Martinique

Martinique
Martinique
Logo de la collectivité territoriale de Martinique.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Collectivité territoriale unique
Chef-lieu Fort-de-France
Arrondissements Fort-de-France
Le Marin
Saint-Pierre
La Trinité
Communes 34
Assemblée délibérante Assemblée de Martinique
Président du conseil exécutif Alfred Marie-Jeanne (MIM)
2015-2021
Préfet Stanislas Cazelles
Démographie
Gentilé Martiniquais, Martiniquaise
Population 372 594 hab. (2017)
Densité 330 hab./km2
Langues
locales
Français et créole martiniquais
Géographie
Coordonnées 14° 40′ 00″ nord, 61° 00′ 00″ ouest
Superficie 1 128 km2
Divers
Monnaie Euro
Fuseau horaire UTC−04:00
Domaine internet .mq et .fr
Indicatif téléphonique +596
Code ISO 3166-1 MTQ, MQ
Localisation
Localisation de Martinique
Liens
Site web collectivitedemartinique.mq

La Martinique (Matinik ou Matnik en créole martiniquais[1]), appelée Madinina par les Amérindiens[2] et aussi surnommée « l’île aux fleurs »[3],[4], est une île située dans la (ou les) Caraïbe(s) et plus précisément dans l'archipel des petites Antilles. C’est une région insulaire française et un département français (son code Insee est le 972), elle est administrée dans le cadre d'une collectivité territoriale unique dirigée par l'assemblée de Martinique. C'est également une région ultrapériphérique de l'union européenne. Elle est aussi membre associé de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO), de l’Association des États de la Caraïbe (AEC) et de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC)[5].

Christophe Colomb est le premier européen à poser le pied en Martinique le , au cours de son quatrième voyage vers les « Indes ». Cependant, elle avait déjà été découverte (sans s’y arrêter) par Alonso de Ojeda lors de son expédition de 1499-1500[6],[7]. Elle figure d’ailleurs sur la carte établie par Juan de la Cosa en 1500[8] et on la retrouve ensuite sur la carte d'Alberto Cantino (1502) sous le nom de Ioüanacéra ou Joanacaera[9] (formé du préfixe ioüana = iguane et du suffixe caéra = île) c'est-à-dire l'île aux iguanes[10],[11] en langue caribe[12],[13].

Après avoir débarqué en Martinique en 1502, Christophe Colomb[14] ne prit pas « possession » de l'île qui continua à être dirigée par les populations autochtones. La première colonie française est établie en 1635 par Pierre Belain d'Esnambuc[15]. Les Caraïbes d'Hispaniola, appelaient cette île : Madinina[2], Madiana ou Mantinino[16] signifiant « île mythique » chez les Taïnos d’Hispaniola, que Colomb a traduit par Isla de las mujeres (l'île aux femmes) car on lui avait dit qu'elle n'était peuplée que de femmes[17]. Le nom a évolué selon les prononciations en Madinina, Mada et enfin, par influence de l'île voisine de la Dominique, il est devenu « Martinique »[18].

La Martinique est située dans l'arc volcanique des petites Antilles, dans la mer des Caraïbes, entre la Dominique au nord et Sainte-Lucie au sud, à environ 420 km au nord-nord-est des côtes du Venezuela, et environ 865 km à l'est-sud-est de la République dominicaine. Le plateau continental exploitable de façon exclusive par la France a été étendu à 350 milles des côtes en 2015 (soit au-delà de la zone économique exclusive, qui reste fixée à 200 milles des côtes), après l'avis favorable de l'Organisation des Nations unies[19].

Selon l’INSEE, « au 1ᵉʳ janvier 2017, 372 594 personnes résident en Martinique »[20].

Géographie

L'île de la Martinique est située à 32,5 km au nord de Sainte-Lucie et à 41 km au sud-sud-est de la Dominique. D'une superficie totale de 1 128 km2, ce qui la place au troisième rang après Trinidad et la Guadeloupe dans le chapelet d'îles qui constituent les petites Antilles ou Îles du Vent, la Martinique s'étire sur environ 60 km de longueur, pour 30 km de largeur. Le point culminant est le volcan de la montagne Pelée (1 397 m). Comme le reste des petites Antilles, la Martinique est soumise au risque sismique (aléa sismique fort[21]) : ainsi, le à 15 heures, heure locale, un séisme de magnitude 7,4 sur l'échelle de Richter a eu lieu au large de l'île[22].

La zone située au nord d'un axe Fort-de-France - Le Robert constitue la partie la plus montagneuse de l'île, domaine de la forêt tropicale, tandis que la zone située au sud de cet axe, est moins accidentée et plus sèche.

Topographie

Carte topographique de la Martinique.

Le relief est accidenté sur cette île d'origine volcanique. Les zones volcaniques anciennes correspondent à l'extrême sud de l'île (Savane des pétrifications) et à la presqu'île de la Caravelle à l'est. L'île s'est développée dans les dernières 20 millions d'années par une suite d'éruptions et de déplacements de l'activité volcanique vers le nord. Le dernier volcan en date, toujours actif, est la montagne Pelée, qui occupe tout le nord actuel de l'île et culmine à 1 397 m.

À la suite de phénomènes d'érosion toujours violents en Martinique à cause de la forte pluviosité due à l'évaporation océanique apportée par les alizés, les hauts volcans de formation récente situés au nord de l'île (montagne Pelée et pitons du Carbet (1 196 mètres)) font place, dans le sud, à des « mornes » aux sommets arrondis ou plats et aux fortes pentes d'une altitude généralement comprise entre 100 et 300 mètres.

La montagne du Vauclin, point culminant du sud de l'île, atteint 504 m d'altitude. Les plaines situées au centre et en bordure côtière, les « fonds », sont séparées par des escarpements et sont généralement de petite dimension.

Risques naturels

La Martinique est soumise à de nombreux risques naturels tels que les séismes, les tsunamis, les éruptions volcaniques ou les cyclones tropicaux. Elle fait l'objet d'un plan de prévention des risques naturels (PPRN) spécifique[23].

Faune et flore

Faune terrestre

Sucrier.
Caribena versicolor.

La Martinique possède peu d’espèces animales indigènes. Les animaux sauvages les plus courants sont : les manikous (famille des opossums), les matoutous-falaises qui sont des mygales endémiques, l'iguane délicatissima et l'iguane vert, la mangouste, le serpent trigonocéphale ou fer de lance[24] et les scolopendres.

Côté ciel, la Martinique est le pays des hérons garde-bœufs, des colibris (4 espèces en Martinique: le colibri madère, le colibri huppé, le colibri falle-vert et le colibri à tête bleue) et des sucriers (reconnaissables à leur ventre jaune).

Côté terre, les mangoustes ont été importées à la fin du XIXe siècle pour faire diminuer la population de serpents ‘fer de lance’ (ou trigonocéphale). Malheureusement, les conséquences furent graves, puisque les mangoustes détruisirent également de nombreuses espèces endémiques d’oiseaux aujourd’hui complètement disparues. De nos jours, on rencontre plus facilement de nombreux serpents et quelques petits lézards verts inoffensifs, les anolis ainsi que les mabouyas[25], plutôt marron translucide, ils sont très craintifs et sortent la nuit[26].

Deux espèces de mygales cohabitent :

  • Acanthoscurria antillensis est une mygale terricole qui vit dans le sud de la Martinique, de Rivière-Pilote en passant par Cap-Chevalier jusqu'aux Trois-Îlets.
  • Caribena versicolor est une mygale arboricole et vit dans le nord de la Martinique, dans la forêt tropicale humide du Précheur à Grand-Rivière. Cette espèce, relativement calme et peu agressive, est protégée localement.

Faune aquatique

Crabe mantou (mangrove de la Caravelle).

La côte atlantique est bordée par un récif corallien pratiquement ininterrompu, où circulent les poissons du large et où s'abrite la faune sédentaire.

Le milieu aquatique s'est fortement dégradé au cours des vingt dernières années. La pollution d'origine industrielle, notamment les distilleries, le manque de structures d'assainissement des eaux usées, le remblaiement intensif des zones de mangrove, véritables nurseries pour de nombreuses espèces de poissons, ainsi que la pêche, sont à l'origine d'une régression considérable de la surface des récifs et d'une diminution importante du nombre et de la variété des poissons.

Cependant :

  • depuis l'ouragan Lenny en 1999, aucune houle cyclonique n'a été assez puissante pour endommager sérieusement les récifs. Ces années de calme relatif ont laissé le temps à la faune et à la flore sous-marine de reprendre pied ;
  • la mise en place de dispositifs de concentration de poisson ancrés très au large des côtes[27], souvent par 3 000 mètres de fond, a pour conséquence d'inciter les pêcheurs locaux à s'approvisionner au large, du fait d'une meilleure rentabilité, et ainsi à délester les récifs d'une activité de surpêche.

Végétation

Forêt tropicale

La forêt pluviale martiniquaise, de type tropicale humide ou équatoriale, est composée de fougères et d'arbres tels que l'acajou (en anglais : mahogany), le courbaril, qui servent à la fabrication de meubles. Certains peuvent atteindre 60 mètres de haut. De nombreuses fleurs de la famille des Zingiberaceae peuplent les sous-bois et sont très prisées par les fleuristes du fait de leurs formes atypiques et de leurs couleurs flamboyantes. Ces fleurs ont donné son nom à la Martinique (Madinina en amérindien), qui signifie « l'île aux fleurs » dans la langue des indiens Caraïbes.

Dans la forêt pluviale, seulement 1 % de la lumière du soleil parvient à traverser la canopée et à atteindre les jeunes pousses au sol, qui ne se développent donc pas. Il faut attendre qu'un cyclone tropical abatte les grands arbres pour que les jeunes pousses puissent recevoir l'énergie solaire nécessaire à leur développement. Les cyclones tropicaux sont donc indispensables à la régénération de la forêt humide et font partie intégrante du cycle biologique insulaire.

La forêt tropicale sèche est composée de plantes xérophiles adaptées au climat très sec (acacia, campèche, poirier-pays, gommier rouge) et de plantes grasses (cactus cierge, agave).

En haute-montagne, au-dessus de 900 mètres environ, les vents violents quasi permanents et la température comprise entre 0 °C et 15 °C ne permettent pas à la végétation tropicale de prospérer. Celle-ci est donc remplacée par une végétation subtropicale d'altitude, adaptée aux conditions extrêmes : arbres nains, Bromeliaceae et Araucariaceae nains (petits conifères ne dépassants pas 20 centimètres de hauteur) constituent l'essentiel de la couverture végétale.

Dans sa forme dégradée ou dans des conditions de sol extrême la végétation peut aussi prendre la forme de savane, où les cactées et les plantes grasses se partagent le sol avec les herbes folles.

Mangrove près du château Dubuc (presqu'île de la Caravelle).

Mangrove

La mangrove est présente dans toute la Martinique :

Les Strelitziaceae dont l'arbre du voyageur ont été importés d’Amérique du Sud et de l’océan Indien. Certains palmiers sont endémiques de l'île, comme les Acrocomia ou les Roystonea, alors que d'autres ont également été importés d'autres continents (notamment d'Asie ou d'Océanie), tels que les Cyrtostachys ou les Cocos nucifera. De nombreux arbres fruitiers sont également présents sur l’île (avocatier, arbre à pain, tamarinier, prune de cythère).

Histoire

Depuis que Christophe Colomb y a posé le pied en 1502, l’histoire de la Martinique est largement marquée par celle de la colonisation du continent américain, par l'esclavage, les guerres d’influence entre les anciens empires coloniaux européens, l’évolution des activités agricoles, l’éruption de la montagne Pelée en 1902 et les calamités climatiques.

Peuplement

Le peuplement de la Martinique est relativement récent. Les premiers habitants furent les indiens Arawaks, qui durent fuir, à partir du IXe siècle, devant de nouveaux arrivants, les indiens Caraïbes. Ceux-ci furent à leur tour décimés ou expulsés en 1658 par les colons français. La population a ensuite, été de provenances diverses : composée majoritairement d'individus d'origines africaines et de métis, elle comprend aussi des individus d'origines européenne, indienne[28], moyen-orientale, ainsi qu'un faible pourcentage d'Asiatiques[29].

Période de l’esclavage

La Martinique devient française en 1635 : elle est gérée par la Compagnie des îles d'Amérique, créée par Richelieu.

L’esclavage s’y développe à partir du milieu du XVIIe siècle afin de fournir de la main d’oeuvre gratuite aux planteurs de canne. L’ordonnance de mars 1685 sur les esclaves des îles de l'Amérique le légalise avec la création du Code noir. Des milliers d'esclaves noirs sont amenés principalement d'Afrique de l'Ouest.

Hormis une courte période d’abolition lors de la révolution française (abolition non appliquée en Martinique à la suite du traité de Whitehall signé entre les britanniques et les colons, maintenant l’esclavage et plaçant l’île sous domination anglaise à partir de 1794), l’esclavage reste légal en France jusqu’après la chute de la monarchie de Juillet en février 1848.

La IIe République est proclamée le , et le François Arago, alors ministre de la Guerre, de la Marine et des colonies, signe les décrets relatifs à l’interdiction de l’esclavage[30] préparés par Victor Schœlcher, sous-secrétaire d’État aux colonies. Le premier abolit et interdit l’esclavage mais prévoit un délai d’application de deux mois à compter de sa promulgation dans la colonie. Il prévoit en outre une indemnisation des anciens propriétaires d’esclaves « ayant dû appliquer l’interdiction de l’esclavage », mais aucune indemnisation pour les esclaves libérés; 74 447 esclaves martiniquais seront ainsi « libérés » contre 425 francs par esclave (environ 1 100€[31], à confirmer) pour les planteurs[32].

En Martinique l’abolition de l’esclavage entre en vigueur le à la suite des émeutes du 22 mai (date de commémoration de l’abolition en Martinique)[33], donc avant la fin du délai de 2 mois prévu dans le décret national d’abolition[34].

Composition de la population martiniquaise en 1848[35]
Population Nombre d'esclaves Blancs Libres de couleur
122 691 75 339 9 460 37 862

Départementalisation

La colonisation succède au régime de l'esclavage, jusqu'en 1946. Les leaders communistes d’après-guerre Aimé Césaire, Léopold Bissol et Georges Gratiant remportent des victoires électorales en Martinique. Ils portent une proposition de loi à l’Assemblée nationale. La question est débattue au Parlement, avec un rapporteur illustre, le jeune député-maire de Fort-de-France, Aimé Césaire. Ce débat parlementaire aboutit au vote de la loi de départementalisation du , date à laquelle l’île devient un département français d'outre-mer.

Autonomie

Par référendum du 10 janvier 2010 organisé à la demande des élus locaux, les électeurs de Martinique ont refusé à 78,90 % l’autonomie accrue prévue par l’article 74 de la constitution française[36].

Un second vote a ensuite eu lieu le (positif à 68,30 % avec un taux d’abstention de 64,19 %) pour l’approbation de la création en Martinique d'une collectivité unique régie par l'article 73 de la Constitution. La première élection des membres de la nouvelle assemblée de Martinique a eu lieu en [37].

Politique et administration

Statut actuel de l'île

Martinique vers 1675.
« IIe Vue du Fort Roÿal de la Martinique », vers 1750. « Fort-Royal » est l'ancien nom de la préfecture actuelle, Fort-de-France.

La Martinique est divisée en quatre arrondissements et trente-quatre communes.

La « Collectivité territoriale de Martinique » est depuis le une collectivité territoriale de la République française régie par l'article 73 de la Constitution. La Collectivité territoriale de Martinique est également une des régions ultrapériphériques de l’Union européenne.

Représentation de l'État

La préfecture de la Martinique est Fort-de-France. Les trois sous-préfectures sont Le Marin, Saint-Pierre et La Trinité. L'État français est représenté en Martinique par un préfet (Stanislas Cazelles depuis le )[38], et par deux sous-préfets au Marin et à La Trinité / Saint-Pierre, actuellement () respectivement Corinne Blanchot-Prosper et Emmanuel Baffour.

Institutions

Le président du conseil exécutif de Martinique est Alfred Marie-Jeanne.

Le conseil exécutif de Martinique est composé de 9 membres (1 président et 8 conseillers exécutifs)

L'assemblée délibérante de la collectivité territoriale est l'Assemblée de Martinique, constituée de 51 élus et présidée par Claude Lise.

Le conseil consultatif de la Collectivité territoriale de Martinique est le Conseil économique, social, environnemental, de la culture et de l'éducation de Martinique, composé de 68 membres. Son président est Patrick Lecurieux-Durival depuis le .

Représentation nationale

La Martinique est représentée depuis le à l'Assemblée nationale par quatre députés Serge Letchimy, Jean-Philippe Nilor, Josette Manin et Manuéla Kéclard-Mondésir et au Sénat par deux sénateurs Maurice Antiste et Catherine Conconne depuis le .

La Martinique est également représentée au Conseil économique, social et environnemental par Philippe Edmond-Mariette depuis le .

Intercommunalités

Carte des communes de la Martinique

La Martinique compte trois structures intercommunales :

Villes et communes

Communes les plus peuplées

Liste des 15 communes les plus peuplées de la Martinique
Nom Code
Insee
Intercommunalité Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. légale)
Densité
(hab./km2)
Modifier
Fort-de-France 97209 CA du Centre de la Martinique 44,21 80 041 (2017) 1 810
Le Lamentin 97213 CA du Centre de la Martinique 62,32 39 809 (2017) 639
Le Robert 97222 CA du Pays Nord Martinique 47,30 22 719 (2017) 480
Schœlcher 97229 CA du Centre de la Martinique 21,17 19 997 (2017) 945
Ducos 97207 CA de l'Espace Sud de la Martinique 37,69 17 367 (2017) 461
Le François 97210 CA de l'Espace Sud de la Martinique 53,93 16 949 (2017) 314
Saint-Joseph 97224 CA du Centre de la Martinique 43,29 16 232 (2017) 375
Sainte-Marie 97228 CA du Pays Nord Martinique 44,55 15 932 (2017) 358
La Trinité 97230 CA du Pays Nord Martinique 45,77 12 243 (2017) 267
Rivière-Pilote 97220 CA de l'Espace Sud de la Martinique 35,78 11 935 (2017) 334
Rivière-Salée 97221 CA de l'Espace Sud de la Martinique 39,38 12 168 (2017) 309
Sainte-Luce 97227 CA de l'Espace Sud de la Martinique 28,02 9 816 (2017) 350
Gros-Morne 97212 CA du Pays Nord Martinique 54,25 9 869 (2017) 182
Saint-Esprit 97223 CA de l'Espace Sud de la Martinique 23,46 9 432 (2017) 402
Le Vauclin 97232 CA de l'Espace Sud de la Martinique 39,06 8 844 (2017) 226

Évolution institutionnelle et statutaire de l'île

Pendant la décennie 2000, le débat politique en Martinique porte sur la question de l'évolution statutaire de l'île. Deux idéologies politiques s'affrontent, l'assimilationnisme et l'autonomisme. D'un côté, il y a ceux qui veulent une évolution statutaire fondée sur l'article 73 de la Constitution française, c'est-à-dire que toutes les lois françaises s'appliquent de plein droit en Martinique, en droit cela s'appelle l'identité législative, et de l'autre les autonomistes qui veulent une évolution statutaire fondée sur l'article 74 de la Constitution française, autrement dit un statut autonome placé sous le régime de la spécialité législative à l'instar de Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

Depuis la révision constitutionnelle du , quatre possibilités s'offrent à la Martinique :

  • Première possibilité : le statu quo, la Martinique garde son statut de département et région d'Outre-Mer, en vertu de l’article 73 de la Constitution. Les DROM sont sous le régime de l'identité législative. Dans ce cadre, les lois et règlements sont applicables de plein droit, avec les adaptations nécessitées par les caractéristiques et contraintes particulières aux collectivités concernées.
  • Deuxième possibilité : si les acteurs locaux, et d’abord les élus, sont d’accord, ils pourront dans le cadre de l'article 73 de la Constitution proposer une évolution institutionnelle telle que la création d’une assemblée unique (fusion du conseil général et du conseil régional). Mais le département et la région sont conservés. Le gouvernement pourra proposer au président de la République de consulter les électeurs sur cette question. En cas de réponse négative, rien ne sera possible. En cas de réponse positive, la décision définitive reviendra au Parlement qui décidera finalement, ou non, de la réforme en votant une loi ordinaire.
  • Troisième possibilité : les élus pourront proposer la création d'une nouvelle collectivité dans le cadre de l'article 73 de la Constitution française. Cette nouvelle collectivité remplacera le département et la région. Elle réunira les compétences qui sont actuellement dévolues au conseil général et au conseil régional. Cette collectivité régie par l'article 73 est placée sous le régime de l'identité législative et n'est donc pas autonome. Elle aura comme institutions un conseil exécutif, une assemblée délibérante et un conseil économique et social.
  • Quatrième possibilité : si un consensus se dégage, les élus pourront proposer au gouvernement un changement statutaire, c'est-à-dire la transformation de la Martinique en collectivité d'outre-mer (COM). En effet, depuis la révision constitutionnelle du , les départements d'outre-mer peuvent, en vertu de l'article 74, évoluer en collectivité d'outre-mer (COM) à l'instar de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Contrairement aux DOM, les COM sont sous le régime de la spécialité législative. Les lois et décrets de la République s’y appliquent sous certaines conditions fixées par la loi organique définissant leur statut. Les COM disposent d'une plus large autonomie que les DOM. Les COM sont dotées d'un conseil exécutif, d'un conseil territorial et d'un conseil économique et social. Le préfet est le représentant de l'État français dans la collectivité d'outre mer.

Mais la Constitution française précise dans l'article 72-4 « Aucun changement, pour tout ou partie de l'une des collectivités mentionnées au deuxième alinéa de l'article 72-3, de l'un vers l'autre des régimes prévus par les articles 73 et 74, ne peut intervenir sans que le consentement des électeurs de la collectivité ou de la partie de collectivité intéressée ait été préalablement recueilli dans les conditions prévues à l'alinéa suivant. »

En 2003, une nouvelle organisation a été envisagée, dans laquelle l'institution régionale et l'institution départementale fusionneraient en une institution unique. Cette proposition a été rejetée en Martinique (mais aussi en Guadeloupe) à 50,48 % lors d'un référendum le [39].

Le , une consultation de la population a eu lieu. Les électeurs ont été amenés à se prononcer par référendum sur un éventuel changement de statut de leur territoire. Ce scrutin proposa aux électeurs « d'approuver ou de rejeter le passage au régime prévu à l'article 74 de la Constitution ». Une majorité d'électeurs, 79,3 %, a répondu « non »[40]

Le suivant, lors d'un second référendum, les Martiniquais ont approuvé à 68,4 %[41] le passage à une « collectivité unique » dans le cadre de l'article 73 de la Constitution, c'est-à-dire qu'une assemblée unique exercera les compétences du conseil général et du conseil régional.

Nouvelle collectivité de Martinique

Le projet des élus martiniquais au gouvernement propose une collectivité territoriale unique régie par l'article 73 de la Constitution dont le nom est « Collectivité territoriale de Martinique ». L'assemblée unique qui remplace le conseil général et le conseil régional s'appelle « Assemblée de Martinique ». L'Assemblée de Martinique est composée de 51 conseillers, élus pour six ans au scrutin de liste à la proportionnelle intégrale (la circonscription électorale est divisée en quatre sections). Une prime majoritaire de 20 % est attribuée à la liste qui arrive en tête. L'organe exécutif de cette collectivité s'appelle « le conseil exécutif », lequel est composé de neuf conseillers exécutifs, dont un président. Le président de la collectivité de Martinique est le président du conseil exécutif. Le conseil exécutif est responsable devant l'Assemblée de Martinique, qui peut le renverser par une motion de défiance constructive. Contrairement au fonctionnement précédent du conseil général et du conseil régional, l'Assemblée de Martinique est séparée du conseil exécutif et a à sa tête un bureau et un président.

La nouvelle collectivité de Martinique regroupe les compétences du conseil général et du conseil régional, mais elle pourra obtenir de nouvelles compétences par le biais des habilitations conformément à l'article 73. Le conseil exécutif est assisté d'un conseil consultatif, le Conseil économique, social, environnemental, de la culture et de l'éducation de Martinique.

Le projet de loi a été approuvé le par le gouvernement français. La loi ordinaire a été présentée au Parlement durant le premier semestre 2011 et a abouti à l'adoption de la loi no 2011-884 du relative aux collectivités territoriales de Guyane et de Martinique.

Forces politiques

La vie politique martiniquaise s'articule, pour l'essentiel, autour de formations politiques martiniquaises et de fédérations locales des partis nationaux (PS et LR). La classification suivante tient compte de leur positionnement par rapport à l'évolution statutaire de l'île : il y a les assimilationnistes (partisans d'une évolution institutionnelle ou statutaire dans le cadre de article 73 de la Constitution française), les autonomistes et indépendantistes (sont favorables à une évolution statutaire fondée sur l'article 74 de la Constitution française). En effet, le , lors du congrès des élus départementaux et régionaux de la Martinique, les trente-trois élus indépendantistes (MIM/CNCP/MODEMAS/PALIMA) des deux assemblées ont voté à l'unanimité pour une évolution statutaire de l'île fondée sur l'article 74 de la Constitution française qui permet l'accès à l'autonomie ; cette évolution statutaire a été massivement rejetée (à 79,3 %) par la population lors du référendum du 10 janvier 2010.

Drapeaux, symboles et hymne

Le drapeau de la France (bleu, blanc, rouge) est le drapeau national officiel, de même l'hymne national officiel de la France est La Marseillaise.

Drapeau « Ipséité »

Drapeau « Ipséité » utilisé pour représenter la Martinique lors des manifestations sportives ou culturelles internationales

Depuis le , la Martinique dispose d'un drapeau territorial « Ipséité » et d'un hymne territorial « Lorizon »[42]. Le président du Conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) a choisi ce drapeau pour la représentation de la Martinique lors des manifestations sportives ou culturelles internationales, à la suite du concours lancé fin 2018 par la CTM. Le drapeau, choisi parmi les trois sélectionnés par consultation internet[43], a été dévoilé le [44]; il évoque huit des langues différentes parlées après la colonisation de l’île par les européens : français, créole, anglais, espagnol, portugais, italien, chinois et arabe[45],[46]. Cependant, en Martinique, ce drapeau suscite la polémique auprès de certaines personnes partisanes du « drapeau rouge, vert, noir »[47].

Drapeau « rouge, vert, noir »

Drapeau nationaliste martiniquais « rouge, vert, noir »[48].

Le drapeau nationaliste martiniquais, rouge, vert, noir n'est pas officiel[49] mais revendiqué par certaines organisations nationalistes et certaines organisations indépendantistes (comme l’Organisation de la jeunesse anticolonialiste de Martinique (OJAM)) à l’exception notable du Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM). Ces couleurs sont notamment celles du Parti progressiste martiniquais (PPM) fondé par Aimé Césaire dont le cercueil était recouvert de ce drapeau lors de ses funérailles[50]. Ce drapeau et ces couleurs sont repris en , par le chanteur martiniquais Kalash dans un clip controversé[51].

Drapeau « aux 4 serpents »

Pavillon historique dit « aux quatre serpents ».

Le pavillon bleu et blanc aux quatre serpents : il est à l'origine celui des forces royales françaises installées à la Martinique et devient progressivement le drapeau officiel de la colonie, l'ordonnance du obligeant « tous capitaines et patrons de vaisseaux, bâtiments, goélette et bateaux de la Martinique et Sainte-Lucie, à porter un pavillon distinctif qui fixe celui de ces deux colonies ». Il était présent sur les écussons des gendarmes de la Martinique et sur l'hôtel de police de Fort-de-France. De même sur le plan sportif, la plupart des sélections de Martinique (football, handball, cyclisme…) évoluent avec les couleurs de ce drapeau. C’est aussi l’émoji Unicode pour la Martinique. Néanmoins, il suscite la polémique au niveau de certains martiniquais qui le considèrent comme un symbole raciste rappelant la traite négrière[52]. Aujourd'hui certains cherchent à le conserver en déclinaisons diverses sur leur logo commerciaux. Alors que d'autres traquent toutes les tentatives souvent acharnées de le maintenir.[réf. nécessaire][Qui ?][Quand ?][Où ?]

Transports

Route

Réseau

Au , le réseau routier de la Martinique est composé de 2 496 km de routes[53] :

Parc automobile

Proportionnellement à sa population, la Martinique est le département français totalisant le plus grand nombre d'immatriculations[54],[55].

En 2019, 19 137 véhicules neufs ont été immatriculés en Martinique soit 42 véhicules neufs achetés pour 1 000 habitants (+14 en 5 ans), pour le plus grand bénéfice des concessionnaires[56].

Transports en commun

L’établissement public « Martinique Transport » a été créé en . Cet établissement a la charge pour l’ensemble de l’ile des tranports urbain, interurbain de passagers (taxicos), maritime, scolaire, des élèves en situation de handicap, ainsi que du réseau de bus[57].

Desserte portuaire

Compte-tenu du caractère insulaire de la Martinique, son approvisionnement par la mer est important. Le port de Fort-de-France est ainsi le 7e port français pour le trafic conteneurisé[59]. Il est devenu après 2012 le Grand Port Maritime (GPM) de la Martinique, à la suite de la décision de l'État de moderniser les infrastructures portuaires d'intérêt national.

Desserte aérienne

L'aéroport de l'île est l'aéroport international Martinique Aimé Césaire. Il est situé sur la commune du Lamentin. Son trafic civil (1 696 071 passagers en 2015) le place au treizième rang des aéroports français, derrière ceux de deux autres départements d'outre-mer (l'aéroport Guadeloupe - Pôle Caraïbes de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe et l'aéroport Roland-Garros à la Réunion)[60]. Son trafic est très fortement polarisé par la métropole, le trafic international étant très limité (192 244 passagers en 2017) et en recul[59].

Système électrique

Télécommunications, télévision et Internet

Téléphonie mobile

Trois réseaux de téléphonie mobile sont présents en Martinique : Orange, SFR Caraïbe, Digicel. L’arrivée de Free est prévue courant 2019[61].

Selon l’Arcep, mi-2018, la Martinique est couverte à 99% par la 4G[62].

Télévision

TNT

Le bouquet TNT comprend 11 chaines gratuites : les 5 chaines nationales du groupe France Télévisions, la chaîne d’info France 24, Arte et 4 chaines locales Martinique 1re, ViàATV, KMT Télévision et Zouk TV.

Les téléspectateurs de Martinique n’ont pas accès gratuitement aux autres chaines nationales gratuites du bouquet TNT de France métropolitaine (groupe TF1, groupe M6. etc.)

Satellite

Le bouquet satellite francophone Canal+ Caraïbes est accessible.

Câbles de liaisons téléphoniques et Internet

Début 2019, Orange met en service « Kanawa », un nouveau câble sous-marin reliant la Martinique à la Guyane[63] ,[64].

La Martinique est par ailleurs reliée par plusieurs autres câbles sous-marins[65]: ECFS, Americas-2 et Southern Caribbean Fiber[66],[67].

Économie

PIB

Le produit intérieur brut régional de la Martinique s'élevait à 8,4 milliards d'euros en 2014, soit 22 209 euros par habitant, chiffre le plus élevé des départements et régions d'outre-mer, mais inférieur à la moyenne nationale française (32 199 euros par habitant).

L'économie martiniquaise est fortement tertiarisée. Ainsi, en 2010, les services représentaient 84,2 % de la richesse produite, contre 13,5 % pour l'industrie et la construction, et 2,3 % pour l'agriculture, la pêche et l'aquaculture.

Malgré un indice de développement humain (IDH) élevé, calculé à 0,814 en 2011, faisant d'elle le 39e territoire le plus développé au monde sur 187 au total (et 2e ex-aequo (avec la Guadeloupe) dans les Caraïbes après Porto-Rico)[réf. nécessaire], la Martinique connaît une situation économique difficile, caractérisée notamment par un taux de chômage important (18,9 % de la population active en 2015)[68].

Balance Export/Import

Les exportations de biens et de services en 2015 est de 1 102 millions d'euros (504 millions d'euros de biens), dont plus de 20 % de produits pétroliers raffinés (raffinerie SARA implantée dans la ville du Lamentin), 95,9 millions d'euros de produits agricoles, sylvicoles, piscicoles et aquacoles, 62,4 millions d'euros de produits des industries agroalimentaires et 54,8 millions d'euros d'autres biens[69].

Les importations de biens et de services en 2015 est de 3 038 millions d'euros (dont 2 709 millions d'euros de biens), dont environ 40 % de produits pétroliers bruts et raffinés, 462,6 millions de produits agricoles et agro-alimentaires et 442,8 millions d'euros de biens d’équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique.

Agriculture

Banane

La banane constitue la principale activité agricole, avec plus de 7200 hectares cultivés, près de 220000 tonnes produites et près de 12000 emplois (directs + indirects) en chiffres 2006. Son poids dans l’économie de l’île est faible (1,6%), néanmoins elle génère plus de 40% de la valeur ajoutée agricole[70].

Rhum

Le rhum et notamment le rhum agricole représente 23 % de la valeur ajoutée agroalimentaire en 2005 et occupe 380 actifs sur l'ile (y compris le rhum traditionnel). La production de l'île se situe autour des 90 000 hl d'alcool pur sur la campagne 2009[71], dont 79 116 hl d'alcool pur en rhum agricole (2009)[71].

Canne à sucre

La canne à sucre occupe en 2009 4 150 hectares, soit 13,7 % des surfaces agricoles. La surface cultivée est en augmentation avec une progression de plus de 20 % sur les 20 dernières années, cette progression rapide pouvant s'expliquer par la forte valeur ajoutée du rhum produit et le renchérissement des cours mondiaux du sucre[72]. Cette production évolue vers une concentration de plus en plus forte avec des exploitations de plus de 50 ha qui représentent 6,2 % des exploitations pour 73,4 % de la surface exploitée. La production annuelle a été d'environ 220 000 tonnes sur 2009[73] dont près de 90 000 tonnes ont été consacrées à la production de sucre, le reste ayant été livré aux distilleries de rhum agricole[73].

Ananas

Les ananas constituaient autrefois une part importante de la production agricole, mais ne représentaient en 2005, selon l'IEDOM, qu'1 % de la production agricole en valeur (2,5 millions d'euros contre 7,9 millions en 2000).

Tourisme

Le tourisme participe aussi à l'économie de l'île. En 2011, avec 1,347 millions de nuitées d'hôtel, la Martinique reste une destination touristique d'outremer privilégiée, même si la Guadeloupe dominait en 2003 le secteur en se distinguant par l'hospitalité de ses locaux, selon un sondage commandité par le ministère de l'outre-mer et réalisé par l'IFOP le 20 juin 2003[réf. nécessaire][74].

Société

Démographie

En 2017, la région comptait 372 594 habitants[Note 1], en diminution de 4,06 % par rapport à 2012 (France hors Mayotte : +2,36 %).

La Martinique compte 372 594 habitants en 2017, pour 1 128 km2, soit une densité de population de 330,3 hab./km2, contre 103,7 hab./km2 en France métropolitaine.

Comme dans la plupart des îles, cette densité a augmenté rapidement du fait de l'accroissement de la population : 255 hab./km2 en 1961, 319 en 1990, près de 353 en 2008. Mais la baisse récente de la fécondité, conjuguée avec un solde migratoire négatif, explique la diminution de la population du département depuis 2006. Ainsi, le taux d'accroissement dû au solde naturel a été de + 0,5 % par an de 2009 à 2014, alors que celui dû au solde apparent des entrées-sorties a été de - 1,1 % par an pendant la même période[75].

Le déficit migratoire s'est même accentué au cours des dernières années, passant de 1 100 personnes par an de 1990 à 2009 à 4 300 personnes par an de 2009 à 2014. L'émigration entraîne un vieillissement accéléré de la population (22 % de la population a plus de 60 ans en 2013, soit dix points de plus qu'en 1990), une diminution de la proportion de jeunes adultes (21 % des Martiniquais ont entre 20 et 40 ans contre 25 % en France métropolitaine) et, par conséquent, un affaiblissement du solde naturel (il y a à la fois plus de décès et moins de naissances).

La population est majoritairement composée de noirs d'origine africaine, de métis et de mulâtres à 83 %, d'indo-caribéens (appelés coolies) à 10 %, d'Européens à 6 %, et enfin de « békés » à 0,5 %, elle contient quelques descendants de Syriens, Libanais, Asiatiques, et des immigrés d'origines diverses, Haïtiens, saint-lucien, Dominicain, etc.

Évolution de la population  [ modifier ]
1831 1853 1861 1867 1876 1886 1894 1905 1910
109 916129 681135 991153 334161 995174 863203 781182 024184 004
1921 1927 1931 1936 1946 1954 1961 1967 1974
244 439227 798234 500246 712261 595239 130292 062320 030324 832
1982 1990 1999 2006 2011 2016 2017 - -
328 566359 572381 427397 732392 291376 480372 594--
(Sources : Base Insee, population sans doubles comptes à partir de 1962[76] puis population municipale à partir de 2006[77].)
Histogramme de l'évolution démographique

Langues

En tant que département et région d'outre-mer (DROM), le français constitue la langue officielle sur l'île comme sur l'ensemble du territoire de la République française. Néanmoins, la majorité de la population s'exprime en créole, langue régionale composée de mots de diverses origines (français, anglais, espagnol, langues ouest africaines, caraïbe) articulée par une syntaxe, une grammaire et une conjugaison d'origine africaine. Environ 10 % des élèves suivent un enseignement du créole à l'école.

Le statut du créole a changé depuis la création en 2000 d'un CAPES en langue et culture régionales, option créole. La langue créole est enseignée dans le secondaire et à l'université des Antilles. En effet, une licence, un master et un doctorat de langue et culture régionales option créole existent depuis une dizaine d'années sur le campus de Schœlcher. En 2007, l'écrivain Raphaël Confiant publie, aux éditions Ibis rouge, le premier Dictionnaire créole martiniquais - français[78].

Le GEREC (Groupe d'études et de recherches en espace créolophone) fondé en 1975 par le professeur Jean Bernabé, a permis depuis plus de 30 ans de codifier le créole martiniquais. C'est la graphie du GEREC, qui fait référence en Martinique. Parmi les défenseurs de la langue créole en Martinique, on trouve les écrivains du mouvement littéraire la créolité, Raphaël Confiant, Patrick Chamoiseau, et Jean Bernabé.

Familles de Martinique

Les familles martiniquaises sont issues de l'histoire particulière du peuplement de cette île. Elles se caractérisent par une proportion non négligeable de foyers monoparentaux : 24,9 % des familles (INSEE - Chiffres de 2015[79]), contre 8,6 % en France métropolitaine[80].

Comme en métropole, la notion de famille monoparentale est à nuancer, selon la nature de l'implication du parent désigné comme absent. Ce parent peut être absent à cause d'un décès, d'une séparation ou d'un divorce. Le parent peut contribuer de façon variable à la vie de son enfant à des niveaux divers :

  • économique, par le versement d'une pension alimentaire ou d'aides en nature, comme la prise en charge de dépenses liées à la scolarité ;
  • affectif et éducatif, en donnant une place effective à son ou ses enfants dans sa vie personnelle : activités de loisirs - visites - régulation d'éventuels conflits, etc.

Cependant, la famille en Martinique est souvent comprise ou définie comme une famille élargie qui compte en son sein les « parents, amis et alliés ». Aussi, un parent chef de famille monoparentale pour l'état-civil peut trouver des relais éducatifs et économiques dans ce réseau familial, qu'il soit proche ou plus éloigné d'un point de vue géographique.[réf. nécessaire]

Roger Bastide a particulièrement étudié les familles noires américaines, souvent de type matrifocal, c'est-à-dire centrées sur la mère et présentes dans toutes les régions de ce continent où a existé la traite négrière. Jean Benoist a décrit très finement des types de familles martiniquaises dans les années 1960, en particulier dans l'ouvrage L'Archipel inachevé : cultures et sociétés aux Antilles françaises. Cette typologie demeure d'actualité[réf. nécessaire].

Le développement de ces familles suit une évolution historique. Roger Bastide, dans son livre Les Amériques noires, publié en 1973, présente trois hypothèses explicatives sur l'origine de ces familles. Il décrit l'apport culturel de l'Afrique et des modèles conjugaux et familiaux africains (théorie de Herskovits). Il note les conséquences de l'esclavage et les dislocations familiales, à savoir les séparations survenant lors de la vente des esclaves (théorie de E. F. Frazier). La troisième théorie, celle de R. T. Smith, souligne la dimension économique qui expliquerait des unions successives chez des mères confrontées à de grandes difficultés dans leur vie quotidienne.[réf. nécessaire]

Dans les chansons, les traditions, les proverbes, il est fait mention de la mère, femme « poto mitan », poutre maîtresse dans le foyer.

Éducation

  • Académie des Antilles et de la Guyane (1973-1997), académie de Martinique[81](1997-)
  • Université des Antilles et de la Guyane (1982-2014), université des Antilles depuis 2014
  • 344 établissements scolaires publics et privés, 258 pour le premier degré : 228 écoles publiques, 30 écoles privées (11 sous contrat, dont 2 avec présence d’une classe hors contrat, et 19 hors contrat)
  • 86 pour le second degré :
    • 66 établissements publics : 43 CLG, 7 LGT, 7 LPO et 9 LP
    • 14 établissements privés sous contrat : 7 CLG, 3 LGT, 2 LPO et 2 LP
    • 6 établissements privés hors contrat, dont 4 CLG, 1 LGT, comme la Cité scolaire adventiste RAMA, le collège Lisette-Moutachy et le couvent Saint-Joseph-de-Cluny
  • 12 circonscriptions IEN
  • 3 bassins de formations
  • 62 établissements publics en réseau d'éducation prioritaire renforcée (REP+) dits « préfigurateurs » : 9 collèges et 53 écoles
  • 79 établissements publics en réseau d'éducation prioritaire (REP) : 13 collèges et 66 écoles
  • 4 centres d'information et d'orientation (CIO)
  • 1 GRETA unique (création depuis le après dissolution des 3 GRETA)
  • 4 CFA
  • 1 pôle universitaire
  • 3 établissements relevant de la direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de la Martinique (DAAF)


Religions, sectes et autres croyances en Martinique

Les religions basées sur la bible sont les plus répandues à la Martinique, notamment la religion catholique, c’est une des conséquences de la christianisation forcée des esclaves imposée par le code noir[82].

Religions en Martinique

Catholiques

La religion catholique reste la plus répandue, elle est représentée dans chaque commune ou village et compte 49 paroisses[83].

L’île compte notamment les lieux de culte remarquables classés monuments historiques, suivants : la cathédrale Saint-Louis de Fort-de-France, l’église Sacré-cœur de Balata et la Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Saint-Pierre de la Martinique.

Adventistes du 7ème jour

Cette religion est introduite dans l’île en 1919 et comporte plus de 70 églises sur l’île[87].

Évangéliques

La Martinique compte plus de 70 églises évangéliques[88].

Témoins de Jéhovah

La Martinique compte plus de 60 assemblées de prière[89].

Juifs

« La diaspora juive est apparue en Martinique à la suite de l’arrivée des premiers colons sur l’île. »[90].

Musulmans

L’Islam fait son apparition en Martinique dans les années 1970[91].

En 2009, selon le Pew Research Center, il y aurait 1000 musulmans en Martinique, représentant environ 0.2 pour cent de la population totale[92].

Hindouistes

Quimbois

Santé

Établissements de santé

Avec plus de 1500 lits, un personnel de 5610 agents dont 670 médecins le CHUM (CHU de Martinique) est un établissement de référence dans la Caraïbe[93].

Globalement au , la Martinique compte 55 lits pour 10000 habitants, l'île est sous-dotée par rapport à la France métropolitaine où la moyenne est de 62 lits pour 10000 habitants[94].

Professionnels de santé

Au , la Martinique compte pour 100000 habitants : 287 médecins (dont 140 généralistes et 147 spécialistes), 49 chirurgiens dentistes, 1120 IDE, 141 Kinés et 92 pharmaciens, (chiffres à comparer avec ceux de la France entière soit respectivement : 337 médecins dont 153 généralistes et 184 spécialistes, 63 chirurgiens dentistes, 1021 IDE, 132 kinés et 113 pharmaciens)[95].

Scandale de la chlordécone

Une commission parlementaire révèle en 2019 que plus de 90 % des martiniquais sont contaminés au chlordécone, un insecticide dangereux, perturbateur endocrinien et vraisemblablement cancérogène, autorisé entre 1972 et 1983 dans les bananeraies des Antilles.. Face aux insuffisances des mesures de gestion de cette pollution (3 « plans Chlordécone » successifs lancés par l’Etat depuis 2008), la commission (via sa rapporteuse Justine Benin députée de Guadeloupe) prévoit des préconisations pour le 4e plan prévu en 2020[96].

La commission d'enquête parlementaire met en cause l'État pour avoir autorisé la vente de ce produit, dont la toxicité était pourtant connu, mais « ces responsabilités sont partagées avec les acteurs économiques. Les industriels d'abord, mais aussi les groupements de planteurs et certains élus.»[97].

Sport

Clubs sportifs et activités sportives en Martinique

Manifestations sportives

  • Championnat de la Martinique de football
  • Tour de la Martinique des yoles rondes
  • Tour cycliste international de la Martinique
  • Transat Bretagne-Martinique
  • Semi-marathon de la ville de Fort-de-France, cette compétition internationale est organisée chaque année fin novembre
  • Le Grand prix du Conseil général, le plus grand événement hippique de la Martinique.
  • Le Championnat de la Martinique de handball organisé par la ligue de handball de la Martinique[98], cette compétition se termine par la Poule des As (play off) qui détermine le champion de la Martinique dans les catégories féminines et masculines. La Poule des As est un événement très suivi par les Martiniquais, les salles sont combles pour les finales qui se font au Palais des Sports du Lamentin. La division la plus haute est la Pré-Nationale, équivalente de la Pré-Nationale (voire de la Nationale 3) métropolitaine. Les champions de la Poule des As partent chaque année en métropole pour les Finalités des Championnats de France de Handball de N1, N2 et N3 Féminines, N2 et N3 Masculines Métropolitaines/Ultra-Marines.
  • La Coupe de Martinique de handball, les vainqueurs (féminin et masculin) de cette coupe reçoivent une récompense de 10 000 . Joueurs phares originaires du Championnat de la Martinique de handball : Katty Piejos, Cédric Sorhaindo, Joël Abati.

Culture et patrimoine

Littérature martiniquaise

Les courants littéraires et concepts philosophiques de la Martinique :

Musiques de la Martinique

Les principales musiques de la Martinique sont la biguine, la mazurka créole ou mazouk, la valse créole, le quadrille ou haute-taille, le chouval-bwa, le tambour bô-kannal, le bèlè, la kadans et le zouk.

Jocelyne Béroard, membre du groupe de zouk Kassav' est connue internationalement. Plus localement, des figures comme Eugène Mona (chanteur et flûtiste), Kali ou encore Malavoi ont su promouvoir la richesse de la langue créole. En tant que femme Edith Lefel a su gagner une place en or auprès du public avec des titres phares comme La Sirène. Marijosé Alie, aujourd'hui journaliste a collaboré avec Malavoi avant de devenir journaliste chez RFO.

Plus récemment, des chanteurs ont su se hisser dans d'autres genres dont Kalash (rappeur et chanteur de dancehall) connu pour ses chansons célèbres auprès des jeunes. E.sy Kennenga (reggae et dancehall) réputé pour la douceur et les messages pacifistes de ses textes. Paille ou aussi l'Homme Paille (reggae, dancehall, hip-hop, zouk) reconnaissable à son bakoua (chapeau de paille traditionnel), il aborde de manière plus sentimentale des textes travaillés.

Gastronomie

Beignets de la Martinique
Pain au beurre traditionnellement servi avec un bol de chocolat chaud dit « chocolat de première communion ».

La gastronomie de la Martinique est variée et sert comme témoin l'histoire de l'île et de ses habitants, avec des influences caraïbes (comme le poulet boucané), européennes, africaines (apportées par les esclaves) et indiennes (à partir de l'immigration indienne), toujours adaptées aux produits de l'île. Les ingrédients qui la composent sont également le résultat des cultures et variétés en provenance d'autres régions du monde et de la Caraïbe (canne à sucre, cacao, des nombreux fruits), des espèces locales (comme le lambi et les crabes) et d'autres aliments qui sont toujours importés sur l'île depuis le temps de l'époque coloniale pour nourrir la population (comme le riz et la morue).

Mets

Parmi les entrées et accompagnements on trouve des spécialités telles que le féroce d'avocat (une boulette d'avocat à la morue roulée dans de la farine de manioc), les accras de morue (marinades de morue) ou de tiriris (beignets de petits poissons), le dombré (boulette de farine et d'eau avec quelques épices), le boudin créole, le kalalou (soupe verte contenant des feuilles de calalou et des gombos) et le pâté en pot (soupe à base de légumes, d'abats de mouton, de vin blanc et de câpres). Les gratins sont aussi variés, dont ceux de christophine, de banane jaune, de papaye, et de fruit à pain.

Quant aux produits de la mer, le chatrou est un plat à base de poulpe bouilli accompagné de riz et de pois rouges, les brochettes de lambi sont cuisinées à partir de coquillages (aussi appelés « conques ») et les plats à base d'oursins sont consommés dans la saison de pêche des mêmes. Les crabes sont capturés près de la mer et de l'eau douce et consommés dans des plats comme le matoutou (cuisinés avec du riz et des épices). Le migan fruit-à-pain est une sorte de purée avec de gros morceaux de fruit-à-pain et de la salaison de cochon. La morue peut être mangée avec du riz dans le plat appelé « macadam ». D'autres plats sont préparés avec des bananes vertes, comme le ti-nain lanmori (banane verte avec de la morue, consommé traditionnellement au petit-déjeuner) et le ti-nain tripes (bananes vertes avec des tripes de mouton et des légumes). Dans le nord de l'île, le trempage est un plat typique à base d'un bouillon de morue, du pain, des légumes, du poisson ou de la viande, le tout trempé dans une sauce.

Les viandes sont préparées de différentes manières, par exemple en sauce avec le colombo de porc ou de poulet (recettes avec des épices dont le curry, originaire de l'Inde) ou au charbon avec le poulet boucané. Le chélou est constitué à base d’abats de bœuf, de mouton et du riz.

Le pain au beurre, une sorte de brioche, et le « chocolat de première communion » (boisson chocolatée agrémentée d'épices) sont également répandus. Le blanc-manger est un dessert populaire.

Boissons

Rhums de la Martinique

La boisson la plus caractéristique de la Martinique est le rhum de Martinique, qui compte deux variétés principales : le rhum agricole AOC et le rhum traditionnel ou industriel (respectivement, en exemple : rhum Clément agricole et le rhum Negrita industriel). D'autres boissons alcoolisées sont préparées avec le rhum, tels le ti-punch (composé de sirop de canne, citron et rhum) et le planteur (qui contient aussi du jus). Des liqueurs faits maison à base d'herbes et fruits locaux peuvent être trouvés au marché de Fort de France. Quant à la production des jardins et plantations locales, les infusions, connues sous le nom de « thé pays » (à partir de citronnelle, atoumo...) sont appréciées pour leurs vertus médicinales. Les jus de fruits tropicaux sont aussi très nombreux (prunes de Cythère, mangue, corossol, canne à sucre, goyave, tamarin, fruit de la passion, ananas, citron, orange, orange amère, mandarine, carambole, acerola, ou encore groseille pays). Le chocolat est une boisson consommée socialement, avec des déclinaisons comme le dlo kako (chocolat à l'eau) et surtout le « chocolat de première communion » (ou chocolat martiniquais), qui est consommé avec le pain au beurre martiniquais. Enfin, le mabi, une macération d'écorces est une préparation héritée des Indiens Caraïbes.

Tradition des combats de coqs

La tradition des combats de coqs est très vivace en Martinique, la saison dure de novembre à juillet. Les combats se déroulent dans de petites arènes nommées pitts et font l'objet de paris[99],[100].

Des combats entre un serpent et une mangouste sont aussi organisés à l'image des combats de coqs, mais ne font pas l'objet de paris[101].

Personnalités de Martinique

Personnalités nées en Martinique ou dont au moins un des deux parents ou grands-parents est né en Martinique, ou personne vivant ou ayant vécu en Martinique.

Dans la fiction

Codes

La Martinique a pour codes :

Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références

  1. BWETAMO KREYOL MATNIK - Potomitan - Site de promotion des cultures et des langues créoles - Annou voyé kreyòl douvan douvan, Dictionnaire du créole martiniquais, Raphaël Confiant.
  2. a et b v Du Tertre, Histoire generale des ant-isles habitees par les François, t. II, p.23.

    « La Martinique que les Amérindiens nommaient Madinina, (...) »

    .
  3. Le site officiel de la France - France.fr › Les régions françaises › Martinique : l'île aux fleurs.
  4. Bréhat est également surnommée Île aux fleurs.
  5. FCR de Martinique, préfecture de Martinique, consulté le 17 novembre 2019
  6. Alonso de Ojeda découvre en 1499-1500 le nouveau continent avec le florentin Amerigo Vespucci (dont le nom sera donné au continent américain) et le cartographe Ruan de la Cosa. Lors de leur périple, ils passent près de la Martinique.
  7. « (…) a été découverte par le navigateur Alonso de Ojeda en 1499 - Le Parisien - 30 juillet 2016.
  8. La proyección de Juan de la Cosa - consulté le 30 avril 2019.
  9. https://web.archive.org/web/20080115112227/http://crdp.ac-martinique.fr/ressources/caraibe/histoiregeo/ressources/caraibes_arawaks.htm CRDP Martinique
  10. Raymond Breton, Marina Besada Paisa et Jean Bernabé, Dictionnaire caraïbe-français (avec CD-Rom), KARTHALA Editions, (ISBN 9782865379071, lire en ligne).
  11. Du nom indigène des îles de l’archipel des Antilles (2000) Ed. Manioc - Thierry L’Etang - "Martinique : Appelée iguanaqueya par Geraldini, yguanaquera par Alonso de Chaves, elle est nommée guanaquira par le chef Pedro Caribe. Le flibustier anonyme l’écrit ioannacaira ; Breton, ioüanacéra , l’anonyme de Saint-Vincent youanakaéra (80). Composé du radical iguana, guana, ioüana ou ioanna : iguane (81) et du suffixe -caéra : île, le toponyme signifie “iguane-île”; île (aux) iguane(s)”(82)"
  12. RP R.Breton, Dictionnaire caraïbe-français, p. 205.
  13. Thierry L’Etang, Du nom indigène des îles de l’archipel des Antilles, éd. Manioc, 2000, Martinique : Appelée iguanaqueya par Geraldini, yguanaquera par Alonso de Chaves, elle est nommée guanaquira par le chef Pedro Caribe. Le flibustier anonyme l’écrit ioannacaira ; Breton, ioüanacéra, l’anonyme de Saint-Vincent youanakaéra (80). Composé du radical iguana, guana, ioüana ou ioanna : iguane (81) et du suffixe -caéra : île, le toponyme signifie “iguane-île”; île (aux) iguane(s)”(82)'.
  14. « (…) c’est Alonso de Ojeda ( qui accompagnait C. Colomb lors de son IIè voyage et qui explorera pour son propre compte le nouveau continent avec Amerigo Vespucci ) qui a découvert l’île lors d’un de ses voyages en 1499. C’est en effet sur la première carte du continent américain établie en 1500 par Juan de la Cosa ( qui accompagnait Alonso de Ojeda) que figure cette île : elle y est appelée Canara et on la retrouvera en 1502 sur la carte de Cantino sous le nom de Janucanara. Il s’agit là du nom caraïbe de l’île que l’on s’accorde aujourd’hui à écrire Jouanakera : « l’île aux iguanes » ( on y reconnaît le suffixe –kera, « île », comme dans Karukera, « l’île aux belles eaux », la Guadeloupe). C’est l’anonyme de Carpentras, qui relate un de ses voyages de flibuste en 1618 au cours duquel il côtoya les Caraïbes et apprit leur langue, qui nous explique la signification de ce nom qu’il écrit Joannacaira à la page 114 de « Un flibustier français dans la mer des Antilles ». Mais c’est bien C. Colomb qui fut le premier à débarquer sur l’île d’abord le 3 avril puis entre le 15 et le 18 juin 1502. » - blog consulté le 30 avril 2019
  15. Il fit juste une escale pour se ravitailler car les abords du Carbet où il accosta étaient infestés de serpents venimeux.
  16. Sidney Daney De Marcillac, Histoire de la Martinique, depuis la colonisation jusqu'en 1815, tome 1er, 1846, p. 34-35 (numérotation Google Books. (...) dans l'une d'elles, que les naturels ou Caraïbes appelaient Madinina, Madiana ou Mantinino * (...) (*) Il est probable que les articulations sauvages des Caraïbes qui prononcèrent ce nom aux premiers espagnols, frappèrent les oreilles de ceux-ci d'une manière diverse, et chacun d'eux le répéta à sa façon.).
  17. Les Caraïbes auraient exterminé les hommes Arawaks ne laissant sur l'île que leurs femmes et filles.
  18. Matiana ou Mantinino qui a évolué en Madinina ne signifie pas "île aux fleurs" mais "île mythique". Le surnom d'île aux fleurs, attribué au XXe siècle, est inspiré par sa richesse floristique.
  19. « La France étend son plateau continental de 500.000 km2 », sur Mer et Marine (consulté le 22 janvier 2016).
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  23. plan de prévention des risques naturels de la Martinique, Ministère de la Transition écologique et solidaire, consulté le 26 février 2019
  24. Malgré l''introduction des mangoustes à la fin du XIXe siècle et une prime à la capture (près de 200 000 serpents tués de 1960 à 2002), ce serpent venimeux n'a pas totalement disparu mais sa population a très fortement décru (1260 captures de 2000 à 2002 contre 81400 de 1960 à 1969).
  25. Aux Antilles et au sud de l'Afrique, mabouya est le nom vernaculaire de certains geckos. Les espèces concernées sont : le mabouya domestique, ou gecko des maisons, ou hémidactyle commun, (Hemidactylus mabouia) ; le grand mabouya collant, ou thécadactyle à queue épineuse (Thecadactylus rapicauda).
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Voir aussi

Bibliographie

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  • Juliette Sméralda, Guadeloupe Martinique, des sociétés en révolte. Morphologie d'un conflit social. Kéditions, .
  • Victor Dardet, Étude sur l'économie agricole des Antilles françaises, Marseille, 1939, 264 pages.

Articles connexes

Liens externes