Médiamétrie

Médiamétrie
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Création (il y a 32 ans)
Fondateurs Jacqueline Aglietta
Forme juridique Société anonyme - SA à conseil d'administration
Siège social Levallois
Drapeau de France France
Direction Bruno Chetaille
Actionnaires Répartition du capital de 14 880 000 euros[1] :
Activité études de marché et sondages
Produits Etudes d'audience, de comportements et marketing
Filiales Médiamétrie/NetRatings, Marketing Scan, DigiTime, MarocMétrie
Effectif 641
Site web www.mediametrie.fr

Chiffre d’affaires 85,5 million d'euros (2015)

Médiamétrie, créée en 1985, est une société anonyme spécialisée dans la mesure d'audience et les études marketing des médias audiovisuels et interactifs en France. Elle observe, mesure et analyse les comportements du public et les tendances du marché des médias et de la communication. Elle est notamment connue pour sa marque Audimat, dont le nom est devenu, par antonomase, un mot du langage courant.

Historique

La naissance de Médiamétrie intervient dans un contexte de mutation du paysage audiovisuel français (naissance de Canal+, La Cinq, TV6). Par ailleurs, la radio voit l'apparition des premières grandes radios privées avec la privatisation d'Europe 1 et la montée en puissance d'NRJ. Médiamétrie est donc créée pour répondre à la volonté commune des acteurs du secteur (médias, annonceurs, agences) d'avoir à la fois une mesure scientifique, indépendante[réf. nécessaire] et reconnue par l'ensemble de la profession.

Le système Médiamat a remplacé en 1989 le système Audimat, qui lui permettait de mesurer l'audience en nombre de foyers (1 % équivaut à environ 200 000 personnes). Le terme « Audimat », qui est une marque, est toutefois encore beaucoup utilisé pour désigner la mesure d'audience en France.

Depuis les années 2000, la société a élargi ses activités à internet, aux loisirs numériques et aux nouveaux médias.

Médiamétrie est aussi la société qui fournit la pige télévisuelle au CSA et à l'INA.

Identité visuelle (logo)

Fonctionnement

Les médias dont l'audience est mesurée par Médiamétrie sont :

  • la télévision (Médiamat, la TNT, l'ADSL, l'année TV, Global TV, TV locales, la télévision sur les points de vente, l'audience des chaînes Câble et Satellite, etc.) ;
  • la radio (Panel Radio, 126 000 Radio, Global Radio, Podcast et Streaming, Call Out, etc.) ;
  • le cinéma (75 000 Cinéma, CinéPro, Cin'Hebdo) ;
  • l'Internet (Panel Médiamétrie/NetRatings, CybereStat, Les Observatoires numériques, etc.) ;
  • l'Internet mobile.

La télévision

La mesure de la part d'audience

Dans le contexte des études d'audience, les expressions « part de marché » (PDM) et « part d'audience » (PDA) sont synonymes. Il s'agit de la part que représente le volume d'écoute d'un média (chaine de télé, station de radio, etc.) dans le volume d'écoute global. La PDA d'une émission est le rapport du nombre moyen de spectateurs devant le programme au nombre moyen de spectateurs devant le média pendant le même moment.

La PDA est importante car elle permet de mettre en relief le chiffre d'audience brut. La PDA et l'audience sont deux chiffres complémentaires qui ne peuvent être séparés. Ainsi, une forte audience à une heure de grande écoute peut se révéler être une faible PDA et inversement, à une heure de faible écoute, une faible audience peut cacher une forte PDA.

L'autre intérêt de la PDA est la mesure de la puissance d'un média. Contrairement à l'audience qui est une donnée variable (selon l'heure, le jour de la semaine, la saison, la météo, etc.), la PDA est un taux, donc d'interprétation et comparaison plus directes. Par exemple, entre 21 h et h, le nombre de spectateurs sur une chaine de télé donnée en baisse mais pas forcément la PDA : le nombre total de spectateurs baisse en effet dans le même temps. Par conséquent, on pourra calculer une PDA sur une journée, une semaine, un mois, une année et aisément comparer les variations de ses valeurs sur différentes périodes ou sur différents médias.

L'audience de la télévision en France

Le système Médiamat repose sur trois composantes : un échantillon de personnes, une technologie de mesure et des conventions (ou « règles du jeu »). L'échantillon est représentatif de la population française des foyers équipés en téléviseur. Il est constitué et recruté sur des critères socio-démographiques (fournis par l'Insee) et d'équipements audiovisuels (issus de la référence des équipements multimédias réalisée conjointement par GfK et Médiamétrie). La technologie de mesure repose sur un boîtier, l'audimètre, équipant tous les téléviseurs des foyers de l'échantillon, qui est informé automatiquement des changements de chaînes grâce à sa connexion avec le poste de télévision et les périphériques (adaptateur TNT, Canal+, box ADSL, etc.). La déclaration de présence, d'absence du téléspectateur se fait à l'aide d'une télécommande qui indique à l'audimètre la ou les personnes qui sont devant le poste de télévision. Chacune des personnes (plus de 11 600 individus âgés de quatre ans et plus en 2014) faisant partie du panel (5 000 foyers) devant activer son bouton lorsqu'elle est à l'écoute du média, et le désactiver lorsqu'elle abandonne l'écoute. Ce système permet de mesurer l'audience à la seconde, 1 % équivalent en 2012 à 589 380 individus de quatre ans et plus[2].

L'audimètre transmet chaque nuit au serveur de Médiamétrie les données d'audience qu'il a enregistrées dans la journée, données qui sont traitées pour être extrapolées à l'ensemble de la population française, devenant ainsi les résultats d'audience, livrés tous les matins à h 0 aux clients des services de mesure.

Depuis 2008, Médiamétrie a introduit une nouvelle technologie de mesure qui lui permet de prendre en compte depuis le , l'audience des programmes regardés en différé par le public. Cette évolution est réalisée conjointement à l'augmentation de la taille de l'échantillon qui est passée de 3 200 foyers (8 000 individus) en 2007 à 5 000 foyers (13 000 individus) fin 2012. Cette augmentation permet de refléter la fragmentation de l'audience de la télévision due à la multiplication des chaînes de télévision.

La TNT

Les audiences de la télévision numérique terrestre (TNT) mesurent les audiences des 27 chaînes de la TNT gratuite : TF1, France 2, France 3, Canal+, France 5, M6, Arte, C8 , W9, TMC, NT1, NRJ 12, LCP - Assemblée Nationale / Public Sénat, France 4, BFM TV, CNews, CStar, Gulli, France Ô, HD1, L'Équipe, 6ter, Numéro 23, RMC Découverte, Chérie 25, LCI et Franceinfo. Ces chaines sont mesurées au sein des foyers recevant la TNT via un adaptateur TNT et / ou via les offres du câble, du satellite et de l'ADSL. Ainsi, la mesure se fait par les foyers faisant partie du panel Médiamat. Il s'agit donc d'un panel représentatif des foyers Français recevant la TNT, c'est-à-dire 1 648 personnes âgées de quatre ans et plus.

Les pourcentages de la TNT représentés plus loin indiquent la répartition de l'audience entre les téléspectateurs recevant la TNT. Les audiences de la TNT sont aussi désormais publiées sur l'ensemble de la population de quatre ans et plus possédant une télévision.

Médiamétrie mesure aussi les audiences des six nouvelles chaînes de la TNT HD depuis leur premier jour de diffusion le 12 décembre 2012.

C'est seulement depuis le que Médiaméterie mesure l'audience de France Ô.

Le câble et satellite

Médiamat'Thématik est la version enrichie de l'étude MédiaCabSat.

Cette mesure d'audience est automatisée et porte sur plus de 100 chaînes et un bassin de population de plus de 41,5 millions de personnes, soit deux fois plus que l'étude MédiaCabSat. Reposant sur un recueil audimétrique de l’information, Médiamat'Thématik mesure de façon permanente les comportements d'écoute TV des individus âgés de quatre ans et plus dont le foyer reçoit la télévision par le câble numérique ou analogique (y compris le service antenne), par le satellite (y compris la réception gratuite) ou par la TV par ADSL.

Cette étude porte sur environ 3 200 foyers soit plus de 8 000 individus.

MédiaCabSat mesurait précédemment l'audience de la télévision auprès des abonnés recevant une offre de chaine via le câble analogique, le câble numérique, TPS et Canalsat par satellite ou ADSL. La mesure s'effectuait sur un échantillon de 3 695 personnes de quatre ans et plus vivant dans 1 119 foyers recevant une de ces offres.

L'audience de la télévision dans le monde

Tous les résultats d'audience et les diffusions des programmes de télévision diffusés sur plus de 2 500 chaînes réparties sur les cinq continents sont disponibles grâce à Eurodata TV Worldwide. Les informations sont fournies directement par les instituts qui, comme Médiamétrie en France, mesurent quotidiennement les audiences sur leur pays respectif.

La Radio

L'enquête 126 000 Radio est réalisée au rythme de 400 interviews par jour, assistées par ordinateur, soit 126 000 individus par an, représentatifs des treize ans et plus (représentativité socio-démographique et géographique, équipondération entre jours d'enquête). Les résultats sont produits sur quatre périodes entre septembre et juin, correspondant à l'année de grille des programmes radio. Une autre enquête est réalisée en juillet et août sur 13 507 personnes âgées de treize ans et plus, résidents ou vacanciers sur une période de neuf semaines, en France métropolitaine. L'audience des radios au niveau local est obtenue en interrogeant des échantillons supplémentaires aux 126 000 personnes interrogées, par villes, départements et régions.

Le dispositif de mesure d'audience de la radio comporte aussi le Panel Radio. Cette enquête mesure l'audience et la fidélité des auditeurs de la radio sur 2 périodes de 3 semaines dans l'année, auprès d'un échantillon de 10 000 personnes.

La mesure des podcasts radio est réalisée à partir de la mesure site centric internet Médiamétrie-eStat et comptabilise les téléchargements de podcasts.

Internet

L'audience de l'internet est réalisée à partir d'un échantillon représentatif de la population internaute française âgé de deux ans et plus ayant accès à un ordinateur de type PC à son domicile ou sur son lieu de travail. L'échantillon est composé de 25 000 personnes dont 9 000 recrutées par téléphone et 16 000 en ligne. Les données d'audience recueillies auprès de l'échantillon sont extrapolées à l'ensemble de la population des internautes vivant en France. La mesure prend en compte l'audience quel que soit le lieu de connexion. Les résultats sont fournis sur quatre univers de connexion : tous lieux de connexion, domicile et/ou lieu de travail, domicile, lieu de travail.

La mesure tient compte des évolutions techniques de l'internet et prend notamment en compte la consultation des sites (HTML, ajax, etc.) et des applications internet, l'utilisation des techniques du web 2.0 (mash-ups, flux rss, widgets, etc.) ainsi que le visionnage de vidéos.

Actionnariat

Le capital de Médiamétrie s’élève à 14 880 000 €. Il reflète sa vocation : tous les acteurs du marché y sont représentés de sorte que les services proposés par l’entreprise fassent l’objet d’une gestion commune associant à égalité les médias et leurs clients publicitaires : les annonceurs et leurs conseils.

Critiques

Mediamétrie a fait l'objet de vives critiques courant 2006. L'institut de mesure d'audience est contesté par deux de ses administrateurs, Patrice Duhamel et Philippe Santini, qui lui reprochent son opacité et son inertie face aux bouleversements technologiques et aux nouveaux modes de consommation des médias (ADSL, TNT, mobile, podcast). En particulier, les méthodes de mesure d'audience et la fiabilité des résultats des audiences communiquées par Médiamétrie concernant l'audience des chaînes de la TNT étaient remises en question[3].

En 2009, le romancier Marc Welinski publie un thriller, Indices, dont l'intrigue repose sur la manipulation, au sein de Médiamétrie, des indices d'audiences d'une grande chaîne de télévision, TVF[4].

En 2012, le journaliste Eric Leser, de Slate.fr, publie un article très critique qui évoque les problématiques de conflits d’intérêt, des mesures faciles à manipuler, les officines et jeux concours ou encore le manque de concurrence[5].

En 2017, Didier Maïsto, président du groupe Fiducial Media, propriétaire de Sud Radio, annonce son intention de porter plainte contre Médiamétrie. Il met en cause les méthodes d'enquête de l'institut qui indiqueraient selon lui des chiffres erronés et l'accuse « d'être juge et partie »[6].

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes