Lutte ouvrière

Lutte ouvrière
Image illustrative de l'article Lutte ouvrière
Logotype officiel.
Présentation
Porte-parole Nathalie Arthaud
Fondation 1939 (groupe Barta)
1942 (Groupe communiste)
1944 (Union communiste)
1956 (Voix ouvrière)
1968 (Lutte ouvrière)
Siège Paris
Nom officiel Union communiste
Positionnement Extrême gauche[1]
Adhérents 8 000 (2010)[2],[3]
Idéologie Trotskisme[4]
Marxisme
Léninisme
Internationalisme
Féminisme
[réf. nécessaire]
Affiliation internationale Union communiste internationaliste
Couleurs Rouge
Site web lutte-ouvriere.org
Représentation
Députés
0 / 577
Sénateurs
0 / 348
Députés européens
0 / 74
Présidence de conseils départementaux
0 / 101
Maires de communes de plus de 70 000 habitants
0 / 65
Conseillers municipaux
79 / 526 341
Conseillers régionaux
0 / 1 757

Lutte ouvrière (LO) est un parti politique français situé à l'extrême gauche. Il s'agit du nom d'usage de l’Union communiste (trotskyste), principale organisation du regroupement international Union communiste internationaliste.

Le nom « Lutte ouvrière » vient du nom de l'hebdomadaire édité par l'Union communiste. L'utilisation du nom « Lutte ouvrière » s'est, par métonymie, généralisée avec l'accord de la direction du parti, qui présente ses candidats aux élections sous cette dénomination. Le nom peut donc être considéré comme commun au parti et à son organe de presse officiel.

La porte-parole nationale du parti est Nathalie Arthaud, qui a pris la suite d'Arlette Laguiller au congrès annuel de l'organisation des 6 et [5]. Depuis quelques années, il existe également plusieurs porte-parole régionaux.

Communiste et internationaliste, Lutte ouvrière défend les idées du trotskisme et met l'accent sur le rôle central de la classe ouvrière.

Historique

Origine

Articles connexes : David Korner et Groupe Barta.

Lutte ouvrière prend ses origines en la personne de David Korner, alias Barta, jeune militant trotskiste roumain qui, avec trois autres camarades, rallie en 1936 les trotskistes français exclus de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) qui viennent de constituer le Parti ouvrier internationaliste (POI). Autour de lui, le groupe s’élargit sensiblement lorsqu'avec d’autres il entre, sur l’indication de Léon Trotski, au Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) de Marceau Pivert (c’est l'« entrisme »). Indisposé par l’état d’esprit « petit-bourgeois » qui règne dans la IVe Internationale au moment de l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, David Korner alias Barta se retire à la suite d'un banal malentendu et, avec son groupe, composé alors d’une dizaine de militants, il constitue l’Union communiste (UC) avec l’intention d’établir « un contact réel et étendu avec la classe ouvrière ». L'UC se consacre à la propagande contre la « guerre impérialiste mondiale »[6].

Après la rupture du Pacte germano-soviétique le et l'invasion de l'URSS par les troupes allemandes, l’Union communiste appelle à la mobilisation et établit une nouvelle propagande pour défendre l'URSS[7]. Sous l’Occupation, le groupe se maintient et diffuse les premiers numéros de La Lutte de classe[8], autant que possible, à l’image de Pierre Bois[9], alias Vic[10], jeune cheminot réfractaire au STO ou de Mathieu Bucholz, militant communiste finalement repéré et assassiné à la Libération par des militants du Parti communiste qui l’accusent d’être un « nazi ». L’injustice de ce crime conduit un jeune communiste de 16 ans, Robert Barcia alias "Hardy", ami de Mathieu Bucholz, à intégrer le mouvement trotskiste.

Crise

En 1947, le groupe Barta compte toujours une dizaine de militants. Il déclenche et participe activement à la grève chez Renault. Pierre Bois en est le dirigeant pratique, David Korner, alias Barta, le dirigeant politique. Une attaque de tuberculose empêche Robert Barcia d'y participer. À la suite de la grève, le groupe organise le « Syndicat démocratique Renault » qui comptera jusqu’à 406 syndiqués. Cependant, des tensions apparaissent : Pierre Bois et David Korner s’opposent sur l’orientation du groupe et, à la suite d'un conflit au sujet de la rédaction d'un tract, la crise éclate. La lassitude s’empare de la plupart des militants qui cessent peu à peu toute activité. La scission entre le groupe de Pierre Bois et celui de David Korner est consommée en 1949, et l’Union communiste disparaît en 1950.

Reconstruction

Robert Barcia, démissionnaire à l'été 1948, reparaît dès 1950 et, en compagnie de Pierre Bois, toujours actif chez Renault, tente de recoller les morceaux. Pendant cinq ans, le groupe tente de se reconstituer.

Fondé en 1956, Voix ouvrière regroupe beaucoup d'anciens du « groupe Barta ». David Korner, alias Barta, participe en écrivant des articles mais ne reprend pas sa place de dirigeant. Voix ouvrière circule sous la forme d’un petit journal d’entreprise, pendant plusieurs années en collaboration avec un autre groupe, le « PCI-Lambert ». Voix ouvrière, bimensuel, commence à être diffusé à partir de 1963, d’abord sur 4 pages, puis sur 8, la publication deviendra hebdomadaire en 1967. Après la révolte étudiante et la grève générale de mai-juin 1968, comme tous les mouvements se réclamant du trotskisme et d'autres mouvements d'extrême gauche, Voix ouvrière est interdite et dissoute par le décret du président de la République du 12 juin 1968, en application de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées. Le mouvement se reforme immédiatement sous le nom de son journal, rebaptisé Lutte ouvrière, puis se renforce en nombre et multiplie les bulletins d’entreprise.

En 1971, la première fête de Lutte ouvrière est organisée, dans un champ, sur la commune de Presles dans le Val-d'Oise. Lutte ouvrière sera ensuite le premier groupe politique à présenter une femme à l’élection présidentielle, en 1974, en choisissant pour porte-parole et candidate nationale Arlette Laguiller[11]. En 1981, c'est l'essor des radios libres, et Lutte ouvrière s’y essaie avec « Radio La Bulle », sur un fond de Boléro de Ravel. L’expérience dure quelques mois. Lutte ouvrière connaît par la suite un certain succès médiatique et politique. En 2002, Arlette Laguiller obtient 5,72 % des voix à l’élection présidentielle.

Élections

Lutte ouvrière présente des candidats dans toutes les grandes élections depuis 1973. Arlette Laguiller, porte-parole de l'organisation depuis 1973 est candidate aux élections présidentielles de 1974, 1981, 1988, 1995, 2002 et 2007. Si elle dépasse 5 % lors de deux scrutins, réalisant 5,3 % (1 615 552 voix) en 1995 et 5,72 % (1 630 045) en 2002, en 2007 avec 1,34 % (488 119), elle semble ne plus être soutenue que par son électorat traditionnel.

Aux élections municipales de 1995, LO présente 49 listes, obtenant 2,81 % des voix, soit 39 879. En 2001, LO présente 128 listes dans 109 villes différentes, qui recueillent 4,37 % des suffrages, soit 120 347 voix. LO obtient ainsi 33 élu(e)s dont 11 femmes, dans 22 villes différentes, sans fusionner ses listes au second tour avec la gauche plurielle.

Lors des élections régionales de 1998, LO présente des listes dans 68 départements, obtenant 4,5 % et 20 élus.

Lutte ouvrière s'associe plusieurs fois à la Ligue communiste révolutionnaire dans des élections, notamment lors des élections Européennes de 1979, celles de 1999 (3 élus LO et 2 LCR), et lors des élections régionales de 2004. LO appelle également à voter pour Alain Krivine lors de l’élection présidentielle de 1969.

Lors des élections régionales de 2004, Lutte ouvrière propose une alliance électorale à l'autre grand mouvement trotskiste français, la Ligue communiste révolutionnaire. Selon LO[12], cette alliance est inspirée par l'hypothèse qu'il est probable qu'un fort courant d'électeurs préférerait voter PS pour donner une gifle à la droite. Leur résultat de 4,95 %, représente une légère augmentation par rapport au résultat des élections régionales de 1998 (4,83 %), mais bien en dessous du résultat de la présidentielle de 2002 (10 % en les additionnant). La réforme du mode de scrutin[Note 1] fait que les trotskistes (LO et LCR) perdent tous leurs élus dans les conseils régionaux, malgré un score supérieur à 1998.

À la différence des élections municipales de 2001, où elle ne présente que des listes autonomes, Lutte ouvrière propose en 2008 des alliances locales aux autres partis de gauche. Cette nouvelle orientation, vivement critiquée par la fraction l'Étincelle[13], est justifiée ainsi par Georges Kaldy : « nous n'offrons pas nos services au PS, mais là où la gauche peut être supplantée par la droite ou regagner une municipalité, nous discutons. Nous ne voulons pas que notre score puisse favoriser la droite »[réf. nécessaire] qui ajoute : « changement de contexte politique. En 2001, on n'avait pas envie de cautionner la gauche au pouvoir. L'élection de Sarkozy et son offensive générale contre les travailleurs ont changé la donne ».[réf. nécessaire] LO note qu'elle s'est déjà alliée avec le PSU en 1971 puis avec le PCF en 1995[14].

À ces élections de 2008, LO présente donc près de 5 000 candidats sur 188 listes différentes (contre 128 en 2001)[15]. Dans 70 villes, les militants de Lutte ouvrière participent à des listes d'union, principalement conduites par le Parti communiste (38 listes) ou le Parti socialiste (26 listes), sur des listes qui comportent parfois d'autres partis comme la LCR, les Verts, le MRC, le PT ou le PRG. LO présente par ailleurs des listes indépendantes dans 118 villes, là où aucun accord n'a pu être conclu[16]. Au premier tour, LO obtient 36 élus (dont 14 sur des listes indépendantes et 22 sur des listes d'union), au deuxième tour, 43 candidats sont élus sur des listes d'union. Comme LO l'a annoncé, ses militants se retirent des listes de gauche qui ont fusionné avec le Modem entre les deux tours[17], notamment à Marseille.

Aux élections européennes de juin 2009, Lutte ouvrière décide de présenter des listes afin de faire « entendre une voix communiste révolutionnaire », dire « qu’il faut que le monde du travail se défende et, par là même, défende les intérêts de l’ensemble de la société » et « qu’il est absolument indispensable pour la survie même de la société d’arracher au grand patronat et aux financiers le contrôle qu’ils ont sur l’économie »[18].

Aux élections régionales de 2010, Lutte ouvrière annonce présenter des listes autonomes dans toutes les régions[19].

Presse

L'hebdomadaire Lutte ouvrière

Lutte ouvrière
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Hebdomadaire
Genre Politique, journal d'opinion
Prix au numéro 1,20 €
Diffusion 12 000 ex. (2013)
Date de fondation 1970
Ville d’édition Pantin

Propriétaire Éditions d'Avron
Directeur de publication Michel Rodinson
Directeur de la rédaction Michel Rodinson
ISSN 0024-7650
Site web www.lutte-ouvriere-journal.org


Prenant la succession de Voix ouvrière (disparue avec la dissolution de l'organisation en 1968), Lutte ouvrière est un hebdomadaire politique communiste, dont la devise est : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ».

Mensuel Lutte de classe

L'hebdomadaire Lutte ouvrière est complété par la revue mensuelle Lutte de classe, publiée par la même organisation politique, depuis 1960, au prix de 2..50 € l'exemplaire. Cette revue « théorique » paraît avec une fréquence de 8 numéros par an. Chaque année, un numéro spécial est publié avec les textes du congrès annuel de Lutte ouvrière.

Le premier numéro de La Lutte de classe sort le , sous l'impulsion du groupe Barta ; il cesse de paraitre après avril 1949. La parution de la revue est ensuite relancée à plusieurs reprises à partir de 1956, par Voix Ouvrière puis Lutte ouvrière. La présentation actuelle ainsi que la numérotation datent de 1993.

De 1995 à sa suspension en février 2008, la fraction l'Étincelle s'est exprimé par une tribune régulière dans la revue, rédigée indépendamment des autres articles.

Les conférences du Cercle Léon Trotsky

Par ailleurs, Lutte ouvrière organise régulièrement des conférences sur des sujets de politique générale (sujets d'actualité ou historiques). Ainsi, le Cercle Léon Trotski (CLT), qui rassemble environ un millier de personnes, sur des sujets comme :

  • « Israël-Palestine. Comment l’impérialisme en transformant un peuple en geôlier d’un autre a poussé les deux dans une impasse tragique »
  • « L’impérialisme américain, des origines aux guerres d’Irak et d’Afghanistan »
  • « Pétrole : la dictature des trusts »
  • « Écologie : nature ravagée, planète menacée par le capitalisme ! »

Ces conférences sont éditées sous forme de brochures, et également disponibles sur le site de l'organisation.

Principes et activités

Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte ouvrière de 1973 à 2008.

Lutte ouvrière se présente comme une libre association de militants qui œuvrent à la création d’un parti ouvrier, communiste et révolutionnaire, capable de défendre les intérêts des travailleurs, à court terme (licenciements, chômage, salaires, conditions de travail et de logement…) et à long terme (inégalités entre hommes et femmes, pollution, guerres, famines…). Selon LO, tous ces problèmes découlent de l’organisation capitaliste de la société et de la course au profit, et ne concernent pas que les travailleurs, mais l’ensemble de la population mondiale qui en subit les conséquences[20].

Lutte ouvrière justifie son existence séparée au sein du mouvement trotskiste par sa volonté d'orienter son action en priorité vers la classe ouvrière.

Fondements programmatiques

Lutte ouvrière estime que l’écart croissant entre les moyens techniques de plus en plus perfectionnés dont dispose l’humanité et la persistance, voire dans certaines régions l’aggravation, de la misère et des inégalités, rend possible et nécessaire le remplacement de la société capitaliste par une société communiste, c'est-à-dire par la mise en commun et le contrôle démocratique par l’ensemble de la population des capacités de production et d’échange dont dispose l’humanité pour assurer tous ses besoins.

Nathalie Arthaud, candidate à l'élection présidentielle française de 2012 et porte-parole de Lutte ouvrière depuis 2008.

Pour Lutte ouvrière, une société communiste serait bien éloignée de la caricature qu’en ont donnée les pays de l’Est et l’URSS, mais serait au contraire une société plus libre, plus démocratique que le capitalisme actuel, en donnant à l’ensemble de la population des moyens d’agir sur des choix qui sont pris actuellement dans les conseils d’administration de banques ou de multinationales. Selon LO, les possibilités matérielles pour une telle société existent d’ores et déjà, ce qui n’était pas le cas dans la Russie de 1917.

Lutte ouvrière voit par ailleurs dans la classe ouvrière la seule force sociale qui ait à la fois la force et l’intérêt de prendre en main une telle réorganisation des mécanismes de production et de redistribution des richesses. LO estime qu’une telle transformation de la société ne pourra que résulter d’une confrontation entre « ceux qui n’ont que leur travail à vendre » et ceux qui détiennent les grands moyens de production. C’est pourquoi LO se dit révolutionnaire.

LO revendique son héritage politique de Karl Marx et Friedrich Engels, qui ont analysé les rouages et contradictions internes du capitalisme naissant (valeur des marchandises, rôle de la classe ouvrière dans le processus de production), de Rosa Luxemburg, de Lénine, qui a conduit la révolution russe de 1917 et de Léon Trotski, qui a analysé les raisons de la dégénérescence de la révolution russe en bureaucratie stalinienne, l'échec des révolutions chinoises (25-27) et espagnole (36) ainsi que l'incapacité du mouvement ouvrier allemand à s'opposer à la montée du nazisme.

Dans la continuité de ces militants, Lutte ouvrière estime qu’il est nécessaire au prolétariat de disposer d’un parti qui défende ses intérêts. C’est ce parti, ouvrier, communiste, révolutionnaire, que LO cherche à construire.

Lutte ouvrière fait également sienne la formule de Marx « les prolétaires n’ont pas de patrie ». Pour Lutte ouvrière, l’internationalisme découle de l’organisation même de la société capitaliste, qui est déjà mondiale et met en relations tous les peuples de la planète. De ce fait, Lutte ouvrière estime qu’un bouleversement de l’ordre social actuel ne pourra être que mondial, et qu’il est de ce fait nécessaire aux militants qui travaillent à ce bouleversement de créer une nouvelle Internationale. Pour LO, aucun des regroupements internationaux existants ne peut prétendre à un tel titre, n’ayant ni le crédit, ni l’expérience, ni la force militante pour jouer un rôle véritable à l’échelle Internationale.

Liens internationaux

LO est membre de l'Union communiste internationaliste dont sont membres plusieurs groupes et partis politiques dans le monde.

Lutte ouvrière se réclame du trotskisme, qui est à ses yeux le seul courant communiste révolutionnaire à avoir toujours combattu le stalinisme, et à exister à l'échelle internationale. Cependant, contrairement à la plupart des autres groupes trotskistes, Lutte ouvrière estime qu'aucune des organisations internationales qui se nomment elles-mêmes Quatrième Internationale ne constitue une véritable internationale. De même que Lutte ouvrière milite en France pour la création d'un parti ouvrier communiste révolutionnaire, elle milite pour la construction d'une véritable internationale.

Propositions

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Dans les élections, LO défend les revendications dont elle estime qu’elles pourraient mettre un coup d’arrêt à la dégradation des conditions de vie de toute une partie pauvre de la population.

Elle affirme qu'il faut prendre sur les profits des grandes entreprises pour résoudre les trois problème principaux du monde du travail :

  • pour lutter contre le chômage, il faut interdire les licenciements et créer des emplois qui manquent dans les hôpitaux, les transports en commun, l'enseignement, le bâtiment, etc. ;
  • il faut augmenter les salaires, pensions de retraites à un niveau qui permette de vivre décemment, soit au moins 300 euros d'augmentation pour tous ;
  • il faut que l'État prenne en charge la construction des centaines de milliers de logements qui manquent.

Lors de l’élection présidentielle de 2007, Arlette Laguiller mit l'accent sur la nécessité que la population puisse contrôler les choix économiques des grandes entreprises, insistant sur le fait que « la gestion capitaliste des entreprises, menée dans le secret des conseils d’administration en fonction de la seule rentabilité financière, est non seulement catastrophique pour les travailleurs mais aussi pour toutes les autres couches populaires, et même pour toute la société » (Arlette Laguiller, Presles, 3 juin 2006).

LO défend depuis plusieurs années un « plan d'urgence » :

  • interdire les licenciements dans les entreprises qui font des profits et imposer le maintien des emplois en défalquant des profits les sommes nécessaires ;
  • imposer une augmentation de 300 euros de tous les salaires ;
  • mettre fin aux contrats précaires ;
  • rétablir l’impôt sur les bénéfices des sociétés à 50 % au moins et augmenter de façon importante l’imposition sur les hauts revenus ;
  • arrêter toute subvention, tout aide, au patronat sous quelque prétexte que ce soit, en consacrant l’argent ainsi économisé à embaucher du personnel dans les hôpitaux, dans l’enseignement, dans un grand service public de construction de logements sociaux.

Concernant toutes ces propositions, LO affirme à chaque élection, dans les professions de foi, ses tracts, son journal, qu'elles ne constituent pas un programme électoral au sens où il suffirait d’élire un représentant pour qu’il soit appliqué, mais que par contre de telles revendications devraient être mises en avant lors d’une mobilisation des travailleurs (« Ces objectifs ne se réaliseront pas par la magie des résultats électoraux ou par des changements de majorité, mais par la lutte collective du monde du travail »).

Activités politiques

Pour LO, être révolutionnaire ne signifie pas attendre passivement le « grand soir », mais militer dès aujourd’hui pour contribuer à modifier l’état d’esprit de la classe ouvrière, par la propagande générale pour ses idées, et par les participations à des luttes (grèves, manifestationsetc.). LO avance en effet l’idée que c’est dans les luttes que les travailleurs peuvent apprendre à s’auto-organiser et prendre conscience de leur poids dans la société et de leur force.

LO définit son orientation comme principalement tournée vers les travailleurs, y compris les travailleurs du rang.

Activité dans les entreprises

Sa principale activité consiste en l’organisation de travailleurs dans les entreprises, notamment autour de « bulletins d’entreprises », qui dénoncent l’exploitation et les injustices ressenties quotidiennement par les travailleurs. De l’ordre de 500 000 travailleurs, ouvriers ou employés peuvent lire cette presse d’entreprise tous les 15 jours.

Autres activités politiques

Lutte ouvrière entend également être présente « là où habitent les travailleurs, dans leurs quartiers, dans leurs communes », en diffusant sa presse et discutant avec eux[21],[22],[23],[24]

Lutte ouvrière soutient également de nombreux combats particuliers comme celui des « sans-papiers », d'associations comme Droit au logement, les mouvements féministes et de défense du droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG).

Concernant les discriminations à l'égard des homosexuels, Arlette Laguiller déclara en 2007 que « le refus de ce type de discriminations nous semble aller de soi pour des militants qui défendent des idées communistes »[25] ». Toutefois, en 1975, l'organisation affirma dans sa presse : « Nous pensons que c’est la société bourgeoise qui engendre l’égoïsme, l’individualisme et finalement le mépris pour les autres et les préjugés sociaux, dont le mépris envers les homosexuels fait partie. C’est à ce titre que nous combattons ce préjugé, comme nous combattons tous les autres. Mais il y a une distance entre cette lutte sans réserve contre les préjugés et le fait de parer l’homosexualité de vertus révolutionnaires, comme l’ont fait un certain nombre de "gauchistes", et d’y voir le fin du fin de la lutte contre la morale bourgeoise, en décrétant que l’homosexualité est tout aussi "normale" que l’hétérosexualité et que qui prétend le contraire est un arriéré plein de préjugés. Cela revient à idéaliser ce qui n’est, en très grande partie, qu’un des nombreux comportements aberrants engendrés par la société bourgeoise »[26]. LO a aussi critiqué le Front homosexuel d'action révolutionnaire (1971-1974), considérant que ses publications sont « à la hauteur des graffitis de pissotière », reflétant l'« individualisme petit-bourgeois »[27]. Mais, depuis, LO prend systématiquement position pour défendre les libertés et les choix sexuels de chacun, dénonçant au contraire « L'homosexualité considérée comme vice bourgeois » qui était la doctrine des partis staliniens[28].

Dans l'émission Mots croisés d'Arlette Chabot diffusée le , Hardy déclarait : « Bien sûr, je suis favorable au Pacs. Je suis contre le mariage, mais les gens qui veulent se marier, je suis... Au contraire, il y a des gens qu'on empêche de se marier sous prétexte qu'ils n'ont pas les pratiques sexuelles de tout un chacun et de nos députés. Et bien je suis pour qu'ils aient ce droit ! » Robert Barcia précise quelques phrases avant cette déclaration, qu'il est opposé au mariage « en tant qu'institution » (et donc, qu'il soit homo ou hétéro).

Lutte ouvrière soutient la libération de Georges Ibrahim Abdallah, détenu en France depuis 1984[29].

Participation aux élections

Dans la tradition du mouvement communiste, Lutte ouvrière participe aux élections dans la mesure de ses forces. À cette occasion, elle cherche à faire de la propagande pour ses idées, et notamment pour des mesures immédiates de défense des intérêts des travailleurs (voir les Propositions ci-dessus). Elle cherche de plus à mesurer par-là son influence, et à estimer le moral et la combativité des travailleurs. Quand Lutte ouvrière dispose d'élus (conseillers municipaux, conseillers régionaux, députés européens), son principe affiché est de soutenir les mesures qui lui semblent aller dans le sens des intérêts des travailleurs, et de voter contre celles qui dégradent leurs conditions de vie. Des comptes rendus des votes des élus sont par ailleurs rendus publics sur le site Internet de LO.

Fêtes politiques

Vue de la fête de Lutte ouvrière en 2011 depuis la Grande Roue.

LO organise également des fêtes politiques, dont la fête annuelle de Presles, une petite ville du Val-d'Oise à 30 km au nord de Paris, qui rassemble un large public dans un grand parc boisé de plusieurs hectares le week-end de la Pentecôte. Dans ces fêtes, une grande place est faite à la culture et à la science, écrivains, intellectuels ou scientifiques venant partager leurs connaissances avec des travailleurs. À la fête de Presles, le visiteur peut ainsi trouver :

Les stands sont tenus par des groupes de militants et sympathisants de Lutte ouvrière. De nombreuses spécialités culinaires de France ou d'ailleurs sont proposées.

L'événement est fréquenté par 20 000 à 30 000 personnes chaque année[30].

Artistes invités
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015

Scissions de Lutte ouvrière

Durant les années 1970, Lutte ouvrière connaît des ruptures d'importances variables. Une première rupture est celle, en 1973, d'un militant parisien, « Bérard », qui signera la brochure « Rupture avec Lutte ouvrière et le trotskisme » (en réalité rédigée par le groupe Révolution internationale qu'il avait rejoint après sa sortie de LO[réf. nécessaire]). Cette brochure influence d'autres militants, comme ceux qui publient peu de temps après le texte « Pour que les travailleurs ne votent plus à gauche et ne se fassent plus massacrer, six militants quittent Lutte ouvrière ».

Union ouvrière

En 1974, une tendance oppositionnelle se constitue dans Lutte ouvrière, en particulier sur Bordeaux et Angoulême, à partir de la critique de la caractérisation de l'État soviétique comme « État ouvrier », considérant qu’il s’agissait en réalité d’un capitalisme d'État. Cette tendance publie plusieurs textes sur la nature du capitalisme, sur l'impérialisme, sur la Chine, fortement influencés par la lecture des « Grundrisse » (Fondements de la critique de l'économie politique), texte de Marx qui ne réduit pas le capitalisme à un système fondé uniquement sur la propriété privée. Cela conduit à un dialogue de sourds entre la majorité (qui demande à la minorité de dévoiler quelles sont les « conséquences pratiques » de ses positions) et la minorité (qui veut approfondir ses réflexions théoriques et refuse de fournir un contre-programme immédiat). Cela aboutit, le , à la diffusion au sein de l'organisation d'un texte intitulé « Table rase de la confusion ». À la suite de cette diffusion, la section de Lutte ouvrière de Bordeaux est dissoute le 3 novembre, et les oppositionnels se constituent en fraction indépendante qui publiera à partir de décembre 1974 le journal « Union ouvrière, pour l'abolition de l'esclavage salarié ». L'Union ouvrière évolue ensuite vers des positions « ultragauches ». Union ouvrière disparaîtra en 1977, les militants se tournant vers le courant de l’autonomie ouvrière, certains créant le groupe Combat Pour l’Autonomie Ouvrière[31].

Combat communiste

Parallèlement, en novembre 1974, quatre sympathisants parisiens de l'opposition « capitaliste d'État » (dont un avait été exclu quelques mois auparavant pour avoir pris contact avec la maison d'édition du futur SWP britannique afin de traduire le livre de Tony Cliff, Le capitalisme d'État en Russie) se rendirent à Bordeaux mais ne purent rencontrer que deux « dirigeants » de la toute nouvelle Union ouvrière, ceux-ci se refusant non seulement à leur présenter les autres membres de leur tendance, mais surtout à indiquer sur quelles bases politiques précises ils comptaient constituer un nouveau groupe.

Contraints de créer une nouvelle « organisation » et un nouveau journal, les quatre fondateurs de CC recrutèrent progressivement une vingtaine de militants à Paris, Bordeaux et quelques autres villes, constituant le groupe Combat Communiste[Note 2] qui publiera le journal mensuel du même nom[Note 3]. Combat Communiste nouera des liens avec plusieurs organisations révolutionnaires étrangères, contribuera à la formation d'un groupe minuscule l'OCRIA (Organisation des communistes révolutionnaires internationalistes d'Algérie), publiera une demi-douzaine de bulletins d'entreprise, avant de disparaître en 1990. Il fut reproché à Combat communiste par les groupuscules « ultragauches » de l'époque d'être un « mini LO » reproduisant les mêmes méthodes d'organisation (cellules d'entreprises, cercles sympathisants, bulletins d'entreprises, stages et cours de formation, adhésion au léninisme, etc.) et aussi les mêmes idées — à part sur la question de l'URSS. À sa décharge, on peut dire que le groupe tenta notamment une critique plus radicale de la fonction des syndicats et du stalinisme que LO ; qu'il essaya de donner une formation politique beaucoup moins dogmatique ; et qu'il essaya aussi dans sa presse et ses bulletins d'entreprise (du moins les premières années) de réintroduire la propagande socialiste de façon plus systématique et vivante. À la disparition du groupe, ou au fil des années précédant sa disparition, certains de ses militants rejoindront Lutte ouvrière, d'autres la LCR et d'autres mouvements communistes.

Fraction l'Étincelle

Article détaillé : Étincelle de Lutte ouvrière.

De 1996 à 2008, Lutte ouvrière comprend une petite fraction, nommée L’Étincelle.

Elle obtient environ 3 % des voix lors du congrès annuel de l'organisation. Cette fraction est né d'un désaccord sur l'évolution de l'ex-URSS depuis 1989. D'autres désaccords sont apparus ensuite, notamment une critique des relations entretenues par la majorité avec les autres organisations de gauche et d'analyse des émeutes de 2005 dans les banlieues françaises. Au congrès de 2005, la fraction contestait l'attitude de la majorité sur les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises, soutenait qu'il s'agissait d'« une rébellion d'une partie de la jeunesse ouvrière », tout en critiquant les formes prises par cette révolte, telles que les destructions de bâtiments publics et les attaques contre des bus et des pompiers, et rappelait que Lutte ouvrière avait par le passé soutenu les émeutiers de Vaulx-en-Velin, dans des conditions assez proches de celles de novembre 2005. La direction, pour sa part, niait ce caractère de « révolte d'une partie de la jeunesse ouvrière » et considérait que ces violences résultaient certes de la crise du système capitaliste et du chômage, mais étaient aussi pour beaucoup le résultat de la carence d'éducation d'une partie des jeunes déclassés de banlieue et que ces actes, essentiellement négatifs, ne pouvaient pas être assimilés à une révolte de classe.

La fraction l'Étincelle peut alors s’expliquer par une tribune dans chaque numéro de Lutte ouvrière[32] et de La Lutte de Classe[8]. Elle édite une revue et anime un site, Convergences révolutionnaires.

En 2008, la rupture est consommée. La fraction conteste certains accord locaux entre Lutte ouvrière et le Parti socialiste. Elle élabore sa propre liste, à Wattrelos, dans le Nord, alors même que Lutte ouvrière y constitue la sienne. Cet acte entraîne la suspension de l'ensemble de la fraction ainsi que de la tribune dont elle bénéficiait. S'ajoute aux griefs contre la fraction L'Étincelle sa participation aux côtés de la LCR à la construction du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA). Réunis en conférence nationale le , les militants de Lutte ouvrière réagissent en votant une motion entérinant « en conséquence la fin de toute relation entre Lutte ouvrière et le groupe nommé jusqu’à présent Fraction Lutte ouvrière - L’Étincelle »[33].

Accusations de sectarisme

Lutte ouvrière, comme les autres organisations d'extrême gauche[Note 4], est parfois accusé de sectarisme, c'est-à-dire de ne pas se tourner suffisamment vers les autres courants aux idées proches et de fonctionner replié sur lui-même, par d'autres courants politiques. Cette partie vise à présenter ce qu'en disent différents protagonistes : d'autres courants ou partis politiques, certains militants ou anciens militants de LO, et enfin Lutte ouvrière elle-même.

Externes

Parmi les critiques externes ayant accusé Lutte ouvrière, on peut citer :

  • Daniel Cohn-Bendit, Gabriel Cohn-Bendit et Libération dans un article[34]. Ils y affirment : « si quelqu'un se présentait et qu'on soupçonne derrière cette candidature les Témoins de Jéhovah ou l'Église de scientologie, toute la presse en parlerait. Par contre, presque rien sur l'Union communiste. Rien sur ses méthodes ultra clandestines, sur son sectarisme dénoncé par Jacques Morand (alias Illy, un des principaux responsables de ce parti avant d'en devenir l'opposant numéro 1), rien sur le gourou Hardy qui parle pendant des heures lors des congrès dans un silence religieux. » Cet article entraîne un procès en diffamation. Gabriel Cohn-Bendit, d'abord relaxé puis condamné en appel le 6 octobre 2005, non pour avoir affirmé que Lutte ouvrière serait une « secte dirigée [...] par un gourou » (s'agissant plutôt d'une « insulte » politique, le droit français, très libéral sur le sujet, ne l'assimile pas à une « diffamation ») mais pour avoir affirmé que l'organisation obtenait un financement illégal d'entreprises[35] ;
  • Gérard Streiff (qui avait affirmé que « cette secte » tenait un « double discours ») et le journal L'Humanité, qui est relaxé lors d'un procès en diffamation[36] ;
  • « contre le sectarisme de l'extrême gauche », article écrit par La Riposte composée de militants se réclamant trotskistes au sein du PCF[37].

Internes

Formulent aussi des critiques sur le sectarisme de Lutte ouvrière :

  • d'anciens militants de Lutte ouvrière exclus et ayant formé le courant Voix des travailleurs, qui est ensuite entré à la Ligue communiste révolutionnaire, écrivent dans une brochure consacrée à expliquer leur exclusion : « Les militants à l'origine de notre tendance ont été exclus de Lutte ouvrière en mars 1997 pour avoir formulé la critique du cours sectaire de sa direction, son repli sur elle-même. »
  • Bernard Seytre, un ancien militant de LO ayant quitté Lutte ouvrière il y a 20 ans[38] ; selon l'Express, « Bernard Seytre confirme la discipline de fer qui rythme la vie de l'organisation trotskiste, dont les cadres n'ont pas le droit d'avoir d'enfant, sous peine d'exclusion. »[39]. L'évocation de ces critiques amène Arlette Laguiller à fondre en larmes le 8 février 2002, sur RTL. Dans l'émission Ne le répétez pas, en larmes elle interpelle le présentateur : « Ce que vous avez fait n’est pas honnête! ». Plus tard elle s'expliquera[40]: « J'avais été invitée à une émission pour parler de mon livre et je me suis retrouvée devant un procureur qui faisait témoigner un intervenant (Bernard Seytre) refusant de dire son nom à l'antenne pour des raisons liées à son travail, alors que le journaliste (Emmanuel Chain) faisait mine de ne pas comprendre que nous protégions nos camarades par des pseudonymes (pour les mêmes raisons). »

Réponses à ces accusations

Selon Christophe Bourseiller, journaliste spécialiste des mouvements, organisations et partis d'extrême gauche :

  • « L'union communiste n'est évidemment pas une secte au sens où l'on évoque des sociétés religieuses fermées, exerçant sur leurs membres d'intolérables pressions psychologiques ou financières. Il s'agit d'un mouvement politique, qui s'est constitué dans la période la plus noire de notre histoire et a résolu de faire face, contre vents et marées, dans le but de s'inscrire dans la durée. »
  • « Vous niez que Lutte ouvrière présente des caractéristiques sectaires. J'avoue partager sur ce point votre sentiment. Je ne pense pas que votre organisation puisse être sérieusement jugée à l'aune des « nouveaux mouvements religieux. »

Selon l'ethnologue Maurice Duval, « dire que ce mouvement de la gauche radicale est « une secte », ce n'est pas argumenter légitimement contre ses idées, mais c'est suggérer qu'il est malfaisant, malsain et que sa disparition serait souhaitable ». Pour lui, la qualification des groupes contestataires radicaux de « sectes » est un support de l'idéologie néolibérale, et il souligne que « le procédé qui consiste à utiliser le discours sur les « sectes » pour créer de la peur et du consensus est très français »[41].

Le principal dirigeant de Lutte ouvrière, Robert Barcia, alias Hardy, a publié un livre d'entretiens : La Véritable Histoire de Lutte ouvrière, qui contient des réponses à ces accusations. Il affirme :

  • « Lutte ouvrière n'est évidemment pas une secte. Ceux qui disent ou suggèrent hypocritement cela seraient bien en peine d'expliquer en quoi notre mouvement aurait les caractéristiques d'une secte. Nous ne lavons pas le cerveau de nos adhérents, nous ne les faisons pas rompre avec leur famille, nous ne nous approprions pas leurs biens, s'ils en ont. Chacun d'eux peut nous quitter quand il le veut sans qu'aucune pression ne s’exerce sur lui avant ou après. Nous ne vivons pas en collectivité. Nous n'avons pas inventé une religion à nous, plus ou moins ésotérique ou mystique. »
  • « C'est à ceux qui affirment que nous sommes une secte de le justifier, plutôt qu'à nous de prouver le contraire. Mais ceux-là jouent sur le fait qu'un mensonge qui ne repose sur rien de concret et de tangible est d'autant plus difficile à démonter et à réfuter. Et un mensonge répété et repris mille fois passe pour une vérité. »
  • « Être clandestin c'est vivre sous une fausse identité, ce qui n'est le cas d'aucun de nos camarades et ne l'a jamais été depuis la guerre. Le siège de Voix ouvrière et de Lutte ouvrière n'a jamais été secret. »
  • « Nous sommes parfaitement légaux. Par exemple nos finances sont contrôlées chaque année par l'administration, qui publie notre bilan, comme celui de toutes les organisations politiques, au Journal officiel. De plus, nous touchons une subvention proportionnelle aux voix obtenues aux législatives. Comment l'État subventionnerait-il un « groupe clandestin » ? Et à quelle adresse ? »
  • « Je porte un pseudonyme comme nombre de militants trotskistes ou anarchistes, et aussi comme beaucoup d'acteurs, d'écrivains, ou encore de journalistes. Pour ces derniers il est impossible d'obtenir leur véritable identité. Il n'y a qu'un juge d'instruction qui le peut. »

Résultats électoraux

Élections présidentielles

Année Candidat 1er tour Rang
% Voix
1974 Arlette Laguiller 2,33 601 519 5e (sur 12)
1981 Arlette Laguiller 2,30 668 057 6e (sur 10)
1988 Arlette Laguiller 1,88 606 017 8e (sur 9)
1995 Arlette Laguiller 5,30 1 615 552 6e (sur 9)
2002 Arlette Laguiller 5,72 1 630 244 5e (sur 16)
2007 Arlette Laguiller 1,33 487 857 9e (sur 12)
2012 Nathalie Arthaud 0,56 202 561 9e (sur 10)
2017 Nathalie Arthaud 0,65 231 660 10e (sur 11)

Élections législatives

Année 1er tour Sièges
Voix %
1973 194 889 2,29
0 / 490
1978 474 378 1,70
0 / 491
1981 99 185 1,11
0 / 491
1986 173 759 0,63
0 / 577
1988
0 / 577
1993 227 900 2,15
0 / 577
1997 421 877 3,86
0 / 577
2002 304 077 1,19
0 / 577
2007 218 264 0,86
0 / 577
2012 126 522 0,51
0 / 577
2017
 / 577

Élections européennes

Année  % Sièges Rang Tête de liste Groupe
1979a  3,08
0 / 81
6e Arlette Laguiller
1984 2,07
0 / 81
7e Arlette Laguiller
1989 1,43
0 / 81
8e Arlette Laguiller
1994 2,27
0 / 87
10e Arlette Laguiller
1999a  5,18
3 / 87
9e Arlette Laguiller GUE/NGL
2004a  2,60
0 / 74
8e
2009 1,20
0 / 74
11e
2014 1,17
0 / 74
10e

a Liste commune avec la LCR, qui en 1999 remporte quant à elle, deux sièges.

Élections régionales

Année 1er tour 2d tour Conseillers Présidents
1986b  1,84
0 / 1 749
0 / 26
1992b  1,84
0 / 1 749
0 / 26
1998b  4,50
20 / 1 749
0 / 26
2004b  4,58
0 / 1 749
0 / 26
2010 1,10
0 / 1 749
0 / 26
2015 1,47
0 / 1 722
0 / 26

a Liste commune avec la LCR.

Élections cantonales

Année 1er tour Conseillers Présidents
2001 5,01 %
0 / 1 997
0 / 100
2004 3,44 %
0 / 2 034
0 / 100
2008
 / 2 026
0 / 100
2011
0 / 
0 / 101

Élections municipales

Année Nombre de listes Voix % Élus
1977 56 listes LO-LCR-OCT 91 668 3,78 %
1983 80 listes LO-LCR 62 235 2,16 %
1995 52 listes 41 059 2,80 % 7
2001 128 listes[42] 120 784 4,37 % 33
2008 186 listes, dont 69 listes unitaires 52 008 (hors listes unitaires) 1,91 % (hors listes unitaires) 79 (dont 65 sur les listes unitaires)
2014 204 listes[43] 71 964 1,88 % 10

Élus et personnalités

Fondateurs
Porte-parole
Élus
Autres
  • Fabien Engelmann, militant à LO de 2001 à 2008, avant de rejoindre le NPA en 2009 puis le FN en 2010.
  • Thierry Jonquet, écrivain ayant raconté son expérience de militant d'extrême gauche dans le livre Rouge c'est la vie.
  • Philippe Poutou, militant de LO dans sa jeunesse, avant de rejoindre le NPA.

Notes et références

  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Fête de Lutte ouvrière » (voir la liste des auteurs).

Notes

  1. La répartition des sièges à la représentation proportionnelle entre toutes les listes ayant atteint un seuil de 5 % des suffrages exprimés au terme d'un unique a été remplacé par un système mixte, avec un deuxième tour auquel ne sont admises que les listes ayant atteint un seuil de 10 % des suffrages exprimés au premier tour, avec possibilité de fusionner avec celles ayant obtenu au moins 5 %.
  2. Les informations concernant Combat communiste sont tirées de l'expérience de son auteur cofondateur de Combat communiste, et membre de ce groupe de 1975 à 1981, et d'un article publié dans Contre le courant, revue du groupe, et intitulé « Bilan d'une exclusion »
  3. Les informations concernant Combat communiste sont tirées de l'expérience de son auteur, cofondateur et membre de ce groupe de 1975 à 1981, et d'un article publié dans la revue Contre le courant, intitulé « Bilan d'une exclusion » à paraître sur le site mondialisme.org dans la rubrique « Ni patrie ni frontières ». On trouvera d'ailleurs sur ce site plusieurs textes du groupe Combat communiste concernant l'évolution de l'extrême gauche de 1968 à 1988
  4. Toutes les organisations d'extrême gauche sont accusées de sectarisme par leurs adversaires politiques. Ainsi, concernant le NPA ou la LCR, on peut citer Jean-Luc Mélenchon, qui souligne « le sectarisme du NPA à l'égard du PCF » dans 20 minutes du 6 mars 2009 ; selon Le Figaro, « Le PCF accuse Besancenot de sectarisme » ; le sénateur Henri Weber parle de « sectarisme débouchant sur l'impuissance » ; Philippe Cohen parle de « prétexte sectaire »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?) (consulté le 16 mai 2017) dans Marianne ; le journal Res publica évoque « la ligne sectaire de Krivine et Besancenot ». Le même qualificatif a été utilisé pour Les Verts par Jean Saint-Josse : « Le parti des Verts est sectaire au sens de secte et il faut le punir ».

Références

  1. « Lutte ouvrière », sur Franceinfo (consulté le 28 mai 2017).
  2. Sophie de Ravinel, « LO : Nathalie Arthaud prête pour une candidature en 2012 », Le Figaro, 23 mai 2010.
  3. « Lutte ouvrière, dernier parti révolutionnaire ? », Le Point (dépêche Reuters), 20 janvier 2010.
  4. (en) « European Social Survey. Appendix A3 political parties », sur europeansocialsurvey.org, (consulté le 5 septembre 2015).
  5. « Le congrès de Lutte Ouvrière », Lutte de Classe, no 117,‎ (lire en ligne).
  6. Barta, La lutte contre la deuxième guerre Impérialiste mondiale, (lire en ligne).
  7. Barta, Vive l'armée rouge des ouvriers et des paysans !, (lire en ligne).
  8. a et b « La Lutte de Classe », Union-communiste.org.
  9. Pierre Bois interrogé par Antenne 2 à la sortie d'un meeting le 3 avril 1995 (rare : c'est l'homme avec casquette et veston gris à la fin du reportage. Sélectionner en bas de la page 2 « Meeting Arlette Laguiller Midi 2 », 3 avril 1995, à 1 min 51 s).
  10. « Pierre Bois, alias Vic, alias Vauquelin, alias Arnoud », sur Lutte Ouvrière : Le Journal (consulté le 16 février 2017).
  11. « Arlette Laguiller - "Travailleuses, Travailleurs" », sur Ina.fr, (consulté le 12 novembre 2015).
  12. LDC no 77 de décembre 2003-janvier 2004.
  13. http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2054&id=41
  14. « Extrême gauche : le torchon brûle entre la LCR et LO », Le Figaro.fr, 26 novembre 2007.
  15. « Lutte Ouvrière dans les élections municipales », Lutte Ouvrière, no 2065, 29 février 2008.
  16. « Les résultats des listes Lutte Ouvrière : les élus », Lutte Ouvrière, no 2067, 14 mars 2008.
  17. « Communiqué : Lutte Ouvrière retire ses candidats des listes d'union qui s'allient au MODEM à Perpignan et Marseille 1 », News Press, 13 mars 2008.
  18. « Lutte Ouvrière présentera des listes aux élections européennes », Lutte de Classe, no 118, février 2009.
  19. « Faute d'accord majoritaire, le NPA part en ordre dispersé aux régionales (payant) », Mediapart.fr, (consulté le 13 décembre 2009).
  20. « Présentation », sur Lutte Ouvrière : Le Portail (consulté le 21 mars 2017).
  21. Damien Le-Thanh, mars 2009/Aisnenouvelle.fr « Lutte ouvrière bat le pavé » (version du 3 mars 2017 sur l'Internet Archive).
  22. « http://www.lunion.presse.fr/index.php/cms/13/article/257115/Lutte_ouvriere___les_militants_prennent_le_pouls_des_salaries »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?).
  23. « http://www.paris-normandie.fr/index.php/cms/13/article/115397/Avis_de_tempete_sociale »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?).
  24. « http://ubacto.com/la-une-la-rochelle/-100503.shtml »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?).
  25. « Le point de vue des candidats aux élections présidentielles sur l'homosexualité », sur HopenU, (consulté le 10 novembre 2015).
  26. Lutte ouvrière no 338, 18 février 1975 (réponse à un courrier de lecteur).
  27. Benoît Bréville, « Homosexuels et subversifs », Manière de voir no 118, août-septembre 2011, pages 14-17.
  28. « Contre les discriminations de tous genres », sur Lutte Ouvrière : Le Journal (consulté le 16 février 2017).
  29. « Liberté pour Georges Ibrahim Abdallah ! », sur Lutte Ouvrière : Le Journal, (consulté le 13 novembre 2015).
  30. « Presles : près de 30 000 personnes attendues à la fête de Lutte Ouvrière », Le Parisien.fr,‎ (lire en ligne).
  31. Supplément au no 6 de Combat Pour l’Autonomie Ouvrière, juin 1978, p. 2.
  32. Lutte ouvrière
  33. « Après la Conférence nationale de Lutte Ouvrière du 21 septembre », Lutte ouvrière - Le journal, 24 septembre 2008.
  34. Daniel Cohn-Bendit et Gabriel Cohn-Bendit, « Arlette n'est pas une sainte. », sur Libération.fr, (consulté le 28 novembre 2015).
  35. DIFFAMATION DE L.O.
  36. Arlette Laguiller n'aime pas le débat - l'Humanite
  37. contre le sectarisme de l'extrême gauche
  38. France 2, mots croisés, présenté par Arlette Chabot, 10 février 2003 INA
  39. « La chute d'Arlette » par François Koch, L'Express, 23 décembre 2002
  40. « RTL info, sports, loisirs et musique »(Archive • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?) (consulté le 16 mai 2017).
  41. Maurice Duval, « Des peurs collectives : Le discours anti-secte comme support de l'idéologie néolibérale », L'Homme et la société,‎ , p. 65–78 (ISSN 0018-4306, lire en ligne).
  42. « Lutte Ouvrière et les Municipales à venir », Lutte Ouvrière, no 2051, 22 novembre 2007.
  43. « Résultats électoraux », sur Lutte Ouvrière.

Voir aussi

Bibliographie

Ouvrages écrits par des membres de Lutte ouvrière
  • Arlette Laguiller, Une travailleuse révolutionnaire dans la campagne présidentielle, Lutte ouvrière, 1974, 163 pp.
  • Thierry Jonquet, Rouge, c'est la vie, Seuil, 1998, 174 pp.
  • Arlette Laguiller, Mon communisme, Plon, 2002, 200 pp.
  • Robert Barcia, La Véritable histoire de Lutte ouvrière : Entretiens avec Christophe Bourseiller, Paris, Denoël, 2003, 326 pp.
  • Pierre Bois, La grève Renault, 25 avril-16 mai 1947, Pantin, Les Éditions d'Avron, 2009, 127 pp.
Autres ouvrages
  • François Koch, La vraie nature d'Arlette, Paris, Seuil, 1999, 136 pp.

Articles connexes

Liens externes

  • Site officiel
  • Site du journal Lutte ouvrière