Marc-Guillaume-Alexis Vadier

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Marc-Guillaume-Alexis Vadier
Marc-Guillaume Alexis Vadier (1736-1828), French revolutionary (small).jpg

Marc-Guillaume Alexis Vadier. Portrait peint (1789).

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Parti politique

Marc-Guillaume-Alexis Vadier, né le à Pamiers et mort le à Bruxelles, surnommé « le grand inquisiteur »[1], est un homme politique français, dont l'activité s'exerça pendant la période de la Révolution.

Biographie

Avant la Révolution

Fils d’un receveur des décimes du clergé, Vadier devint, après des études chez les Jésuites, par la protection de l'évêque de Pamiers, lieutenant dans le régiment de Piémont. Au lendemain de la bataille de Rossbach, il abandonna le métier des armes pour se consacrer à l'exploitation de ses domaines situés dans la juridiction de Montaut. Il se serait rendu coupable de concussion et, à ce titre, traduit devant le parlement de Toulouse où il fut condamné malgré la défense de son avocat Darmaing. Ses terres et château à Peyroutet, les terres de Nicol et le domaine de Belpech, à la limite de l'Ariège et de l'Aude, formaient un ensemble de 185 hectares. Vers 1785, Vadier voulut convertir certaines de ses terres en seigneurie, par engagement. Il accusa d'autres propriétaires, notamment Cazes, qui lui avait refusé la main de sa fille, et Dardigna, d'avoir fait échouer son projet, et il conçut contre eux une haine terrible[2]. En 1770, il avait acquis une charge de conseiller au siège présidial de sa ville natale.

Révolution

Vadier, député du comté de Foix aux États généraux de 1789.

Député aux États généraux de 1789, il siégea avec les constitutionnels à l’Assemblée constituante.

Le 14 juillet 1791, la Constituante, après les évènements de Varennes se divise sur l'inviolabilité du roi ; il monte à la tribune et déclame une des premières charges parlementaire contre la fonction royale :

« Il est selon moi une question préliminaire à celle de l'inviolabilité : c'est celle de savoir si un roi parjure, qui déserte son poste, qui emmène avec lui l'héritier présomptif de la couronne, qui se jette dans les bras d'un général perfide, qui veut assassiner la patrie, qui répand un manifeste où il déchire la Constitution ; si, dis-je, un tel homme peut être qualifié de Roi des Français ? L'inviolabilité ne réside plus sur sa tête depuis qu'il a abjuré sa couronne. (Quelques membres de la partie gauche et des tribunes applaudissent) »

Vadier, à la même tribune, se rétracte dès le lendemain. Il fait vœu d'obéir et de respecter la décision de l'Assemblée en faveur de l'inviolabilité, invoquant malgré tout sa liberté de représentant ; ce qui provoquera la colère de Marat dans le numéro de L'Ami du peuple du 19 juillet 1791[3].

Élu par 235 suffrages sur 313 votants à la Convention en 1792, il proposa que Foix, Pamiers et Saint-Girons soient chef-lieu alternativement. Il fit partie de la Montagne et vota la mort de Louis XVI sans appel ni sursis.

Terreur

À partir de septembre 1793, il devient, président et doyen du Comité de sûreté générale, organe policier et répressif de la Terreur. En nivôse an II (janvier 1794), avec Amar, il dénonce les malversations de Fabre d'Églantine, Chabot et de leurs complices, à l'origine du procès des Dantonistes. Il est à l'origine de la mise à mort de Camille Desmoulins qui l'a mis en cause avec son ami Bertrand Barère dans le Vieux Cordelier.

Après le 22 prairial an II (10 juin 1794), les débats publics étant supprimés au Tribunal révolutionnaire, il fait traduire ceux dont il veut se venger : à peine la loi votée, plusieurs habitants de Montaut et précisément ceux qui se sont opposés à l'érection de ses terres en seigneurie [4], également son ancien avocat Darmaing, sont renvoyés au tribunal révolutionnaire et exécutés[5]. Selon le comte de Folmont, il est à l'origine du grand procès des membres du Parlement de Toulouse[6].

En germinal an II (avril 1794), il se montre partisan de la répression de prétendues mutineries de prisonniers qui reposent sur des témoignages de condamnés à mort en sursis, tel Valagnos à Bicêtre. Il appuie le projet de Barère de faire fusiller tous les prisonniers de guerre[réf. souhaitée].

Le 26 prairial an II-, Élie Lacoste présente son rapport sur la prétendue conspiration de Batz, qui aboutit à l'exécution de cinquante-quatre personnes. Vadier lit encore à la Convention le dossier à charge, constitué de fausses preuves, contre Catherine Théot, ridiculisant le mysticisme de Robespierre. Il participe à la chute de Robespierre en prenant la parole contre lui, les 8 et 9 thermidor, à la Convention.

Après la chute de Robespierre, il est accusé par Lecointre, Courtois, Fréron, Darmaing fils (Jean-Baptiste), d'avoir couvert les exactions de la Terreur. Le 15 frimaire an III (5 décembre 1794), une enquête est diligentée au nom de la Convention contre les "Quatre" du Comité de l'an II, Barère, Collot d'Herbois, Billaud-Varenne, et lui-même[7]. À la suite de l’insurrection de germinal an III, il est condamné à la déportation avec les "Quatre", mais il parvient à s’enfuir et à se cacher jusqu’à l’amnistie votée à la séparation de la Convention.

Après la Révolution

Vadier (médaille de David d'Angers).

Sous le Directoire, il apporte son soutien à la Conjuration des Égaux de Babeuf, mais est acquitté par la Haute-Cour de Vendôme. Il demeure toutefois en prison, à l'île Pelée près de Cherbourg[8] jusqu’en l’an VIII (1799), puis libéré par Cambacérés, il se fait oublier à Chartres.

Député pendant les Cent-Jours, au cours desquels il vote l'Acte additionnel, il est exilé comme régicide en 1816.

Notes et références

  1. François Xavier Lanthenas, Écrits et discours composés pour la Convention nationale (1793) p. 33, « Et toi, Vadier, toi que les malins nomment le grand inquisiteur sous la tyrannie de Robespierre »[1]
  2. Grézaud 1972, p. 424.
  3. Albert (1855-1909) Auteur du texte Tournier et Marc-Guillaume-Alexis (1736-1828) Auteur du texte Vadier, Vadier, président du Comité de sûreté générale sous la Terreur d'après des documents inédits / Albert Tournier ; préface de Jules Claretie,..., E. Flammarion, (lire en ligne)
  4. AN,F/7/4435/II,7
  5. les papiers de l'affaire Darmaing: AN, F/7/1,II, 34-46 et W/560/7
  6. Rouzet-Folmont, Histoire du duc d'Orléans, vol.IV, p. 325.
  7. Jean-Baptiste Legoff, « Dénoncer les conventionnels pendant la Terreur et la Réaction thermidorienne : des logiques et pratiques entre local et national », Annales historiques de la Révolution française, no 372,‎ , p. 81–104 (ISSN 0003-4436, DOI 10.4000/ahrf.12779, lire en ligne)
  8. Roger Caratini, Dictionnaire des personnages de la Révolution

Annexes

Sources imprimées

  • Émile Campardon, Le Tribunal révolutionnaire de Paris : ouvrage composé d'après les documents originaux conservés aux archives de l'Empire suivi de la liste complète des personnes qui ont comparu devant la Tribunal et enrichi d'une gravure et de Fac-simile, Vol. 1, Vol. 2, Paris, Plon, 1866. (lettres de Vadier à Fouquier-Tinville)
  • Philarète Chasles, Mémoires, Vol. 1, Paris, G. Charpentier, 1876, p. 46-51.
  • Albert Mathiez, « Le rôle de Barère et de Vadier au 9 thermidor jugé par Buonarroti », Annales révolutionnaires, t. 4, no 1,‎ , p. 96-102 (lire en ligne).

Bibliographie

  • Gilles Dussert, Vadier, le grand inquisiteur (1736-1828), Paris, Imprimerie nationale, coll. « Personnages » (no 7), , 274 p. (ISBN 2-11-080951-5, lire en ligne).
  • Suzanne Grézaud, « Vadier à Montaut (Ariège) en 1793 », Annales historiques de la Révolution française, no 217,‎ , p. 420-425 (lire en ligne).
  • (en) Martyn Lyons, « M.-G.-A.- Vadier (1736-1828) : The Formation of the Jacobin Mentality », French Historical Studies, vol. 10, no 1,‎ , p. 74-100 (lire en ligne).
  • Albert Tournier, Vadier, président du Comité de sûreté générale sous la Terreur d'après des documents inédits, Paris, Ernest Flammarion, , 348 p. (lire en ligne).
  • « Marc-Guillaume-Alexis Vadier », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]

Fiction

  • La liberté ou la mort (1988), spectacle de Robert Hossein. Vadier est interprété par Paul Le Person.

Liens externes

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  • « Marc-Guillaume-Alexis Vadier », sur Sycomore, base de données des députés de l'Assemblée nationale