Madam C.J. Walker

Madam C.J. Walker
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Madam C.J. Walker au début du XXe siècle.
Nom de naissance Sarah Breedlove
Naissance
Delta, paroisse de Madison, Louisiane
Décès (à 51 ans)
Irvington, New York
Nationalité américaine
Profession
Distinctions
Descendants

Madam C.J. Walker, née Sarah Breedlove le dans la paroisse de Madison en Louisiane et morte le à Irvington dans l'État de New York, est une femme d'affaires afro-américaine. Elle est la première femme Américaine à devenir millionnaire par elle-même[1].

Biographie

Jeunesse

Sarah Breedlove nait le 23 décembre 1867 à Delta[2], un village de la paroisse de Madison. Ses parents, Owen et Minerva Anderson, étaient d'anciens esclaves travaillant dans les champs de coton. Sarah a une sœur aînée, Louvenia, et quatre frères, Alexander, James, Solomon, et Owen Jr ; elle est le premier enfant de la famille né après la proclamation d'émancipation[3] . Elle a sept ans quand sa mère meurt, dix ans quand son père décède à son tour. Orpheline, elle commence alors à travailler comme servante domestique à Vicksburg, Mississippi, avec sa sœur aînée et le mari de cette dernière, Jesse Powell[4],[5].

À l'âge de quatorze ans, elle épouse un ouvrier, Moses McWilliams et donne naissance à seize ans à une fille, A'Lelia[4]. Quatre ans plus tard, son mari meurt, la laissant seule pour subvenir aux besoins de sa fille. Elle remonte alors le Mississippi et s'établit à Saint-Louis, Missouri, où elle exerce le métier de blanchisseuse et suit des cours du soir[5]. Elle y rejoint ses frères Alexander, James et Solomon, devenus barbiers[6]. Elle fréquente l'église méthodiste St. Paul, ce qui lui permet de côtoyer les membres de la bourgeoisie noire locale[7],[8],[9].

Carrière professionnelle

En 1888, Sarah Breedlove travaille comme blanchisseuse, gagnant moins d'un dollar par jour[10].

Elle devient ensuite vendeuse pour Annie Malone, créatrice de produits cosmétiques, avant de lancer sa propre ligne de produits.

Elle fait fortune grâce à sa société, Madam C.J. Walker Manufacturing Company, spécialisée dans les produits cosmétiques et capillaires. En tant que femme afro-américaine, elle fait figure à double titre de pionnière dans le secteur de la grande industrie américaine, qui était à son époque sous le contrôle quasi-exclusif des Blancs de sexe masculin[11].

Engagements

C.J. Walker s'implique, en parallèle de son activité commerciale, dans la défense des droits des femmes et des Afro-Américains. Elle participe notamment au financement de plusieurs associations comme la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) dont elle finance à hauteur de 5 000 dollars une campagne contre le lynchage. En 1918, elle est élue vice-présidente de la National Equal Rights League , fondée par William Monroe Trotter. Elle est une figure symbolique de l'afro-féminisme.

Hommages

Madam C.J. Walker est inscrite au National Women's Hall of Fame.

Un timbre à son effigie est émis en 1998 par le United States Postal Service (USPS). Il fait partie d'une série consacrée à l'histoire des Afro-Américains[12].

En 2020, une série produite par Netflix lui est consacrée sous le titre Self Made: Inspired by the life of Madam C. J. Walker.

Famille

Les parents de Madam C.J. Walker, Owen et Minerva Breedlove, nés aux alentours de 1828, sont esclaves et travaillent sur la propriété d'un riche planteur, Robert W. Burney. Ils ont quatre autres enfants avant sa naissance[3].

Sa fille Lelia, née en 1885 de son premier mariage, est plus connue sous le nom de A'Lelia Walker[14].

Bibliographie

  • (en) A'Lelia Bundles, On Her Own Ground : The Life and Times of Madam C.J. Walker, Simon & Schuster, , 416 p. (ISBN 978-0-7432-1570-1, lire en ligne).

Notes et références

  1. (en-GB) « First self-made millionairess », sur Guinness World Records (consulté le 20 mars 2020)
  2. (en) « Madam C.J. Walker | Biography, Company, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 6 septembre 2019)
  3. a et b A'Lelia Bundles, p. 25-26
  4. a et b (en) John N. Ingham, « Biographie de Madam C.J. Walker », American National Biography, .
  5. a et b (en) Anne Commire et Deborah Klezmer, Dictionary of Women Worldwide : 25,000 Women Through the Ages, Thomson Gale, , 2572 p. (ISBN 0-7876-7585-7, lire en ligne), p. 1951-1952.
  6. A'Lelia Bundles, p. 44
  7. A'Lelia Bundles, p. 46, 49
  8. Tristan Gaston-Breton, « C.J. Walker », Les Échos, .
  9. « C.J. Walker - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 1er avril 2018)
  10. (en) A’Lelia Bundles, « Madam C.J. Walker BUSINESS SAVVY TO PHILANTHROPY », E-Journal USA,‎ , p. 3-5 (lire en ligne)
  11. Nicole Bacharan, Les Noirs américains, Éditions Perrin, 2010, p. 317.
  12. (en) Anne C Fullam, « New Stamp Honors Mme. C. J. Walker », The New York Times, .
  13. (en) Cary D. Wintz et Paul Finkelman, Encyclopedia of the Harlem Renaissance : K-Y, vol. 2, Taylor and Francis, , 1341 p. (ISBN 978-1-57958-458-0, lire en ligne), p. 1223-1224.

Liens externes