Machette

Machette.
Sabre d'abattis, Madagascar fin XIXe MHNT.

Une machette est une sorte de long couteau à manche court et à lame épaisse, longue de plus ou moins 40 cm. Elle est conçue comme outil de coupe de végétation, mais peut aussi servir d'arme : un sabre, une arme de taille seulement, mais également d'estoc si elle est pointue. Le terme « sabre d'abattis » était fréquent du XIXe au début du XXe siècle.

Dans certains endroits comme le Sénégal ou la Martinique, la machette est indifféremment appelée « coupe-coupe » ou « coutelas », tandis qu'en Nouvelle-Calédonie on la nomme « sabre d'abattis » et à l'île de La Réunion « sabre à canne », mais plus souvent et plus simplement « sabre » (« sab' » en créole)[1].

Utilisation

Outil de coupe

Différentes formes de machette.

Elle sert généralement à se frayer un chemin dans les régions à végétation dense, à couper la canne à sucre, à entretenir les jardins et plantations, à ouvrir des fruits à coque durs comme la noix de coco, à tailler les feuilles de palmier, mais aussi dans la voiture pour dégager la route (chutes de branchages par les intempéries), etc. On peut aussi l'utiliser pour couper des branches ou des troncs de diamètre modéré, mais une serpe ou une hachette seront plus adaptées pour ce travail.

En tant qu'outil agricole et de jardinage elle est vendue (non aiguisée) dans de nombreux points de vente (quincailleries essentiellement) des pays utilisateurs. La taille des lames va de 10 à 28 pouces, soit 25 cm à 71 cm.

Arme

Elle est aussi utilisée comme une arme, par exemple lors du génocide au Rwanda, dont elle devint le symbole. Étant très répandue, elle est aussi l'arme de prédilection de nombreux faits divers[1].

Dénominations

Selon leurs formes et origines géographiques, les machettes peuvent prendre divers noms, tels que kukri (Népal), barong (Philippines), bolo (Asie du Sud-Est et Océanie), panga (Afrique), coupe-coupe (Afrique francophone), parang (Malaisie) ou golok (Indonésie), latin machette (Brésil, Équateur, Salvador)…

Fabrication

La lame est faite d'un acier au carbone (pas inoxydable), elle a une certaine souplesse pour être pratiquement incassable en utilisation normale. En cas de chocs sur des pierres ou des métaux (clous) seul le tranchant sera endommagé, ce qui sera rectifié par un aiguisage poussé.

Le manche est riveté sur la semelle de la lame pour plus de solidité (assemblage en « plate semelle »). Le manche a une empreinte pour une seule main. Il est généralement fabriqué en bois mais également en plastique, qui doit être épais voire plein pour éviter la casse en utilisation, ce qui arrive sur des modèles bas de gamme avec un plastique trop fin.

Par mesure de sécurité, les machettes sont vendues non aiguisées et doivent l'être exclusivement à froid, avec une lime tiers-point, de façon assez poussée, avant la première utilisation (mise en forme du tranchant) et plus légèrement de façon régulière pour compenser l'usure.

Les principaux fabricants de qualité à prix abordable[2] sont Tramontina, fabriqué au Brésil depuis 1911, Ralph Martindale au Royaume-Uni, Marble's / Imacasa au Salvador et Bellota en Colombie.

Culture populaire

Cinéma
  • Dans Machete de Robert Rodriguez (2010), la machette est l'arme de prédilection du héros, qui se nomme également Machete.
  • Dans A Serbian Film (2010), une femme est tuée à coups de machette lors d'un viol.
Anime
Jeu vidéo
  • Dans Resident Evil 5 (2009), Chris Redfield est armé d'une machette comme arme secondaire.
  • Dans Left 4 Dead 2 (2009), la machette est une des armes au corps à corps les plus efficaces, du fait de sa maniabilité et de son grand pouvoir de tranchage.
  • Dans League of Legends (2009), la machette est un objet de premier niveau utilisé par les chasseurs (Junglers).
  • Dans Dead Island (2011), la machette apparaît sous différentes formes (militaire, civile, etc) : c'est une arme particulièrement efficaces contre les zombies (surtout améliorée).

Notes et références

  1. a et b La Réunion victime de son «sabre», Laurent Decloitre, Libération, 1er novembre 2007.
  2. entre 7€ et 16€ selon les modèles (tarif constaté en Guadeloupe en 2014)

Annexes