Marie Diémer

Marie Diémer
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Marie Diémer

Naissance
Épinal
Décès
Fontainebleau
Nationalité Drapeau : France
Profession
Fondatrice d'établissements de formation sociale et professionnelle féminins

Marie Diémer est une pionnière de l'action sociale d'origine protestante, marquée par le christianisme social, née le à Épinal dans les Vosges, et morte le à Fontainebleau. Marie Diémer est extrêmement active sur le plan de l'éducation et de l'action sociale en direction des femmes puis, plus tardivement, dans les mouvements du scoutisme catholique[1].

Biographie

Marie Diémer naît dans une famille protestante à Épinal, où de nombreuses familles alsaciennes se sont installées après l'annexion de l'Alsace-Moselle consécutive à la défaite française lors de la guerre de 1870[2]. Son père est notaire, sa mère, Marie Suzanne Elisabeth Thorens est parente des tisseurs Dollfus. La famille de Marie s'installe à Paris en 1893. Marie, encouragée par son père, étudie les religions anciennes et la philosophie[3]. Elle voyage en Angleterre où elle découvre le settlement social et en Italie.

Engagement dans l'action sociale et la formation des femmes

En février 1914, Marie Diémer participe à l'assemblée générale constitutive de l'Association des infirmières visiteuses de France (AIV) présidée par Berthe de Ganay, qui est membre de la Société Croix-Rouge de secours aux blessés militaires, et qui s'efforce de réunir diverses associations. L'AIV s'organise sur le modèle du settlement américain. Marie Diémer se soucie pour sa part de la formation du personnel employé par ces associations. Grâce à ses rencontres avec des représentantes des œuvres américaines et notamment la Mission Rockfeller, elle participe à l'organisation de cours de formation de visiteuses pour la lutte contre la tuberculose[4]. Le 1er mai 1917, Marie Diémer participe à la fondation de l'«École des surintendante d'usine et de services sociaux»[5], avec plusieurs femmes, notamment Cécile Brunschvicg, Henriette Viollet, Marie Routier et Renée de Montmort, et le soutien des ministres Albert Thomas et Léon Bourgeois. Les surintendantes, infirmières à l'origine, avaient la mission d'implanter des services sociaux dans les usines et de promouvoir une organisation qui protège les ouvrières contre les risques professionnels[6].

Marie Diémer et Apolline de Gourlet fondent en 1919 la première école d'action sociale, Pro Gallia, destinée à la formation de futures travailleuses sociales[7]. Selon Marie Diémer :

« [Cette formation] s'adresse à tous, soit pour former en deux années de stage des “travailleuses sociales” professionnelles de toutes spécialités, particulièrement celles qui se vouent aux problèmes d'ordre éducatif, soit pour donner aux jeunes gens et aux jeunes filles ayant terminé leurs études secondaires un complément de culture, les initiant aux problèmes sociaux et leur permettant d'acquérir des connaissances indispensables à l'heure actuelle[8]. »

Cette école qui forme les femmes en deux ans fusionne en 1926 avec l’École des surintendantes d'usine, mais reprend son autonomie et devient l’École d'action sociale, filiale de la résidence sociale de Levallois-Perret [9]. Marie y est impliquée jusqu'en 1937, peu avant sa mort.

Le scoutisme catholique

Marie Diémer en uniforme (1931)

Dans le contexte de la guerre de 1914-1918, Marie Diémer est sollicitée également, ainsi que Renée de Montmort, pour organiser des activités de scoutisme pour les enfants dans les régions touchées par les combats, notamment dans l'Aisne. Alors que Marie Diémer devient progressivement catholique dans la dernière partie de sa vie, elle s'efforce, aux côtés d'Albertine Duhamel, de fédérer le scoutisme catholique comme c'est déjà le cas pour le scoutisme protestant ou laïc. Les Guides de France verront officiellement le jour en 1923. Marie Diémer publie en 1927 le Livre de la forêt bleue destiné aux Jeannettes.

Publications

  • Le Livre de la Forêt bleue (1933)
  • Le Carnet de la cheftaine (1937)
  • Le Carnet de la Commissaire de district (1938)

Sources

Bibliographie

  • (Chapitre) Marie-Thérèse Cheroutre, «Les pionnières du nouveau champ», Chapitre 2, p.36-46, in Dominique Dessertine et al., Les centres sociaux, 1880-1980 : une résolution locale de la question sociale ?, Septentrion Presses universitaires, Lille, 2004 (Colloque 2001 Roubaix «Les centres sociaux, une histoire, mille histoires»).Chapitre en ligne
  • (Notice) Évelyne Diebolt et Marie-Thérèse Cheroutre, « Notice biographique de Marie Diémer, 1877-1938 », in Évelyne Diebolt (dir), Dictionnaire biographique, militer au XXe siècle, Femmes, féminismes, Églises et société, Paris, Michel Houdiard éditeur, 2009, p.119-121.
  • (Recension d'ouvrage) Nicole Fouché, à propos du livre d'Évelyne Diebolt, Les femmes dans l'action sanitaire, sociale et culturelle, 1901-2001. Les associations face aux institutions, éd. Femmes et Associations, Paris, 2001. Clio, 15, 2002, «Histoire‚ femmes et sociétés» , consulté le 25 juin 2014.
  • (Article) Catherine Omnès, «Les surintendantes d'usine : pionnières de la gestion du risque professionnel ?», Centre d'études de l'emploi, Connaissance de l'emploi, mai 2007. Article en ligne
  • (Article) Georges-Michel Salomon, «L’École d'action sociale "Pro Gallia"», Vie sociale n° 1-2, , 1995. (Dans un dossier dossier intitulé «Histoire des premières écoles de service social en France - 1908-1938».

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Encyclopédie collaborative scoute en ligne
  2. « Notice biographique de Marie Diémer, 1877-1938 », Marie-Thérèse Cheroutre et Évelyne Diebolt, p. 119 (voir sources).
  3. « Notice biographique de Marie Diémer, 1877-1938 ».
  4. « Notice biographique de Marie Diémer, 1877-1938 », p. 120.
  5. Cette école a pris le nom actuel d'ETSUP, École supérieure du travail social. Les centres sociaux, 1880-1980. Une résolution locale de la question sociale, Lille, Septentrion, 2004, p. 108.
  6. Article de Catherine Omnès, cf. bibliographie
  7. Marie-Thérèse Cheroutre, cf. Bibliographie, p. 44, in Dominique Dessertine et al., Les centres sociaux, 1880-1980 : une résolution locale de la question sociale ?, Septentrion Presses universitaires, Lille, 2004 (Colloque 2001 Roubaix « Les centres sociaux, une histoire, mille histoires »)
  8. Éléments de correspondance privée de Marie Diémer, étudiée par Marie-Thérèse Cheroutre, p. 41 : (cf. Bibliographie, chapitre de M.-T. Cheroutre)
  9. Sylvie Fayet-Scribe, La résidence sociale de Levallois-Perret, éditions Erès, Paris, 1990.