Marianne Brandt

Marianne Brandt
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Naissance
Décès
(à 89 ans)
Kirchberg
Nationalité
Activités
Formation

Marianne Brandt, née Marianne Liebe le à Chemnitz et morte le à Kirchberg, est une peintre, photographe et designer allemande qui fit partie du Bauhaus. Elle est surtout connue pour ses créations à l'atelier de métal du Bauhaus.

Biographie

Marianne Liebe est née en 1893 à Chemnitz en Allemagne[1] et étudie la peinture. Elle commence sa carrière comme peintre expressionniste. En 1919, elle épouse Éric Brandt, un artiste expressionniste norvégien. En 1923, elle détruit sa peinture avant de rejoindre le Bauhaus de Weimar. Elle est l'élève du peintre et théoricien du modernisme László Moholy-Nagy qui dirige l'atelier du métal. Elle succède à László Moholy-Nagy en 1928 à l'atelier de métal où elle restera un an et négociera quelques-unes des collaborations importantes entre le Bauhaus et l'industrie[1]. Elle est la seule femme à avoir été maître de l'atelier métal du Bauhaus[2]. En 1929, Brandt quitte le Bauhaus pour Berlin et travaille pour Walter Gropius dans son atelier berlinois avant de prendre la direction du design de la société Ruppel à Gotha[1].

En 1933, elle retourne chez ses parents et se consacre à nouveau à la peinture[1]. En 1951 Mart Stam la nomme chargée de cours à l’école supérieure des beaux-arts de Dresde[3]. Elle reste en poste jusqu’en 1954[1].

Marianne Brandt meurt en 1983 à Kirchberg en Allemagne (RDA à l'époque). Alors que le Bauhaus était très critiqué sous le régime de la RDA, Brandt, en tant que professeur de design, fut entourée d'un groupe d'élèves fidèles.

Son œuvre

Design

Marianne Brandt est surtout connue pour ses créations faites à l'atelier de métal du Bauhaus au sein duquel elle produisit environ soixante-dix œuvres. Son travail est basé sur l'utilisation de formes géométriques simples adaptées à une fabrication en série et est inspiré par le cubisme, De Stijl ou le constructivisme[4]. Sa production est essentiellement constituée de vaisselle de table et de lampes.

On compte parmi l'une de ses œuvres les plus célèbres, la lampe Kandem dont les lignes n'ont cessé d'influencer le design de nos lampes actuelles. Cette lampe de chevet doit son succès à son abat-jour réglable et à l'apparition d'un bouton poussoir permettant d'allumer ou éteindre la lumière facilement. Entre 1928 et 1932, 50 000 exemplaires furent vendus dans le monde entier, la plaçant comme la lampe de chevet la plus commercialisée durant cette période.

Certaines de ses créations sont aujourd'hui rééditées sous licence par le fabricant italien Alessi et font partie des collections des grands musées (MoMA)[5].

Photographie

À partir de 1926, Marianne Brandt se consacre également à la réalisation de photomontages, qui lui permettent de porter un regard critique sur la société contemporaine. Ces photomontages traitent souvent des relations entre les hommes et les femmes et de la situation complexe de la femme durant l'entre deux guerres ; période pendant laquelle elles commençaient à profiter de nouvelles libertés.

Les photomontages de Brandt ont été présentés au cours d'une exposition itinérante intitulée Tempo, Tempo ! Les photomontages de Marianne Brandt, organisée par Elizabeth Otto[6],[7].

Concours international Marianne Brandt

La ville de Chemnitz rend hommage à sa plus grande artiste, Marianne Brandt, en organisant tous les trois ans un concours qui s’adresse aux jeunes créateurs de toute l’Europe.

Réception

Marianne Brandt a eu une influence durable, bien qu'elle reste relativement peu connue[8],[9]. Il existe un alphabet inspiré de son travail[10].

Notes et références

  1. a b c d et e Charlotte Fiell, Peter Fiell 1999, p. 127
  2. « My monkey | Centre national des arts plastiques », sur www.cnap.fr, (consulté le 8 septembre 2017)
  3. (en) Katharina Pfützner, Designing for Socialist Need : Industrial Design Practice in the German Democratic Republic, Routledge, , 264 p. (ISBN 9781317284192), dresden academy of fine arts.
  4. Classiques Phaidon du design, Phaidon, [détail de l’édition], I, 142.
  5. Collection du MoMA
  6. (en) Critique de l'exposition Tempo, Tempo sur artnet.com
  7. (fr) Critique de l'exposition Tempo, Tempo sur galerie-photo.com
  8. « L’alphabet sensible, podcast France Culture »,
  9. « La graphiste Stéphane Dupont raconte la designer Marianne Brandt - Arts et scènes - Télérama.fr », sur www.telerama.fr (consulté le 28 septembre 2017)
  10. « marianne brandt », sur www.atelierdupont.org (consulté le 8 septembre 2017)

Annexes

Bibliographie

  • (en) Charlotte Fiell, Peter Fiell, Design of the 20th Century, Cologne, Tashen, (ISBN 3-8228-5873-0)
  • Elodie Vitale, Le Bauhaus de Weimar: 1919-1925, Mardaga, coll. « Architecture + documents », , 318 p. (ISBN 9782870093641)

Liens externes

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    • Bibliothèque royale des Pays-Bas
    • WorldCat
  • Ressources relatives aux beaux-arts :
  • (de) Site consacré à la vie et au travail de M. Brandt
  • (fr) (en) Concours international Marianne Brandt