Marc-Antoine Charpentier

Marc-Antoine Charpentier
Description de l'image MA Charpentier II.jpg.
Naissance 1643
Île-de-France, Royaume de France Royaume de France
Décès (à 61 ans)
Paris, Royaume de France Royaume de France
Activité principale Compositeur
Style Musique baroque
Maîtres Giacomo Carissimi

Œuvres principales

Te Deum, Circé , Andromède

Marc-Antoine Charpentier, né en Île-de-France[1] en 1643 et mort à Paris le , est un compositeur et chanteur baroque français.

Biographie

Plaque trouvée sur l'hôtel de Clisson à Paris.

Il se rend en Italie (selon une légende, pour faire des études d'architecture), mais il tombe sous l'influence du compositeur Giacomo Carissimi. Il restera marqué par le style italien et sera le seul avec Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville en France à aborder l'oratorio[2].

En 1672, Jean-Baptiste Lully obtient un privilège qui fait défense à toutes personnes « de faire chanter aucune pièce entière en France, soit en vers françois ou autres langues, sans la permission par écrit dudit sieur Lully, à peine de dix mille livres d'amende, et de confiscation des théâtres, machines, décorations, habits…[3]. » Molière, qui avait collaboré avec Lully durant les huit années précédentes, doit trouver d'urgence un nouveau compositeur pour effectuer les intermèdes musicaux de ses comédies-ballets. Après avoir obtenu du roi un adoucissement du monopole de Lully, il s'adresse à Charpentier pour composer la musique des entractes de Circé et d'Andromède, ainsi que des scènes chantées pour les reprises du Mariage forcé, et enfin les pièces musicales du Malade imaginaire, qui occupent environ une heure du spectacle[4].

À la mort de Lully, en 1687, les compositeurs français peuvent enfin composer des opéras. En 1693-1694, Charpentier compose alors Médée, sur un poème de Thomas Corneille. C'est un échec, qui sera déterminant dans sa carrière de compositeur : il se consacrera désormais à la musique religieuse.

À la mort de Mademoiselle de Guise en 1688, Charpentier fut employé par les jésuites dans leurs établissements parisiens. Il devient maître de musique du collège Louis-le-Grand, puis de l'église Saint-Louis, rue Saint-Antoine, près de la Bastille C'est à cette époque qu'il composa la majeure partie de son œuvre sacrée.

En 1698, Charpentier fut nommé maître de musique des enfants de la Sainte-Chapelle du Palais.

Sa musique est issue d'un mélange des styles français et italien, auxquels elle emprunte de nombreux éléments.

Il a composé des œuvres sacrées telles que des oratorios, des messes, des psaumes, des magnificats. Il a également composé plusieurs opéras, des sonates, préludes pour orchestre, des noëls instrumentaux.

Sa sœur, Madame Jean Edouard, habitait rue Saint-André-des-Arts. Elle était paroissienne du père Mathieu, curé de l'Église Saint-André-des-Arts, italianiste qui donnait des concerts chez lui toutes les semaines, auxquels Marc-Antoine Charpentier participait volontiers[5].

Marc-Antoine Charpentier fut presque complètement oublié jusqu'à ce qu'en 1953 il soit révélé par son Te Deum, dont l'ouverture orchestrale sert d'indicatif à l'Eurovision [écouter en ligne].

C'est à Carl de Nys que l'on doit la redécouverte de ce Te Deum, qui devint également l'hymne du Tournoi des Six Nations. La firme naissante Erato avait accepté d'en assurer l'enregistrement.

À partir des années 1950, l'œuvre de Charpentier fut ainsi ressuscitée par Claude Crussard, Guy Lambert, Louis Martini et Jean-François Paillard. Dans les années 1970, Michel Corboz puis Jean-Claude Malgoire assurèrent à leur tour de nombreux enregistrements. Aujourd'hui, la moitié de son œuvre environ a été enregistrée. Catherine Cessac est, de nos jours, illustrée par ses meilleures études concernant ce compositeur, avec la collaboration du Centre de musique baroque de Versailles. En 2005, ils sortirent un DVD Marc-Antoine Charpentier, un Automne musical à Versailles (Armide classics) pour célébrer le tricentenaire de sa mort. Le ministère de la culture et de la communication consacre un site commémoratif à Charpentier[6].

L'œuvre complète de Charpentier comprend 28 volumes autographes, soit plus de 500 pièces qu'il a pris soin de classer lui-même. Cette collection, appelée Mélanges, est l'un des plus beaux ensembles de manuscrits autographes musicaux de tous les temps. À sa mort, ses neveux Jacques Édouard et Jacques-François Mathas en héritèrent. En 1727, Jacques-Édouard vendit l'ensemble des manuscrits à la Bibliothèque Royale.

La collection complète des œuvres de Marc-Antoine Charpentier a donc intégré le fonds de la Bibliothèque nationale de France.

L'édition critique de l'œuvre de Marc-Antoine Charpentier est actuellement en cours de publication au Centre de musique baroque de Versailles, collection « Monumentales ».

Marc-Antoine Charpentier est actuellement le compositeur baroque français le plus présent en disque et au concert [réf. nécessaire].

Œuvres

Opéras

Pastorales

  • Les Plaisirs de Versailles (1680)
  • Actéon, H. 481 (1684)
  • La Couronne de fleurs, H. 486 (1685)
  • La Fête de Ruel, H. 485 (1685)
  • Il faut rire et chanter : la dispute des bergers (1685)
  • Le Retour du printemps
  • Cupido perfido dentral mio cor
  • Petite pastorale (Églogue) de bergers
  • Amor vince ogni cosa

Musique de scène

(à ne pas confondre avec la tragédie en musique)

  • Circé (1675)
  • Andromède (1682)

Comédies

  • Idylle sur le retour de la santé du roi (1686-1687)
  • Les Amours de Vénus et d'Adonis (1670)
  • Le Médecin malgré lui (1672)
  • Le Fâcheux (1672)
  • L'Inconnu (1675)

Comédies-ballets pour Molière

Interludes

  • Le Triomphe des dames (1676)
  • La Pierre philosophale (1681)
  • Endymion (1681)

Pièces instrumentales

  • Noëls pour les instruments, H.531
  • Noëls sur les instruments, H.534
  • Préludes et Ouvertures
  • Sonate, H.548
  • Concert pour quatre parties de violes, H.545
  • Messe pour plusieurs instruments au lieu des orgues, H.513

Musique religieuse

  • Te Deum[7], H. 146 (1692)
  • Quatre Miserere
    • Miserere, H.219
  • Dix Magnificat
  • Pour le sacrement
  • Pour le saint sacrement au reposoir, H.346
  • Pour la seconde fois que le saint sacrement vient au même reposoir, H.372
  • Hymnes
  • Proses
  • Onze messes :
    • Messe, H.1
    • Messe pour les Trépassés, H.2
    • Messe à 8 voix et 8 violons et flûtes, H.3
    • Messe à quatre chœurs, H.4
    • Messe pour le Port Royal, H.5
    • Messe de Monsieur de Mauroy, H.6
    • Messe des morts à quatre voix, H. 7-7a
    • Messe pour le samedi de Pâques, H.8
    • Messe de Minuit pour Noël, H.9
    • Messe des morts à 4 voix et symphonie, H.10
    • Missa assumpta est Maria, H.11 (1702)
  • Motets
  • Oratorios
    • Caecilia, Virgo et Martyr, H.413
    • Filius prodigus, H.399
    • Judicium Salomonis, H.422
    • Le Reniement de St Pierre, H.424
  • Vêpres
    • Vêpres pour Saint-Louis
    • Vêpres solennelles
  • Psaumes
  • Leçons des Ténèbres
  • Les neuf repons pour le mercredi saint, H.111-119

Catalogue complet

  • Hugh Wiley Hitchcock a dressé un catalogue thématique de l'œuvre de Marc-Antoine Charpentier (H. Wiley Hitchcock, Les Œuvres de Marc-Antoine Charpentier : Catalogue raisonné, Paris, Picard 1982). Les références dans ce catalogue sont préfixées par la lettre H (comme le montre la liste ci-dessus).
  • Selon ce catalogue de Hitchcock, Éditions Minkoff publia les œuvres de Charpentier en fac-similé (Meslanges autographes, 28 tomes, Minkoff France, Paris 1990-2004).
  • Catalogue complet des éditions modernes par Catherine Cessac, d'après du catalogue de Hitchcock : [1].

Discographie

Le premier disque consacré à Charpentier en France a été le Te Deum, enregistré en janvier 1953 par André Charlin à la demande de Philippe Loury qui créa à cette occasion le label Erato. Ce disque, premier 33 tours réalisé en France était dirigé par Louis Martini.

Dix ans plus tard, Jean-François Paillard signa une version qui reçut le grand prix du disque, où participaient des instrumentistes de pointures internationales : Maurice André, Marie-Claire Alain le tromboniste Maurice Suzan et le percussionniste Jacques Rémy. Ce disque a été écoulé en plus de 200 000 exemplaires.

Plus tard, de nombreuses versions ont vu le jour accompagnant d'autres œuvres de Charpentier :

  • Médée, Les Arts florissants, William Christie, Harmonia Mundi, 1984
  • David et Jonathas, Les Arts florissants, William Christie, Harmonia Mundi, 1988
  • Actéon, opéra de chasse, Intermède pour Le Mariage forcé, Les Arts Florissants, William Christie, Harmonia Mundi, 1982
  • Antiennes « O » de l'Avent, Les Arts florissants, William Christie, Harmonia Mundi, 1993
  • Les Plaisirs de Versailles, Les Arts florissants, William Christie, Erato
  • Leçons de Ténèbres, Office du Mercredi Saint, Il Seminario Musicale, Gérard Lesne
  • Leçons de Ténèbres, Office du Vendredi Saint, Il Seminario Musicale, Gérard Lesne
  • Leçons de Ténèbres et méditations, Le Concert Spirituel, Hervé Niquet, Glossa
  • Méditations pour le Carême, Ensemble Pierre Robert, Frédéric Desenclos, Alpha
  • Vêpres pour Saint-Louis, Les Pages et les Chantres, Centre de musique baroque de Versailles, Olivier Schneebeli
  • Le Jugement de Salomon, Les Arts florissants, William Christie, Virgin classics
  • Vêpres à la Vierge, Le Concert Spirituel, Hervé Niquet, Naxos
  • La descente d'Orphée aux Enfers, Les Arts florissants, William Christie, Erato,
  • Leçons du Mercredi Sainct, Concerto vocale, Harmonia Mundi
  • Grands motets à double chœur, Les Pages et les Chantres du Centreb de Musique Baroque de Versailles, Olivier Schneebeli, Harmonia mundi
  • Motets pour le Grand Dauphin, Ensemble Pierre Robert, Frédéric Desenclos, Alpha 138
  • Missa assumpta est Maria, Le Concert Spirituel, Hervé Niquet, Glossa
  • Messe pour le Port Royal, Les demoiselles de Saint-Cyr, Michel Chapuis, Astrée,
  • Messe pour le Port Royal, Ensemble Arianna, Marie-Paule Nounou, Arion, 2005
  • Te Deum ; Messe de Minuit ; Nuit, Les Musiciens du Louvre, Marc Minkowski, Archiv Produktion, Octobre 1997
  • Te Deum, Le Parlement de musique, Maîtrise de Bretagne, 2000
  • Tristes Deserts : H 445, 448, 450, 455, 456, 461, 463, 466, 467, 469, 470, 471, 474, G. Lesne, Il Seminario musicale, Zig Zag Territoires, 2006
  • Beata est Maria, motets à trois voix d'hommes, Les Passions, Jean-Marc Andrieu, 2011
  • Messe pour les trépassés à huit voix réparties en deux chœurs, Chœur symphonique et Orchestre de la Fondation Gulbenkian, Michel Corboz, Erato, 1994
  • Messe à quatre chœurs, La Grande Écurie et la Chambre du Roy, Jean-Claude Malgoire, Erato, 1991.
  • Neuf leçons de Ténèbres - Howard Crook, Luc De Meulenaere, haute-contres ; Jan Caals, Harry Ruyl, ténors ; Michel Verschaeve, basse taille ; Kurt Widmer, basse ; Musica Polyphonica, dir. Louis Devos (1984, Erato NUM 75215) (OCLC 15656400)
  • Te Deum, Musica Polyphonica, Louis Devos, Erato, 1984
  • Deux messes des morts, Musica Polyphonica, Erato, 1980
  • Médée (extraits), Nadia Boulanger, 1953, réédition Istituto Discografico italiano

Notes et références

  1. « Marc-Antoine Charpentier est né en 1643, dans le "diocèse de Paris", ce qui correspond à la région de l'actuelle Île-de-France […] ». Biographie sur le site du ministère français de la Culture.
  2. Diapason - octobre 2004
  3. Despois-Mesnard, t.9, p. 211.
  4. Mazouer 1989, p. 146-148.
  5. Catherine Cessac, Marc-Antoine Charpentier, un musicien retrouvé, Ed Mardaga, 2005, P. 86/414. PP.
  6. http://www.culture.gouv.fr/culture/celebrations/charpentier/fr/index2.htm
  7. Les huit premières mesures du prélude ont servi au générique de l'Eurovision, mais aussi d'indicatif aux États-Unis à une émission télévisée Masterpiece Theatre

Bibliographie

  • Catherine Cessac (1952-), Marc-Antoine Charpentier, Bibliothèque des grands musiciens, Fayard, 1988, réédité en 1998 et 2004, 630 p., (ISBN 2-213-02136-8)
  • Catherine Cessac (1952-), éd., Les manuscrits autographes de Marc-Antoine Charpentier, Wavre, Mardaga, 2007, 312 pages
  • Catherine Cessac (1952-), éd., Marc-Antoine Charpentier, un musicien retrouvé, Sprimont, Mardaga, 2005, 414 pages
  • Claude Crussard (-1946), Un musicien français oublié, Marc-Antoine Charpentier, 1634-1704, Paris, Librairie Floury, 1945
  • Robert W. Lowe, Marc Antoine Charpentier et l'opéra de collège, G.-P. Maisonneuve et Larose, 1966, 195 pages
  • Patricia M. Ranum, Portraits around Marc-Antoine Charpentier, Baltimore, The Author, 2004, 640 pages
  • Charles Mazouer, « Molière et Marc-Antoine Charpentier », Cahiers de l'Association internationale des études françaises, no 41,‎ , pages 146, 147 et 148 (lire en ligne).

Liens externes