Masque de protection FFP

Des masques FFP2.

Un masque de protection FFP (filtering facepiece, littéralement « pièce faciale filtrante »), aussi appelé appareil de protection respiratoire jetable filtrant contre les particules, ou plus simplement masque à particules, est un type de masque de protection respiratoire filtrant qui sert essentiellement de protection contre les particules ainsi que contre diverses maladies transmissibles dans l'air. C'est un équipement de protection individuelle utilisé par du personnel soignant pour se protéger des contaminations, mais aussi par toute personne que le travail expose à des particules fines (sciure de bois, ponçage, limailles métalliques, démolition, désamiantage par exemple).

De type demi-masque, c'est-à-dire couvrant le menton, le nez et la bouche, ce type de masque est soumis au respect de certaines normes ainsi qu'à des tests d'efficacité. On évalue l'efficacité en fonction du taux de filtration mais aussi en fonction du taux de fuite vers l'intérieur, le masque devant être correctement ajusté sur le visage. La norme EN 149 définit trois classes d'efficacité de filtration pour ces masques, à savoir FFP1, FFP2 et FFP3[1].

Ce type de masque, à la différence du masque chirurgical qui empêche les germes de la personne le portant de se propager à l'extérieur, protège son porteur contre l'inhalation d'agents infectieux ou de polluants comme les particules fines.

Types

Masque FFP1

Un masque anti-poussière FFP1.

Il s'agit du masque le moins filtrant des trois.

  • Pourcentage de filtration d'aérosols : 80 % au minimum.
  • Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 22 % au maximum[2].

Il est principalement utilisé comme masque anti-poussières (très efficace pour le bricolage ou travaux divers). Les poussières peuvent en effet causer des maladies pulmonaires, telles que la silicose, l'anthracose, asbestose et la sidérose (plus particulièrement les poussières de charbon, silice, minerais de fer, zinc, aluminium ou encore le ciment).

Les fabricants utilisent des élastiques de couleur jaune pour l'identifier.

Masque FFP2

  • Pourcentage de filtration d'aérosols : 94 % au minimum.
  • Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 8 % au maximum[2].

Ce masque permet une protection dans divers domaines tels que l'industrie du verre, la fonderie, le bâtiment, l'industrie pharmaceutique et l'agriculture. Il arrête en effet les substances chimiques en poudre. Ce masque peut aussi servir de protection contre les virus comme ceux de la grippe aviaire ou du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), ou contre les bactéries de la peste pulmonaire et de la tuberculose[3].

Les fabricants utilisent des élastiques de couleur blanche ou bleue pour l'identifier.

Dès le début de l'année 2020, ces masques connaissent une forte demande de la part des particuliers mais également des professionnels de la santé, conséquence de la pandémie de Covid-19.

Dans de nombreux États, dès mars 2020, les stocks de masques FFP2 sont réquisitionnés par le gouvernement et deviennent des produits extrêmement utiles pour les professionnels de la santé traitant les patients atteints ou susceptibles d'être atteints par la maladie à coronavirus 2019.

Son équivalence proche américaine est le masque de protection N95.

Masque FFP3

Un masque FFP3.
  • Pourcentage de filtration d'aérosols : 99 % au minimum pour EN 149-FFP3. Et 99,95 % pour EN 143-P3[4].
  • Pourcentage de fuite vers l'intérieur : 2 % au maximum[2].

Le masque FFP3 est le plus filtrant des masques FFP. Il protège des très fines particules d'amiante (asbestose) ou de silice (silicose) mais pas des gaz nocifs comme ceux émis par les véhicules en ville, tels que les oxydes d'azote ou le monoxyde de carbone[5].

Les fabricants utilisent des élastiques de couleur rouge pour l'identifier.

Résistance respiratoire

L'utilisation d'une soupape doit être vue comme un élément de confort pour la respiration. Grâce à l'expiration facilitée par la soupape, l'humidité (hygrométrie) qu'elle contient se condense moins dans le masque et risque moins de se déposer dans le filtre, qui devient moins perméable et désagréable à porter. Néanmoins, son ajout comporte le risque de dysfonctionnement donc un risque d'infiltration du virus ou de poussière toxique. Si les avantages et les désavantages des soupapes s'équilibrent à peu près pour les masques FFP1 et FFP2, la durée d'utilisation doit également être prise en compte. Pour les FFP3, l'utilisation d'une soupape est préférable, puisque doté de couches filtrantes très épaisses, ce qui rend la respiration plus difficile. C'est pourquoi la majorité de ces masques est proposée avec une soupape intégrée.

Attention : la soupape laissant passer l'air expiré sans le filtrer, ces masques sont protecteurs pour celui qui le porte, mais absolument pas pour son entourage.

Cependant, la technologie évoluant, de nouvelles[Quand ?] versions de masques FFP3 sans soupape voient le jour, avec un effort respiratoire réduit reconnu par les utilisateurs[réf. souhaitée].

Les résistances respiratoires sont mesurées à l'inspiration et à l'expiration, elles sont mesurées en millibars (mbar) :

  • FFP1 : pour une inspiration à 30 l/min, la résistance est inférieure à 0,6 mbar, à 95 l/min inférieure à 2,1 mbar ; pour une expiration à 160 l/min, la résistance est inférieure à 3,0 mbar ;
  • FFP2 : pour une inspiration à 30 l/min, la résistance est inférieure 0,7 mbar, à 95 l/min inférieure à 2,4 mbar ; pour une expiration à 160 l/min, la résistance est inférieure à 3,0 mbar ;
  • FFP3 : pour une inspiration à 30 l/min, la résistance est inférieure à 1 mbar, à 95 l/min inférieure à 3 mbar ; pour une expiration à 160 l/min, la résistance est inférieure à 3,0 mbar.

Bonnes pratiques de pose et d'élimination

Le masque doit être aussi bien ajusté que possible au visage ; une languette métallique permet de l'ajuster à l'arête du nez (la barbe épaisse n'est pas recommandée et les élastiques doivent être raccourcis par un nœud pour les jeunes enfants)

S'il doit protéger de maladies infectieuses, il ne sera efficace qu'en combinaison avec un lavage des mains fréquent et efficace. Bien se laver les mains avant de le poser ; ne pas toucher le masque durant son utilisation (ou se nettoyer les mains sans attendre) et changer de masque quand il est humide. Il ne doit jamais être porté sur le front, sur le cou ou dans la poche, au risque de contaminer son porteur en cas de repositionnement[6]. Il doit être retiré en le prenant par l'arrière (sans toucher l'avant du masque) puis jeté dans un bac fermé approprié avant un nouveau lavage des mains.

Contexte normatif

Les masques FFP doivent répondre à certaines exigences. Pour qu'ils soient qualifiés de FFP, il est nécessaire que les masques répondent à la norme EN 149.

Norme EN 149

Cette norme européenne dont la première version date de 2001 fixe les caractéristiques minimales des appareils de protection respiratoire. Elle comprend des tests de laboratoire, des tests pratiques et certaines exigences pour assurer la conformité des masques. Les points suivants sont analysés :

  • emballage ;
  • matériaux : résistance aux manipulations ;
  • essai pratique des performances ;
  • fuite : fuite totale vers l'intérieur et la pénétration du matériau filtrant.

Voici quelques organismes européens qui délivrent, après étude des masques, un certificat d'examen qui atteste la conformité et spécifie les caractéristiques des produits :

Version 2009 de la norme EN 149

Avec la publication de la version 2009 de la norme, la désignation du masque de protection respiratoire est désormais « demi-masque filtrant contre les particules ». Le sigle NR ou R est à ajouter après FFP1, FFP2, FFP3 :

  1. NR (« non-reusable ») : si l'utilisation du demi-masque filtrant est limitée à une journée de travail. Il est non réutilisable ;
  2. R (« reusable ») : si le demi-masque filtrant est utilisable plus d'une journée de travail. Il est donc réutilisable.

La lettre D est rajoutée lorsque le demi-masque a passé le test à la poussière de Dolomie avec succès[7]. Ce test permet d'assurer que la résistance à l'inspiration restera en dessous des valeurs prescrites par la norme EN 149 pour la durée de vie du masque (NR ou R). Par exemple, un masque marqué « FFP3 NR D » sera utilisable pour un filtrage niveau (P3) sur une journée de travail (NR) sans colmatage (D).

La présence de valve peut être indiquée avec la lettre V. Les lettres S ou L précisent respectivement la filtration des poussières solides ou liquides[8].

Les masques fabriqués avant la prise en compte de la nouvelle norme peuvent avoir encore l'ancien marquage.

Mentions légales

Les masques respiratoires FFP sont considérés comme des équipements de protection individuelle (EPI). Voici les mentions légales qui doivent obligatoirement figurer sur chaque masque :

  1. Nom du fabricant ;
  2. Référence du masque ;
  3. CE n° de l'organisme certificateur + EN 149:2009 + la classe du masque (FFP1, FFP2 ou FFP3) + sigle (NR ou R).

Le marquage doit répondre à la directive 89/686/CEE[2] régissant les EPI. Si l'une de ces mentions est manquante, le masque sera considéré comme non conforme.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes