Marie Darrieussecq

Marie Darrieussecq
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Marie Darrieussecq (Strasbourg, 2011)
Naissance (49 ans)
Bayonne, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Adjectifs dérivés darrieussecquien, darrieussecquienne

Marie Darrieussecq, née le à Bayonne, est une écrivaine française. Elle a exercé comme psychanalyste, avant de mettre cette activité entre parenthèses au profit de la promotion de ses livres[1].

Propulsée sur la scène médiatique dès 1996 avec la parution de son premier roman Truismes, best-seller traduit dans une quarantaine de langues, elle est l'auteur d'une œuvre littéraire dense, lauréate en 2013 du Prix Médicis pour Il faut beaucoup aimer les hommes.

Auteur d'une thèse sur l'autofiction, elle puise ses influences littéraires chez Franz Kafka ou dans la littérature antique, comme Ovide dont elle a traduit les Tristes et les Pontiques.

Biographie

Jeunesse et études

Marie Darrieussecq passe son enfance dans un petit village du Pays basque auquel elle reste d'ailleurs très attachée[2], et où elle revient régulièrement[3].

Elle est scolarisée au lycée René-Cassin de Bayonne où en 1986 elle obtient un baccalauréat de lettres, puis en hypokhâgne et en khâgne au lycée Montaigne de Bordeaux (1988-1989), puis en khâgne au lycée Louis-le-Grand de Paris (1989-1990), à l’École normale supérieure à Paris en 1990. En 1992 elle passe l'agrégation de lettres modernes, à laquelle elle est reçue avec le sixième rang[4]. Elle poursuit ses études de lettres à la Sorbonne-Nouvelle (Paris-III) et à Jussieu (Paris-VII). En 1997, elle soutient, sous la direction de Francis Marmande, une thèse de doctorat intitulée : Moments critiques dans l'autobiographie contemporaine : l'ironie tragique et l'autofiction chez Serge Doubrovsky, Hervé Guibert, Michel Leiris et Georges Perec.

Œuvre littéraire

En 1988, Marie Darrieussecq reçoit le prix du jeune écrivain de langue française pour sa nouvelle La Randonneuse[5].

Après avoir rédigé quelques premiers ouvrages repérés par de nombreux éditeurs (Grasset, Le Seuil, Fayard) mais pas assez « mûrs » selon elle[4], elle publie son premier roman, Truismes, en septembre 1996, chez P.O.L. Rédigé pendant qu'elle terminait son doctorat[6] et qu'elle était chargée de cours à l'université Lille-III, l'œuvre « fait l'événement » de la rentrée littéraire 1996[7] en étant accueillie très favorablement par certains critiques comme Jérôme Garcin qui salue un roman dont « l'originalité donne un plaisant vertige »[8]. Le livre connaît un grand succès[9] et se vend à près de 300 000 exemplaires[10]. Il est également traduit dans une trentaine de langues à travers 47 pays[11],[12]. Jean-Luc Godard en achète les droits d'adaptation[13] mais renonce au projet quelques mois plus tard[14]. Par la suite, la critique sera moins laudative, tel Pierre Jourde qui reproche au roman sa « colossale finesse »[15].

En 1998, l'écrivain Marie NDiaye l'accuse d'avoir « singé » certaines de ses œuvres pour écrire Naissance des fantômes[16],[17].

En 2007, à l'occasion de la publication de Tom est mort, Camille Laurens accuse Marie Darrieussecq de « plagiat psychique »[18],[19]. Elle y répond par l'écriture de son premier et seul essai Rapport de police. Consacré au thème du plagiat, il paraît en 2010[20].

L'année suivante elle traduit du latin les Tristes et les Pontiques d'Ovide regroupés dans un volume nommé Tristes pontiques[21].

En 2011, elle publie Clèves, roman sur l'éveil à la sexualité d'une jeune fille des années 1980[22],[23].

À partir de septembre 2011, elle tient sur France Culture dans l'émission Les Matins, une chronique hebdomadaire intitulée « Place aux femmes ».

En 2013, elle obtient le prix Médicis pour son roman Il faut beaucoup aimer les hommes.

En 2014, elle est nommée membre du Conseil stratégique de la recherche[24].

En 2017 sort Notre vie dans les forêts, l'histoire d'une femme psychologue réfugiée dans une forêt qui écrit un journal et se rappelle une jeune fille qui lui ressemblait[12].

Style

Le style de l'auteure n'apparaît pas aisé à identifier. Il se meut selon les thèmes abordés : la passion, le deuil ou encore la solitude, et peut être alors qualifié de style de la métamorphose[25]. La métamorphose opère tant sur les thèmes employés qui sont toujours travaillés de manière renouvelée, que sur la langue. À ce titre, Camille Thomine évoque un style de « défricheuse » où l'auteure cherche à montrer « ce que l'expérience dit de la langue et vice versa »[26]. Les mots et la langue se meuvent alors sous la plume de l'auteure afin de questionner la langue et ses représentations. Emily Barnett traduit bien le caractère indissociable du style et des thèmes dans l’œuvre de l'écrivain par ces mots : « Pas de signifié sans signifiant, pas de réalité sans représentation »[27].

Engagement

Depuis 2001, Marie Darrieussecq est la marraine du Réseau DES France, une association d'aide et d'information aux victimes du distilbène[28].

Depuis , elle est l'une des marraines de l'association Bibliothèques sans frontières[29].

Lors de la campagne de l'élection présidentielle française de 2007, elle apporte son soutien à Ségolène Royal[30].

Œuvres

Romans et récits

Essai

  • 2010 : Rapport de police. Accusations de plagiat et autres modes de surveillance de la fiction, P.O.L[34](ISBN 9782846823319)

Biographie

  • 2016 : Être ici est une splendeur. Vie de Paula M.Becker, P.O.L

Traductions

Théâtre

  • 2009 : Le Musée de la mer, P.O.L (ISBN 2846823308)

Littérature jeunesse

  • 2008 : Péronille la chevalière, Albin Michel Jeunesse (ISBN 9782226189400)
  • 2016 : Le Chien Croquette, avec Nelly Blumenthal, Albin Michel Jeunesse (ISBN 9782226392350)

Livres d'art

  • 1998 : Dans la maison de Louise, CAPC musée d'art contemporain de Bordeaux (ASIN B000WY098C)
  • 2000 : Il était une fois... la plage, photographies de Roger-Viollet, éd. Plume (ISBN 284110124X)
  • 2001 : Sculptures de Lydie Arickx, textes et photographies, éd. Artémoins (ISBN 2913978061)
  • 2003 : Illusion de Dolorès Marat, éditions Filigranes (ISBN 9782914381499)
  • 2006 : Do You Know What I Mean de Juergen Teller, Actes Sud (ISBN 9782742760534)
  • 2008 : B2B2SP d'Édouard François, éd. Archibooks (ISBN 9782357330351)
  • 2011 : A Portrait of the Artist as a Young Mother, éditions Filigranes (ISBN 9782350462172)
  • 2012 : La mer console de toutes les laideurs, photographies de Gabrielle Duplantier, éditions Cairn (ISBN 9782350682501)
  • 2013 : Gisants de Jan Fabre, éd. Galerie Daniel Templon (ISBN 9782917515112)
  • 2013 : Faire de son mieux, photographies de Gilbert Garcin, éditions Filigranes (ISBN 9782350462899)
  • 2013 : A triple tour, collectif, éditions du Centre des monuments nationaux (ISBN 978-2757702956)
  • 2015 : Bretonnes, collectif, Actes Sud (ISBN 978-2330050443)
  • 2016 : Nigel Cooke, collectif, Phaidon Press (ISBN 978-0714870915)
  • 2016 : Julia Garimorth, Marie Darrieussecq, Maria Stavrinaki, Rainer Stamm, Uwe M. Schneede, Wolfgang Werner, Paula Modersohn-Becker, l'intensité d'un regard, catalogue[35] de l'exposition du musée d'art moderne de la ville de Paris, 256 p. (ISBN 978-2-7596-0322-0)
  • 2016 : Lancel : Maison parisienne depuis 1876, collectif, Flammaration (ISBN 9782081393127)

Entretien

  • 2008 : Marie Darrieussecq parle des éditions P.O.L, Presses universitaires de Paris Ouest (ISBN 9782840160014)

Préfaces

  • 2005 : préface à Bernard Faucon, livre de photographies, Actes Sud (ISBN 2742756671)
  • 2009 : préface à Le Pressentiment d'Emmanuel Bove, Seuil, coll. « Points signatures » (ISBN 978-2757812266)
  • 2010 : préface à Distilbène : des mots sur un scandale de Véronique Mahé, Albin Michel (ISBN 9782226217400)
  • 2010 : préface à La Fin du monde : reloaded de Philippe Djian et Horst Haack, éd. Alternatives (ISBN 9782862276373)
  • 2014 : préface à La Route qui mène à la ville de Natalia Ginzburg, éditions Denoël (ISBN 978-2207118009)

Collectifs

  • 1997 : Dix, Grasset / Les Inrockuptibles (ISBN 2246547016)
  • 2002 : Les Contes de Perrault revus par..., La Martinère (ISBN 9782846750387)
  • 2005 : La Cuisine basque gourmande, éd. du Quai rouge (ISBN 2915076073)
  • 2005 : Naissances, éd. L'Iconoclaste (ISBN 9782913366107)
  • 2006 : Va y avoir du sport !, Gallimard Jeunesse, coll. « Scripto » (ISBN 9782070576494)
  • 2007 : Parisiennes, Flammarion (ISBN 9782081206717)
  • 2009 : Guerre et paix des sexes, Hachette (ISBN 9782011457271)
  • 2010 : Recherche bonheur désespérément..., Presses universitaires de France (ISBN 9782130582021)
  • 2013 : La Malle, Gallimard (ISBN 9782070140329)
  • 2013 : L'Impossible enfant. Don d'ovocytes, l'envers du décor, éditions Érès, coll. « La vie de l'enfant » (ISBN 978-2749239309)
  • 2015 : Enfances, adolescences, Librio (ISBN 978-2290101667)
  • 2018 : Une nuit à Manosque, éditions Gallimard (ISBN 978-2072820090)

Direction d'ouvrages

  • 2009 : Et maintenant un livre, éditions du Centre Dramatique National d'Orléans[36].
  • 2010 : Et encore un livre, éditions du Centre Dramatique National d'Orléans.
  • 2011 : Et toujours un livre, éditions du Centre Dramatique National d'Orléans.
  • 2012 : À nouveau un livre, éditions du Centre Dramatique National d'Orléans.

Audios

Adaptations théâtrales

Notes et références

  1. « Marie Darrieussecq jamais à sec », tdg.ch/La tribune de Genève,‎ (lire en ligne)
  2. "Le fait qu'il n'y ait pas de genre en basque, cela donne une force par rapport à la domination masculine", entretien avec Marie Darrieusecq réalisé par l'Institut culturel basque, juillet 2018, publié en ligne.
  3. Françoise Dufay, « Le rêve basque de Marie Darrieussecq, Le Point, 8 septembre 2005.
  4. a et b Marie Darrieussecq : les anecdotes, Evene.fr, consulté le 9 novembre 2011.
  5. Le prix du jeune écrivain, Le Magazine littéraire, consulté le 9 novembre 2011.
  6. Marie Darrieussecq, Moments critiques dans l'autobiographie contemporaine : l'ironie tragique et l'autofiction chez Serge Doubrovsky, Hervé Guibert, Michel Leiris et Georges Perec, thèse de doctorat de littérature française, sous la direction de Francis Marmande, Université Paris VII, 1997, 342 p. [1]
  7. Anneliese Depoux, La fabrique de l'événement littéraire : le cas de Truismes, Communication et langages, Année 2004, Volume 142, Numéro 142, pp. 71-83
  8. J. Garcin, « De l'art et du cochon », L'Express, 22 août 1996
  9. Rencontre avec Marie Darrieussecq, à l'occasion de la parution de Truisme, Gallimard.fr, 2004.
  10. « Le roman français est-il nul ? », L'Express, 20 août 1998.
  11. Truisme, P.O.L, consulté le 9 novembre 2011.
  12. a et b « Marie Darrieusseq "Internet a changé ma vie d'écrivain" », sur Paris Worldwide, juillet-août 2017
  13. Godard tourne Truismes, Libération, 9 janvier 1997
  14. « «Truismes» sans Godard. », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  15. Pierre Jourde, La Littérature sans estomac. Marie Darrieussecq ou la colossale finesse, L'esprit des péninsules, 2002, p.127-136
  16. Antoine de Gaudemar, « Marie NDiaye polémique avec Marie Darrieussecq », Libération, 3 mars 1998.
  17. « Marie NDiaye répète ses attaques contre Marie Darrieussecq », Libération, 6 mars 1998.
  18. Camille Laurens, « Marie Darrieussecq ou le syndrome du coucou »La Revue littéraire, n°32, septembre 2007
  19. Camille Laurens accuse Marie Darrieussecq de plagiat, Le Nouvel Observateur, 24 août 2007.
  20. Marc Escola, « Marie Darrieussecq, Rapport de police », Fabula, 5 janvier 2010.
  21. Tristes Pontiques, France Culture.
  22. Christine Ferniot et Delphine Peras, « Marie Darrieussecq a-t-elle versé dans le trash avec Clèves ? », L'Express, 29 août 2011.
  23. Sylvain Bourmeau, Marie Darrieussecq. La jeune fille et le sexe des magazines, Libération, 27 août 2011.
  24. Décret du 3 février 2014 portant nomination au Conseil stratégique de la recherche
  25. « Marie Darrieussecq. Entretien avec Nelly Kaprielian », sur webtv.bpi.fr (consulté le 30 mai 2018).
  26. « Editions P.O.L - Clèves - Marie Darrieussecq », sur www.pol-editeur.com (consulté le 30 mai 2018).
  27. Emily Barnett, « "Clèves", une épopée de la pubertée signée Marie Darrieussecq », Les Inrocks,‎ (lire en ligne).
  28. Notre maraine : Marie Darrieussecq, des-france.com, consulté le 9 novembre 2011.
  29. Nos parrains, Bibliothèques sans frontières, consulté le 9 novembre 2011.
  30. Marie Darrieussecq, « Pourquoi je vote Ségolène Royal », Libération, 5 mars 2007.
  31. « Naissance des fantômes », sur P.O.L. éditions (consulté en 19janvier 2010)
  32. http://next.liberation.fr/livres/1998/03/10/la-reponse-de-l-auteur-de-truismes-et-de-naissance-des-fantomes-a-marie-ndiaye-sorguina_232749
  33. « POL : Rapport de police », sur Editions P.O.L. http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&ISBN=978-2-84682-331-9 (consulté en 19janvier 2010)
  34. Présentation du catalogue sur le site du musée.
  35. Publications, cdn-orleans.com, consulté le 11 mai 2013.

Voir aussi

Sur Marie Darrieussecq

  • Marie Fleury Wullschleger, « Du déchet au dégoût. Une lecture de Truisme de Marie Darrieussecq », A contrario, n° 19, janvier 2013.
  • Colette Sarrey-Strack, Fictions contemporaines au féminin : Marie Darrieussecq, Marie Ndiaye, Marie Nimier, Marie Redonnet, L'Harmattan, 2003.
  • Colette Trout, Marie Darrieussecq ou voir le monde à neuf, éditions Rodopi, 2016.

Liens externes

  • Site officiel
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  • Ressource relative à la littérature : NooSFere
  • Site Internet consacré à Marie Darrieussecq - Université d'Arizona à Tucson, USA
  • Marie Darrieussecq sur le site des éditions P.O.L
  • [vidéo] Marie Darrieussecq sur Ina.fr