Matthias Fekl

Matthias Fekl
Matthias Fekl, en 2015.
Matthias Fekl, en 2015.
Fonctions
Conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine
En fonction depuis le
(1 an, 5 mois et 13 jours)
Élection
Président Alain Rousset
Ministre de l'Intérieur

(1 mois et 19 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Bernard Cazeneuve
Prédécesseur Bruno Le Roux
Successeur Gérard Collomb
Secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger

(2 ans, 6 mois et 17 jours)
Président François Hollande
Gouvernement Manuel Valls II
Bernard Cazeneuve
Prédécesseur Thomas Thévenoud
Successeur Harlem Désir (Commerce extérieur et Tourisme)
Jean-Marie Le Guen (Français de l'étranger)
Député du Lot-et-Garonne
Élu dans la 2e circonscription

(2 ans, 3 mois et 14 jours)
Élection
Législature XIVe législature
(Cinquième République)
Groupe politique Socialiste, républicain
et citoyen
Prédécesseur Michel Diefenbacher
Successeur Régine Povéda
Conseiller régional d'Aquitaine

(5 ans, 9 mois et 10 jours)
Élection
Président Alain Rousset
Biographie
Date de naissance (39 ans)
Lieu de naissance Francfort-sur-le-Main (Allemagne)
Nationalité Française
Allemande
Parti politique Parti socialiste
Diplômé de ENS (Lyon)
IEP de Paris
École nationale d'administration
Profession Haut fonctionnaire
Enseignant en droit public

Matthias Fekl, né le à Francfort-sur-le-Main (Allemagne), est un haut fonctionnaire et homme politique français, membre du Parti socialiste.

Il est élu député de la deuxième circonscription de Lot-et-Garonne le . Il devient secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger le [1]. Il est le fondateur de Movida, le Mouvement pour la vie des idées et des alternatives.

Le , il est nommé à la tête du ministère de l'Intérieur[2] à la suite de la démission de Bruno Le Roux et devient le plus jeune ministre de l’Intérieur sous la Cinquième République.

Biographie

Famille et études

Matthias Fekl est né en Allemagne d'un père allemand et d'une mère française tous deux enseignants, le premier professeur de français, la seconde, d'allemand. Il possède les deux nationalités française et allemande[3],[4].

Il grandit à Berlin[5] où il étudie au lycée français avant de continuer sa scolarité au lycée Henri-IV, à Paris[6]. Il intègre l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud[7], l'Institut d'études politiques de Paris (2001) puis l'École nationale d'administration[8] (promotion Romain-Gary). Il est également titulaire de maîtrises en allemand et en philosophie[4].

Débuts

Il entre au PS en 2001 et est d'abord proche de Bertrand Delanoë[4]. Il s'engage ensuite dans À gauche, en Europe, un club de réflexion social-démocrate dans lequel il se rapproche de Pierre Moscovici et de Dominique Strauss-Kahn[9].

Entre 2005 et 2010, il est conseiller au tribunal administratif de Paris[9].

Il est élu conseiller municipal de Marmande en 2008 et devient adjoint aux finances du maire Gérard Gouzes. Matthias Fekl est aussi conseiller régional d'Aquitaine et vice-président chargé du développement économique, de l'emploi et des entreprises[10]. Opposé au cumul des mandats, il démissionne en 2012 du conseil municipal de Marmande et renonce à sa vice-présidence du conseil régional d'Aquitaine. Il est réélu simple conseiller régional de la région Nouvelle Aquitaine sans fonctions exécutives en décembre 2015.

Matthias Fekl est conseiller du président du Sénat, Jean-Pierre Bel, de 2011 à 2012[11].

Député du Lot-et-Garonne

Lors des élections législatives de 2012, il arrive en tête du premier tour avec 35,09 % des suffrages. Au second tour, il l'emporte avec 53,65 % des voix exprimées face au député sortant Michel Diefenbacher[12], faisant de lui le plus jeune député d'Aquitaine[4]. Sa suppléante est Régine Povéda, maire socialiste de Meilhan-sur-Garonne.

Le 28 juin 2012, il est nommé à la commission des Lois de l'Assemblée nationale, présidée par Jean-Jacques Urvoas. Il est également membre du groupe d'amitié franco-allemand[9]. Matthias Fekl a aussi été chargé par le premier ministre Jean-Marc Ayrault d'un rapport sur le séjour des étrangers et l'immigration en France[13].

Depuis 2012

En 2013 il est intégré au programme « Young Leaders » de la French-American Foundation[14] dont il se met en retrait dès sa nomination au gouvernement.

Lors de l'élection régionale de 2015 en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, il figure en première place de la liste socialiste de Lot-et-Garonne[15]. Il est élu conseiller régional.

En septembre 2016, il crée Movida, le « Mouvement pour la vie des idées et des alternatives » aux côtés de deux de ses collègues du gouvernement, Thierry Mandon et Christophe Sirugue. Ce nom fait écho à l’histoire espagnole, marquée par un mouvement culturel très fort post-franquisme. Movida réunit régulièrement des jeunes, des intellectuels, des élus, des sympathisants de gauche, et propose une démarche collective et ouverte afin d’alimenter le débat public et faire émerger des idées nouvelles pour rompre avec le néolibéralisme et refuser le social-libéralisme[16].

Lors des primaires de la gauche, avec une quarantaine de parlementaires, il invite les candidats et militants à « s'engager dans la bataille des idées au lieu de se livrer à des guerres d’ego »[17].

Après la victoire de Benoît Hamon à la primaire, il est chargé d'une « mission Agenda 2017 » dans le cadre de sa campagne présidentielle[18].

Candidat à sa réélection lors des élections législatives de 2017, il est battu dès le premier tour[19].

Membre du gouvernement

Le 4 septembre 2014, il est nommé secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l'étranger, à la suite de la démission de Thomas Thévenoud[20] et Régine Povéda lui succède à l'Assemblée nationale.

Secrétaire d'État chargé des négociations commerciales, il reproche le manque de transparence[21] et propose l'open data sur tous les documents liés au Traité transatlantique (TTIP), ainsi que l'association des citoyens et des parlementaires aux négociations[22]. Il met en garde les États-Unis sur l'absence de réciprocité, notamment l'accès à leurs marchés publics, aux marchés agricoles et agroalimentaires. Avec le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, il met en avant une « diplomatie des terroirs »[23] et demande la reconnaissance des indications géographiques françaises. Il propose également la création d'une « Cour permanente internationale en matière d'investissement », qui marque une rupture avec le système d'arbitrage privé dans les différends investisseur-État[24], mesure soutenue par la suite par de nombreux dirigeants européens. Suite à plusieurs mois sans avancées significatives, il annonce le 30 août 2016 que la France souhaite « l'arrêt pur, simple et définitif » des négociations transatlantiques[25]. Il continue à porter une réforme pour rendre plus démocratique la politique commerciale au niveau européen[26].

Dans le même sens, au niveau national, il présente au président de la République des propositions pour un « big bang institutionnel », afin de « repenser de fond en comble les institutions et les rendre plus démocratiques » aux côtés du secrétaire d'État chargé de l'Enseignement supérieur, Thierry Mandon[27]. Ils proposent une réduction drastique du nombre de parlementaires avec un renforcement de leurs moyens d'expertise et de contrôle, l'élection de la moitié des députés à la proportionnelle, la création d'un pôle de contrôle et d'évaluation des politiques publiques, le recours plus régulier à la démocratie participative, l'interdiction du cumul des mandats dans le temps, la mise en place d'un statut de l'élu ainsi qu'un spoil system à la française[28] pour reprendre en main le pouvoir politique sur la très haute administration. Plus globalement, face au désarmement des États dans la mondialisation, il défend un retour en force de la puissance publique.

Le , Matthias Fekl accède au poste de ministre de l'Intérieur suite à la démission de Bruno Le Roux[29]. Il devient ainsi le plus jeune ministre de l'Intérieur sous la Ve République[30], juste derrière Maurice Faure sous la Quatrième République.

Durant son passage au ministère il doit principalement gérer Mouvement social de 2017 en Guyane et la sécurité de l'élection présidentielle et doit faire face à l'attentat du 20 avril 2017 sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris.

Ouvrages

  • Rapport du groupe de travail de la Fondation Terra nova présidé par Olivier Duhamel et Olivier Ferrand avec Matthias Fekl pour rapporteur, Pour une primaire à la française, Terra Nova, , 59 p.
  • Matthias Fekl, Marie Sirinelli, Julien Sorin, Eddy Fougier, Droit public, Ellipses, , 416 p. (ISBN 978-2340001954)
  • Matthias Fekl, Wladimir d'Ormesson et Jean-François Achilli, 2027 : Deux jeunes élus confrontent leur vision de la France, Éditions du Moment, , 190 p. (ISBN 978-2354170875)

Notes et références

  1. « Composition du gouvernement », sur Gouvernement.fr (consulté le 22 mars 2017).
  2. Décret de nomination, legifrance.fr, consulté le 22 mars 2017.
  3. Charlotte Rotman, « Matthias Fekl. Françallemand », Libération, .
  4. a, b, c et d Christian Seguin, « Le portrait du mois : Matthias Fekl », Sud Ouest, 24 février 2013
  5. Cécile Amar, « Fekl : La preuve que rien n'est jamais écrit », Le Journal du Dimanche, .
  6. Grandes écoles: la fin d'une exception française. Thomas Lebègue, Emmanuelle Walter, Calmann-Lévy, 2008
  7. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000390355
  8. « Matthias Fekl l’énarque rural », Libération, .
  9. a, b et c Céline Rouden, « Matthias Fekl, de Francfort à Marmande », La Croix, .
  10. « Qui sommes-nous ? », sur matthiasfekl2012.fr.
  11. AFP, « Libre-échange : Matthias Fekl, l'homme qui veut bousculer les négociations UE-Etats-Unis », LCP, .
  12. « Résultats des élections législatives 2012 : LOT ET GARONNE (47) - 2e circonscription », ministère de l'Intérieur.
  13. Rapport "Sécuriser les parcours des ressortissants étrangers en France" (lire en ligne)
  14. http://french-american.org/en/actions/echanges/young-leaders/yl-list/
  15. Mariana Grépinet, « Régionales - Sept ministres montent au feu », Paris Match, semaine du 22 au 28 octobre 2015, page 41.
  16. « Matthias Fekl : “Les ego, c'est bien; les idées, c'est mieux” », L'Express,‎ (lire en ligne)
  17. « Amis de gauche : parrainons les idées ! », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  18. « Hamon forme un nouvelle "gouvernance" de sa campagne, avec Peillon et Montebourg », lepoint.fr, 26 février 2017.
  19. « Ces personnalités balayées dès le premier tour », lefigaro.fr, 11 juin 2017.
  20. « Tout juste nommé secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Thomas Thévenoud présente sa démission. Il sera remplacé par Matthias Fekl, déclare l'Elysée. », sur France Info (chaîne de télévision) (consulté le 18 avril 2017).
  21. Patrick Bèle, « Traité transatlantique : Mathias Fekl met en garde les États-Unis », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  22. « Matthias Fekl : “Le dogme néolibéral ne convainc que dans trois arrondissements de Paris” », L'Obs,‎ (lire en ligne)
  23. « Viticulture : la diplomatie des terroirs bordelais en action | Matthias Fekl », sur matthias-fekl.fr (consulté le 20 décembre 2016)
  24. « Sud-Ouest. Traité Transatlantique : « La France envisage l'arrêt des négociations » | Matthias Fekl », sur matthias-fekl.fr (consulté le 19 décembre 2016)
  25. Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et Cédric Pietralunga, « Tafta : la France réclame l'arrêt des négociations sur le traité de libre-échange transatlantique », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  26. Anne Cheyvialle, « La France veut plus de démocratie dans la politique commerciale européenne », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  27. Corinne Laurent, « Des propositions-chocs pour réformer les institutions », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne)
  28. « Matthias Fekl : “La présidentielle rend fous les hommes politiques” », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  29. Bruno Le Roux démissionne à la suite de révélations sur l'emploi de ses filles à l'Assemblée, sur lemonde.fr (consulté le 21 mars 2017).
  30. « Qui est Matthias Fekl, le nouveau ministre de l'intérieur ? », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)

Voir aussi

Liens externes

  • Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Sa fiche de secrétaire d’État sur le site officiel du gouvernement
  • Fiche sur le site de l'Assemblée nationale