Maison de Habsbourg-Lorraine

Les petites armes des Habsbourg-Lorraine : un tiercé en pal de Habsbourg, Autriche et Lorraine.

Seule branche légitime actuellement subsistante de la Maison de Lorraine, les membres (issus des anciens comtes de Salm) de la maison impériale et royale de Habsbourg-Lorraine sont issus du mariage du duc François III, duc de Lorraine et de Bar (1708-1765), et de Marie-Thérèse de Habsbourg (1717-1780), « roi » de Hongrie et de Bohême et archiduchesse souveraine d'Autriche en 1736.

Les membres de cette branche, héritant des possessions patrimoniales des Habsbourg et de leur vocation à l'Empire, mais descendant en ligne mâle de la maison de Lorraine, accolèrent les deux noms. Ainsi, à l'ouverture de son procès, la reine de France Marie-Antoinette se présenta comme "Marie-Antoinette de Lorraine d'Autriche"

La plupart des comtes de Salm ont été inhumés à l'abbaye de Salival, ce qui est par exemple le cas de Jean IX dont Christine de Salm (petite fille de Jean VIII, lui aussi enterré à Salival) héritera de la fortune.

Christine de Salm, mariée le 15 avril 1597 à François II de Lorraine (1572-1632), comte de Vaudémont, fils de Charles III duc de Lorraine, descendant de Gérard d’Alsace ou Gérard 1er de Lorraine (1030-1070) comte royal qui fit construire le Château de Prény (XI-XVIIe siècle, ruines actuelles sur Dieulouard) ainsi qu’une petite cité en position centrale du Duché : Nanceio ou Nancy.

Ils ont six enfants, dont Marguerite ( 1615-1672) mariée à Gaston de France (1608-1660) duc d’Orléans et frère du Roi de France Louis XIII, et Nicolas François (1609-1670), père de Charles V de Lorraine (1643-1690), lui-même grand-père de François III de Lorraine (1708-1765), duc de Lorraine et de Bar, qui épousa en 1736 Marie-Thérèse de Habsbourg, fille aînée de l’empereur germanique Charles VI.

François III de Lorraine devient Empereur François 1er du Saint Empire romain germanique (1745-1765), descendant du dernier empereur d’Autriche-Hongrie. Il est l’aïeul de tous les princes qui régnèrent sur l’Autriche et la Hongrie jusqu’en 1918. Seize enfants vont naître de leur union dont Marie-Antoinette, future reine de France, mariée à Louis XVI.

Christine de Salm décèdera en 1627, et dans la chapelle des ducs de Lorraine, à Nancy il est écrit : « Christine de Salm , issue des premiers rois de France ».

Histoire de la Dynastie

Domaines des Habsbourg-Lorraine

Cette branche régna sur :

et donna des épouses aux souverains Européens : France, Deux-Siciles, Espagne, Portugal, Belgique, Brésil, Parme, Sardaigne, Bavière, Saxe, Liechtenstein.

La famille impériale (Hain, 1760)

François III, duc de Lorraine et de Bar (1708-1765) succéda à son père le duc Léopold Ier en 1729. Il résidait à la cour d'Autriche où ses parents l'avaient envoyé à 15 ans terminer son éducation (dans le secret espoir de le voir devenir l'époux de l'archiduchesse héritière Marie-Thérèse d'Autriche (1717-1780). La politique rejoignait les sentiments car la jeune princesse tomba amoureuse du jeune homme et ne voulut épouser que lui. La France s'opposa au projet : déjà frontalière des Pays-Bas autrichiens, le gouvernement du roi Louis XV ne voyait pas sans inquiétude la Lorraine et le Barrois entrer dans le giron de l'ennemi héréditaire Habsbourg. La Guerre de succession de Pologne mit fin diplomatiquement au désaccord : Le roi de France consentait au mariage si le duc de Lorraine échangeait ses possessions contre la Toscane dont le grand-duc cacochyme n'avait pas d'héritier. Les duchés étaient cédés à titre viager au beau-père du roi de France, (roi de Pologne déchu qui fît office de souverain fantoche soumis à la France). À la mort de ce roi septuagénaire, Lorraine et Barrois deviendraient Français. François III, après avoir longtemps refusé, finit par s'incliner au début de 1736. S'il renonce à ses terres, François III en conserve les titres de duc de Lorraine et de Bar qu'il transmit à ses descendants. L'archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine, fils aîné du dernier empereur, racontait qu'avant de mourir prématurément son père l'ex-empereur et roi Charles Ier d'Autriche lui aurait dit : « N'oubliez pas la Lorraine ».

Fin de la domination de la maison de Habsbourg-Lorraine en Europe

En 1806, le bouleversement des États germaniques par Napoléon Ier signa la disparition du Saint-Empire romain germanique. Cependant, en prévision de la perte de son titre d'empereur des Romains, François II se déclara lui-même empereur héréditaire d'Autriche en 1804, juste après que Bonaparte se fut déclaré « empereur des Français ».

Nostalgique de la gloire passée, l'ex-François II utilisa un titre officiel développé :

« Nous, François le premier, par la grâce de Dieu, empereur d'Autriche ; roi de Jérusalem, Hongrie, Bohême, Dalmatie, Croatie, Slavonie, Galicie, et Lodomirie ; archiduc d'Autriche ; duc de Lorraine, Salzbourg, Wurtzbourg, Franconie, Styrie, Carinthie, et Carniole ; grand-duc de Cracovie; prince de Transylvanie ; margrave de Moravie ; duc de Sandomir, Masovie, Lublin, haute et basse Silésie, Auschwitz et Zator, Teschen, et Frioul ; prince de Berchtesgaden et Mergentheim ; prince-comte de Habsbourg, Gorizie et Gradisce, et de Tyrol ; et margrave des haute et basse Lusace et d'Istrie ». Son titre d'usage resta néanmoins celui d'« empereur d'Autriche ».

En 1867 une autonomie effective fut octroyée à la Hongrie à l'intérieur de l'empire d'Autriche sous les termes du « compromis » Ausgleich (voir Autriche-Hongrie). Le titre du chef d'État devint alors « empereur d'Autriche et roi de Hongrie », bien que l'on parle aussi d'« empereur d'Autriche-Hongrie ».

En 1918, Charles Ier, dernier souverain renonça à l'exercice du pouvoir, sans toutefois abdiquer. Il fut contraint à l'exil en 1919. Les membres de la maison de Habsbourg-Lorraine qui refusèrent de prêter serment à la nouvelle république autrichienne furent également contraints à l'exil et leurs biens furent confisqués. La loi d'exil s'applique toujours aux descendants de l'empereur Charles dans les mêmes conditions. L'archiduc Rodolphe intenta un procès contre l'État autrichien qu'il gagna au motif que la loi ne pouvait s'appliquer à lui, né en exil. Cette loi avait été abrogée par le chancelier Dollfuss en 1936. Elle fut remise en vigueur par le Gouvernement autrichien en 1945. Othon d'Autriche, chef de Maison, député européen, signa pour sa part l'acte de reconnaissance de la république autrichienne. Il y est connu comme Dr Otto Habsbourg-Lorraine, la République autrichienne ne reconnaissant pas officiellement les titres de noblesse.

La maison de Habsbourg-Lorraine de nos jours

Si l'aîné des descendants de l'empereur François Ier et de l'impératrice Marie-Thérèse, Georg, duc de Hohenberg, n'est pas un membre de la Maison de Habsbourg-Lorraine, le chef de la Maison est l'archiduc Charles d'Autriche (né en 1961), fils de l'archiduc Otto d'Autriche (1912-2011), lui-même fils aîné du dernier empereur d'Autriche, Charles Ier. Seul, l'archiduc Charles a le droit de porter le titre de "duc de Lorraine et de Bar". Son père, l'archiduc Othon, se faisait appeler duc de Bar.

C'est à Nancy que, le 10 mai 1951, l'archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine fait bénir son mariage avec la princesse Regina de Saxe-Meiningen (1925-2010). Cinquante ans plus tard, lorsqu'il revint fêter ses noces d'or en l'église des Cordeliers avec toute sa famille, le descendant du duc François III déclara : « Je suis venu à Nancy parce que je suis Lorrain ». L'archiduc apporta son plus ferme soutien au chantier de restauration qui suivit l'incendie dont fut victime la Château de Lunéville, le "Versailles Lorrain", en 2003. Une relique de l'empereur Charles Ier, béatifié en 2004, a été déposée en l'église Saint-Epvre.

Le 29 décembre 2012, après une cérémonie d'hommage à ses ancêtres ducs de Lorraine et de Bar, en la chapelle des Cordeliers, l'arrière petit-fils de l'archiduc Otto, l'archiduc Christoph de Habsbourg-Lorraine épouse Mademoiselle Adelaïde Drapé-Frisch en la basilique Saint-Epvre de Nancy (qui lors de sa construction avait bénéficié des dons de l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche et de son épouse, la fameuse "Sissi") marquant la fidélité des descendants de François III à leur patrie d'origine.

Georg de Hohenberg, né en 1929 d'un mariage morganatique) est issu d'une branche morganatique de la maison de Habsbourg-Lorraine, tout comme les comtes de Méran (issus du mariage morganatique de l'archiduc Jean, frère de l'empereur François II avec la fille d'un maître de postes). Toutefois les effets conjugués de la Pragmatique Sanction (1713) et la renonciation par l’archiduc François-Ferdinand pour ses héritiers à leur qualité de membres dynastes de la maison de Habsbourg-Lorraine, en application du statut de sa Maison (1900), exclut les membres de la famille Hohenberg de tout droit aux titres et honneurs de la maison d'Autriche.

Souverains issus de la branche de Habsbourg-Lorraine

Empereurs du Saint-Empire romain germanique
Empereurs d'Autriche, rois de Hongrie et de Bohême
Empereur du Mexique
Grand-ducs de Toscane
Ducs souverains de Modène, branche dite d'Autriche-Este
Duchesses de Parme
Impératrice du Brésil
Reine de Portugal
Reine et régente d'Espagne
Reine des Belges
Reine de France
Impératrice des Français et reine d'Italie
Reines de Naples et de Sicile
Reines de Sardaigne
Électrice de Bavière et du Palatinat Rhénan
Reine de Bavière
Reines de Saxe

Arbre des héritiers du titre impérial

Monarchie HabsbourgLorraine.PNG

Notes et références

Bibliographie

  • C. A. Macartney, The Habsburg Empire, 1790–1918, Faber & Faber, 2014, 900 pages. (ISBN 0571306292)
  • Jean Bérenger, Histoire de l'empire des Habsbourg, 1273–1918, Fayard, 1990, 810 pages. (ISBN 978-2-213-02297-0)