Marie-Luce Penchard

Marie-Luce Penchard
Illustration.
Marie-Luce Penchard.
Fonctions
Deuxième vice-présidente du conseil régional de la Guadeloupe
En fonction depuis le
(4 ans, 8 mois et 20 jours)
Élection
Président Ary Chalus
Prédécesseur Christian Baptiste
Conseillère régionale de la Guadeloupe
En fonction depuis le
(10 ans, 5 mois et 19 jours)
Élection 14 mars 2010
Réélection 13 décembre 2015
Maire de Basse-Terre

(6 ans, 1 mois et 18 jours)
Élection
Prédécesseur Lucette Michaux-Chevry
Successeur André Atallah
Secrétaire d'État puis ministre chargée de l'Outre-mer

(2 ans, 10 mois et 17 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Premier ministre François Fillon
Gouvernement Fillon II et III
Prédécesseur Yves Jégo
Successeur Victorin Lurel (ministre)
Biographie
Date de naissance (61 ans)
Lieu de naissance Gourbeyre (Guadeloupe)
Nationalité Française
Parti politique UMP puis LR
Mère Lucette Michaux-Chevry
Diplômée de Université Antilles-Guyane
Profession Administratrice territoriale

Marie-Luce Penchard, née le à Gourbeyre (Guadeloupe), est une femme politique française.

Entre 2009 et 2012, elle est secrétaire d'État puis ministre chargée de l'Outre-mer. Elle est conseillère régionale de la Guadeloupe depuis 2010 (vice-présidente du conseil régional depuis 2015) et maire de Basse-Terre de 2014 à 2020.

Enfance et études

Marie-Luce Penchard est la fille de Lucette Michaux-Chevry, figure de la droite guadeloupéenne, qui a notamment occupé plusieurs fonctions gouvernementales et parlementaires sous la Cinquième République[1].

Elle effectue sa scolarité au pensionnat de Versailles à Basse-Terre, chez les sœurs de Saint-Joseph de Cluny jusqu'au CM1, puis elle entre au lycée Gerville-Réache. Elle obtient en 1980 une maîtrise de sciences économiques à l'université Antilles-Guyane[2].

Carrière professionnelle

En Guadeloupe

Attachée à l'office départemental du tourisme de la Guadeloupe de 1978 à 1980[3], elle occupe les trois années suivantes le poste d'adjoint au chef du service foncier de la société d'équipement de la Guadeloupe. De 1983 à 1986, elle exerce la fonction de chef du bureau des affaires européennes au conseil général de la Guadeloupe[3].

Au conseil général de l'Essonne

À son arrivée en France métropolitaine, elle exerce les fonctions de sous-directrice de l'environnement au sein de la direction de l'aménagement, de l'environnement et des transports de 1991 à 1994 puis de directrice des interventions culturelles, associatives et sportives au sein du conseil général de l'Essonne de 1994 à 1999[3],[4].

Au conseil général de l'Essonne, elle travaille, en tant que directrice des affaires culturelles, avec Jean de Boishue, nommé chargé de mission auprès du Premier ministre François Fillon en .

Au conseil général des Yvelines

En 1999, Marie-Luce Penchard est appelée par le président du conseil général des Yvelines, Franck Borotra, ancien ministre de l'Industrie, de la Poste et des Télécommunications du gouvernement Juppé II de 1995 à 1997. Il lui confie les responsabilités de sous-directrice des espaces territoriaux d’action sociale et médico-sociale puis de sous-directrice de la prévision du recrutement et de la formation au sein de la direction des ressources humaines au conseil général des Yvelines[4].

Promue administratrice territoriale en , elle devient directrice adjointe des ressources humaines au département des Yvelines en 2007[3].

Avant de quitter ce département en pour rejoindre la présidence de la République, elle exerce ses missions sous l’autorité de Pierre Bédier, président du conseil général et ancien secrétaire d'État à la Justice du gouvernement Raffarin II.

À l'Élysée

Chargée de mission à l’Élysée pour l’Outre-mer en 2007, elle devient en 2008 conseillère technique chargée de l'Outre-mer, et est nommée secrétaire nationale de l'UMP chargée de l'Outre-mer, en remplacement de Michel Diefenbacher[5]. En , elle est nommée conseillère politique de l'UMP. Elle s’engage en faveur de la départementalisation de Mayotte et se rend sur place avec le député Jean Lassalle pour participer à la campagne référendaire[6].

Parcours politique

Élections européennes de 2009

Elle est désignée tête de liste UMP pour la circonscription Outre-Mer aux élections européennes de 2009[7], mais elle est défaite par le socialiste Patrice Tirolien. Le Figaro qualifie cette défaite de « revers » étant donné qu'elle n'a rassemblé, dans son propre département, que 23,2 % des suffrages contre 51,4 % pour la liste Europe Écologie, qu'avait soutenue Gabrielle Louis-Carabin, dans un contexte d'abstention massive (85,4 %)[8].

Secrétaire d'État puis ministre chargée de l'Outre mer

Marie-Luce Penchard à la Foire de Paris (2011).

Marie-Luce Penchard est nommée secrétaire d'État à l'Outre-mer lors du remaniement du gouvernement Fillon II, le , en remplacement d'Yves Jégo. Rompant avec la tradition en la matière, elle est présentée comme la première ultramarine à occuper cette fonction[8], bien que Gratien Candace (lui-même ultramarin et député de la Guadeloupe) ait été, de 1932 à 1933, sous-secrétaire d'État aux Colonies. Sa nomination entraîne aussitôt la démission de l'UMP de la députée Gabrielle Louis-Carabin, pour qui Marie-Luce Penchard serait « pire que sa mère »[8].

Du 25 au , Marie-Luce Penchard accompagne le président de la République Nicolas Sarkozy en Martinique (il y annonce la tenue d'un référendum) et en Guadeloupe, où ils assistent aux états généraux de l'Outre-mer.

Le , Marie-Luce Penchard est nommée ministre chargée de l'Outre-mer auprès du ministre de l'Intérieur, de l'Outre-mer et des Collectivités territoriales, à la suite du premier conseil interministériel de l'Outre-mer. Nicolas Sarkozy souligne alors que « c'est une évolution institutionnelle souhaitable, mais c'est aussi la reconnaissance personnelle de l'excellent travail de Marie-Luce au sein de ce gouvernement », évoquant un « binôme efficace » entre la « fille de Lucette Michaux-Chevry » et son ministre de tutelle[9].

Marie-Luce Penchard à la Foire de Paris (2011).

En , lors d'un meeting en Guadeloupe, elle déclare : « je n'ai envie de servir qu'une population, c'est la population guadeloupéenne […]. Et ça me ferait mal de voir cette manne financière quitter la Guadeloupe au bénéfice de la Guyane, au bénéfice de La Réunion, au bénéfice de la Martinique »[10]. Sa préférence affichée pour son île d'origine au détriment des autres collectivités d'outre-mer, notamment concernant la répartition d'une enveloppe budgétaire destinée au département ministériel dont elle a la charge, suscite la polémique, plusieurs élus de la majorité comme de l'opposition réclamant son départ du gouvernement[11],[12].

Élue guadeloupéenne

Lors des élections régionales de 2010 en Guadeloupe, elle figure en deuxième position sur la liste de la majorité présidentielle, qui recueille 14 % des voix. Elle est élue conseillère régionale. Après cette défaite en Guadeloupe, seule région où la gauche l'emporte dès le premier tour, elle reproche son score à son prédécesseur à l'Outre-mer, Yves Jégo, qui lui rétorque qu'il n'a « pas l'intention d'endosser l'échec d'une ex-collaboratrice »[13].

Candidate aux élections législatives de 2012 dans la quatrième circonscription de la Guadeloupe (dont sa mère est la députée de 1988 à 1993), elle est largement battue au premier tour par son successeur au ministère de l'Outre-mer, le député sortant socialiste Victorin Lurel, avec 22,9 % des suffrages exprimés contre 67,2 % à son adversaire[14].

Lors des élections municipales de 2014 en Guadeloupe, elle figure en troisième position sur la liste UMP de la maire sortante de Basse-Terre, sa mère Lucette Michaux-Chevry. Cette liste recueille 56,4 % des voix au premier tour en devançant le candidat du Parti socialiste André Atallah qui obtient 24,6 % des voix. Le , elle succède à sa mère à la mairie de Basse-Terre[15].

Le , elle est élue deuxième vice-présidente du conseil régional de la Guadeloupe, chargée des affaires européennes, de la coopération et de l'Université, après la victoire d'Ary Chalus aux élections régionales[16].

Elle soutient Alain Juppé pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016[17].

En , dans le cadre d'une affaire de détournement de fonds présumé, Marie-Luce Penchard est placée en garde à vue avec sa mère et son fils, Alexandre Penchard[18]. Elle est à nouveau gardée à vue en , tout comme Ary Chalus, président de la région. Ils sont entendus à propos de Pascal Averne, ancien directeur de cabinet de Marie-Luce Penchard à la mairie de Basse-Terre mais également et simultanément inspecteur général des services au conseil régional de la Guadeloupe, présidé par Ary Chalus, concernant un soupçon d'emploi fictif quant à ce second poste. Leur garde à vue est levée dans la journée[19].

Selon le site Mediapart, elle aurait rallié le parti présidentiel, La République en marche (LREM)[19]. La liste qu'elle conduit pour les élections municipales de 2020 à Basse-Terre est toutefois enregistrée sous la nuance « divers droite » par le ministère de l'Intérieur, tandis que le parti Les Républicains investit une autre liste[20]. Arrivée en deuxième position lors du premier tour, elle est battue par le socialiste André Atallah le , sa liste recueillant 45,7 % des suffrages exprimés[21],[22].

Résultats électoraux

Élections législatives

Année Parti Circonscription Premier/unique tour
% Place Issue
2012[14] UMP 4e de la Guadeloupe 22,9 2e Battue

Élections européennes

Année Parti Circonscription % Place Sièges obtenus
2009[23] UMP Outre-Mer 29,7 1re
1 / 3

Élections municipales

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle est tête de liste.

Année Parti Commune % Sièges obtenus
1er tour 2d tour
2020[24] DVD Basse-Terre 31,4 45,7
7 / 33

Notes et références

  1. « Marie-Luce Penchard, fille de Lucette Michaux-Chevry », sur linternaute.com, (consulté le 27 avril 2020).
  2. Jean-François Delacampagne, PoliticoScore 2012, 100 politiciens (nes) français mis à nu, Lulu.com, , 116 p. (ISBN 978-1-4716-4222-7, lire en ligne).
  3. a b c et d « Marie-Luce Penchard : biographie courte, dates, citations », sur linternaute.com, (consulté le 18 mai 2020).
  4. a et b « Bio express de Marie-Luce Penchard », sur nouvelobs.com, (consulté le 18 mai 2020).
  5. « Marie-Luce Penchard remplace Michel Diefenbacher », sur fxgpariscaraibe.com, .
  6. « Marie-Luce Penchard et Jean Lassalle en renfort à Mayotte pour le oui », sur mayottehebdo.com, (consulté le 27 avril 2020).
  7. « Site de l'UMP pour les élections européennes 2009 », sur ump2009.eu.
  8. a b et c « Marie-Luce Penchard, 1re ultramarine à l'Outremer », sur lefigaro.fr, .
  9. « Une nouvelle ministre au gouvernement », sur liberation.fr, (consulté le 27 avril 2020).
  10. « Marie-Luce Penchard, les Guadeloupéens d'abord », sur rtl.fr, (consulté le 27 mars 2020).
  11. « Le PS demande la démission de la ministre Penchard », sur liberation.fr, (consulté le 27 avril 2020).
  12. « Marie-Luce Penchard "devrait être virée du gouvernement", selon Balkany », sur liberation.fr, .
  13. « Violente passe d'armes entre Jégo et Penchard », sur plus.lefigaro.fr, (consulté le 27 avril 2020).
  14. a et b « Législatives: les ministres du dernier gouvernement Fillon ont quasiment tous été élus », sur lesinrocks.com, (consulté le 27 avril 2020).
  15. « Penchard devient maire de Basse-Terre », sur lefigaro.fr, .
  16. « Ary Chalus, un président du conseil régional très rassembleur », sur guadeloupe.franceantilles.fr, .
  17. « Primaire de la droite: les Outre-mer penchent pour Juppé », sur lexpress.fr (consulté le 27 avril 2020).
  18. « Lucette Michaux-Chevry, Marie-Luce et Alexandre Penchard en garde à vue », sur rci.fm, .
  19. a et b Laurent Mauduit, « La Guadeloupe éclaboussée par une cascade de scandales », sur mediapart.fr, (consulté le 3 mai 2020).
  20. Ministère de l'Intérieur, « Listes de Basse-Terre », sur elections.interieur.gouv.fr (consulté le 3 mai 2020).
  21. « L'Outre-mer, bastion de la gauche aux élections municipales », sur lesechos.fr, (consulté le 29 juin 2020).
  22. « Municipales 2020: En Guadeloupe, le second tour signe la fin de l’ère Bangou et de l’ère Chevry-Penchard », sur outremers360.com, (consulté le 29 juin 2020).
  23. Ministère de l'Intérieur, « Résultats des élections européennes 2009 », sur interieur.gouv.fr (consulté le 22 mai 2020).
  24. « Résultats municipales 2020 à Basse-Terre », sur Le Monde.fr, Le Monde (ISSN 1950-6244, consulté le 22 mai 2020).

Voir aussi