Margaret Atwood

Margaret Atwood
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Margaret Atwood au Texas Book Festival en 2015.
Nom de naissance Margaret Eleanor Atwood
Naissance (78 ans)
Ottawa, Ontario, Drapeau du Canada Canada
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Anglais canadien
Genres

Œuvres principales

Margaret Eleanor « Peggy » Atwood, née le à Ottawa, en Ontario, est une romancière, poétesse et critique littéraire canadienne[2]. Elle est l'une des écrivaines canadiennes les plus connues, en particulier pour son roman La Servante écarlate (The Handmaid's Tale), publié en français en 1985, qui est adapté au cinéma sous le même titre par Volker Schlöndorff en 1990 et en série télévisée sous le titre The Handmaid's Tale : La Servante écarlate en 2017.

Biographie

Née à Ottawa, Ontario, Margaret Atwood est la fille de Carl Edmund Atwood, zoologue, et de Maragaret Dorothy Killiam, nutritionniste. Par le métier de son père, Margaret Atwood passe la majeure partie de son enfance entre les forêts du Nord du Québec[3], Sault Ste. Marie, Ottawa et Toronto.

Elle commence à écrire à l’âge de 16 ans. En 1957, elle entreprend des études au collège Victoria à l'Université de Toronto. Elle suit notamment les cours de Jay Macpherson  et de Northrop Frye. Elle obtient un baccalauréat ès arts en anglais (avec des mineures en philosophie et en français) en 1961[2].

Après avoir reçu la médaille E. J. Pratt pour son recueil de poème Double Persephone, elle poursuit ses études à Harvard, au Radcliffe College, dans le cadre d’une bourse Woodrow Wilson. Elle est diplômée en 1962 avant de prolonger ses études à l'Université Harvard pendant quatre ans.

Elle enseigne tour à tour à l'Université de Colombie-Britannique (1965), à l'Université Concordia à Montréal (1967-1968), à Université de l'Alberta (1969-1979), à l'Université York à Toronto (1971-1972) et à l'Université de New York.

En 1968, Atwood épouse Jim Polk, mais divorce quelques années plus tard, en 1973. Elle se marie ensuite avec le romancier Graeme Gibson. Elle donne naissance à sa fille Eleanor Jess Atwood Gibson en 1976.

Le prix Arthur C. Clarke lui est décerné en 1987 pour son roman La Servante écarlate (The Handmaid's Tale).

Elle remporte le Booker Prize en 2000 pour son roman Le Tueur aveugle (The Blind Assassin), qui n'est publié qu'en 2002 en France.

Lors de l'élection fédérale canadienne de 2008, elle accorde son appui au Bloc québécois, parti prônant la souveraineté du Québec[4].

En janvier 2009, une polémique éclate à Toronto : son livre La Servante écarlate est accusé par un parent d'élève d'être violent, dépravé et tout à la fois anti-chrétien et anti-islamiste [5]. Cet événement souligne la force de l'écriture d'Atwood qui parvient à perturber les rigoristes dans leurs convictions. L'affaire n'aura pas de suite.

En 2015, elle remet le manuscrit de son livre Scribbler Moon au projet de « bibliothèque du futur » de l'artiste écossaise Katie Paterson, qui sera ainsi publié en 2114. Elle est la première des cent auteurs à participer à ce projet[6].

En janvier 2018, elle publie une lettre ouverte dans le journal The Globe and Mail intitulée «Am I a bad feminist?»[7] («Suis-je une mauvaise féministe?») où elle fait une critique du mouvement #Metoo (#moiaussi) en même temps qu'elle diagnostique le système judiciaire inefficace et dépassé. Elle met en garde les féministes d'aujourd'hui face à un possible dérapage menant à l'instauration d'une « justice populaire » qui peut se transformer en « lynchage solidifié culturellement dans lequel le type de justice accessible est jeté par la fenêtre et des pouvoirs extrajudiciaires sont mis en place et maintenus. » Elle prend position en affirmant que « ma position fondamentale est que les femmes sont des êtres humains, avec (...) des comportements saints et démoniaques (...) y compris le crime. » Suite aux critiques de la part de certains observateurs qui considèrent son écrit comme une trahison des valeurs féministes, elle persiste sur Twitter en expliquant son point de vue et en répondant aux critiques, puis en partageant deux autres textes semblables au sien dont celui d'Andrew Sullivan «It’s Time to Resist the Excesses of #Metoo» [8](«Il est temps de résister aux excès de #Moiaussi») où l'auteur compare leur façon d'agir aux méthodes du maccarthysme qui avait mis en place une liste anonyme d’hommes potentiellement dangereux, soupçonnés d'être des communistes, et qui ont détruit plusieurs de leurs carrières.

Une autre collaboratrice du Globe and Mail, Margaret Wente publie quelques jours plus tard une analyse du texte de Atwood et sa place dans l'histoire du féminisme[9]. Wente n'est pas surprise de sa position car « elle (Atwood) aime brasser la cage » et poursuit en citant plusieurs internautes aux réponses dures et frôlant la vulgarité. Pour Wente, Atwood est classée comme une modérée face au nouveau mouvement #metoo qui est prêt à lyncher tous ceux qui n'y se rangent pas. Pour expliquer la situation, en un mot, elle explique : « Ce qui est arrivé c'est que la Révolution est entrée dans une nouvelle phase. Après avoir vaincu les réactionnaires, les Jacobins envoient les modérés à la guillotine », puisque « la révolution ne concerne pas la justice, mais le changement. » Finalement, Wente admet être « la dernière alliée de Atwood » parce que elle aussi croit que la procédure régulière, aussi frustrante et imparfaite soit-elle, est meilleure que l'alternative. « Je ne pense pas que des listes publiques d'accusations anonymes contre des journalistes médiatiques [...] devraient être autorisées à détruire des carrières. » Et pour conclure: « Je suis off, mais avec ma tête bien en place. »

Distinctions

Elle fait aussi partie des favoris depuis plusieurs années pour le Prix Nobel de littérature[12]. En 2017, Kazuo Ishiguro s'est excusé d'avoir obtenu le prix à sa place[13].

Œuvre

Son œuvre se compose d'une quinzaine de romans[2], de nouvelles, de recueils de poèmes[14] et d'essais.

Romans

Trilogie romanesque Le Dernier Homme

  1. Le Dernier Homme, Robert Laffont, 2005 ((en) Oryx and Crake, 2003)
  2. Le Temps du déluge, Robert Laffont, 2012 ((en) The Year of the Flood, 2009)
  3. MaddAddam, Robert Laffont, 2014 ((en) MaddAddam, 2013)

Autres romans

Album jeunesse

  • Tout là-haut dans l'arbre, Rue du monde, 2010 (Up in the Tree, 1978)
    Adaptation par Alain Serres

Recueils de nouvelles

  • Les Danseuses et autres nouvelles, Quinze, 1986 ((en) Dancing Girls, 1977)
  • Meurtre dans la nuit, Remue-ménage, 1987 ((en) Murder in the Dark, 1983)
  • L'Œuf de Barbe-Bleue, Libre Expression, 1985 ((en) Bluebeard's Egg, 1983)
  • (en) Through the One-Way Mirror, 1986
  • Mort en lisière, Robert Laffont, 1996 ((en) Wilderness Tips, 1991)
  • La petite poule vide son cœur, Serpent à plumes, 1996 ((en) Good Bones, 1992)
    Réédité sous le titre La Troisième Main aux éditions La Pleine Lune en 2005
  • (en) Good Bones and Simple Murders, 1994
  • Le Fiasco du Labrador, Robert Laffont, 2009 ((en) The Labrador Fiasco, 1996)
  • (en) The Tent, 2006
  • (en) Moral Disorder, 2006
  • Neuf contes, Robert Laffont, 2018 ((en) Stone Mattress: Nine Wicked Tales, 2014)

Recueil de poésie

  • (en) Double Persephone, 1961
  • Le Cercle vicieux, Prise de parole - Du Noroît, 2000 ((en) The Circle Game, 1964)
  • (en) Expeditions, 1965
  • (en) Speeches for Doctor Frankenstein, 1966
  • (en) The Animals in That Country, 1968
  • Le Journal de Susanna Moodie, Bruno Doucey, 2011 ((en) The Journals of Susanna Moodie, 1970)
  • (en) Procedures for Underground, 1970
  • Politique de pouvoir, L'Hexagone, 1995 ((en) Power Politics, 1971)
  • (en) You Are Happy, 1974
  • (en) Selected Poems, 1976
  • (en) Two-Headed Poems, 1978
  • (en) True Stories, 1981
  • (en) Love songs of a Terminator, 1983
  • (en) Interlunar, 1984
  • Matin dans la maison incendiée, Écrits des Forges, 2004 ((en) Morning in the Burned House, 1996)
  • (en) Eating Fire: Selected Poems, 1965-1995, 1998
  • (en) The Door, 2007

Essais

  • Essai sur la littérature canadienne, Boréal, 1987 ((en) Survival: A Thematic Guide to Canadian Literature, 1972)
  • (en) Days of the Rebels 1815-1840, 1977
  • Cibles mouvantes, Boréal, 2006 ((en) Second words: Selected Critical Prose, 1982)
  • (en) Strange Things: The Malevolent North in Canadian Literature, 1995
  • (en) Negotiating with the Dead: A Writer on Writing, 2002
  • Cibles mouvantes, Boréal, 2006 ((en) Moving Targets: Writing with Intent, 1982-2004, 2004)
  • (en) Writing with Intent: Essays, Reviews, Personal Prose--1983-2005, 2005

Notes et références

  1. Prix du Gouverneur général 1985
  2. a, b et c  (fr) « Biographie », sur www.evene.fr (consulté en 24 octobre2010)
  3. Cadre forestier qui sert de toile de fond au roman Faire surface (Surfacing), publié en 1972.
  4. Société Radio-Canada. « Duceppe et la souveraineté à Toronto », , Toronto.
  5. Rapporté par le journal Toronto Star du .
  6. Clémence Chouvelon, « le premier manuscrit d'une bibliothèque du futur sera publié en 2114 », sur ActuaLitté.com, (consulté le 12 février 2017).
  7. (en) Margaret Atwood, « Am I a bad feminist? », Globe and Mail,‎ (lire en ligne)
  8. (en) Andrew Sullivan, « Andrew Sullivan: It’s Time to Resist the Excesses of #MeToo », Daily Intelligencer,‎ (lire en ligne)
  9. Margaret Wente, « Margaret Atwood is a blood-drinking monster », Globe and Mail,‎ (lire en ligne)
  10. http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/romans/l-ecrivaine-canadienne-margaret-atwood-recoit-le-prix-franz-kafka-2017-264001
  11. « Margaret Atwood, une citoyenne exemplaire », ActuaLitté,‎ (lire en ligne).
  12. « Nobel: Ngugi wa Thiong’o, Margaret Atwood et Haruki Murakami en tête des pronostics », Livres Hebdo,‎ (lire en ligne).
  13. (en-GB) « Kazuo Ishiguro Apologises To Margaret Atwood For Winning The Nobel Prize For Literature », ELLE,‎ (lire en ligne).
  14. « Bibliographie », sur livres.fluctuat.net (consulté en 24 octobre2010)

Liens externes