thiais, près de Paris, et est enterré dans le caveau des archevêques de la cathédrale Notre-Dame de Paris[12].

Dans la fiction

Notes et références

  1. Jacques Prévotat, article Feltin (Maurice, Mgr), dans le Dictionnaire historique de la France sous l'occupation, sous la direction de Michèle et Jean-Paul Cointet, Tallandier, 2000, p. 299.
  2. François de Lannoy, « L'épiscopat n'est pas épargné », La Nouvelle Revue d'histoire, n°74 de septembre-octobre 2014, p. 55-57.
  3. cité par Michèle Cointet, article Chrétiens, dans le Dictionnaire historique de la France sous l'occupation, sous la direction de Michèle et Jean-Paul Cointet, Tallandier, 2000, p. 159.
  4. Ibidem.
  5. "La Messe de Willette"
  6. Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI, bientôt béatifiée ?
  7. Luc Perrin, Paris à l'heure de Vatican II, Editions de l'Atelier, 1997, p. 69
  8. ORTF, journal de 20 heures du 29 juin 1962
  9. (en) Stuart Jeffries, The love of a poet, in The Guardian, 08/11/2003, [lire en ligne]
  10. (es) Horacio Verbitsky, Fuerzas Armadas y organismos de derechos humanos, una relación impuesta, Pagina/12, 30 avril 2010, bonnes feuilles de La construcción de la Nación Argentina. El rol de las Fuerzas Armadas (2010)
  11. En ceci, il se démarque de certaines tendances de l'Église et de l'Armée, qui vont avoir une influence puissante en Argentine (le cardinal Antonio Caggiano et son successeur Adolfo Servando Tortolo, etc.), ce mélange entre la doctrine de la guerre révolutionnaire et le national-catholicisme devenant par la suite un des éléments moteurs de la « guerre sale » livrée par la dictature militaire argentine (1976-1983) à l'encontre de la population civile
  12. Frédéric Le Moigne, 1944-1951 : Les deux corps de Notre-Dame de Paris, in Vingtième Siècle. Revue d'histoire no 78, éd. Presses de SciencesPo, 2003/2, article en ligne

Voir aussi

Liens externes

Bibliographie

  • Xavier François-Leclanché, Les Gens de Villiers-sur-Tholon - Grande guerre et après-guerre - 1914-1939, Perform, 2018 (ISBN 978-2-9527873-4-5)