Météosat troisième génération

Météosat troisième génération
Données générales
Organisation Eumetsat
Domaine Météorologie
Identifiant COSPAR [1]

Caractéristiques techniques
Orbite
Localisation Prévu pour Orbite géostationnaire

En 2009, après des études préliminaires, l'ESA, agissant pour le compte d'Eumetsat, lance l'appel d'offres pour une troisième génération des satellites Météosat : Météosat troisième génération (MTG).

Le concept évolue fortement par rapport aux deux générations précédentes, puisque deux types de satellites seront mis en œuvre (un imageur et un sondeur), tous deux stabilisés trois-axes (alors que les deux générations précédentes étaient spinnés) avec une très grande précision de pointage[1]. L'augmentation du temps d'observation de 5 à 100 % par rapport à la solution de stabilisation par rotation est indispensable pour satisfaire les besoins futurs, qui exigeront des gains en résolution spatiale, en cycle de répétition et en rapport signal sur bruit[2].

Historique

Le programme Météosat troisième génération démarre en 2002[3].

Phase-A

Une pré-phase-A se déroule d'octobre 2004 à mars 2006 et la phase-A de janvier 2007 à novembre 2008. À la conférence ministérielle de l'ESA suivante, les contributions des États membres sont définies :

  • Allemagne et France : 31,01 %
  • Italie et Espagne : 11,86 %
  • Suède et Suisse : 3,19 %
  • Belgique : 2,58 %
  • Autriche : 2,28 %
  • Autres pays : 3,02 %

Phase-B

La phase B1, se déroulant de février à juillet 2009, organise le programme en quatre éléments :

La compétition industrielle est particulièrement rude[Note 1].

Phase B2/C/D

La phase B2/C/D s'étendra de novembre 2010, démarrant à cette époque par une autorisation de démarrage (ATP), jusqu'au premier lancement prévu pour la fin de 2017.

Compétition industrielle

Deux groupes d'industriels européens sont en compétition, menés par Thales Alenia Space, avec une maîtrise d'œuvre française et par EADS Astrium Satellites, avec une maîtrise d'œuvre allemande, le choix devant être fait avant la fin de l'année 2009.

Au début de 2010, le choix tarde à se faire, des intérêts politiques entrant en jeu dans une compétition franco-allemande[4].

Le 19 mars 2010, l'ESA annonce avoir choisi l'équipe menée par Thales Alenia Space pour entamer la négociation finale pour un contrat à signer courant juin[5],[6]. Un audit ultérieur, accepté par l'Allemagne, a renforcé la crédibilité de l'ESA en montrant l'impartialité totale de la procédure de l'appel d'offres[7].

Le 22 juin 2010, le conseil d'Eumetsat adopte la proposition de Thales Alenia Space ; une autorisation de démarrage (ATP)[3] est signée le 18 novembre 2010[8]. Le chef de projet Thales Alenia Space au Centre spatial de Cannes - Mandelieu est Alain Lamothe, après avoir été chef de projet Météosat seconde génération[3]. Comme pour les deux premières générations, la maîtrise d'œuvre ainsi qu'une part importante de réalisation, sont effectuées dans l'établissement de Cannes.

Comparaison des caractéristiques des 3 générations de satellites METEOSAT [10],[11],[12]
Caractéristique METEOSAT MSG MTG-I MTG-S
Statut Retirés Opérationnels en développement
Date lancement 1977-1997 2002-2015 2021- 2022-
Nombre satellites 7 4 4 2
Masse au lancement (à sec) 696 kg (320 kg) 2 040 kg 3 600 kg 3 800 kg
Énergie 200 W 600 W (fin de vie) kW
Contrôle d'attitude Spinné Stabilisé 3 axes
Principaux instruments Radiomètre MVIRI 3 canaux Radiomètre SEVIRI 12 canaux Radiomètre FCI 16 canaux Sondeurs infrarouge IRS et ultraviolet UVN
Performances Résolution 2,5 km à 5 km
Image complète de l'hémisphère toutes les 30 minutes
Résolution de 1 à 3 km de toute l'hémiphère avec un cycle de 15 min et capacité d'observations locales aussi rapide que 2.5 min. Résolution spatiale 0.5, 1 et 2 km.

Image complète de toute l'hémisphère en 10 min et image locale rapide en 2.5 min.

Résolution de 8 km
Durée de vie contractuelle 5 ans 7 ans (MSG-1 lancé en août 2002 est encore en fonction) 8,5 ans consommables pour 10,5 ans


Caractéristiques techniques

Charge utile

Imageur MTG-I

Le satellite imageur (MTG-I) comporte plus de canaux avec des résolutions spatiale, temporelle et radiométrique bien meilleures que celles de l'instrument de MSG. De plus, un imageur pour les éclairs mesurera en continu, dans la longueur d'onde 777,4 nm et avec une résolution spatiale descendant jusqu'à 4 km les impulsions optiques (éclairs) déclenchées par des décharges d'énergie ; l'information fournie aux utilisateurs sera l'heure, la position et l'intensité des impulsions optiques détectées. Quatre modèles seront commandés.

Sondeur MTG-S

Le sondeur (MTG-S) infrarouge, est un spectromètre de Fourier imageur dont la résolution spectrale est de 0,625 cm-1, travaillant dans deux bandes de l'infrarouge avec une résolution spatiale de 4 kilomètres. Il sera capable de fournir une image du disque complet dans l’infrarouge lointain avec 800 canaux spectraux et dans l’infrarouge moyen sur 920 canaux avec une répétition de cycle nominale de 60 minutes. La commande portera sur deux modèles. Le contrat, de plusieurs dizaines de millions d'euros pour la fabrication des détecteurs infrarouge MTC (Mercure Cadmium Tellure) est signé à la fin de 2011 avec Sofradir, le plus gros contrat de l'histoire de la société[13].

Le satellite MTG-S embarquera par ailleurs à son bord le système d’observation Sentinel-4 pour le programme GMES (Global Monitoring for Environment and Security); cette charge utile conférant aux satellites Meteosat une capacité nouvelle d’analyse de la chimie atmosphérique et d’identification des concentrations de gaz tels que l’ozone et le dioxyde d’azote. Pour la première fois, les satellites Meteosat ne se contenteront plus de fournir des images des systèmes météorologiques, mais ils réaliseront aussi une analyse « couche par couche » de l’atmosphère permettant d’obtenir davantage d’informations sur la complexité de sa composition chimique[14].

Plate-forme

En 2011, OHB-System a été choisie par Thales Alenia Space, maître d'œuvre du programme pour fournir les plates-formes des satellites, ainsi que la réalisation des deux sondeurs analysant la colonne d'atmosphère entre le satellite et la Terre, le tout pour un contrat de 750 M€[15].

Segment sol

Thales Alenia Space Deutschland GmbH est chargé du développement et la validation du simulateur d'exploitation (Satsim) ainsi que le PDG (Payload Data Generator) pour tous les satellites, à la suite d'un contrat de 4 M€ signé le 26 avril 2012[16].

Réalisation des satellites

Le contrat final pour la réalisation des satellites, représentant une valeur industrielle de plus de 1,26 milliard d’euros, est signé le 24 février 2012 entre Volker Liebig, directeur de l’ESA responsable des programmes d’Observation de la Terre et Reynald Seznec, Pdg de Thales Alenia Space[17],[18],[3],[19].

Notes et références

Notes

  1. “La pression fut à la hauteur des enjeux, mais nous avons mené les négociations à leur terme, en obtenant le meilleur rapport qualité-prix”, déclare Jean-Jacques Dordain, directeur-général de l'ESA à cette époque.

Références

  1. Christian Lardier, « Choix de l'industriel pour MTG », dans Air et Cosmos, no 2206, 19 février 2010
  2. Par Rémy Decourt, « Un nouveau Météosat pour prévoir le temps qu’il mars fera demain », dans Futura-Sciences, 7 mars 2010, Un nouveau Météosat pour prévoir le temps qu’il fera demain
  3. a b c et d Christian Lardier, « L'avenir de Météosat assuré jusqu'en 2038 », dans Air & Cosmos, no 2302, 2 mars 2012
  4. Marc Mennessier, « Paris et Berlin se disputent le futur satellite météo », dans Le Figaro, 26 janvier 2010, Paris et Berlin se disputent le futur satellite météo
  5. « L'OFFRE THALES ALENIA SPACE, RÉALISÉE EN PARTENARIAT AVEC OHB, SÉLECTIONNÉE PAR L'ESA POUR LA TROISIÈME GÉNÉRATION DES SATELLITES DE MÉTÉOROLOGIE MÉTÉOSAT », communiqué de presse TAS, 19 mars 2010, en ligne www.thalesgroup.com
  6. « Meteosat Third Generation - ESA and Thales Alenia Space enter negotiations for MTG », Communiqué de presse de l'ESA, 19 mars 2010, en ligne www.esa.int
  7. Michel Cabirol, « Les ambitions de Valérie Pécresse pour l'industrie spatiale française », dans La Tribune.fr, 4 octobre 2010, Les ambitions de Valérie Pécresse pour l'industrie spatiale française
  8. Jean-Pierre Largillet, « Thales Alenia Space : le méga contrat de Météosat 3e génération signé avec l’ESA », dans WebTimeMedias 19 novembre 2010, Thales Alenia Space : le méga contrat de Météosat 3e génération signé avec l’ESA
  9. (en) « Meteosat - First Generation », sur EO Portal, ESA (consulté le 18 juillet 2015)
  10. (en) « Minimize Meteosat Second Generation », sur EO Portal, ESA (consulté le 18 juillet 2015)
  11. (en) « Meteosat Third Generation », sur EO Portal, ESA (consulté le 18 juillet 2015)
  12. Les contrats de la quinzaine, Air & Cosmos, no 2294, 6 janvier 2012.
  13. Philippe Jeanneret avec le concours d’Igor Giunta de Météosuisse , « Météosat: la Suisse confirme sa participation », dans tsr.ch, , Météosat: la Suisse confirme sa participation
  14. Charles Foucault, « OHB, le paradoxe du Petit Poucet de l'espace », dans Air & Cosmos, no 2312, 11 mai 2012
  15. Air & Cosmos, no 2311, 4 mai 2012
  16. « Une nouvelle génération de satellites météorologiques », communiqué de presse ESA, 25 février 2012, Une nouvelle génération de satellites météorologiques
  17. Jean-Pierre Largillet, « MTG : Thales Alenia Space signe son "contrat du siècle" », dans WebTimeMedias, 27 février 2012, MTG : Thales Alenia Space signe son "contrat du siècle"
  18. Véronique Guillermard, « L'Europe s'impose comme no 1 mondial des satellites météo : Une troisième génération sur les rails », dans Le Figaro, 8 juillet 2012, en ligne sur lefigaro.fr, L'Europe s'impose comme no 1 mondial des satellites météo

Voir aussi

Bibliographie

    Articles connexes

    Liens externes