Marcel Pajot

Marcel Pajot

Marcel « Nino » Pajot, né le 24 février 1945 à Vergt, Dordogne, est un peintre et illustrateur français.

Biographie

Défiance (détail) - Technique mixte sur toile.
Don Quichotte et les sortilèges - Technique mixte sur papier.

Marcel Pajot fut d’abord enfant de troupe à l'École Militaire Préparatoire Technique (EMPT) de Tulle (Corrèze), de septembre 1957 à juillet 1963, puis à l'EMPT du Mans de septembre 1963 à juin 1965, en classe préparatoire à l’ENSAM. Il fut d’ailleurs admis à l'Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers à Angers, mais, parti faire les vendanges 1965 dans les vignes de Monbazillac, il renonça à intégrer l'école pour des raisons sentimentales. « Manou » fut son amour de jeunesse et reste encore aujourd’hui son égérie.

Il a mis prématurément un terme à sa carrière de géomètre du cadastre pour se consacrer entièrement à son art.

En effet, naturellement doté de dons artistiques (à l’image de sa mère, Reine Pajot-Vedry, née en 1924 à Vergt, auteur de remarquables modelages et terres cuites) Marcel Pajot s’est lancé, il y a une quarantaine d’années dans le dessin et la peinture. En fait, il a toujours dessiné ou peint : déjà à l’école primaire (à Breuilh, toujours en Dordogne), son institutrice l’autorisait à sortir pendant les heures consacrées au dessin, pour aller « peindre sur le motif », expression qu’à l’époque il ne connaissait évidemment pas. Ce village et la silhouette de l’école communale ont inspiré ses premiers vrais paysages.

En 1979, lorsque sa carrière administrative l’avait ramené en Périgord, lui, qui estimait jusqu’alors que sa production n’était pas assez solide pour être présentée au public, décida de cultiver avec plus de soin et d’assiduité ses qualités picturales, forgées au contact d’autres artistes, souvent simples amateurs éclairés, qu’il avait côtoyés des années durant. À Périgueux, il se mit à fréquenter un atelier mis en place par les peintres Jean-Daniel Ribeyrol et Paul-André Enard et où chacun pouvait s’initier ou se perfectionner, apporter sa propre expérience, bénéficier de celle des autres, observer et évoluer selon son rythme et ses désirs.

Inspiré par le portrait charge des dessinateurs de presse du début du XXe siècle, il emprunta ses modèles à la vie politique locale du Périgord, se plaisant à caricaturer leurs caractéristiques morales et physiques. A trente-six ans, estimant qu’il était enfin digne de montrer ses œuvres, il participait à une première exposition collective, dans un petit village périgordin.

Dès lors, chaque jour, l’artiste autodidacte fait ses gammes, croquant ses semblables, inventant des postures, imaginant des paysages, travaillant les costumes. Ses croquis et dessins nous révèlent d’ailleurs la complexité de l’homme. Il a participé à de nombreuses expositions en France et à l’étranger (« Art Expo » à New York, « Europ’Art » à Genève ou Bruxelles), remportant de très nombreux Grands Prix (Salon de la Société des Beaux-Arts du Périgord, celui du centenaire en 1985 et en 1997, Salon des Artistes Indépendants d’Aquitaine, 1989, Lions Club du Sud-Ouest, 1990, Lions Club de Bordeaux, 1991, Salon des Vendanges à Cognac, 1991, Salon d’Aquarelles de Sainte-Luce, 1993, Salon de Talence, 1994, Salon des Artistes en Gascogne d’Auch, 1994, Salon National des Arts Plastiques à Paris-Bercy, 1994, Biennale de Cestas, 1998, ou Salon du Val de Cher, 2004). D’autre part, ses œuvres ont été acquises par de nombreuses collectivités ou organisations (dont le Ministère de l’Économie et des Finances, le collège A. Rimbaud de Saint-Astier, la direction des services fiscaux de la Dordogne ou les villes de La Réole, Le Bugue, La Rochefoucault, Clairac ou Trélissac).

Depuis 1994, sa production est présentée exclusivement par les galeries Mickaël Marciano, 26, place des Vosges à Paris, et à La Baule.

Marcel « Nino » Pajot mélange les lavis aux traits pour peindre des scènes carnavalesques ou « donquichottesques » qui n’ont de vénitiennes ou d’ibériques que ce que le public se plaît à croire. « Les sujets de mes tableaux, a écrit l’artiste, sont rarement prémédités, ils émergent au hasard de mes pinceaux, au gré des plaisirs ou des désespoirs… Ce qui compte, c’est d’abord le dessin, bien sûr, et la peinture en tant que matériau, le travail des couleurs, les touches, les traits, les griffures, les mélanges hasardeux d’encres, de gouaches, d’acryliques…Le plaisir, c’est aussi la variété des supports, la toile, et surtout le papier dont la matière plus sensuelle impose ses aléas. »

Mais s’il est peintre, Pajot revendique aussi une identité de dessinateur que personne ne lui conteste tant il plante ses sujets avec une verve empreinte d’une vérité déconcertante. En ajoutant une dose de lyrisme, un grain de folie, un parfum de fête, un brin de mystère, à ses compositions, il donne un air de comédie ou de tragédie à ces ambiances colorées avec virtuosité. Il a fait largement usage de ses prédispositions en illustrant de nombreux ouvrages, dont La Cuisine préhistorique d’Alain Bernard et de Marylène Patou-Matis (Éditions Fanlac), Les Troubadours périgordins de Guy Penaud, L’Instinct de gourmandise de Michel Testut, Encres violettes et L'Enfant qui parle à la rivière de Pierre Gonthier (Éditions de La Lauze). En 1999, la Bibliothèque Municipale de Périgueux a organisé une exposition pour souligner cette activité. Un fascicule illustré, Illustrations Pajot, préfacé par le ministre Xavier Darcos, alors maire de cette commune, et comportant des textes signés par des personnalités, amis et collaborateurs, a été édité à cette occasion. Il a également réalisé, pour les éditions de La Lauze, de nombreuses couvertures de livres dont La Révolution des croquants de Claude Cénac, et L’Alambic de la pleine lune de Pierre Gonthier.

Dans le même temps, dès 1980, Marcel Pajot était devenu l’un des administrateurs de la Société des Beaux-arts de la Dordogne (dénommée « du Périgord » en 1987), dont il reste l’un des plus actifs dirigeants. À ce titre, il assuma, durant les sept premières années, en collaboration avec la ville de Périgueux, la co-organisation du concours du Cadre d’Or.

Habitant aujourd’hui une maison « pas tout à fait comme les autres » qu’il a construite à Trélissac (Dordogne), Pajot a installé son atelier d’artiste non loin de là.

Titulaire de la Médaille de Vermeil « Arts, Sciences et Lettres », Marcel « Nino » Pajot s’est affirmé au cours des ans comme le peintre et l’illustrateur du sublime et du dérisoire, de la réalité et du rêve, du noir le plus profond à l’or le plus délicat, bref un peintre d’ici et d’ailleurs, un véritable artiste de l’imaginaire.

Depuis 2010, il est membre titulaire de l'Académie des Lettres et des Arts du Périgord.

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